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Author: Lirulin
Fiction Rated: T - French - Romance/Drama - Reviews: 19 - Published: 06-01-07 - Updated: 12-08-07 - id:2369914

Même si vous pensiez que je bullais, là-bas, dans mon pays pluvieux, ce n'était pas le cas ! J'étais en fait occupée, entre mes accès de fièvres et ma deuxième grippe, à travailler cette fic. J'attends vos réactions, même si je sais que tous ces changements ne vont pas être du goût de tout le monde.

Bises et bonne lecture,

Liru en phase post-irlandaise

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Romance Paradoxale

Chapitre 1

La Légende de l’étudiante fantôme

Des poussières dorées et des feuilles mortes se soulevèrent du sol dans un tourbillon de vent. Laure s’arrêta et frotta ses yeux un instant avant de repartir. Le ciel d’automne radieux passait par des teintes chaudes avant de s’assombrir. Il ferait bientôt nuit, songea-t-elle en pressant le pas. Traversant la faculté de son pas élastique, la jeune fille suivit des yeux les petits groupes d’étudiants qui se trouvaient encore devant la bibliothèque. Elle repoussa de ses yeux les cheveux trop longs qu’un vent têtu décoiffait, cherchant les références de la salle de cours parmi le dédale de coursives. Après avoir emprunté divers escaliers, passages et couloirs obscurs, la petite brune alla se poster devant la salle 266, et posa son violoncelle dans sa caisse cabossée à ses pieds. La voix monotone du prof qui poursuivait son cours derrière la porte lui parvenait faiblement, comme une messe basse.

La musicienne venait de sécher son cours, mais pour une fois elle avait une excellente raison (ce qui ne rendrait pas moins impertinente sa présence à la sortie du cours). Avec un vague sentiment de culpabilité, Laure resta longuement à attendre, le lent déroulement de savoirs se mêlant peu à peu à la contemplation du fleuve immobile. Enfin, le prof de philosophie s’interrompit et le bruit confus des diverses conversations reprit. Les étudiants sortirent peu à peu et la porte resta ouverte un moment avant que la blonde Catherine n’apparaisse à son tour, suivie par Will qui posait des questions au professeur.

Salut ! dit Catherine avec un sourire agacé. Ne me dis pas que tu viens me demander mes notes ?

ça y est ! Je suis reçue ! ne put s’empêcher de s’exclamer Laure. Ils m’ont appelée ce matin, et…

Tu n’étais pas si loin sur la liste d’attente, tu sais, observa Catherine avec un haussement d’épaules.

Quand même, répondit Laure, attendant impatiemment d’annoncer la nouvelle à Wil.

Mais celui-ci paraissait plus absorbé par les explications du prof que par sa petite amie, en l’occurrence. Laure rongea son frein, contenant de son mieux l’envie de se pavaner, les yeux ronds d’impatience. Le prof ferma la porte à clef en terminant son discours par un regard de travers sur elle.

Il reste à espérer que vous soyez plus assidue dans votre nouvelle école, mademoiselle, dit-il avec un sourire perfide.

Wil se racla la gorge, embarrassé. Les trois étudiants le regardèrent s’éloigner avec un brin de stupeur. C’était bien la première fois que leur gentil prof de philo se permettait de tels commentaires. Ils le connaissaient depuis déjà un an, et s’étaient réinscrits à son cours parce qu’ils avaient aimé la première édition. Desmartes allait-il se transformer en vipère pour le reste du semestre ?

Laure, si tu veux me voir, tu pourrais essayer de venir au début des cours ?

La petite brune croisa les bras sur sa poitrine, qu’un sweater trop grand dissimulait complètement, et fit la grimace. Wil soupira, échangeant un regard avec son œil gauche, la moitié de son visage disparaissant sous un rideau de cheveux lisses.

Et qu’est-ce qui est arrivé à tes cheveux ? s’inquiéta le jeune autrichien, consterné par cette perte.

Je les ai coupés, répondit-elle gravement. Je pensais que ça te plairait…

Wil secoua la tête, ses yeux verts écarquillés devant tant d’extravagance. Dans son pays, les gens allaient chez le coiffeur, les filles s’habillaient comme des filles, les profs étaient des gens calmes et policés. Ce soir, tout allait de travers, et c’était encore de la faute de Laure. Wil pouvait encore voir le regard un instant incrédule de Desmartes en apercevant l’éternelle absente réapparaître comme par magie devant sa porte. Vraiment, sa patience commençait à atteindre ses limites.

Wil, attends ! fit-elle en s’élançant après lui. Qu’est-ce qui t’arrive ?

La musicienne lui fit son plus adorable sourire en se pendant à son bras.

Ecoute, Laure, tu… Tu me fatigues, commença-t-il. J’ai vraiment d’autres chats à fouetter, en ce moment. Essaie de te conduire normalement, pour une fois.

Me conduire normalement ? Mais… protesta-t-elle, bougonne. Qu’est-ce que je dois changer ?

Wil resta un instant silencieux, l’observant d’un air distrait ou triste.

Je voudrais que tu mettes une jupe, juste une fois... Par exemple. J’ai l’air de quoi, moi, quand je sors avec un garçon manqué ?

Laure ne trouva rien à répondre, froissée. Son jean était lui aussi trop grand, mais il avait appartenu à son frère, dans le temps… D’ailleurs, où pouvait-elle trouver une jupe, exactement ? Wil devenait bien exigeant, songea-t-elle, peinée. N’était-elle pas assez bien pour lui ? Il était assez inquiétant de voir une telle expression sur sa figure habituellement souriante et malicieuse.

Une jupe, répéta Laure d’un air perplexe. Je vais essayer, même si je trouve que tu exagères….

Wil se remit à avancer, les mains dans les poches, suivi de près par les deux étudiantes. Ils descendirent dans le hall par les couloirs et les larges escaliers en pierre.

Je t’en prêterai une, si tu veux, finit par proposer Catherine avec un gros soupir.

C’est vrai ? Tu crois que ça m’irait, à moi ? fit Laure, réticente.

Tu as peur de montrer tes jambes ? Oh, Laure, montre-les moi ! plaisanta Catherine en tirant sur le bas de son vaste blue-jean délavé.

Nan, je veux pas ! piailla la petite brune en cherchant à l’arrêter.

Leurs rires résonnèrent sous les hauts plafonds à voûtes alors qu’elles se chamaillaient.

Tu viendras en cours à l’heure, demain ? demanda Wil à Laure, d’un ton lugubre.

Mais oui, répondit la musicienne, peinant à reprendre son sérieux. Même si je ne vois plus exactement à quoi ça va me servir, maintenant. Je suis une élève du Conservatoire, moi ! Enfin, je viendrai te montrer que je peux porter une jupe, puisque tu y tiens.

Tu sais quoi ? Laisse tomber, répliqua froidement Wil. Tu as raison, si tu changes d’école, tu n’as plus de raison de venir ici, de toute façon. A demain, Catherine.

Le jeune autrichien s’en alla, faisant toujours grise mine. Laure le regarda s’éloigner avec un pincement de cœur, se demandant quelle mouche le piquait. D’habitude, son petit-ami était un jeune homme sympathique et tranquille. Il était bien rare que les fantaisies de Laure l’agacent, et jusqu’à aujourd’hui, il n’avait jamais critiqué sa façon de s’habiller.

Mais qu’est-ce que tu cherches à cacher, sous ces cheveux ? lui demanda Catherine en écartant le rideau de cheveux d’un noir sans défaut. Un très gros bouton ?

« Eh bien », commenta-t-elle en découvrant le deuxième œil, gonflé et noirci au point qu’il pouvait à peine s’ouvrir.

Je me suis battue avec des gars en bas de chez moi, hier, expliqua Laure. Ils étaient en train de vendre leurs saletés à des gamins, mais on les a pas laissés faire.

Et c’est pour cacher ça que tu as coupé tes cheveux ?

Ouais. Aucune importance. Si tu avais vu ce qu’on leur a mis ! fit Laure avec un large sourire satisfait. Ils ne sont pas prêts de revenir !

Les deux étudiants qui discutaient devant la machine à café s’interrompirent en entendant ses vantardises, les yeux ronds. La moitié visible de la figure de Laure leur sourit à eux aussi, et ils baissèrent aussitôt les yeux pour ne pas s’attirer d’éventuels problèmes.

Je m’étonnerai toujours qu’on laisse de telles personnes entrer à l’université, dit à voix basse Clémence, contrariée.

Son camarade haussa légèrement les épaules, en profitant pour détailler ses jambes, sur lesquelles des bas mauves et blancs dessinaient des motifs complexes.

Et toi, tu es quoi, la Barbie Etudiante ? répondit Laure qui avait l’oreille très fine. Est-ce que tu as assez de neurones pour lire, ou bien elles sont toutes réquisitionnées par ta prochaine séance de shopping ?

Laure lui rit au nez et Clémence ne trouva rien à répondre, surprise que pour une fois, quelqu’un relève ses commérages. Puis les deux étudiantes se dirigèrent vers la sortie, changeant aussitôt de sujet.

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