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Fiction » Supernatural » Lullabelle, belle Lulla font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Roxanne de Bormelia
Fiction Rated: T - French - Supernatural/Drama - Reviews: 2 - Published: 09-12-07 - Updated: 09-12-07 - Complete - id:2413994

Il est huit heures moins quatre. Dans le lit, une forme bouge, agitée par les derniers frissons du sommeil. Lulla émerge doucement du royaume de ses rêves, lentement, elle se relève, s’assoit et baille.

Puis elle se lève, à demi couverte par un large T-shirt blanc et se connecte sur son ordinateur, sa « petite pomme » qui tourne jour et nuit. Grâce à la webcam, elle rectifie un peu son allure avant de vérifier ses mails en souriant. Elle accompagne la voix d’André Claveau en dodelinant de la tête, des chansons d’amour, toujours. Michael est le prochain d’une longue liste, il vient de confirmer le rendez-vous pour ce soir, vingt et une heures au café Gypsie’s, à une demi-heure de train de chez elle.

Lulla est une jeune femme d’environ vingt-trois ans, blonde aux formes voluptueuses, à peine plus petite que la moyenne, mais bien plus séduisante. Le nombre d’hommes qu’elle a attiré dans ses filets est informulable, elle ne le sait pas elle-même. Juste le temps de boire un café et de prendre une douche, elle est prête pour son rendez-vous.

Dans le train, elle sent les regards sur elle, de convoitise, mais aussi de haine. Elle n’en a que faire, ils ont toujours glissé sur elle comme l’eau sur les plumes d’un canard, un joli canard. Le paysage nocturne défile devant ses yeux, une fois de plus, elle pourrait le décrire sans même le regarder. A l’extérieur du train, l’air froid mord son visage et lui fait monter des touches de rouge aux joues.

« Salut ! »

Elle le reconnaît instantanément à sa chemise rouge, mais pour une fois il ressemble aux photos envoyées. Surprenant, c’est le premier cyber-dragueur honnête qu’elle rencontre. Elle n’a jamais eu besoin de mentir pour ça, la vérité est bien trop belle.

Elle lui fait une bise un peu appuyée, sentant au passage son odeur qui l’enivre, comme à chaque fois. Tiens, il ne lui a pas touché les fesses, peut-être est-il aussi gentleman qu’il en avait l’air. Cela l’ennuie un peu, ce n’est pas cela qu’elle cherche. Elle sait bien qu’elle ne mérite pas le grand amour, on le lui a assez fait sentir.

« Tu veux un café ? »

Après, non pas un verre de cocktail comme elle l’avait pensé, mais un café, il engage la conversation. Lulla est mal à l’aise, qu’est-ce que ce questionnaire de police ? Qu’est-ce que ça peut lui faire ce qu’elle étudie ? La plupart d’entre eux se contente d’un « Je suis en Histoire, à la fac. », pourquoi insiste-t-il tant ? Elle fuit ses regards perçants, sans pouvoir s’empêcher de l’observer à la dérobée. Mince alors, il est mignon, honnête et intelligent, la prochaine fois elle choisira mieux.

Elle ne supporte pas de s’attacher, même si elle « discute » avec eux en moyenne une semaine avant le rendez-vous. Un seul, jamais plus, et cela suffit en général. Mais celui-ci joue serré, il prétend ne pas avoir beaucoup de temps, il veut son numéro, la recontacter. Agacée, elle se penche vers lui et lui murmure à l’oreille. Il rougit, elle sourit, un rien canaille, les barrières du petit prince charmant ne tiendront plus longtemps.

Etonnement, il appelle le serveur et paye l’addition, puis il se lève et prend sa veste.

« Je t’envoie un mail ! »

Parti, il est simplement parti, sans plus d’explications. Lulla se mord les lèvres, mais pas trop fort car sa peau est fragile. Lentement, elle se lève à son tour et sort sans un regard en arrière.



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