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Note de l'Auteure: Alors me revoilà... avec un peu de retard- d'accord une semaine!- mais je dois vous dire que je n'ai même pas tapé l'autre chapitre, alors pour le prochain, faudra que je me force- en plus que j'ai les auditions pour le théâtre et mes cours - alors je vous souhaite une bonne lecture!
Lunathelunatique aka Arielle
Nicole et elle s'avançaient dans l'obscurité la plus totale. Elles tâtonnaient, l'une perdant quelques fois l'équilibre alors que l'autre réussissait de justesse à la rattraper pour lui éviter une chute dans le vide.
Ce vide, ce n'en était pas un comme les autres et ça, elles s'en étaient aperçues dès leur arrivée dans cet endroit sordide. Ce précipice qui semblait les entourer n'était pas normal. C'était le vide, le vrai.
- Tu penses à quoi?
- À rien. À tout. Je sais pas.
Il y eut un silence, puis, la légère voix de Michelle s'éleva:
- À la claire fontaine, m'en allant promener…
- J'ai trouvé l'eau si belle…
-Que je m'y suis baignée.
Ensemble, elles chantaient, pour se redonner courage dans ce monde où, leur semblait-il, seuls les plus forts survivaient. Alors Michelle chantait. Et la douce voix, quelque peu fausse de Nicole l'accompagnait.
On ne pouvait imaginer dans quel état d'esprit elles se trouvaient. Nicole avait dit juste en disant qu'elle ne pensait à rien et à tout en même temps. Michelle, pour une fois, comprenait parfaitement son amie. Ce noir, qui les entourait, semblait si menaçant et épais que chaque pas, fait avec bravoure, leur semblait un exploit.
- C'est donc ainsi que vivent les aveugles.
- Je ne veux même pas m'imaginer dans la peau d'u sourd! Rigola nerveusement Nicole.
Elles recommencèrent à chanter.
Toutes deux étaient épuisées par la frayeur et la peur qui en tout temps les habitaient depuis qu'elles étaient débarquées ici. Nicole cessa soudain de chanter.
Ralentissant l'allure, elle se retourna, pour essayer d'apercevoir le visage de son amie qu'elle devinait très proche. Rien, seul le noir l'entourait et comme bande sonore les quelques bruits que causaient leur respirations qui se faisaient lourdes et profondes. Si jamais Michelle tombait maintenant, elle se retrouverait seule. Seule dans ce noir. Juste à y penser, son front se couvrit de sueurs froides.
- Je ne réussis juste pas à comprendre... Comment sommes-nous atterries ici!
Michelle prit un peu de temps pour répondre, comme si elle doutait de savoir vraiment la réponse à dire. D'un ton hésitant, elle répliqua:
- La légende... Le livre, la table, je sais pas Nicole. Je ne sais rien ici.
Elle soupira, montrant son inquiétude.
- Moi non plus, je ne sais rien.
Le silence s'installa. Elles attendirent, en vain, qu'il se brise, par un écho ou un bruit, mais rien. Elles étaient bien seules au monde. Seules dans ce monde.
- Michelle, viens, on doit continuer.
Nicole avait finalement trouver son amie et la tirait présentement par le bras.
-Non, je suis certaine que j'entendrais quelque chose, ou alors, une vibration, je sais pas.
Ces paroles s'étaient de plus en plus inquiètes et nerveuses. Nicole, qui lui tenait encore le bras, sentit soudainement une brusque secousse lui parvenir de son amie. Elle s'était accroupie, cherchant visiblement quelque chose à entendre.
- Je suis certaine, il faut juste attendre. Quelqu'un passera, j'en suis sûre.
- Michelle, arrête ce jeu.
La voix de Nicole s'était faite suppliante. Elle avait peur, ainsi, si près du vide. Elle voulait repartir, juste pour donner un sens à leur venue là-bas.
Subitement, Michelle se releva, et malhabile, commença à marcher.
Nicole la suivit.
Ce que les jeunes filles ne savaient pas, c'est qu'elles continuèrent à marcher environ quatre heures d'affilée. C'est exténuées qu'elles finirent par s'arrêter.
Nicole soupira avant de précautionneusement s'asseoir par terre sur le sol rocailleux. Elle enleva doucement ses chaussures, essayant d'épargner ses chevilles gonflées par l'effort. Elle était complètement brûlée et ne pensait qu'à une chose: s'assoupir et peut-être se réveiller pour s'apercevoir que tout cela n'avait été qu'un rêve. Elle allait réussir à s'endormir, ayant tu les pensées les plus sombres de son esprit quand s'éleva dans la pénombre la voix, inhabituellement aigue de Michelle.
- Nicole, est-ce que t'as envie?
Elle ne comprenait pas la question que son amie lui avait posée. De quoi pourrait-elle avoir envie? D'une douche bien chaude ou alors une bonne couverture ainsi qu'un oreiller douillet pour dormir? Oh! Elle comprenait enfin. C'est donc embarrassée qu'elle répondit à Michelle:
- Ça va pour l'instant, pourquoi?
Un moment passa avant qu'une réponse ne lui parvienne de sa part.
- Et bien, tu sais, je suis arrivée en retard chez moi, alors pour ne pas manquer le rendez-vous, je n'ai pas été aux toilettes. Je pensais que je pourrais y aller là-bas, sauf que…
Elle ne finit pas sa phrase. Elle n'avait pas besoin de continuer puisque toutes deux savaient de quoi il s'agissait. Et puis, c'était déjà assez gênant, Nicole ne voulait pas en plus connaître les détails croustillants.
- T'as vraiment envie? Je veux dire, une vraie envie?
- Oui! Je sais quand même quand je veux faire pipi, oui!
- Alors, tu ne pourrais pas le faire dans le vide?
La réponse ne se fit pas attendre. La voix agacée de Michelle perça le silence.
- J'y ai déjà réfléchi patate, mais j'ai peur de tomber dans le vide!
« C'est vrai qu'à sa place, je ne le ferais pas.» pensa Nicole.
Il y avait toujours l'alternative de lui tenir les mains durant l'acte pour créer ainsi un contrepoids, mais déjà seule l'image mentale que Nicole s'était crée était éprouvante. Il valait mieux trouver une autre solution à cet épineux problème.
- Tu peux faire pipi en arrière, non? Là où on est déjà passées.
- Oui, mais j'ai pensé que si l'on voulait refaire marche arrière au cas où la sortie n'était pas par là…
- C'est bon, j'ai compris.
Ça oui, elle avait compris! Depuis qu'elles s'étaient remises en marche, elle ne pouvait pas compter le nombre de fois où elles étaient tombées et que l'une avait sauvé l'autre d'une chute dans le vide. Elles étaient alors tombés dans de la pierraille. Non, si jamais elles avaient pris le mauvais chemin et qu'il fallait retourner sur leurs pas, elle préférait savoir que l'humidité qui se ressentait dans l'air et sur le sol n'était pas l'œuvre de son amie.
- Ou alors devant, mais le problème est le même.
Michelle avait continué à énoncer comme cela des idées, parfois sans queue ni tête, d'autres fois irréalisables dans le noir, jusqu'à ce que finalement elles décidèrent d'exécuter leur première idée, après un petit changement de la part de Nicole.
Cette dernière, qui, pendant l'acte, tenait les mains de son amie, essaya vainement de penser à quelque chose. Quelque chose d'autre que ce qu'elle croyait être du pipi sur sa jambe. Pour une fois, après que son amie ait finie, bénit l'obscurité qui les entourait.
- T'as pas faim?
Michelle venait encore une fois de la réveiller. Nicole ne savait pas depuis quand elle essayait de trouver le sommeil et l'attendait mais se rappelait très bien de toutes les remarques qu'avaient émises Michelle. Et il y en avait beaucoup. Nicole comprenait un peu Michelle, qui, de sa couche apprivoisée, une veste étendue sur le sol, s'inquiétait et essayait de se changer les idées. Sauf que s'il y avait quelque chose de sacré pour la jeune fille, c'était ses chères heures de sommeil. On ne pouvait ajouter qu'une chose dans cette case d'importance suprême: ses amis. Elle avait d'ailleurs déjà essayé d'expulser Adam de sa chambre et de cacher ses cds pour pouvoir bien dormir. Malheureusement, il avait découvert l'affaire. Son père l'avait alors sermonné, lui parlant du comportement d'Adam et de ce qu'il fallait en retenir. Elle n'avait rien compris et retenu de cette conversation, ou plutôt de ce monologue vu la place qu'elle a prise dedans, même si elle s'amusait à penser que la vérité était toute là; son demi-frère était visiblement "perturbé" et elle ne devait pas essayer encore de lui voler ses biens. Son père était parfois étrange, mais c'était sans doute une autre déformation professionnelle. C'est vrai qu'à toujours fréquenter des gens comme cela, on ne pouvait pas être normal.
Se remémorant cette petite scène, Nicole sourit. Non, ce n'était sûrement pas Michelle qui allait lui enlever ses heures si précieuses de sommeil.
- Peut-être qu'un hot dog, ça serait cool. T'en prendrais avec quoi, toi? Moi, relish et moutarde. Mais pas de ketchup…
À l'entendre babiller ainsi, Nicole commençait sérieusement à se demander si elle tenait vraiment à son sommeil:elle ne réussirait sûrement pas à taire la pie qu'était devenue son amie. Comme si les pensées voyageaient mieux dans la noirceur, Michelle cessa de parler. D'une voix timide, elle lui demanda:
- Je t'énerve, hein?
Nicole ne répondit pas. Elle ne voulait pas affronter son amie, ni lui faire de la peine, mieux valait feindre le sommeil.
N'obtenant aucune réponse, son amie continua tout de même.
- Tu sais, moi, je parle quand j'ai peur. Et, je l'avoue, la peur a un effet sur ma vessie. Assez dévastateur, non? dit-elle, essayant visiblement de plaisanter.
Nicole étouffa son rire.
- Et puis, c'est quand même assez étrange tout ça!!
Michelle s'énervait, ajoutant arguments sur arguments, démentant leur arrivée ici.
- Je veux dire, peut-être qu'on est mortes quand la table s'est effondrée ou alors qu'un trou noir s'est formé, ou alors que…que, j'en sais rien. Et ça me fait peur. Très.
Elle ne recommença pas à parler après. Ou plutôt, à parler à Nicole. Seulement cette dernière en avait décidé autrement.
- Michelle?
Nicole parvenait aisément à s'imaginer comment son amie avait dû se tendre en l'entendant.
- Michelle, tu sais quoi? Tu… tu devrais compter les cailloux. Ça te permettrais de… de, d'essayer de dormir plus facilement.
L'idée était peut-être assez stupide, mais Michelle s'exécuta tout de même. Alors, dans le silence, elle compta.
- Et de un… et de deux…
Parce qu'il valait mieux s'occuper l'esprit que de se ressasser toutes ces pensées sombres.
- Et de trois cents quatre-vingt deux.
Une nouvelle fois, elle laissa tomber la pierre. Encore une fois, elle essaya d'entendre le bruit que ferait la pierre en atteignant le sol. Encore une fois, elle attendit en vain, n'entendant rien. Rien, pour la trois cents quatre-vingt deuxième fois.
- Et de…
Michelle ne finit pas sa phrase. Quelque chose était là. Son bras touchait quelque chose de différent. Ça avait l'air moelleux et en même temps humide. «C'est sûrement de là que provient l'humidité constante qui maintient la température à un si haut degré. »Pensa-t-elle. Et elle avait à l'évidence raison. Elle approcha la main, pour examiner la matière qui s'étendait certainement tout autour du petit chemin de pierre. Peut-être que cette matière bizarre serait ce qui les sauverait. Car, sans rire, elle commençait sérieusement à avoir faim. Elle effleura de sa deuxième main la chose, puis, prenant à deux mains son courage, plongea son bras entier dans la matière. Elle y remit sa première main, essayant de prendre un petit échantillon de la chose. Elle eut l'idée loufoque de s'en faire un oreiller, mais oublia rapidement cette pensée devant le phénomène saugrenu qu'elle parvenait mal à voir dans le noir. Elle avait pourtant l'impression que la matière qui les entourait avait comme caractéristique une faible luminescence légèrement verdâtre qui l'aidait à la discerner. Distraite par ce fait, elle ne put s'empêcher de penser à la couleur qu'elles auraient si elles en mangeaient un peu. Peut-être seraient elles légèrement verdâtre, elles aussi? Elle imaginait déjà quel genre de farces elle pourrait ainsi faire à Adam, le demi-frère de Nicole, et aussi aux autres de l'école.
Alors qu'elle allait retirer ses mains du mélange, elle ne put réprimer la phrase qu'elle murmura.
- Oh… C'est pas vr……
Elle ne finit pas sa phrase. Quelque chose avait filé entre ses doigts, quelque chose qu'elle croyait vivant. Faisant attention à ne pas réveiller son amie endormie, elle se pencha encore plus, dans l'espoir de voir, ou au moins entendre ou sentir cette bestiole. Attendant une bonne minute accroupie, elle essaya de se relever. En vain. Ses bras ne passaient pas! Elle ne pouvait pas les sortir!
Paniquée, ses jambes et le reste de son corps firent rapidement le même trajet que ses bras.