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Fiction » Mystery » Un amour indéfectible font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Ryo saeba fr
Fiction Rated: K - French - General/Mystery - Reviews: 1 - Published: 10-11-07 - Updated: 10-11-07 - Complete - id:2425093

Un amour indéfectible

La scène que je vais cous conter se déroule à Paris. D'ailleurs, elle a toujours été à Paris la Seine, mais je m’égards (du Nord), revenons a nos moutons ou plutôt à notre histoire.

Nous sommes en plein mois d’août vers la fin des années 1970, il règne une chaleur caniculaire. Les gens ont du mal à dormir la nuit, le travail est difficile avec la chaleur et bien entendu, comme le thermomètre, les esprits s’échauffent vite pour la moindre broutille dans cette ambiance.

Dans un petit appartement de Pantin, vit un couple, d’environ 25 ans, marié depuis deux ans, ils s’aiment fortement, leur bonheur est parafait, sauf qu’une broutille va tout détruire à cause de cette chaleur insupportable.

Il est 21h00 quand le drame arrive, Pascal Smag est assis sur le canapé deux places du salon, il regarde un match de foot. Il n’est pas le seul d'ailleurs, car par les fenêtres ouvertes des échos provenant d’autres appartements résonnent dans la rue. Sa femme Catherine est dans la cuisine, elle fait la vaisselle.

- Chéri, tu pourrais venir essuyer la vaisselle , lance la femme de la cuisine.

- Oui ! A la mi-temps , répond Pascal en avalant une gorgée de bière fraîche.

Cette simple réponse d’apparence anodine et le déclencheur de tout ! C’est la goutte d’eau qui met le feu au poudre ou l’étincelle qui fait déborder le vase et dans notre cas, celle qui fait déborder l’évier !

Catherine déboule dans le petit salon en s’essuyant les mains dans son tablier.

- Je me demande pourquoi je t’ai épousé vraiment ! Pourquoi j’ai choisi un homme qui aime les hommes qui courent après un ballon , s’emporte la femme.

Dans la télévision résonne le coup de sifflet de la mi-temps.

- Mais pourquoi tu t’énerves comme ça, fait Pascal tendrement. Tu vois c’est la mi-temps.

- Et tu crois peut-être que je vais attendre après les bons vouloirs de monsieur !

- Mais qu’est-ce qui t’arrive ce soir ?

- J’en ai marre d’être ta boniche !!!

Elle détache son tablier et l’envoi à la figure de son époux.

- Je vois, soupire Pascal. Je vais aller au tabac du coin chercher un paquet de cigarettes le temps que tu te calmes.

- C’est cela ! Monsieur se défile comme toujours !!!

Pascal sort de l’appartement, sa femme le rattrape sur le palier. Il descend quelque marche quand il entend la voix de son épouse.

- Si tu pars chercher des cigarettes ! Ce n’est plus la peine de revenir !!! Tu peux aller où tu veux, mais ne reviens plus ici !!!

Pascal tourne son regard vers celui de sa femme. Cette dernière l’observe avec des yeux remplis de colère. L’homme ferme ses paupières un instant puis détourne la tête avant de continuer à descendre l’escalier.

- Gros connard !!!!, lance la femme en claquant la porte.

Catherine est adossée à la porte, elle reprend son souffle. Une fois sa respiration revenue, elle se calme légèrement. Elle réalise ce qu’elle vient de faire.

- Je crois que mes paroles ont dépassé ma pensée, soupire-t-elle.

Elle avance dans le salon, ramasse son tablier qu’elle remet sur elle pour aller finir la vaisselle.

Il est 21H30 quand Catherine sort de la cuisine, elle est en sueur, elle décide de prendre une douche avant d’aller se coucher, elle réalise que son mari n’est toujours pas revenu.

- À tous les coups, il finit de regarder le match au tabac, fait-elle.

Sans plus de soucis, elle entre dans la salle de bain pour se rafraîchir. Elle y reste une vingtaine de minutes. Quand elle ressort en tenue légère, elle jette un regard dans le salon vide, elle voit que le match est fini sur la télévision qu’elle éteint.

- Quel idiot , soupire-t-elle. Enfin, il ne devrait plus tarder.

Catherine se rend dans la chambre à coucher et s’allonge sur le lit où elle sombre dans le sommeil quelque instant plus tard. Elle se réveil dans la nuit, elle attrape la lampe de poche posée au pied du lit et éclair le réveil qui indique minuit, puis elle se tourne pour constater qu’elle est seule dans le lit.

— Mais qu’est-ce qu’il fait ?

Son époux est parti chercher des cigarettes au tabac du coin et il n’est toujours pas revenu, il ne peut pas être loin, il est parti vêtu uniquement d’un maillot, d’un short et de tong.

Catherine se lève pour voir si son mari ne dort pas sur le petit canapé du salon, mais ce dernier est vide. Elle retourne se coucher avec une boule d’inquiétude dans le ventre.

- Il exagère ! Il va m’entendre quand il va rentrer , fait-elle entre ses dents plus pour se rassurer qu’autre chose.

Elle tourne et retourne longuement dans son lit, elle s’endort d’un sommeil agité.

Le lendemain matin, elle est toujours seule dans l’appartement, aucune trace de son mari. Elle est inquiète, mais elle déjeune puis part au travail en se disant qu’il a peut-être passé la nuit chez un ami et qu’il rentrera ce soir.

Durant la journée Catherine a du mal à se concentrer sur son travail de secrétaire. À la fin de sa journée elle se précipite chez elle avec l’espoir que son mari soit rentré. Elle gravit les escaliers rapidement, elle est essoufflée quand elle arrive devant la porte de l’appartement. Sa main tremble quand elle introduit la clef dans la serrure. Elle prend une grande inspiration avant de pousser la porte. À l’intérieur, aucun bruit, aucun son venant de la télévision ou du poste de radio comme c’est souvent le cas quand elle rentre. Elle fait le tour du logement, tout est à la même place que ce matin lorsqu’elle l’a quitté. Elle vérifie la penderie de l’entrée puis l’armoire de la chambre, les vêtements de son époux sont toujours là. L’angoisse fait place à la panique, elle se rue sur le téléphone pour prévenir la police. Cette dernière lui annonce qu’elle ne peut rien faire pour le moment et qu’elle doit attendre encore un peu avant de prendre cela comme une disparition. Alors, elle décide d’appeler l’entreprise de son époux, tous leurs amis, la famille, mais personne n’a vu Pascal. Les minutes sont longues puis elles sont remplacées par des heures, enfin la police intervient et lance une recherche. Les jours passent, puis les semaines, les mois et une année entière avant que Pascal Smag fasse partie des personnes disparues.

Dix ans se sont écoulés depuis cet événement Catherine vit toujours seule dans le même appartement, il n’y a qu’un peu de mobilier de changer et la télévision. Une photographie de Pascal trône sur le petit buffet du salon, elle la contemple tous les jours avec un regard triste.

Une nuit alors qu’elle est profondément endormie, elle est réveillée par des coups violement sur sa porte d’entrée. Elle se lève apeuré et avance a petit pas vers l’entrée, elle entend un bruit de bagarre, elle ignore se qu’elle doit faire, car elle est terrorisée. Subitement la bagarre cesse. Elle avance vers la porte quand un bruit de sirène de police retentit au bout de la rue, elle reste immobile dans le couloir. La sirène stoppe devant l’immeuble. Des bruits de pas dans la cage d’escalier. Puis quelqu’un frappe à sa porte.

- Police , annonce une voix masculine.

Catherine sursaute avant d’entrebâiller la porte, elle voit un homme en uniforme.

- Bonsoir madame, on nous a avertis qu’un homme s’était introduit dans votre appartement.

Elle porte une main à sa bouche. Sur le palier elle distingue une forme allongée sur le sol et des objets, son regard est attiré par un cadre, celui qui détient la photo de son époux. Elle ouvre en grand la porte et voit le voleur en sang sur le palier. Elle se baisse pour ramasser le cadre, mais un policier l’en empêche.

- Madame c’est objet son bien a vous , demande l’agent des forces de l’ordre.

- Il semblerait, sanglote-t-elle.

- Nous allons prendre votre déclaration.

Catherine est assise à la table de la cuisine en face d’elle un inspecteur prend sa déposition.

- … et vous êtes resté dans le couloir ?

- Oui, j’avais peur, je me demandais ce qu’il se passait et en plus j’ignorais que je venais de me faire cambrioler.

- Vous n’avez aucune idée de qui, dans l’immeuble, aurait pu frapper le voleur.

- Je ne vois pas.

- Ça ne fait rien. Nous allons garder les objets qu’il vous a dérobés pour l’enquête, ils vous seront rendus une fois que le dossier sera clos.

- Je comprends, mais j’aurais une faveur à vous demander, fait-elle le regard plein de larmes.

L’inspecteur se racle la gorge avant de répondre.

- Laquelle ?

- J’aimerais récupérer le cadre contenant la photo de mon mari. Vous comprenez il a disparu depuis plusieurs années déjà et c’est la seule chose qui me reste de lui.

L’inspecteur semble hésitant.

- Bien, fait-il. Nous allons l’enregistrer et vous rendre le cadre.

- Merci, répond Catherine en lui prenant les mains.

La police interroge tous les habitants de l’immeuble, mais aucun ne porte de trace de bagarre.

Maintenant, nous sommes au milieu des années 1990, Catherine est partie quinze jours en voyage organisé, elle monte les marches qui la conduisent à son appartement avec sa valise à la main. Elle se dit que ses plantes vertes doivent être dans un piteux état après ses deux semaines, elle les a arrosés généreusement avant de partir, mais depuis elles doivent avoir flétries. À peine a-t-elle posé sa valise sur le lit qu’elle file à la cuisine remplir le petit arrosoir pour s’occuper de ses plantes. Quelle n’est pas sa surprise de voir ses plantes en parfaite santé. L’année suivante c’est la même chose, ses plantes n’ont rien, celle d’après c’est identique tant et si bien qu’à force cela ne lui semble plus bizarre, elle se dit qu’elle a de la chance et la main verte.

Nous sommes à la fin de l’hiver 2006, Catherine rentre du travail quand elle remarque un corbillard devant l’immeuble de l’autre côté de la rue, celui qui fait face au sien. Elle voit les lettres « PS » sur les tentures du véhicule, intriguer elle s’approche, une foule de voisins se tient au pied de la bâtisse. Deux personnes âgées discutent non loin.

- Un brave homme… et il est mort seul.

- Oui. Et très serviable avec cela.

- C’est la concierge qui a découvert le corps.

Catherine s’avance.

- Vous savez qui c’est ?

Les deux personnes se tournent vers elle.

- Oui, Pascal Smag. Quelqu’un de bien.

Le sang de Catherine se glace, elle sent ses jambes vacillées.

- Vous allez bien , demande l’une des personnes âgées.

- Euh… Oui, un instant je reviens.

Catherine traverse la rue pour aller chercher la photo de son époux. Elle revient à bout de souffle auprès des deux personnes âgées pour leur montrer l’image.

- Est-ce que c’est lui , demande-t-elle.

Les deux personnes observent un instant.

- On dirait bien que c’est la même personne, répondent-elles.

Au même instant le cercueil passe sur le trottoir.

Catherine n’en revient pas, son mari a vécu ici durant près de trente ans sans qu’elle ne le sache, sans le voir. Tout cela à cause d’une petite dispute. De cet immeuble, il a veillé sur elle. La police n’a jamais pu découvrir son corps, car il n’était pas mort, il a changer de travail, changer de banque, il a recommencé tout une vie avec pratiquement rien en poche, il est venu habiter dans l’immeuble de l’autre coté de la rue pour pouvoir être toujours proche de sa femme, car lui aussi est resté seul. C’est lui qui a corrigé le cambrioleur, lui aussi qui prenait soin des plantes quand Catherine partait en voyage, car elle n’a jamais changé sa serrure.

FIN



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