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Tu mens comme elle respire
Author:
NitroGlycerine PM
Histoire d'un adultère
Rated: Fiction T - French - Angst/Drama - Words: 902 - Reviews: 4 - Favs: 3 - Follows: 1 - Published: 09-26-07 - Status: Complete - id: 2419302
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Note : Apparemment, l'état de congélation imminente est bon pour l'inspiration… si, si, je vous jure, et c'est donc dans ma panoplie de pseudo écrivain frigorifié que je vous livre cette histoire, inspirée par une chanson qui n'a pas vraiment de rapport, mais je me comprends…

Tu mens comme elle respire…

Tu la regardes, et tu y penses… Tu te souviens de ces moments, de quand tu pensais qu'elle était Elle, qu'elle serait la seule, que tu l'emmènerais au bout du monde sans jamais chercher à changer de compagnon de voyage.

Tu pouvais te noyer dans ses yeux en amande, et ne jamais demander de secours; tu te laissais couler avec délice dans ce regard que tu trouvais alors si profond et si fascinant, sans te lasser d'en explorer les moindres nuances, les moindres significations…

Tu lui promettais, entre tes caresses et tes mots d'amour, que tu l'aimerais, oh oui, tu l'aimerais, jusqu'à en crever s'il le fallait, et que tu ne l'abandonnerais jamais. Tu couvrais son corps sombre de baisers jusqu'à en perdre le souffle, vivait pour sa peau, par sa peau, chaque minute de chaque jour… Tu la quittais le matin en rêvant de ses lèvres, et la rejoignais à la nuit tombée pour soulager la douleur presque physique qu'une entière journée sans elle parvenait à faire naître au plus profond de ton cœur, de ton âme, ou peu importe ce à quoi tu l'associais alors…

Tu la regardes, et tu te rappelles. De ses sourires, de toutes ces nuits passées à l'adorer, de cette passion dévorante sans laquelle tu pensais n'être que la moitié de toi-même. De sa main dans tes cheveux, sa bouche sur la tienne, sa silhouette dessinée en ombre chinoise sur le rideau de douche, spectacle alors fascinant pour tes yeux avides d'elle, ton corps avide de sa chaleur…

Tu détournes le regard, et tu te souviens. Du jour où, aussi soudainement qu'il était arrivé, cet amour avait commencé à faiblir. Du moment où tu as croisé le chemin de celle qui allait devenir ta nouvelle Elle, ton nouveau monde… Ton fruit défendu, ta culpabilité…

Ton mensonge.

Tu te souviens avoir commencé à lui mentir, allant d'omission volontaire en faux-fuyant, tenté de justifier tes retards. Tu ne sais plus trop comment, mais tu te souviens t'être créé une troisième vie, une vie imaginaire remplie d'heures supplémentaire, de réunions de travail, et d'excuses. Tu te souviens de cette fois-là, où t'es détesté, d'infliger ça à ce regard dans lequel, malgré tout ce qui pouvait se passer autour, tu pouvais toujours lire comme dans un livre ouvert.

Tu te souviens lui avoir fait l'amour malgré tout, incapable que tu étais de vraiment renoncer à cette partie de ton passé, à cette partie de toi qui, il fut un temps, était celle que tu chérissais plus que ta propre existence. Celle dont tu ne pouvais pas te passer, ton héroïne, ta drogue dure en forme de courbes douces et d'yeux de pluie…

Tu la regardes, et tu soupçonnes. Tu sais qu'elle ne te croit plus… Et une partie de toi ne peut s'empêcher de ressentir une certaine fierté, une fierté inadmissible et insupportable, mais bien présente… Celle de savoir que malgré tout, elle ne te quitte pas, elle reste, s'accrochant aux lambeaux d'un amour déjà perdu mais jamais vraiment oublié. Tu sais qu'elle se doute de quelque chose, qu'elle a remarqué les griffures sur tes épaules, les cheveux blonds sur ton manteau noir. Les appels tardifs, les messages qui te font sourire quand tu penses qu'elle ne te voit pas…

Mais plus tu la regardes, et moins tu trouves le courage de faire ce qui devrait être fait, de partir sans un regard en arrière. Parce que plus tu la regardes, et plus tu te demandes… Est-ce que tout ça vaut la peine?

Alors tu continues. Tu lui dis que tu l'aimes, et tu lui chuchotes entre deux gémissements et quelques caresses que tu l'aimeras toujours. Tu l'observes toujours sous la douche, tu l'embrasses toujours avant de la quitter tous les matins. Tu l'appelles toujours le soir pour la prévenir de tes retards, avant d'aller retrouver celle que tu ne devrais pas aimer, et à qui tu promets le monde chaque soir dans le silence d'une chambre d'hôtel, entre vêtements épars et draps froissés…

Puis tu la retrouves, chaque nuit, celle dont les yeux te disent tout, même ce qu'ils préféreraient garder secret. Tu la rejoins et l'enlaces, avant de fermer les yeux entre ses bras.

Tu entends ses larmes, mais prétends ne rien remarquer. Tu écoutes ses respirations saccadées, en rythme avec les battements de ton cœur, et quand finalement les sanglots qu'elle retient se calment, alors, et seulement alors, tu trouves le sommeil.

Tu essayes de ne pas y penser, mais quelque part au fond de toi, tu en as conscience…

Tu mens comme elle respire.

Et elle le sait.

o o o o o o o

Que tous ceux qui sont déprimés maintenant lèvent la main ! lol

Je sais pas où je suis allée chercher une histoire pareille, mais j'espère qu'elle vous a plu !!

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