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Titre:
La BA du Démon
Auteur:
Amy May
Rating:
T
Claimer:
Les personnages, l’histoire, les idées et tout le tralala
m’appartiennent.
Résumé:
En enfer, commettre une bonne action est un des délits les
plus graves. Ce jour-là je l’avais oublié… et je
vais devoir en subir les conséquences.
Notes:
La bêta-lecture a été faite par Nelja. Je suis
encore en retard, désolée… é.è
Bonne lecture !
Chapitre 6
“Enfoirés… C’était donc ça, la vraie sanction ?
La… mort ?”
La mort, la mort, la mort… Ce mot résonne dans ma tête depuis deux bonnes minutes. Enfin je dis deux bonnes minutes mais je ne peux pas vérifier, je n’ai pas ma montre, je ne peux pas bouger et puis c’est pas vraiment le moment de se soucier de ça.
Soudain, mon corps se gèle de l’intérieur mais ça ne change pas grand chose puisque j’étais en une matière ressemblant à de la craie, au cas où vous ne vous en souviendriez plus. Te fatigue pas Adrian, je ne bouge plus depuis longtemps ! Enfin, relativement longtemps. C’est quand même bien désagréable d’être gelée, j’avoue… Ah tiens, Adrian va être en craie dans pas longtemps, si je pouvais, j’aurais ri. Bah quoi, c’est drôle non ?
…Du vent. Un vent agréable, puis une drôle de sensation dans mon corps, une sorte de vague se propageant de la tête aux pieds. Je m’effondre, puis me relève sans grande difficulté. Ah tiens, je peux donc bouger, bonne nouvelle ! Je ne vois pas vraiment l’intérêt de me redonner la possibilité de bouger normalement mais bon je ne vais pas m’en plaindre.
Je marche droit devant moi. Je suis dans le noir, un noir étrange. Pas le même noir que l’on voit la nuit, ni celui que l’on voit quand on ferme les yeux. Un noir étouffant. Ça serait une sorte de vide différent de celui où j’étais avant ? Dans ce cas, pourquoi j’arrive à marcher ? Et d’ailleurs, je marche sur quoi ? Un truc visqueux, genre… Il y a même pas d’exemple à donner, c’est indescriptible autrement que par l’adjectif visqueux. Cet endroit est assez effrayant dans son genre, tu ne vois pas le sol, ni l’horizon s’il y en a un.
Un bruit. Je pense que c’est un… non plusieurs objets qui roulent et qui entrent en collision. Les objets à l’origine du bruit sont à ma droite. Vu qu’il n’y a rien d’autre, courons vers le bruit mystérieux ! Youpi !
Ouaip, le “youpi !” était en solde ce matin, comme vous vous en doutiez.
Je distingue au bout d’une cinquantaine de mètres des néons colorés. Je m’avance vers eux en accélérant un peu le pas (c’est l’enthousiasme qui fait ça je suppose) et la surprise m’arrache une grimace. Disons simplement que je ne m’attendais pas à ça.
Le “ça” en question est une rangée de boules en plastique flashy. Apparemment, ce sont des boîtes comme celles pour choisir des numéros au loto, original.
“Enfin là… Bittersweet Margaret. T’en as mis du temps ! dit une voix inconnue dans ma tête.
- Je peux savoir qui tu es ?
- Mon identité n’a aucune espèce d’importance, répond la voix, atone.”
Oui, bien sûr. Quelqu’un parle dans ma tête et je n’ai pas besoin de savoir qui c’est. Logique.
“Aux dernières nouvelles, vu que je cohabite dans ta tête, j’entends tes pensées, répliqua la squatteuse de cervelle.
- Bon, qu’est-ce que tu me veux ?
- Oh ça va, m’agresse pas comme ça ! Je viens te dire ce qu’il faut faire. C’est la dernière étape avant d’atterrir chez les humains.
- Sachant que tu es un démon, je suppose que…
- Je ne suis pas un démon, coupa la voix, je suis un intermédiaire. En gros un humain mort qui, en attente du jugement de Dieu et tout le tralala, doit faire le sale boulot. En l’occurrence, exiler les anges et les démons qu’on m’envoie.
- Tu as l’air de t’éclater ! je m’exclame, un sourire ironique aux lèvres.
- À qui le dis-tu… soupire-t-il. Enfin, je t’explique le topo.
- J’t’en prie.
- Dans chaque boîte il y a des boules colorées, avec un numéro ou un code. Ces numéros indiquent là où tu seras exilée, pigé ?
- Pigé... Attends, c’est tout ce que je dois faire ? Je dois pas me battre à mort contre un autre candidat à l’exil ou un autre truc de ce genre ?
- Que nenni, seulement piocher des numéros.”
Ça me paraît quasiment louche de n’avoir que ça à faire, enfin, peu importe. Je me dirige vers la première boîte, rose fuschia – jolie couleur, soit dit en passant, très kitsch – et mets ma main dans la boîte. J’attrape la première boule qui vient, puis ressors ma main. Je découvre une boule tout aussi rose que la boîte d’où elle vient, elle a la même poids d’une boule de billard mais elle est un peu plus petite, je suppose qu’elle est de la même matière également.
“Code ? demande l’intermédiaire.”
Je sursaute, puis me retourne. C’est vrai, il cohabite dans ma tête en compagnie de ma conscience, pas la peine de s’affoler, hahaha…
“Tu m’as fait peur !
- T’as peur de tout, dis-moi. Bon alors, le code ?
- Bonne question.”
Je tourne la boule rose dans ma main droite, puis je vois un rond blanc, comme sur les boules de billard. Deux nombres, séparés d’un tiret, sont écrits en noir dessus.
“Six, dix-huit, dis-je sur le même ton que l’autre avec qui je converse depuis tout à l’heure.
- … Plutôt sympa. J’habitais là aussi… Voilà c’est noté. Passe à la deuxième boîte.
- D’accord.”
Je remets la boule dans la boîte et avance de trois pas sur la droite. Une boîte verte, aussi flashy que toutes les autres. Je plonge ma main, la sors avec une boule. Soixante-deux. Je dis le numéro, remets la boule dans la boîte. Avance de quelques pas, refais la même opération avec une boîte bleue. Même opération avec la dernière boîte, orange.
“Et maintenant ?
- Tu attends.
- D’accord. En attendant, discutons joyeusement, qu’est-ce que tu en penses ?
- …
- Bon d’accord.
- …
- Tu boudes ?
- …
- Très drôle, dis-je en soupirant.
- … Votre intermédiaire a quitté ce réseau, répond une voix ressemblant à celle d’un robot. Vous serez exilé d’ici quelques minutes, en fonction du trafic vous pourrez attendre jusqu’à une heure. Nous vous souhaitons un agréable voyage.”
Agréable voyage… Ouais si on veut. Ça sera sûrement mieux que l’enfer, c’est déjà ça de gagné. Je m’assois sur le sol visqueux, qui se balance lentement de gauche à droite. Le silence est quasiment complet, si on oublie le bruit du sol qui bouge. Je chantonne un air quelconque en attendant qu’on m’exile. D’un autre côté, ça me rend un peu triste de quitter l’enfer, je ne sais pas pourquoi. Je soupire et ferme les yeux. Je siffle un air différent, un air qui ne ressemble à rien, qui n’est en rien harmonieux, des notes quelconques alignées de manière tout aussi quelconque, rien de plus.
Un vacarme assourdissant, un séisme, immense. J’ouvre les yeux et je me rends compte que je tombe. Mes oreilles sifflent à cause du vent, je mets mes mains sur celles-ci pour avoir moins mal. J’atterris – lamentablement, d’ailleurs le mot le plus approprié serait “je m’écrase” – sur un escalier invisible, comme l’était le sol il y a quelques secondes. L’escalier est tout aussi visqueux.
Je lève la tête. En haut de l’escalier s’élève une porte lumineuse. Enfin lumineuse… c’est plus une lumière blafarde qui en émane. Tout est vraiment mis en scène pour paraître lugubre…
Je monte quelques marches, mais je me rends compte que je n’avance pas. Je cours dans l’escalier, la porte est toujours aussi loin. Je regarde autour de moi, j’aperçois une forme noire à ma gauche. Une boîte.
“Hé toi ! Qu’est-ce que je dois faire ? J’avance pas !”
Me voilà en train d’appeler une boîte. Je tombe bien bas.
“Cornes.
- Hein ?
- Tes cornes.
- Quelles cornes ? Je suis pas un taureau, aux dernières nouvelles !
- Tes cornes.
- D’accord…”
Mes cornes. Oui, intéressant… Je n’ai pas de cornes. Aucun démon n’a de cornes. Les diables non plus. Qu’est-ce qu’il veut alors ??? Les cornes sont un des signes disctinctifs des démons chez les humains…
Qu’est-ce qui est différent entre les démons et les humains… ? Bonne question. Notre société pourrie ? Il paraît que chez les humains c’est pourri aussi, à “leur” manière (Merci qui ?)
… Ah mais bien sûr ! C’est l’âge d’aptitude ! Je dois lui donner mon âge d’aptitude ? Compliqué ce qu’il me demande… Il veut effacer ma mémoire ? Il n’aurait pas eu à me le demander… Qu’est-ce qui montre notre niveau d’aptitude ? Ma montre peut mais Adrian me l’a prise. Quoi d’autre… Ma carte ! C’est une carte d’identité, en fait on dirait plus une carte de visite, vu qu’il n’y a pas de photo. Il y est inscrit mon nom et mon rang. Je la sors de ma poche.
“C’est ça ?
- …”
Je jette la carte dans la boîte. Une sonnerie, ma carte vole pour atterrir dans ma main droite. Elle est vierge. Je la range dans ma poche et je vois que l’escalier devient dur comme de la pierre. Je le monte et constate que j’avance, ouf. Arrivée à la dernière marche, je regarde derrière moi et souris. La porte, qui est en fait un trou, est opaque, à ma grande surprise.
Un dernier pas. Le dernier pas, en tant que démon.
Nous vous souhaitons un agréable voyage.
Adieu, veaux, vaches,
… Démons.