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Histoire : Original + ou -, sur Donolia (Forum RPG) et plus précisément sur mon personnage Ian.
Blabla : Comme tous mes blablas, violences, sexs, et autres. )
Ecrit : Oo' Je suis obsédé par la pluie. ) Cherchez pas, je voulais juste lui donner ce qu'il n'aura jamais sur le forum.
Nuit De Pluie
Il pleut. La main de Ian se tend en direction des gouttes de pluie qui tombent de ce ciel si ombreux, et lui mouillent progressivement ses cheveux sombres, et le reste du corps. Au début de l'été, il n'est pas rare qu'il pleuve. La pluie peut tomber longtemps, ou n'être là que pour un furtif passage. C'est habituel. Ian ne peut le deviner si cette eau sera longue à tomber, ou restera qu'un instant. Il sait juste qu'à cet instant précis, l'eau tombe à torrent sur lui, et que dans quelques secondes, il serra mouillé. D'abord ses vêtements, puis son corps, qui refroidira avec ces petits gouttes d'eau. Ensuite, il serra trop tard. L'eau n'aura plus aucun impact sur lui. Il profite. C'est agréable la pluie. C'est doux. C'est bon. C'est comme une caresse venue du ciel, profitable à tout le monde, s'engouffrant dans chaque partie de votre corps. Glissant, et touchant. Cette pluie ne le rend pas mélancolique, ni triste, ni heureux. Elle est là, tout simplement. Elle l'attouche de caresse, devenant une seconde peau, qui s'autorise toutes les folies les plus pervers en gouttant des mèches de cheveux.
Le
gérant de la pension Kyoya s'est assit sur un banc de bois
marron. Il regarde le ciel avec indifférence, les étoiles
se sont mit à briller, et Ian cille des paupières à
deux ou trois reprises sous les larmes des dieux lui tombant dessus,
avant de fermer complètement ses prunelles d'émeraude.
Il fait appel à ses autres sens. Dans la rue, il écoute.
Le silence. Il n'y a aucun bruit. Et puis, le miaulement d'un chat,
léger, devenant plus prononcé, presque détestable
pour les habitants vivant sous les fenêtres du matou. Viennent
des rires d'adolescents allant ou sortant d'un quelconque lieu de
fête et de débauche. Au milieu des voix, Ian entend le
bruit de bouteilles qui s'entrechoquent au risque de casser le verre.
L'alcool. Et enfin, vient des pas, dans sa direction. De faible pas,
le bruit du talon se fait prononcé, claquant sur le pavé.
L'odeur de cigarette de l'étranger est perçu par
Ian qui ne trésaille pas. Il sent l'eau au-dessus de lui
cesser de tomber, il pleut encore pourtant, puisque de petits bruits
sonnent dans les flaques d'eau.
L'esprit de Ian frôle celui de l'homme. Pas de mauvaise humeur. Un peu pressé, impatienté. Par la pluie, ou pas lui ? Le gérant décide d'ouvrir les yeux. Il voit le parapluie noir au-dessus de sa tête. Il voit l'homme le tenant. Il voit aussi, qu'il aurait peut-être du garder les yeux fermés.
"Vous allez attraper froid."
Cette phrase fait sourire Ian, qui observe l'inconnu. Il a des cheveux bruns comme lui, un peu long, mais pas trop. Plus que les siens. De petits yeux pénétrants et quasiment noirs. Une longue stature, avec de larges épaules d'homme bien bâtit. Il a également de lèvres charnues, et une barbe de trois jours, laissant supposer de sa négligence. L'homme patiente. Ian ne dit rien. C'est assez rare qu'il ne parle pas : il aime répondre aux questions, juste pour ne pas avoir à en engendrer d'autres. Il aime parler, pour diriger la conversation et ainsi ne pas se heurter à des histoires qu'il ne voudrait pas évoquer. Là, il ne dit rien. Le passant finira bel et bien par partir. Il n'a pas le choix : il serait stupide, là, sous l'eau, avec son parapluie.
Le mystérieux au Parapluie s'assoit près de Ian. Il le ferme, cet objet. Et regarde devant lui. Alors Ian la sent : l'odeur d'alcool. Il ne l'avait pas perçu avant, peut-être à cause de la pluie. Oui. Ou bien parce qu'il ne la connaît que trop. Ian aime l'alcool, il pourrait passer des soirées à boire au Jasmin sans se lasser. Ca l'empêche de penser. Ca l'empêche de souffrir. Il n'arrive jamais à se saouler. Jamais. Il boit avec la conscience de boire. On pourrait lui trouvait des excuses : des troubles psychiatriques, une tendance schizophrénique, allié à des troubles de l'humeur tel que la bipolarité. Son don. Certainement, on pourrait lui trouver des excuses, mais il n'en a pas. Rien ne l'oblige à accepter de se renfermer sur lui-même comme il le fait. Il le fait, tout simplement.
L'homme
patiente encore un peu. Ian sent son impatience se perdre et la
lassitude le prendre. Se serait-il trompé ? L'homme n'avait
peut-être pas de sentiments envers lui, ou la pluie, mais
envers une autre personne. Un quatrième élément
que Ian ne connaîtrait pas. Certainement une femme, que l'homme
attendrait. Avec un barbe aussi négligé ? Oui, pourquoi
pas. Et, elle ne viendra plus. Pourquoi serait-elle venue pour cet
homme, alors qu'elle doit en avoir une dizaine de types qui savent se
raser. Elle doit dire l'aimer, et elle l'aime vraiment, mais ….
Mais
Ian refait l'histoire. Ce n'est peut-être qu'un simple homme
qui n'arrivait pas à dormir à cause d'un chat, exaspéré
par celui-ci, il a finit par soupirer habitué à ce gros
matou miaulant à chaque nuit de lune que le monde fait.
"Empathie ?
- … Oui !"
L'homme rit, presque moqueusement. Ian sent ses joues rougir, un peu honteux de la façon si rude dont il vient de parler. Devrait-il lui demander son nom ? Son prénom ? Ce qu'il veut ? Ian n'ose pas ouvrir les lèvres, il préférait ne rien avoir à dire. Juste rester là. Parfois, il aime parler. Parfois, il aime ce taire. Il est humain. Fatigué par le poids des sentiments. Il aimerait aller boire, maintenant. Allez au Jasmin ? Non. Pas envie. Aller aux bars ? Encore moins. Boire dans la rue ? C'est interdit. Boire dans sa chambre ? C'est mauvais pour sa réputation de gentil et doux patron qu'il tient tend à faire tenir debout. La crédibilité pour un patron, c'est un patron. Comment diable cet homme sait-il son pouvoir ? Ce n'est pas noté sur son front.
"Gay ?"
La question tombe. Ian reste coi, quelques secondes. Ce n'est pas tous les jours qu'il rencontre un homme de la cité avec des propos aussi rapides, et tombant trop juste pour être honnête. Le gérant de la pension hausse des épaules, sortant une cigarette de la poche de sa chemise qui finira trempée par la pluie avant qu'il ne puisse l'allumer. Il se souvient que Ice les a critiquer, ses chères clopes : le con, il n'a pas de goût. Sauf peut-être dans ses amants : ne dit-on pas qu'on le voit traîner, actuellement, avec une perle ?
"Non.
- Refoulé ?
- Non, bi."
A quel instant précisément Ian s'est dit que finalement l'homme était vraiment là pour lui. Pas pour la pluie, pas pour cette femme, mais pour lui. Cette pensée fit rire le gérant. Personne n'était là pour lui. Il vivait sa vie, avait des relations qui se disaient être des amis, des amis qui se disaient être des relations. Cependant, s'il disparaissait, pendant une semaine, ou l'éternité, on ne le pleurerait pas. On ne le regretterait pas. On dirait simplement : il reviendra. Et quand on comprendra qu'il n'en reviendra pas, certains y seront indifférents, d'autres en profiterons pour casser du sucre sur son dos. Le sucre et le sucrier. Peut-être prendraient-ils celui du salon de sa mère. Se serait bien ! Il est laid. Il pluviote, il fait froid. Et Ian rit à gorge déployé, de sa propre sottise, et de la gêne aussi qu'il ressent à être à coté de cet homme. Il va tomber malade. Non, il ne tombera pas malade. Ce serait idiot. Qui viendrait pour le soigner ? Personne. Alors, il ne serra pas vraiment malade. Juste un mal de tête, un mal de gorge, qui partiront après quelques jours.
"Votre prénom ?
- Ian. Le votre ?
- Cela a-t-il une importance pour vous de le savoir ?
- … non."
L'homme
a un rire franc, rappelant en rien celui de Ian tantôt qui
était plus subtil, mais moins rieur. Moins agréable,
peut-être et pourtant plus musical. L'inconnu se lève,
et Ian ferme les yeux, avant de les ouvrir sous le choc. Les mains le
tirent. Un peu de force. Le gérant soupire. L'aurait-il mit en
colère ? Non. C'est plus étrange que ça. La
pensée de l'homme semble inquiète. Très
inquiète. Comme-ci il venait de se rendre compte qu'il avait
oublié d'éteindre le feu dans la cheminée de sa
maison. Son poignet lui fait mal, l'homme serait-il de la police ?
Le mystère se retourne, poussant Ian dans un bar miteux.
N'importe qui se serait débattu, ou aurait crié, mais
Ian n'en a pas l'intention. Il se pose des questions. Il tente de
comprendre pourquoi cet homme semble si inquiet. Peut-être
qu'il a vu la femme. La femme. Ou qu'il n'aime pas la pluie, elle qui
commençait à se stopper. Ou bien, Ian l'a blésé
… Mais il sent de l'inquiétude. Aucune colère, aucune
tristesse. Si, un peu. Il est un peu triste, cet homme.
L'étranger commande, il demande à Ian ce qu'il veut. Ian répond qu'il n'en sait. Il s'en fiche. Alors, l'étranger aux yeux plus foncés que les siens, commande pour eux deux. Ils restent là. Ian se demandant à quoi rime ce cirque, et pourquoi il accepte de tenir compagnie à un imbécile, trempé, sans trop savoir pourquoi. Cet homme le fascine. Il lui rappelle quelqu'un et à la fois personne. Ce genre de contraire l'attire. Ca l'amuse.
"Vous lui ressemblez beaucoup !
- A qui ?
- Votre grand-mère.
- Ha … " Répond simplement Ian cherchant à voir ses deux grands-mères. L'homme doit parler de la grand-mère paternelle car il sait parfaitement qu'il ne ressemble pas à Imit. Elle est rousse, petite, et passe son temps à râler et à grogner. Elle lui dit qu'il est un bâtard, et qu'il mériterait de crever dans le caniveau comme un sale cleps. Ian hausse souvent des épaules : aucun chien ne mérite de mourir abandonné de tous.
Il ne pense pas ressembler à cette femme. D'un autre coté, comment cet homme pourrait connaître sa grand-mère paternelle ? Elle est morte depuis longtemps. Plus d'une dizaine d'année, cet homme ne devait pas être bien vieux à l'époque. Ian avait à peine treize ans. Ou bien, il est de la famille : mais s'il est de la famille, comment se fait-il qu'il ne sache pas le prénom de Ian ?
"Et à votre père, aussi.
- HA NON !"
Ian ouvre de grands yeux, poussant un soupir, suivit d'une quinte de toux, qu'il n'a jamais eut, et qu'il espère ne plus jamais avoir. Il lance un regard noir à l'homme, finissant par hausser des épaules, un peu choqué d'avoir eut un tel cri dans un tel lieu.
"- Si, beaucoup.
- Je vous connais ?
- Tu ne te souviens pas de moi ?
- Je devrais ?
- Non.
- On se connaît ?" Répéta de nouveau Ian, sentant la migraine pointer.
"- Non.
- Hé ! Vous me parlez de ma famille, et vous ne la connaissez pas ?
- Ian, je n'ai pas dit que je ne connaissais pas ta famille, mais que je ne te connaissais pas.
- Et ?
- Rien. Disons que j'étais un voisin."
Devant la douceur de l'homme, le gérant de la pension finit par se calmer. C'est aussi parce qu'il le sent moins nerveux, lui aussi. Plus calme. Plus posé. Et presque, heureux. A-t-il trouvé ce qu'il était venu chercher ? Non. C'était donc vraiment lui. Lui, mais pour sa famille. Si, c'est le cas, songea Ian, c'est pire que tout le reste. Sa famille ! Sa si parfaite petite famille.
"Viens, Ian.
- … Où ?
- Tais-toi, et viens."
L'homme laisse quelques pièces sur la table. Il sort, Ian le suit. Il se dit que l'homme a oublié son parapluie et qu'ils n'ont pas bu leurs consommations. C'est bête. Il le fait remarquer, et le brun hoche de la tête. Il tend la main vers la rue, et le regard de Ian s'agrandit en voyant l'objet arriver. Là, il est bluffé. Voilà un don qui lui serait utile, songe le jeune homme. Ainsi il n'aurait plus besoin de descendre pour chercher un stylo, ou se lever pour ouvrir une autre bouteille, pourquoi il n'a pas ce don ? La nature est mauvaise.
Il arrive dans un bâtiment que Ian connaît. Le Chat Blanc. L'homme monte, jusqu'à un des appartements. Il pousse Ian à l'intérieur. C'est blanc, propre, les cartons ne sont pas encore ouverts. Seuls les meubles et quelques objets quotidiens semblent avoir été sortit. Où vivait ce type avant ? L'île n'est pas si grande.
"-
Vous vivez seul ?" Questionne le gérant de la pension,
pendant que l'homme rentre dans une pièce qui doit être
la cuisine, et en ressort avec des cachets, et un verre d'eau qu'il
tend à Ian.
"Oui." Répond l'homme. "Je
vis seul." Il retourne dans une autre pièce. Peut-être
sa chambre. Ou un placard. Ian soupire, posant les cachets sur la
table basse du salon, restant là, à mouiller le parquet
de cette maison trop propre.
"Pas de famille ?" Questionne-t-il de nouveau, pendant que l'inconnu ressort avec du linge dans les bras.
"Prenez les médicaments, je ne tente pas de vous droguer. Si, une jeune sœur, et un frère qui a dix ans de plus que moi. Voulez-vous vraiment que je vous parle de ma famille ? Non, n'est-ce pas. Et la votre ?
- Moi ? Un frère, une sœur. Aussi. Plus petits.
- Vous croyez en avoir, n'est-ce pas. Ils le sont, peut-être, finalement.
- Hm ?
- Oubliez … Buvez."
Ian veut bien oublier, il a mal la tête. Il fait chaud aussi, trop. Il prend les cachets, et le verre d'eau, et il boit calmement. Il écoute l'homme lui dire d'aller prendre une douche, lui pointant une pièce du doigt, et lui donne des affaires. Ian hoche de la tête, songeant qu'elle devient de plus en plus lourde à fur et à mesure qu'il laisse l'homme parler : qu'est-ce que c'est que cet énergumène ? Et pourquoi diable l'a-t-il suivit ?
Il prend la douche.
L'homme lui a posé des affaires. Ian les observe en sortant de l'eau, avant d'agiter ses longues mèches, trop large et trop petit. Il ne peut pas les mettre. Il sort, la serviette autour de lui.
Appelant l'inconnu, Ian se trouve stupide de ne pas lui donner de nom.
"Comment vous nommez-vous ?
- Vous voulez le savoir maintenant ?" Questionne l'homme à son tour, dont la voix parvient à Ian bien qu'ils ne soient pas dans la même pièce.
"Oui, dites-le moi.
- Bien … Appelez-moi … Iris."
Le regard de l'homme se fait perspicace, mais précipitamment, il se stoppe, devant la porte du salon, fixant Ian. Il se reprend vite, continuant à préparer le repas, mais l'esprit de Ian à l'affût a suivit l'hésitation de l'homme. Ian fronce les sourcils. L'homme est troublé ? Troublé, et frustré. Le regard du gérant s'agrandit un peu plus. Ce n'est pas dans les habitudes des personnes qu'il côtoie de se sentir troublé et frustré par sa vue ! Au fait, on ne l'est pas. Il est plutôt banal, enfin, il lui semble. Oui. C'est même certain. Ses clients ne lui sautent pas dessus, et ses amis ne lui ont jamais fait la moindre proposition.
Ce n'est pas comme l'esprit de cet homme raffiné, posé, et dont les mouvements lents rappellent une danse qu'on aurait pu oublier mais qu'on se souviendra toute notre vie. Cet homme qui semble ce mouvoir avec une grâce infime. Il fixe de nouveau Ian, se merdant la lèvre.
"- Pourquoi n'avez-vous pas mit le linge préparé ?
- Je suis désolé, les affaires ne m'allaient pas … Je vais remettre les miennes.
- Ne soyez pas idiots. Je vais les mettre à laver. Vous devriez prendre soin de votre santé.
- Vous
savez, je ne suis jamais malade.
- Votre grand-mère disait
ça aussi.
- Vous la connaissiez bien ?
- Pas vraiment. Avez-vous faim ?
- Non."
Ian poussa un long soupir, encore. Pourquoi ces choses-là n'arrivaient qu'à lui ? N'importe qui, n'importe quel autre homme serait plus dégourdit. Lui se laissait envahir par ce sentiment léthargique qui était de laisser faire les événements. Il eut mouvement pour se lever, souriant poliment, pas habitude. Il tourna la tête en direction de la porte où avaient disparu ses habits, et, avant de pouvoir ouvrir les lèvres pour excuser son départ, il se sentit tombé sur le canapé.
"- Restez là pour la nuit.
- Non.
- Personne ne vous attend, n'est-ce pas ?
- Hm …
- Alors restez.
- Embrassez-moi."
L'homme fronce les sourcils, et Ian laisse le sourire s'élargir sur son visage moqueur. Il sent l'incompréhension, le doute, l'hésitation. Et toujours cette frustration. Va-t-il le jeter dehors, ou va-t-il le faire entrer dans sa vie. Dans son lit, juste pour cette nuit.
Mais cet étrange personnage ne bouge pas et Ian n'a pas besoin d'être doué d'empathie pour comprendre l'hésitation du combat intérieur d'Iris. Le gérant de la pension finit par se redresser, posant ses doigts sur le dos de l'homme, retirant le pan de la chemise argentée du pantalon auburn, glissant ses doigts sous le tissu.
Aucune objection.
Ian les passa vers l'avant, ouvrant les premiers boutons, descendant habilement vers la ceinture de l'homme qu'il défit adroitement. Il ouvrit le pantalon. Le tissu glissa de la taille de l'homme. Quel étrange sentiment, toute cette envie, tout ce désir, qui rentre en lui, par les simples pensées de l'autres. Toute cette convoitise pour sa simple personne. Ian ne peut saisir tous ses sentiments. On ne le trouva pas beau, pas attirant. On l'ignore, le plus souvent. Il n'est que le gentil, un peu pathétique, gérant d'une pension d'étudiant bien trop jeune pour lui.
Le visage de l'homme se penche, posant ses lèvres sur le visage de Ian. Glissant leur deux visages l'un contre l'autre, se frôlant, se collant. Se touchant. Leurs langues glissèrent, se s'insinuèrent, ne se séparant que pour respirer par à-coup entrecoupé.
Revenant se chercher pour une danse compliqué, une valse ou un tango, endiablé. Notre brun ne chercha plus à lutter contre les folles passions de l'autre qui semblait faire de même. Qu'il soit en manque au point de se payer le premier inconnu venu, ou qu'il le trouve attirant au point de ne pouvoir se contrôler leurs importaient peu. Ils étaient d'accord. Consentant. Ouvert. Ca n'a plus aucune importance de savoir le pourquoi du comment, juste lui. Eux deux. Le corps blanc de Ian qui n'avait pas encore vu assez le soleil, collé à celui bronzé d'Iris.
"- Vous ou moi ?
- Hm ?
- Moi. On dira moi, puisque vous pénétré déjà mon esprit.
- Non."
Ian se
redresse un peu, hochant négativement de la tête. Les
joues un brin rougis, les yeux remplis de désir sous une
dureté nouvelle. Non. Il vient de comprendre et c'est bel et
bien non. Ca fait des années qu'il n'a plus été
prit par un homme. Ca fait des années, qu'il refuse de nouveau
de le faire. Question de principe, de fierté. Connerie. Trop
important pour lui, c'est son cœur qui est touché quand on
passe par son cul. Il préfère prendre, prendre les
hommes, les femmes. Prendre et contrôler pour ne pas se laisser
aller.
Ca c'est bien des pensées d'un pervers. Tant pis,
il n'y peut rien. Il est ainsi.
Simplement
l'homme ne laisse pas Ian dire non, ni avoir le temps de se mettre à
penser qu'il doit le repousser. Les doigts continuèrent de
circuler sur le corps du jeune homme. Il descend lentement, taquine
visiblement les bouts des seins, glisse sa langue sur le corps,
traçant des lignes invisibles. Le corps de Ian s'arque, il
pousse un petit glapissement. La langue d'Iris tourne autour du
nombril. Et son propriétaire fond ses lèvres sur le
membre de Ian qui pousse un petit râle de plaisir, ses yeux se
fermant, puis s'ouvrant sous l'intensité de la houle du
plaisir.
Iris a un petit sourire distrait, ses doigts prennent le
membre, avant de tâter des bourses, remontant vers les seins de
l'homme pour l'immobiliser. Ian ne peut que pousser un petit cri, ses
doigts s'engouffrant dans les cheveux de l'homme, poussant des petits
gémissements plaintifs à chaque fois que la langue ou
les lèvres touchent à la zone trop sensible pour lui.
Ian relève
le visage, changeant de position, se mettant à quatre pattes,
se redressant et se tournant pour pouvoir atteindre la bosse de
l'homme allongé sur le canapé. Il sent la serviette
quitter définitivement son corps, mais quel importance !
Sa
langue s'infiltre sur le membre de l'homme qui suinte abondamment,
suivant le rythme d'Iris avant d'imposer le sien. Notre brun donne un
coup de buttoir, tentant de se retenir. Il sent son propre plaisir,
celui d'Iris, il entend leurs cris, souvent mêlés, et
tente de garder le peu d'attention qu'il a encore pour ne pas perdre
pied, et complètement s'oublier.
Il ne sait pas à quel moment l'homme à fait venir le paume vers lui, ni comment il l'a ouvert. Un don, vraiment précieux, la télékinésie. Quand le doigt, froid de ce liquide, se pose en lui, il ne réagit pas. C'est vrai ça fait un bail, mais il n'a pas envie d'être préparé comme un étudiant puéril … La douleur ? Elle fit partie du plaisir. De son plaisir.
"Iris …"
Ian se
retourne, la langue un peu pâteuse, il s'assoit sur le corps de
l'homme, touchant le membre, le serrant un peu fortement pour
l'empêcher de venir. C'est agréable de ne pas être
avec un jeunot qui explose aussi vite que les lapins. Ian ferme les
yeux. Et sa réputation ? Qu'importe, qui le serra ? Cette nuit
serra son secret. A genoux sur l'homme, il a un petit sourire amusé
… Ce qu'il est beau. On dirait un guerrier fondu dans le moule de
la douceur.
Ses mains se posent sur la poitrine de l'homme. Iris
monte ses mains sur la taille de Ian pour le faire se lever, retenant
son envie de le pénétrer comme ça, de le
cavalcader, de le violenter et de n'écouter que son plaisir.
Lentement Ian descend, chevauchant l'homme, retenant le membre de l'homme juste le temps de pouvoir être engloutit totalement par lui sous la pression des doigts sur ses hanches. Il ne retient pas un profond cri. De douleur. Bons dieux de Donolia, ce que ça fait mal. De délectation, face au bonheur de l'homme qui le noie sous des vagues se mêlant aux siennes. Il a envie de lui hurler de cesser d'aimer ça, qu'il doit le laisse respirer, qu'il étouffe sous leur plaisir. Il a trop chaud. Trop envie. Il veut que ça se stoppe. Ses jambes deviennent faible, et sa tête lourde. Mais il ne parvient qu'à pousser des petits appels d'invitations, les yeux mi-clos sous un plaisir trop intense. Les vagues se calment, les mouvements commencent. Lent, d'abord, puis, de puis en plus rapidement sous la prestance des mains de fers de l'homme. Iris le fait monter, et descendre. Ian ne se contrôle plus, il a les yeux un peu fous. Il remonte sur ses jambes, se baise pour embrasser Iris qui a saisit ses épaules et qui le lui rend son baiser, le prolongeant. Iris échange brutalement la position, la rendant plus naturelle, prenant la place de dominant total. Entrant, plus fortement en Ian maintenant allongé sur le canapé. Il le veut. Il veut l'entendre. Le voir bouger, se mouvoir, se cabrer. Il veut le posséder. Entièrement. Juste cette fois, malgré toutes ses promesses. Juste cette nuit, il l'aura. Mais complètement, totalement. Il veut le voir perdre pied.
"Hurles, ne te retiens pas … "
Ian ne se surveille plus, il laisse Iris, le suis, l'accepte. Son esprit n'est plus là, seulement dans celui de l'homme. Il ne sait même plus où il est. Il gémis, il hurle. Il pousse des grognements, des murmures. Il supplie. Il implore. Il ne s'entend pas. Il bredouille à l'homme de cesser, ou de le laisser venir. Pas habitué à être prit, pas habitué à se contrôler. Complètement soumit. Il sent la main qui le masturbe, mais, ressent surtout le plaisir à chaque coup de rein en lui. Iris aime ça, et Ian gémit autant par les émotions violentes de l'autre, que par ses propres pensées qu'il n'écoute plus.
"IAN …"
Ils sont venus, presque en même temps, se suivant. Ian trésaille sous la violence, tournant le visage pour enfoncer sa tête dans les coussins du canapé, pour retenir le dernier cris qui s'échappe malgré lui, pour ne pas laisser apparaître son visage, des larmes de bien-être s'échappant. La jouissance en elle-même est déjà trop forte. Doublé par celle de l'homme, elle est incompréhensible, inexplicable, et peu supportable pour l'esprit qu'il s'est déconnecté.
C'est pour
ça, aussi que Ian préfère mener, il peut ainsi
se contrôler.
Là, il n'a pas pu.
Il est
haletant, transpirant, les yeux fermés sous le plaisir qui ne
part pas. La semence sur son bas-ventre se mélangeant à
celle à l'intérieur de son corps. Ian ne se sent pas le
courage d'en vouloir à l'homme, d'être venu là.
Il ne sent pas qu'on le fait se lever, il ne se sent pas tomber sur
le lit. Les yeux encore fermer, il est bien. Rien dans la tête,
crevé. Il a l'impression d'être ailleurs. Nul part. Sur
un petit nuage. Bien.
Il n'a même pas bu. Etrange.
Des
doigts glissent sur son front poisseux, et Ian rouvre enfin les yeux.
Iris sourit légèrement, s'engouffrant dans le lit. Ian
a le réflexe, un peu stupide, de tendre le bras, le prenant
contre lui, cet homme inconnu. Il baisse le visage, l'engouffrant
contre les cheveux de l'homme. Lui caresse le dos, voulant le sentir
simplement.
Ils
restent là. Ian ne dort pas vraiment, il n'est pas vraiment
réveillé. Il a bien conscience d'où il est, mais
tout lui est indifférent. Il est si léger. Il finit par
s'assoupir, rouvrant les yeux peu de temps après. L'homme
dort, la tête nichée dans le creux de son sein, habillé
uniquement de la chemise argenté et du drap noir.
Il fait
toujours nuit. Il s'est remit à pleuvoir, contre le carreau de
la chambre d'Iris de grosses gouttes de pluies tombent abondamment …
Ian a le plus beau de ses sourires. Il se lève, retenant une grimace. Il rentre dans la salle de bain, reprend une douche, récupère ses affaires, maintenant propres, il commence à s'habiller.
Il regarde
le salon, sa tête un peu douloureuse. Il faudrait nettoyer …
Il faudrait. Un petit bruit le fait sortir de ses réflexions,
et Ian rejoint la chambre. Il fronce les sourcils, voyant l'homme
bouger. Il se rapproche de lui, glisse ses bras pour l'entourer.
Peut-être pour le calmer. L'embrassant sur la nuque. Il reste
là. Retourne dans le lit, abandonnant son pantalon sur le sol.
Que comptait-il faire ? Partir comme un voleur, sans laisser le
moindre mot. Il veut bien être un con et un salaud, mais pas
plus. Ian sourit, observant l'home dormir. Il en profite pour jouer
avec les mèches brunes, il en profite pour l'observer afin de
ne jamais l'oublier.
"Merci pour le café …"
Ian sourit avec tendresse, le visage toujours dans sa main. Il observe l'homme, et a un petit rire. Se rapprochant pour l'embrasser. Puis, il tourne le regard, c'est bon, il va rentrer à pied. Il a besoin de marcher, et ce n'est pas si loin.
"Hé ! Ian …"
Le gérant se retourne, le regard interrogateur. Il rattrape de justesse le parapluie qui lui tombe entre les doigts.
"Ne va pas attraper froid !"
Iris sourit, se demandant un instant, pourquoi il a donné ce prénom à Ian. C'est mieux ainsi. Si le jeune homme savait … Non. Mieux valait qu'il ne sache rien.