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Fiction » Romance » Graines de comédiens font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: La p'tite Clo
Fiction Rated: T - French - Romance/General - Reviews: 29 - Published: 08-31-07 - Updated: 06-29-08 - id:2409582

Hello !

Je n'ai pas très envie de faire du long blablatage aujourd'hui. Pour résumer, je dirai simplement que ce chapitre n'avait pas l'intention d'être aussi long que je vous le présente (il fait 19 pages, malgré moi), que j'ai essayé d'améliorer mon style à certaines moments (sans résultat) et que la motivation s'est égarée en route.

Je rajoute aussi que ce chapitre est "transitoire", et que rien qui s'y passe n'est extraordinaire (je ne suis pas Merlin l'enchanteur, vous savez...xD).

Je rappelle aussi que Violette Potage est la propriété de Diabolica Diaphana de la Plume d'argent (ou Gill Sparo sur FP), et que je lui suis très reconnaissante de m'avoir prêtée l'héroïne très maladroite de sa superbe fiction "Les converses, le crime et moi". (Merci ma Diabo d'amour).

Je remercie aussi Shiroi Kitsune pour son soutien inestimable.

Réponse à la reviews !

Lilytyty : Hello ! Merci pour ta reviews ! xD Hum...bon...personne n'aime Caro, d'accord, mais c'était pas une raison pour être vulgaire à ce point ! Va retrouver Ben Barnes, va ! XD (Toutefois, "check the gate" quand tu nous tiens !). Enfin...encore merci, et j'espère que ce chapitre te plaira (comme j'ai réussi à mettre "check the gate" dedans, je suppose que j'aurais droit à une reviews spéciale "check the gate" ! xD). Bizoo !

Bonne lecture.


Chapitre Neuf : Les milles et unes bêtises de la Section A


Lusvardi et Dodero. Ennemis publics d’une petite école de théâtre du neuvième arrondissement de Paris. Ennemis publics numéro 1 et 2 que Madame Suzette voulait absolument exterminer. Elle élaborait depuis deux semaines un plan d’attaque pour les coincer. Il y’avait d’abord Lusvardi, Xavier de son prénom. Un cerveau maître dans l’art de trouver des cachettes exceptionnelles pour peloter outrageusement sa petite-amie, Ludivine, Ennemie publique numéro 2.

Et il y’avait le grand nabot. Ennemi public numéro 3. Le grand nabot dont elle n’avait pas retenu le nom, et qui s’appelait en réalité Pierrick Nolasco. Ce même grand nabot qui avait fait courir la rumeur comme quoi, elle, femme fière de cinquante ans, était une vieille fille pure et dure qui n’avait jamais connu d’hommes de sa vie.

- Je les trouverai, oh oui, je les trouverai ! grinça Madame Suzette, en faisant les cent pas dans le hall d’entrée.

Par le plus grand des hasards, elle se promena dans un couloir et dénicha inconsciemment une des cachettes du couple poursuivi sans relâche.

- Depuis que je t’aime, ma solitude commence à deux pas de toi, soupira le placard à balai.

- Les relations sexuelles sont strictement interdites au sein de l’établissement ! explosa-t-elle aussitôt en ouvrant brutalement la porte du meuble. Chez le directeur ! Tout de suite !

Madame Suzette découvrit ainsi Ludivine, les joues empourprées, qui remuait ses petits pieds en guise d’innocence. Elle était toujours habillée, et son chemisier était en parfait état. Xavier n’était pas plus nu qu’elle, et observait gravement la standardiste. Ils étaient seulement calés l’un contre l’autre, entre la Javel et un balai.

- Ne vous inquiétez pas, Madame Suzette, nous n’avons pas l’intention de dévergonder le théâtre. On révisait Ondine, expliqua le jeune homme d’un air mutin, en lui montrant le scénario.

Elle allait répliquer mais l’Ennemi public numéro 3 l’interpellait déjà à l’autre bout du couloir pour sauver ses amis des griffes de la chasseuse de couples.

- Madame Suzette est vierge ! Madame Suzette est vierge ! Madame Suzette est vierge !

- Ah ! Toi ! siffla la pauvre tourmentée.

- Madame Suzette est vierge ! Aha ! s’écria joyeusement Pierrick, tandis qu’il repartait au galop, la standardiste à sa poursuite.

Toujours recroquevillée entre Xavier et la Javel, Ludivine pria pour que le jeune homme échappe à cette furie sans la moindre blessure. Elle-même avait déjà testé les ongles de Madame Suzette et les avait trouvés assez douloureux (elles s’étaient auparavant disputées un paquet de marshmallows).

La standardiste, de son côté, priait le ciel pour que l’année scolaire finisse au plus vite. Jamais une Section A n’avait été aussi pénible que celle de cette promotion (et Dieu sait qu’elle en avait vu passer !).

Entre Simon qui venait une fois par semaine en pyjama, Emma qui faisait des vocalises toute la journée, Tristan qui parcourait l’école à la recherche d’une jolie demoiselle, Claire qui se trouvait à l’origine de toutes les rumeurs, Grégoire qui volait tous les Studio Magazine pour les lire dans sa loge, Mathilde qui faisait du trafic de coloration de cheveux, Ludivine qui vidait tous les distributeurs de bonbons, Aline et Pierrick qui ne cessaient de se bagarrer, et Xavier qui vendait son intelligence aux nuls en maths (15 euros l’heure de soutien)…

Madame Suzette était une standardiste comblée. Comblée.


Montmartre. Sa butte. Sa basilique. Ses ruelles. Ses artistes. Et ses amoureux. Pour une fois, Xavier avait cédé à Ludivine, et lui avait accordé une petite promenade au sein de son quartier natal. Or, il n’aurait jamais pensé que la petite blonde adorerait autant ce petit bout de Paris. Émerveillée par le moindre coquelicot, la moindre vigne, et même le moindre pigeon, elle se faisait un plaisir de rappeler au comédien que son quartier n’était pas aussi « nul » qu’il le prétendait.

- Woah mon Xavier ! Regarde les jolis tableaux !

- Les tableaux exposés ?

- Oui ! Oh ! Et regarde comme elle est jolie, la fontaine !

- C’est juste de l’eau, Lulu.

- Mais c’est beau ! Oh, et t’as vu l’arc-en-ciel ?!

- Oui. C’est parce qu’il a plu.

- Mais c’est beau ! répéta la petite blonde. Tu as menti ! C’est beau, Montmartre ! Moi, je veux vivre ici avec toi plus tard.

- Ah non ! riposta la jeune homme en s’arrêtant au pied d’un immense escalier. Ça fait vingt ans que je vis dans ce trou, alors je t’en prie, on ira crécher ailleurs ! Je ne peux plus voir cet endroit, même en peinture !

- Oh allez…s’il te plaît, mon Xavier…

La jeune fille planta son regard de cocker dans le sien. Et pour l’amadouer davantage, elle se mordit la lèvre avec désespoir et cligna naïvement des yeux.

- J’aime être ici, avec toi…

- Ben, on sera bien mieux ailleurs. Moi, je veux qu’on vive au bord de la mer…

- Au bord de la mer ? répéta Ludivine, étonnée.

- Oui.

- Mais c’est trop banal, au bord de la mer !

- Non. Ce n’est pas banal. C’est un rêve. Je n’ai jamais vu la mer, reprit Xavier, mélancolique.

- Ah bon ?

- Et oui… Tout le monde n’a pas la chance de quitter Paris pendant les vacances !

- Oui…répondit la petite blonde d’un air penaud.

Xavier préféra changer de discussion et entraîna la jeune fille en haut de la butte Montmartre. Évidemment, elle se plaignit du nombre de marches à gravir, mais il fit la sourde oreille et refusa de payer le funiculaire.

- J’ai mal à mes petits pieds ! J’en ai marre de marcher !

- C’est bon pour la santé !

- Porte-moi !

- Certainement pas !

Ludivine, aussi rapide qu’un escargot, rendit la montée de la butte Montmartre bien plus longue que la norme. Après une demi-heure où elle ronchonna plus qu’autre chose, ils arrivèrent au sommet de la colline. La petite blonde oublia aussitôt ses pieds endoloris tellement elle était émerveillée par la vue qui s’offrait à elle. C’était décidé ! Que Xavier le veuille ou non, ils vivraient à Montmartre !

La matinée défila à toute vitesse. Le couple avait fait presque le tour du quartier, et les pieds de Ludivine réclamaient à tout prix un bon bain chaud. Ils avaient écouté des musiciens, chanté avec eux La Bohème, admiré des artistes, et la petite blonde avait même donné des sous pour chacun d’eux. Il aurait été impossible de déterminer lequel était le plus heureux : les artistes, de recevoir de l’argent, ou bien Ludivine, d’en offrir à des personnes méritantes.

Ils passèrent aussi devant le Moulin Rouge et Xavier vit le moment où Ludivine allait réserver une place pour la soirée.

- Mais mon Xavier, je n’ai jamais vu comment c’était à l’intérieur ! C’est mondialement connu, le Moulin Rouge !

- Ouais mais…

- Je veux entrer !

- Et bien…non ! Ludivine, reviens-ici ! s’écria le comédien en la retenant par son très fameux imperméable jaune vif. Ce n’est pas de ton âge ! Et d’abord, je doute que des fesses, des plumes et des poitrines t’intéressent !

Ludivine ouvrit la bouche en un O, sans qu’aucun mot n’en sorte, et recula timidement de la porte principale.

- Une prochaine fois alors…peut-être…fit-elle, rouge de honte.

- Ce serait plus sage, approuva le jeune homme.

Ils faisaient demi-tour pour revenir à l’appartement de Xavier lorsque, hélas, le fléau de la journée décida de pointer son nez. Elle s’appelait Violette Potage et, au moment de sa catastrophe journalière, elle chantait à tue-tête une chanson bien connue de Blanche-Neige.

- Un jour, mon prince viendra… Un jour, il… Aaaah !

La calamité en question loupa le trottoir et se rétama sur Xavier, qui perdit l’équilibre.

- M’embrassera, compléta automatiquement Ludivine, avant de se rendre compte que son petit-ami était couché au sol avec une inconnue. Oh ? Mon Xavier ?

- Mon coccyx…gémit le comédien.

- Putain de converses de merde…marmonna la catastrophe ambulante.

Elle se releva, et aida le jeune homme à faire de même. Elle voulut même dépoussiérer le jean de Xavier pour lui montrer sa bonne volonté, mais celui-ci s’était immédiatement reculé, de peur qu’elle retombe sur lui.

- Ça va aller, ça va aller, merci !

- Je suis vraiment désolée, s’excusa Violette Potage, en pointant ses chaussures multicolores comme si elles étaient responsables de sa maladresse. Vous savez, je suis en pleine enquête ; et les converses, le crime, et moi, ça fait pas toujours bon ménage !

- Ouais…répondit Xavier, perdu.

- Je savais bien que j’aurais dû mettre mes converses jaunes à pois bleu ciel, ce matin ! Elles sont beaucoup plus souples ! Quoique…les noires à paillettes rouges, elles étaient tentantes aussi !

Un grand sourire malicieux, un petit nez retroussé, des mèches rouges un peu partout dans les cheveux, Violette Potage était tape-à-l’œil par son originalité. Et incroyablement bavarde avec ça.

- Des crimes ? répéta Ludivine, qui s’était recroquevillée derrière Xavier.

- Ouais…la copine de Madison Pie a été assassinée !

- Madison Pie ?! La série télé que ma mère déteste plus que tout ?!

- La série télé que ma sœur adore ?! s’étonna le comédien.

- Oui ! Madison Pie, jouée par Inès Delpero, cette petite pouffiasse ! Et ben, sa copine avec qui elle était pas très copine, elle s’est faite zigouiller ! J’sais pas ce qu’ils ont après les comédiens, en ce moment, mais ça y va les bains de sang, hein !

- C’est terrible ! murmura la petite blonde, blanche comme un linge, en se cachant derrière son petit-ami.

- Y’a eu d’autres acteurs zigouillés ? demanda Xavier.

- Euh…Marylin Monroe, je crois, répondit Violette Potage.

- Elle s’est suicidée.

- Non, non, je t’assure, elle s’est suicidée parce qu’on l’a poussée à le faire… C’était un meurtre prémédité !

- Moi, je veux pas mourir ! s’écria Ludivine. Je veux pas qu’on me tue !

Violette Potage se retint visiblement de se moquer et jeta un regard interrogateur à la jeune fille, qui serrait tant la chemise de Xavier que celle-ci ne se défroisserait probablement plus jamais.

- Lulu est comédienne, excusa-t-il, en glissant son bras autour du cou de Ludivine. Les mauvaises nouvelles, c’est pas trop son truc, tu vois.

- Ah ! Et t’as joué dans quoi ? s’écria la détective pas comme les autres, les yeux brillants de milles étoiles. C’est toi qui as fait un carton dans 8 Femmes ?

- Non. J’ai joué dans rien du tout. Je suis encore à l’école, répondit naïvement la petite blonde. Et dans 8 Femmes, c’était Ludivine Sagnier.

Les yeux de Violette Potage s’éteignirent aussitôt. Déçue, elle laissa retomber les bras le long de son corps, et son bracelet de perles en profita pour se rompre en s’éparpillant un peu partout sur le pavé. Heureusement, il lui restait sa montre, qui lui rappela qu’elle était -probablement pas pour la première fois de sa vie- en retard.

- Faut que je file ! J’suis à la bourre, et Papy Polar ne va pas être content ! Tchaô la compagnie ! s’exclama Violette Potage, en s’élançant sur la route sans regarder devant elle.

- Attention, le trottoir ! avertit Xavier, tandis qu’elle survolait le caniveau sans prendre le temps de réaliser sa nouvelle maladresse.

- Oups ! Merci !

- Attention, la voiture ! s’écria à nouveau le comédien, tandis qu’une Twingo grise métallisée freinait brutalement pour ne pas écraser la détective.

Violette Potage disparut dans un dernier soupir de soulagement, laissant Xavier et Ludivine bien étonnés de ce que la vie leur réservait.


Chaque année, c’était pareil. Benjamin se demandait comment diable ces terribles Sections A, qui se succédaient tous les ans, apprenaient la date de son anniversaire, pourtant bien gardée secrète par l’ordinateur de Madame Suzette.

La vérité était qu’un élève d’une promotion antérieure avait infiltré l’appareil, et découvert le mot de passe ouvrant l’accès aux informations confidentielles. Et il avait trouvé la date d’anniversaire de Benjamin. Les générations de comédiens se l’étaient répétés à l’oreille, et ce, jusqu’à celles de Pierrick.

- Hey les gars, c’est bientôt l’anniversaire de Benji ! prévint le comédien à ses camarades, trois jours avant la date fatale.

- Ah bon ?

- Ouais. C’est qu’il est vieux notre Benji…45 ans déjà…

- 45 ans ? s’étouffa Tristan. Il en fait dix de moins !

- Mon Benji, il se fait vieux, soupira Ludivine.

- On pourrait organiser quelque chose, comme l’ont fait les autres Sections A avant nous, proposa Simon.

- Et qu’est-ce qu’ils avaient fait, eux ?

- Des conneries.

- Ah ben, ça changerait pas de tous les jours ! se moqua Xavier.

- Ouais mais là…on pourrait peut-être joindre la connerie à l’utile, non ?


- Hum…ma Lulu d’amour, j’adore t’embrasser, j’adore t’enlacer, j’adore te faire plein de choses… Viens ma petite libellule, on va faire des choses coquines dans le placard à balai…lança Xavier, bien fort dans le premier couloir.

- Oh oui, mon Xavier, allons-y, s’exclama sagement Ludivine.

- Aha ! Je vous tiens ! hurla Madame Suzette, surgissant de derrière un mur où elle était cachée. Les relations sexuelles sont strictement interdites dans l’établissement ! Chez le directeur !

- Mon Dieu, nous nous sommes fait repérer…lança tragiquement le jeune homme.

- C’est terrible ! fit sa petite-amie sur le même ton. Sauvons-nous !

Pendant que le couple prenait la fuite vers le fond de l’école, suivi de près par la terrible standardiste, Aline et Pierrick faisaient le guet devant les deux couloirs, et Grégoire devant l’entrée de l’école.

- Vous pouvez y aller ! lancèrent les trois comédiens.

Aussitôt, Emma bondit sur le bureau de Madame Suzette, et ouvrit tous les tiroirs à la vitesse de la lumière, avant de dénicher une clef. Quand elle l’eut trouvée, elle les referma tous et la lança à Mathilde qui la rattrapa au vol.

- Vite, vite !

Mathilde se précipita sur une porte verrouillée à côté du bureau et inséra la clef. En deux trois mouvements, la porte s’ouvrit et Tristan, Simon et Claire s’enfouirent à l’intérieur de la petite pièce. La salle au trésor, comme l’appelaient toutes les graines de comédiens. Elle était verrouillée en permanence, et son plus gros objet de valeur était une caméra du même genre que celles que l’on utilisait pour réaliser des « films de cinéma ». Emma et Mathilde aidèrent leurs camarades à faire sortir la machine de son antre, car elle était un peu plus lourde qu’ils ne l’avaient imaginé. Fort heureusement, elle avait des roulettes.

- C’est bon, il n’y a personne dehors, annonça Grégoire en ouvrant grand la porte principale pour laisser la caméra et les élèves sortir.

- Allons-y ! Mettons-là dans la bagnole, et barrons-nous avant que Suzette ne rapplique !

Par chance, Mathilde savait conduire et avait sa propre voiture, dans laquelle elle avait tantôt baissé les fauteuils arrières pour pouvoir faire entrer l’appareil.

- Lulu et Xav’ reviennent ! s’écrièrent Aline et Pierrick à l’unisson. Suzy est derrière eux !

Emma s’installa rapidement à côté de Mathilde, qui démarra en trombe, tandis que Claire verrouilla la porte de la pièce et jeta la clef sur le bureau de la standardiste. Ludivine et Xavier quittèrent l’école en courant main dans la main, précédés par les élèves restants. Seuls Aline et Pierrick s’enfuirent en scooter.

- Hey ! Revenez ici ! s’étrangla Madame Suzette, folle de rage. Revenez tous ici ! Sinon je dis tout au directeur et…

Mais déjà la Section A avait disparu de son champ de vision. Benjamin choisit ce moment-là pour entrer en scène, plus inquiet que jamais.

- Dis-moi, tu n’aurais pas vu la Section A ? demanda-t-il, avant de constater l’état dans laquelle elle se trouvait.

- Ils sont partis !

- Partis ?!

- Partis !

- Ils sèchent les cours ?! Xavier aussi ?!

- Tous !

Le prof sentit la moutarde lui monter au nez et ne mit que quelques secondes pour exploser de fureur.

- Putain ! Ils ne commencent sérieusement à me taper sur le système ! Ah, mais j’en ai rien à foutre, je vais appeler leurs parents, tu vas voir ! Ils vont se prendre une de ces torgnoles dont ils ne vont pas se remettre !

Jamais Madame Suzette n’avait été si heureuse qu’à ce moment où Benjamin composait le numéro de téléphone du père de Ludivine. Ceci dit, elle s’étonna d’apercevoir la clef de la petite salle aux trésors posée sur son bureau, et fut prise d’un terrible doute. Deux trois mouvements plus tard, elle poussa un hurlement strident qui fit trembler tous les murs de l’école.

- Benjamin ! Nous avons été dépouillés ! La caméra ! La caméra !

- Oh ! s’écria le prof en laissant tomber son téléphone. Merde !


La Section A s’était donnée rendez-vous à la place de la Bastille, de l’autre côté de Paris. Mathilde, Emma et la Caméra étaient arrivées les premières, Aline et Pierrick juste après, et une demi-heure plus tard, les autres élèves sortaient du métro.

- Plus jamais je ne monte avec toi, Aline ! J’ai failli laisser ma peau ! On a failli se prendre une voiture en pleine gueule par ta faute ! Encore une Smart ! Putain, mais c’est pas vrai ! Tu attires toutes les Smart, ou quoi ?!

- Zen Pierrot, sinon tu rentres à pied.

- Zen ?! Tu veux que je sois zen, alors que j’aurais pu laisser ma vie durant le trajet ?! Tu plaisantes ou quoi ?!

- Je vous en prie, ne commencez pas, soupira Mathilde.

Grégoire leva le nez au ciel. Les nuages étaient si chargés d’eau qu’ils en étaient noirs.

- La météo est parfaite. On n’a plus qu’à attendre qu’il pleuve, et on pourra commencer le tournage.

- C’est la première fois que j’attends la pluie avec impatience…marmonna Aline.

- T’es pas bonne Parisienne, toi, commenta Pierrick. Nous, on est censés aimer la pluie !

- Je t’emmerde.

La Section A jeta aux deux comédiens un regard furieux, et ces derniers se hâtèrent de se tourner le dos dans un reniflement de dédain.

- Et on va tourner où ? voulut savoir Emma.

- À la colonne.

- Et comment on va faire ? Il y’a des grilles !

- Tu me gaves avec tes questions…souffla Xavier.

- Elle a raison, intervint Grégoire, dont la remarque parut faire plaisir à Emma. Comment on va faire ?

- Et bien, on sautera par-dessus les grilles.

- Et les flics passent et nous embarquent pour vol de caméra et dégradation d’espace public… Bon plan, Xavier, ironisa Claire.

- Et s’il pleut, il y’aura plein de gouttes sur l’écran de la caméra ! Le film va être gâché !

- Vous êtes des chochottes. Vous avez simplement peur de vous mouiller.

- Non, même pas vrai, répliqua le reste de la Section A.

- Moi, Xavier, j’ai pas peur ! J’ai même prévu le matos pour accélérer les choses ! ricana Mathilde.

D’un geste victorieux, elle ouvrit le coffre de sa voiture et désigna à ses camarades deux seaux et douze bouteilles remplies d’eau et de glaçons. La Section A laissa échapper un cri d’effroi.

- Comme ça, ça fera « vrai » ! s’exclama joyeusement Mathilde. Et en plus, l’eau est glacée ! On grelottera de froid, trempés, sous la pluie…le pied ! Ça va vraiment bien ressortir sur le film !

Les élèves étaient terrorisés. Même Xavier frissonnait, rien qu’en imaginant l’eau glacée glisser le long de la colonne vertébrale. Il jeta un regard en biais vers Ludivine. Aucun doute. La petite blonde n’y survivrait pas.

- Et les couvertures ? Tu y as pensé ? demanda Pierrick.

- Quelles couvertures ? s’étonna la comédienne.

- Les couvertures pour éviter qu’on attrape la mort par ta faute !

- Ah. Merde.

- Tu déconnes Mamie ! gronda Tristan.

- Allez vous faire voir ! Il fallait me prévenir à l’avance ! Moi, je réfléchis pour le bien du film !

- Et réfléchir pour notre bien à tous, t’en es capable ?!

La Section A commença à se chamailler, jusqu’à en oublier le court-métrage. Ce fut Grégoire qui rappela timidement que le cadeau de Benjamin n’allait pas se faire tout seul, et qu’il valait mieux s’y mettre au plus vite. Tristan jugea bon de faire le point sur l’organisation du tournage.

- Ce sont les filles qui vont chanter.

- Hey ! Pourquoi nous ?!

- Parce que vous êtes des filles, et que vous chantez bien. C’est tout.

- Moi, je le fais seulement si j’ai des chocolats en échange, lança Ludivine.

- Heureusement, j’ai pensé à tout, fit Simon en sortant de son sac un paquet de chocolats et de caramels.

Ludivine vira du rose au blanc et tendit la main vers le paquet, comme ensorcelée.

- Je veux les goûter. S’ils sont bons, je joue pour le film !

- Et puis quoi encore ?! se moqua le comédien. Dis plutôt que tu veux goûter tout le paquet ! Je suis pas fou !

Le visage de la petite blonde se décomposa et, très vite, elle se mit à pleurant en braillant à qui voulait l’entendre que Simon n’était qu’un infâme être cruel et sans cœur, qui ne l’aimait pas, et qui était méchant avec elle.

- Et pour le son ? voulut savoir Tristan. Avec toute la circulation, on ne nous entendra pas chanter. C’est perdu d’avance, pour le film.

- On fera un enregistrement chez Simon. Là, on ne fait que du play-back. Alors ne vous plaignez pas, espèces de graines de comédiens ! Et vous avez intérêt à m’obéir, parce que de ma connaissance, les Sections A ont toujours obéi à leur professeur ! En l’occurrence, moi ! s’exclama Xavier dans une belle imitation de Benjamin.

Les élèves éclatèrent de rire, tout en se rapprochant malicieusement les uns des autres, y compris Ludivine qui avait cessé de pleurer après avoir obtenu deux chocolats et deux caramels.

- Pour Benji ! hurla Claire.

- Pour Benji ! répéta la Section A sur le même ton, si bien que les pigeons de la place de la Bastille s’envolèrent dans un bruit sourd.


- Actiooooon ! hurla Mathilde à l’américaine, en faisant un usage bruyant de son clap (dérobé aussi à l’école de théâtre).

Cela commençait avec un plan moyen de la place de la Bastille, montrant la vie parisienne telle qu’elle l’est tous les jours. Dans le genre métro-boulot-dodo, ça ressemblait plutôt à voitures-piétons-klaxons. Certains couraient, un parapluie au-dessus du crâne. D’autres traversaient les rues, les mains solidement accrochées à une poussette ou une main d’enfant. Quelques-uns se précipitaient dans les boutiques pour échapper à la pluie. Et enfin, au milieu, la Colonne de Juillet, imperturbable, s’élevait là où une prison-forteresse fut prise d’assaut un 14 juillet 1789. En face, l’Opéra de la Bastille. Les gouttes de pluie s’abattaient si rudement sur sa façade de verre arrondie qu’elles en faisaient luire sa lignée de carreaux blancs. C’en était assourdissant.

Venait ensuite un plan américain sur Ludivine, à qui on avait enlevé son imperméable jaune, et qui ruisselait autant que l’Opéra. Son corps tremblait de froid, ses lèvres suivaient sur le mouvement, et c’était tout juste si les grilles qui entouraient la Colonne de Juillet arrivaient à la soutenir tant elle grelottait.

Il pleut des cordes sur le Génie

De la place de la Bastille

Nous marchons sous un ciel gris

Percé par des milliers d’aiguilles

Il pleut des cordes sur le Génie

Les nuages trop lourds s’abandonnent

De l’eau pour les gens de Paris

Pour l’ange nu sur la colonne

Pour la seconde partie du tournage, la météo avait voulu que Emma reçoive une bourrasque de vent en plein visage, si bien qu’elle eut de la poussière dans les yeux et qu’elle se montra grincheuse.

- Moi, je pense qu’avec un peu d’eau, la poussière va partir, s’exclama Mathilde, en balançant un seau plein à ras bord sur Emma.

La comédienne laissa échappa un cri d’horreur, et pour une fois, la Section A compatit à son malheur.

- Tu veux un chocolat ? proposa Ludivine, en lui tendant le paquet de Simon dans l’espoir de la consoler de la rude douche à laquelle elle avait eu affaire.

- Non.

- T’es sûre ? Il n’en reste plus que deux.

- Non, j’ai dit ! répéta Emma, agacée.

Tandis qu’elle essayait de se dépatouiller de la petite blonde, Xavier cherchait le zoom sur la caméra. Pour le bêtisier du tournage, il ne pouvait rater la moustache en chocolat de Ludivine.

- Ça tourne, annonça-t-il, alors qu’Emma secouait frénétiquement son bras pour que la petite comédienne la lâche enfin.

- Comment ça, ça tourne ? s’étonnèrent les deux blondes.

- Action, quoi ! Vous croyez vraiment qu’on a toute l’année pour faire ce putain de court-métrage ! s’énerva Pierrick.

À l’horizon de nos fenêtres

Plus rien ne bouge, plus rien ne vit

Comme Paris semble disparaître

Dilué dans de l’eau de pluie

À l’horizon, le ciel défait

L’ange ruisselant se dessine

On voudrait s’aimer à jamais

Sous cette pluie que rien ne termine

Xavier filma Emma en train de traverser le rond-point vers un petit porche. L’opération ne fut pas sans risques, car il avait fallu arrêter la circulation à l’aide de Pierrick et Tristan, et la Section A avait failli se faire voler la caméra par une bande de petits voyous. Heureusement, Aline pouvait paraître assez effrayante quand elle le voulait, et cela ne fut bientôt qu’un mauvais souvenir (qu’il ne fallait certainement pas raconter à Benjamin).

Vint ensuite le tour de Claire, que Mathilde eut beaucoup de mal à mouiller, et qui reçut six seaux d’eau pour paraître noyée (elle n’avait pas besoin de sembler désespérée ; elle l’était vraiment).

Il pleut encore sur le Génie

De la place de la Bastille

Boire du thé tout l’après-midi

De ces dimanches de camomille

Il pleut des cordes sur le Génie

Qui aurait cru que si peu d’eau

Ferait fuir les gens de Paris

Laissant l’ange trop seul et trop haut

La séquence de Claire se termina par un zoom maximum sur le Génie doré et ruisselant d’eau, perché sur la Colonne de Juillet.

- Hey ! Pour quelle raison ils ont crevé, ces gens ? demanda Mathilde, durant la pause, en pointant du doigt les noms inscrit en lettres dorées sur le monument.

- J’adore la délicatesse dont tu fais preuve dans ton hommage aux citoyens morts pour la France, ironisa Pierrick.

- Juillet 1830. Les Trois Glorieuses, récita Xavier.

- C’est quoi les Trois Glorieuses ? voulut savoir Ludivine, un peu gênée à l’idée de paraître idiote.

- Trois jours de révolution française pour faire tomber un gros con du nom de Charles X.

- Ah. D’accord.

- Pauvres gens, soupira Claire.

- Je te le fais pas dire. Y’a leurs restes d’os sous la colonne.

Xavier regretta instantanément ses paroles, car toutes les comédiennes, à l’exception d’Aline, blanchirent en même temps, et se reculèrent d’un pas précipité.

- Bravo, Xavier, félicita Simon. Elles ne voudront plus continuer le tournage maintenant !

- Vous êtes des peureuses, lança le comédien aux jeunes femmes. Ils ne vont rien vous faire, les morts ! Ils n’ont même pas assez d’os pour vous courir derrière !

- Mais quand même…tenta Emma.

- Mais quand même quoi ?

Elle ne sut quoi répondre, et Xavier en profita pour pousser Mathilde devant la caméra.

- Ne perdons pas de temps, Mesdames !

- Check the gate ! annonça Pierrick.

- Attendez, on a oublié d’arroser Mamie ! s’exclama Claire.

Aidée de Ludivine et Emma, elle jeta plusieurs seaux d’eau glacée sur la comédienne, pour se venger des douches qu’elle leur avait données plus tôt.

- Ce n’est que justice, déclara Emma, alors que le brushing de Mathilde n’était plus qu’un rideau lisse de cheveux rouge pétant.

- Le tournage peut reprendre, lança innocemment Ludivine, avant d’éternuer bruyamment.

À l’horizon de nos fenêtres

Plus rien ne bouge, plus rien ne vit

Comme Paris semble disparaître

Dilué dans de l’eau de pluie

À l’horizon, le ciel défait

L’ange ruisselant se dessine

On voudrait s’aimer à jamais

Sous cette pluie que rien ne termine

S’en suivit un jeu musical, où la Section A avait décidé de filmer les garçons de sorte que tout le monde figurât dans le court-métrage. Ainsi, Simon et Tristan apparurent en train de marcher tranquillement, côte à côte. Ils étaient en pleine conversation qui, bien que muette, paraissait si intéressante qu’ils oubliaient que leur tête était à découvert et qu’il pleuvait des cordes. Ensuite, la caméra montrait Pierrick occupé à draguer une passante qu’il ne connaissait pas. Au loin, seul et en retrait, Grégoire qui contemplait la façade de l’Opéra, depuis un passage piéton.

Il était presque midi lorsque les élèves attaquèrent la dernière partie du film, mettant en vedette la dernière comédienne qui ne s’était pas encore manifestée.

- Je vous emmerde, j’y vais quand même !

- Aline…il y’a des caméras en haut de la colonne…

- Les flics vont rappliquer ! Je te rappelle qu’on n’a aucune autorisation de tourner !

- J’emmerde les flics. J’emmerde tout le monde.

La jeune femme sauta par-dessus la grille qui encerclait la Colonne de Juillet, tandis que ses camarades se rapprochaient du mieux qu’ils le pouvaient.

- Comprenez-la…ironisa Pierrick. Son maquillage n’a pas coulé pour rien ! On ne lui a pas balancée de l’eau glacée dans la gueule pour rien ! Elle n’a pas froid pour rien ! Alors qu’importent les caméras, l’interdiction formelle de franchir les grilles, et les flics ! Elle n’a pas subi tous ces malheurs pour rien !

- C’est bien vrai, admit Grégoire, et Emma eut vite fait de hocher la tête.

- T’es bien marrante, nota Xavier à l’attention de sa meilleure amie, mais comment la caméra va faire pour te suivre ? Tu crois qu’elle va se mettre toute seule des ressorts à la place des roues et qu’elle va sauter par-dessus la grille comme une grande fille ?

- Elle a tout intérêt, s’écria l’intéressée. Moi, je ne bougerai pas d’ici. Pierrot ! Viens me faire la courte échelle ! Je veux monter sur le socle !

L’opération fut assez délicate. Au bout de la huitième tentative et grâce à l’aide de Pierrick, Aline parvint à se hisser sur l’immense socle du monument, sans avoir la possibilité de gravir la seconde base de la colonne. Tout en ignorant les regards scandalisés des passants, les comédiens s’étaient ensuite regroupés de chaque côté pour faire passer la caméra par-dessus la grille. Malgré son poids et sa taille, ils réussirent à mener leur mission à la perfection, sans abîmer l’appareil.

Le tournage put donc reprendre, dès que Aline fut prête et le zoom réglé. Si Xavier avait préféré que la jeune femme soit la dernière à tourner, c’était parce qu’elle imposait une image mélancolique, voire même un peu sombre. Avec ses cheveux noirs ruisselants collés au visage, son maquillage détruit par la pluie (et les seaux d’eau de Mathilde), et son regard pénétrant, Aline était un véritable ange déchu.

Il pleut toujours sur le Génie

De la place de la Bastille

Nous nous couchons avant minuit

Dans des draps chauds qu’on éparpille

Il pleut toujours sur le Génie

On sort des repas de famille

L’ange ruisselant dans la nuit

Déploie ses ailes…sur la Bastille

Fidèle comme toujours, la caméra suivait Aline qui marchait lentement sur le socle arrondi. Vers la fin de son couplet, elle contempla profondément le Génie en haut de la colonne quelques secondes, et ferma ensuite les yeux. On voyait ensuite Xavier allongé dans une immense flaque d’eau, bras et jambes écartés, les yeux fermés, et qui avait l’air de se ficher pas mal du risque de tomber malade.

Et c’était la fin.


Évidemment, les parents avaient été les premiers informés de l’école buissonnière organisée par les comédiens. La mère de Simon l’avait constaté d’elle-même quand elle avait vu la Section A débarquer ruisselante dans son beau salon. Les élèves avaient mouillé tout le parquet neuf, et Tristan avait tâché le mur nouvellement repeint en y appuyant sa main humide pour ne pas tomber en enlevant ses baskets. Après s’être enveloppés dans de chaudes couvertures, ils s’étaient rués dans la cuisine pour boire un chocolat chaud.

L’enregistrement audio des voix du court-métrage débuta lorsque les comédiens furent bien réchauffés. Hélas, ils n’eurent pas le loisir d’entendre Ludivine chanter dans le microphone car le téléphone portable de l’intéressée vibra. « Appelant : Papa », affichait fièrement l’appareil.

- Oho… Ça sent le roussi, commenta Pierrick en observant la petite blonde en train de se demander si elle devait répondre ou pas.

- On va dire que je suis aux toilettes, proposa-t-elle, légèrement effrayée.

- N’empêche, tu devrais répondre, conseilla Claire.

- Je fais pipi, insista Ludivine.

- Très bien, donc c’est moi qui décroche ! lança Xavier.

- Non !

La jeune fille se dépêcha de reprendre le téléphone que son petit-ami lui avait arraché des mains, et décrocha malgré elle. Sa voix trembla lorsqu’elle prononça « allô ? » dans le combiné.

- Bon sang, mais t’es passée où ?! hurla son père à des milliers de kilomètres de Paris.

- Je suis chez un copain.

- Chez un copain ! Voyez-vous ça ! Non sérieusement, ton Xavier, il commence à me taper sur le système ! Il n’a qu’à sécher les cours tout seul, mais je ne veux pas que tu le suives dans ses délires !

- Jeff…calme-toi, tu ne penses pas ce que tu dis… Comme d’habitude ! commenta la voix lointaine d’Éva Maël.

- Un autre copain, précisa Ludivine, gênée.

- En toute honnêteté, continua le père après un silence, je me fiche de tes amourettes parisiennes, du moment que tu ailles en cours et que tu bosses comme une malade pour réussir ton exam ! C’est trop dur à comprendre, ça ?!

- Mais Papa…

- D’ailleurs, la semaine prochaine, tu rentres à la maison.

- Mais Papa ! s’écria la petite blonde.

- Rien à foutre de ton Xavier, ni même de ton second copain ! Tu reviendras deux semaines à la maison, ça te fera les pieds ! Et en plus…ta mère est dans le coin en ce moment. Chose absolument exceptionnelle. Si tu la rates, tu ne la revois plus avant un an.

- Même pas vrai…marmonna la maman de Ludivine, vexée.

Un bruit sourd apprit à sa fille qu’elle venait de taper son mari. Voyant que la conversation tournait mal, Xavier voulut prendre le téléphone pour discuter avec Jeff, mais Ludivine refusa de le lui donner.

- Mais Papa…brailla-t-elle, presque en larmes. Demain, c’est l’anniversaire de Benjamin, et on veut lui faire un cadeau, et on a séché les cours pour lui préparer un joli petit film, et toi, t’es méchant, et tu me punis parce que je veux faire un cadeau pour Benji, et puis d’abord, je suis chez Simon pour travailler le film avec les autres, et même que mon Xavier, il est là, et qu’il est très gentil avec moi, et que moi je l’aime, et que lui aussi, et que si t’es pas content, c’est pareil, et que…

- Mon Dieu… Mais qu’est-ce que j’ai fait pour avoir une fille pareille ? se lamenta Jeff, tandis que sa femme, compatissante, lui tapotait gentiment l’épaule. Alors attends…j’essaie de récapituler. Tu sèches les cours pour faire un cadeau à Benji ? Mais c’est…Oh putain, Éva ! On a oublié l’anniv de Benji !

- Merde ! s’écria la mère de Ludivine. C’est ta faute ! C’était à ton tour d’y penser !

- Non, c’était le tien !

- Non, c’était toi !

- Non, sans blague, Éva ! Comment as-tu pu oublier ça ?!

- J’ai autre chose en tête, ma foi ! Toi qui fous rien de tes journées, tu aurais quand même pu faire l’effort de t’en souvenir !

- Ferme-là, chérie.

- Et si j’ai pas envie de la fermer ?

- Et bien, tu la fermes quand même !

Ludivine ne bronchait toujours pas, et Xavier, curieux, colla son oreille sur le téléphone pour écouter la conversation. La situation était assez drôle puisque Jeff avait complètement oublié de sermonner sa fille, comme le lui avait persuadé Benjamin quelques heures plus tôt. Non, pour le moment, Ludivine n’était pas le problème en question. Le problème, pour Jeff et Éva Dodero, c’était l’anniversaire du professeur de leur fille.

- Faudrait qu’on lui envoie un saucisson par colis, vu qu’il adore ça ! proposa Éva, tandis que son mari jouait avec le fil du téléphone.

- On l’a déjà fait l’an dernier, ce ne serait plus drôle ! Et si on lui envoyait un énorme colis avec du papier journal dedans, où on aura dissimulé une petite boîte avec un seul dragibus dedans !

- Juste un dragibus pour son anniversaire ! Ah oui ! Excellent ! Tu imagines la tête de notre pauvre Benji !

Le couple éclata de rire de façon synchronisée, et Ludivine et Xavier ne purent s’empêcher de rire avec eux. Puis, Jeff reporta son attention sur la petite blonde.

- Lulu, t’es toujours là ?

- Oui.

- Dis-moi, il va avoir quel âge Benji ?

- 45 ans.

- Woah ! s’écria Éva Maël. Qu’est-ce qu’il est vieux ! Tu te rends compte Jeff, ça fait vingt ans qu’on le connaît !

- C’est dingue ! approuva le mari. Bon, merci Lulu, on te fait de gros bisous. À la semaine prochaine, n’oublie pas ! Tchao ! Et fais aussi des bisous à Xavier !

Ludivine raccrocha, sereine. Qu’il était bon d’avoir des parents qui passaient l’éponge aussi rapidement ! Son père en avait même oublié sa haine provisoire envers Xavier, d’une durée totale de deux minutes. De toutes façons, elle le savait, Jeff avait grand estime envers son petit-ami. La comédienne ne prit pas non plus la peine de s’inquiéter de son petit voyage chez sa famille, car elle était presque certaine que son père serait plus concentré sur le dragibus de Benjamin plutôt que sur le billet de train de sa fille.

La Section A débattit cinq minutes sur les parents « cools » de Ludivine, et après avoir conclu qu’elle avait bien de la chance (ce qu’elle n’approuva pas pour autant), la troupe se remit à l’enregistrement audio et le montage de leur cadeau pour Benjamin.


Le lendemain, Benjamin attendait de pied ferme la Section A, mais ce n’était pas une surprise pour les comédiens. Ils étaient revenus pour leur répétition habituelle, accompagnés par la caméra qu’ils avaient dérobé la veille. Tristan et Mathilde l’avaient rangée prudemment dans la petite salle aux trésors, sous l’œil vigilant de Madame Suzette. Et bien sûr, après, il fallut rendre des comptes à Benjamin.

- Alors ? s’impatienta le prof.

La Section A trouvait le parquet bien intéressant à contempler. Il était d’une couleur coquille d’œuf, un peu usé par le travail incessant des comédiens. Mais il était chouette ce parquet quand même, parce que la femme de ménage utilisait du Carolin spécial Parquets au savon doux, ce qui rendait le sol…

- J’attends ! rugit Benjamin, de plus en plus énervé.

- Benji…fit tristement Ludivine, en s’avançant de quelques pas. On est vraiment désolés.

- Ben voyons ! Que vous soyez désolés d’avoir tous séché les cours et volé une caméra qui a coûté bonbon à l’école, ne m’explique pas pourquoi vous avez fait ça !

Les comédiens se tournèrent vers Claire, qui avait le film dans sa large poche, mais la jeune femme ne bougea pas d’un pouce.

- C’était pour toi, Benji, raconta Grégoire.

- Ouais, on voulait te faire un petit quelque chose pour ton anniversaire, ajouta Emma.

- Merci les enfants, ironisa Benjamin, les bras croisés. Merci ! Voler la caméra et sécher les cours ! Rien ne m’a autant fait plaisir depuis 45 ans !

- Laisse-nous au moins te montrer !

Le prof marmonna quelques paroles incompréhensibles auquel la Section A ne prêta aucune attention au vu du langage assez vulgaire utilisé. Ils se hâtèrent d’aller chercher l’ordinateur portable de Xavier et de le brancher pour visualiser le court-métrage.

- Bon anniversaire Benji ! s’écria la Section A en cœur, tandis que Tristan cliquait sur « Lecture ».

Les comédiens n’auraient pas su dire ce qui était le plus merveilleux. Le rendu du film après montage ou bien la tête de leur prof en découvrant le cadeau en question. C’était tellement amusant de le voir partagé entre sa fierté et ses émotions, que Ludivine lui colla un énorme bisou sur sa joue mal-rasée. Lorsque le film toucha à sa fin, il resta de marbre, les bras toujours croisés, malgré son cerveau en ébullition et son envie d’embrasser ses élèves.

- Hum…Bon…Pardonné…grogna Benjamin, avec une mauvaise foi évidente.

Plutôt mourir que de dire à ces dix petits imbéciles que le court-métrage avait été tourné méthodiquement, que l’ambiance était parfaite, et le jeu des acteurs extraordinaire ! Plutôt mourir que de leur avouer que ce film était un régal pour cinéphiles, et qu’il allait le montrer à sa femme ce soir en lui répétant « Ils me l’ont fait pour mon anniversaire, ils sont adorables ! Ils sont doués, non ? Et t’as vu, c’est ma classe ! » !

- Mais c’est vraiment parce que c’est vous hein ! ajouta-t-il, de plus en plus ronchon.

Les comédiens hochèrent la tête simultanément, en affichant les sourires idiots que leur prof détestait tant. Benjamin reporta son attention sur le générique du court-métrage qui venait tout juste de démarrer.

« Merci Benji, pour tout ce que tu fais pour nous »

« T’es peut-être chiant mais on t’aime quand même »

« La Section A – promo 2008 »


Quelques jours après l’anniversaire de Benjamin, Emma profitait du calme de la pause de midi pour se reposer dans le petit salon de la Section A. Elle semblait très absorbée par le dernier numéro de Pipole lorsqu’elle sentit quelque chose de mou et humide s’écraser contre sa joue dans un « smouik » retentissant. Consternée, la blonde releva la tête et ne vit que Ludivine qui s’enfuyait à toute allure, fière d’elle. Emma n’en revenait pas. Cette garce venait de lui faire un bisou ! Un bisou clandestin, sans autorisation, en plus !

Elle se recroquevilla sur elle-même, en mode défense, et échafauda un plan qui lui permettrait de refouler Ludivine dans le cas où elle aurait envie de recommencer. Ce qu’elle ne se doutait pas, c’était que la petite blonde était justement en train de raconter son exploit à Xavier, Aline et Pierrick.

- J’ai fait un bisou à Emma ! T’as vu, mon Xavier ! J’ai fait un bisou à Emma !

- Elle ne t’a pas mordue ? se moqua l’intéressé.

- Non, elle a été très gentille, et puis, elle s’est laissée faire, et puis, elle était très contente que je lui en fasse un. D’ailleurs, tu devrais lui en faire un, toi aussi, mon Xavier.

- Plutôt crever.

- Oh…soupira Ludivine, déçue.

- Franchement, tu imagines Xavier faire un bisou à Emma, toi ?! s’exclama Pierrick.

- Ce serait…anormalement pas assorti avec le monde où nous vivons, commenta Aline.

- Et puis, de toutes façons, la seule personne dont Emma aimerait bien recevoir des bisous, c’est Grégoire et seulement Grégoire.

Les mâchoires des trois comédiens faillirent se décrocher et tomber sur la moquette de leur loge. La situation paraissait hilarante puisque Xavier éclata de rire.

- Je suis vraiment le seul à m’en être rendu compte ?! Elle n’arrête pas de le regarder ! Pour un peu, elle le boufferait ! Elle serait même capable de dire qu’elle apprécie Lulu si Grégoire le lui demandait !

- Oh…Emma est amoureuse ?

- J’arrive pas à y croire ! De Grégoire, en plus !

- Je vais lui faire un bisou ! s’écria Ludivine, en détalant comme un lapin vers le petit salon.

Entre temps, Emma avait replongé dans son magazine (« Comment séduire l’homme de votre vie ? ») et baissé inconsciemment sa garde. Alors qu’elle entamait le paragraphe intitulé « Trouver une occasion de lui parler », elle ne vit pas Ludivine foncer tout droit dans sa direction, ni même faire un plongeon sur elle. Elle sentit seulement la petite blonde s’écraser comme une enclume sur son corps. Un énorme bisou retentit dans le petit salon et Emma poussa un hurlement strident, surprise par « ce truc gluant » sur sa joue. Ludivine prit peur et tomba à la renverse, entraînant la comédienne avec elle, juste au moment où Grégoire faisait son apparition.

- Roh, toi, je vais te…ragea Emma.

- Grégoire ! Bisou, bisou, bisou ! s’exclama Ludivine, en se relevant.

Elle se précipita sur le plus timide des comédiens, dont seul le théâtre pouvait lui délier la langue, et le couvrit de petits baisers sur le visage. Grégoire parut tout à fait surpris par ce soudain élan d’affection et ses joues se colorèrent de rose.

- Tu vas bien, mon Grégoire ?

- Euh…oui…

- Tant mieux. Emma aussi, elle va bien, tu sais. Je lui ai fais des bisous. Tu ne veux pas lui en faire toi aussi ? Mon Xavier, il ne veut pas.

- Hum…plus tard, répondit le jeune homme, gêné. En fait, Ludivine, je viens te voir, parce que j’ai besoin d’une actrice pour le court-métrage que nous demande de réaliser Benji, et j’ai pensé à…

- À Emma ! termina la petite blonde. Tu as raison, mon Grégoire, c’est un très bon choix ! De toutes façons, je dois l’entraîner pour qu’elle s’améliore, donc tu verras qu’elle sera parfaite pour ton film !

Grégoire ne sut quoi dire, et Emma aurait donné n’importe quoi pour disparaître immédiatement sous terre. Ludivine souriait comme une démente, comme si elle préparait un mauvais coup et qu’il valait mieux se tenir loin d’elle.

- Tu comptes le tourner quand, ton court-métrage ? voulut-elle savoir, l’air innocent.

- J’espérais m’en occuper durant les vacances.

- Et bien, c’est super ! Emma n’a rien à faire pour les vacances, tu pourras la recruter !

- Mais…mais…bégaya l’intéressée, effrayée à l’idée de saccager le fruit du travail de Grégoire.

- D’accord ? s’écria Ludivine, dont les doigts diaboliques se tapotaient les uns contre les autres.

- Ben…oui. Pas de problème, accorda Grégoire, légèrement hésitant.

- C’est parfait ! Vous n’aurez plus qu’à vous mettre d’accord pour un rendez-vous…enfin, je veux dire, une date de tournage.

Grégoire hocha la tête, silencieux, et observa Ludivine entraîner une Emma rouge de honte hors du petit salon de la Section A.

- Tu ne peux pas faire ça ! s’écria Emma, quand elle fut certaine que Grégoire ne pouvait pas les entendre.

- Si, je peux ! Et puis, il sera content de t’avoir choisie, quand je t’aurai un peu entraînée pour son court-métrage et pour l’examen.

- Il ne m’a pas choisie, c’est toi qui m’a imposée !

- De rien ! claironna la petite blonde.

Emma avait beau se montrer de mauvaise humeur pour décourager Ludivine, celle-ci s’obstinait à vouloir l’aider à progresser. La jeune comédienne fit appel à Xavier pour « l’apprentissage soutenu du théâtre » en faveur d’Emma, et ce dernier n’osa pas refuser pour ne pas décevoir sa petite-amie. Pour l’aider, Ludivine était prête à faire des dizaines d’heures supplémentaires, pourvu que son élève soit prête à temps pour l’examen.

- Tu vas me ridiculiser ! grinça la jeune femme, tandis que la petite blonde la poussait dans une salle inoccupée.

- On doit tous passer par-là ! Parce que le ridicule, c’est la base même du théâtre !

- Elle a raison, approuva Xavier. Si tu n’es pas à fond dedans, tu n’y arriveras pas, Emma.

- De toutes façons, c’est dit d’avance que je vais me rétamer à l’examen. Alors qu’est-ce que ça change, hein ?

- Ça change que c’est encore possible de t’améliorer en deux mois.

Première leçon : l’aisance. Ludivine et Xavier essayèrent de secouer du mieux qu’ils purent la comédienne, mais quoiqu’ils fissent, Emma n’arrivait pas à bouger aisément sur l’estrade.

- Je suis certain qu’avec une canette de RedBull, elle serait cent fois plus active, remarqua Xavier.

- Oui mais bon, on ne va quand même pas la doper à la taurine pour le jour de l’examen, fit Ludivine d’un air songeur. Bon, Emma, si tu ne veux pas que j’aille dire à Grégoire que tu l’aimes, tu as tout intérêt à te lâcher.

La menace eut l’effet attendu, et Emma fit de son mieux pour remuer comme un petit poisson dans l’eau. Ce n’était pas encore ça, mais Ludivine était certaine qu’avec un entraînement intensif, la comédienne aurait moins de difficultés au fil du temps.

Seconde leçon : les petites choses. Ou comment frapper Xavier et le faire tordre de douleur.

- Vas-y ! Gifle-le ! Comme ça ! encouragea la petite blonde.

Pour lui montrer l’exemple, elle gifla son petit-ami avec le peu de force qu’elle avait, et Xavier, qui n’avait rien senti, fit mine d’avoir eu mal.

- À toi ! lança Ludivine. Tape-le ! Fort, fort, fort ! Venge-toi de quand il n’a pas voulu te faire des bisous ! Fais-toi plaisir !

Emma, les yeux férocement plissés, s’approcha du jeune homme et lui administra une gifle monumentale qui résonna dans toute la salle. Xavier bascula en arrière et serait tombé si ses jambes n’avaient pas eu le réflexe de le soutenir. Sa joue était en feu, il crut même qu’une molaire s’était détachée de sa gencive ; et Ludivine applaudissait.

- Bravo, Emma ! C’était super ! Pas vrai, mon Xavier ?

La petite blonde perdit tout son enthousiasme quand elle vit que le jeune homme ne pouvait même pas répondre. Il continuait à se masser doucement la joue pour soulager la douleur. En vain.

- Mon Xavier, je suis désolée, mais c’était pour le bien d’Emma…consola-t-elle en lui collant un bisou au coin des lèvres.

- Je t’en prie, c’était tout naturel, marmonna le comédien encore sous le choc.

- Je suis nulle, se lamenta Emma, un peu honteuse d’avoir fait très mal à Xavier.

- Mais non, c’est juste que tu dois revoir les bases. On peut y arriver, rassura Ludivine avec douceur.

Pour la première fois depuis le début de l’année scolaire, Emma offrit son premier sourire sincère, et de surcroît, adressé à Ludivine. D’un air pensif, Xavier observa la petite blonde le lui rendre.

- Allez, mon Xavier, on s’y remet ! brailla la comédienne.

Il s’approcha d’Emma, plein de bonne volonté, tandis que cette dernière était terrifiée. Ludivine ne s’en souciait guère, trop absorbée par son scénario d’une centaine de pages qu’elle venait de saisir.

- On va reprendre la scène 8 de l’acte I d’Ondine. Emma, tu feras Ondine, et moi, je serai tes sœurs, décida fermement la petite blonde. Xavier, comme d’hab.

- Euh…fut tout ce que Emma trouva à dire.

Elle ne se voyait pas du tout interpréter, même pour s’améliorer, le rôle principal. Il lui paraissait même insensé de remplacer la talentueuse Ludivine, et de faire face à l’incroyable Xavier. Benjamin la faisait rarement jouer avec des comédiens dont le niveau était plus élevé que le sien, mais Ludivine était persuadée qu’il s’agissait du meilleur moyen pour progresser.

- Ne t’inquiètes pas, ça va bien se passer, réconforta la petite blonde, tandis que la comédienne tremblait comme une feuille.

- On va t’aider à t’améliorer, rajouta Xavier solennellement. Crois-moi, ton diplôme, tu l’auras. Et les deux doigts dans le nez.

Car Ludivine venait d’apprendre (ou de rappeler) au jeune homme une vérité fondamentale, le cœur-même de leur troupe. La Section A était solidaire. Rien ne pouvait briser la grande fraternité qui liait les comédiens. Ni la jalousie, ni la méchanceté, ni les moqueries, ni les différences sociales.

C’est tout.


Bon. Voilà pour aujourd'hui. Il ne reste plus que trois chapitres, dont les lignes sont déjà tracées. L'extra du Festival de Cannes sera pour la prochaine fois, si le coeur m'en dit. J'aimerais finir l'histoire avant la rentrée, mais je ne pense pas y arriver.

"La Bastille" n'est, évidemment, pas de moi, sinon à Alex Beaupain pour le film "Les Chansons d'Amour".

En attendant le prochain chapitre (zoom sur la famille de Lulu), je remercie les personnes sont là depuis le début, qui me lisent, qui commentent, me soutiennent, et celles qui me mettent dans leurs favoris (même si ce n'est là leur unique signe de vie, ça me fait plaisir et donc, merci).

Voilà.

ZbOoOoX !

La p'tite Clo' !

(PS : le "check the gate", c'était pour Tyty ! xD)

(PPS : pour ceux qui passent des examens, je veux savoir vos résultats ! xD)



© Copyright 2007 La p'tite Clo (FictionPress ID:462926).


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