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Nectar
Est-ce
mon cœur qui bat si fort ?
Est-ce
lui qui s’emballe ?
Il
me semble m’envoler dans des prairies aussi vastes que des ciels
d’été,
dans
la chaleur douillette d’une couette qui porte encore son parfum.
Il
flotte dans l’air une odeur de sucre, de rose citronnée
teintée de raisin.
Humble offrande de plaisirs taquins.
Je
crois que j’ai croqué dans un petit bout d’éternité.
La saveur qui reste accrochée à mon palais est
douce-amère.
Elle porte des relents de tristesse infinie et
indicible.
Fruit interdit, tu me fais payer chaque bouchée.
Pourtant comme je suis heureuse entre ses bras, pour toujours, lovée
comme un serpent contre son sein larmoyant.
Peut-être
que c’est ça le bonheur. Un petit bout de temps volé
au Temps.
Crime sublime de la nuit sur le jour.
Alors
nous partons. Loin. J’ai des envies d’escapade, de fuite éperdue.
Je
veux m’évader. Maintenant, tout de suite. Je veux respirer.
Un autre air, une nouveauté.
L’atmosphère a pris des
allures de départ en vacances.
C’est dans tes bras que je
désire exploser en des milliers d’étoiles
scintillantes, comme une gerbe de fleurs printanières, comme
des éclaboussures d’écume laiteuse et rafraîchissante
sur une mer déchaînée.
Peinture de couleurs savoureuses.
Ça
doit être ça le bonheur. Une musique entraînante
rythme la course folle de mes pensées débridées,
le moindre de mes gestes ne m’appartient plus. Quelle pitoyable
marionnette entre tes mains je fais !
Il
y a pourtant quelque chose de nouveau qui m’enveloppe. Un chaud
manteau de réconfort et de douceur. Ton amitié
ressemble à un carillon cristallin qui résonne entre
mes doigts gelés.
Sois
la braise qui ranimera mes flammes sous les cendres de mes
perditions.
Promesses honteuses susurrées du bout des lèvres.
Mes
petits pieds légers sautillent sur l’eau claire.
Des
odeurs de gingembre et de nénuphar m’imprègnent.
C’est peut-être mieux ainsi. Rêver de toi me semble
tellement plus facile. Laisse-moi m’endormir entre tes bras
nuageux. Permets-moi d’embrasser tes lèvres éthérées,
de toucher ta peau vaporeuse.
L’amour
naît de l’essence des rêves.
Caresses improbables d’un cœur sur un autre.
Est-ce
mon cœur qui bat si fort ?
Est-ce
lui qui chante ainsi ?
Il
me semble échapper à l’attraction terrestre.
L’univers m’est offert dans un écrin de velours et de soie
de framboise. Les étoiles défilent derrière mes
paupières fermées sur des yeux illuminés.
Le
vent hurle à mes oreilles dans un murmure timide.
Chant prophétique des anges qui nous prennent en pitié.
Permets-moi
de profiter de ta présence.
Quand
bien même tu n’existerais pas.
Ensorcelle
le moindre de mes sens.
Je
n’appartiens qu’à toi.
Puisses-tu
accepter ce pathétique présent.
L’amour naît de l’essence des rêves.