Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search Login Register Extras
Fiction » Romance » Issho font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Deiya
Fiction Rated: T - French - Romance/Humor - Reviews: 5 - Published: 10-16-07 - Updated: 02-04-08 - Complete - id:2427051

Titre : Nuit blanche

Auteur : Deiya

Genre : mini one-shot, yaoi

Résumé : La rencontre entre un puissant daimyo et un samouraï arrogant… Mais sont-ils vraiment des inconnus l'un pour l'autre ?

Disclaimer : Ils sont à moi, les pauvres…

AVERTISSEMENT : Gros clichés et guimauve dégoulinante sur la fin, donc à tous ceux qui ne supportent pas les scènes sentimentales sur fond de petits cœurs (ou même -horreur !- de petites fleurs !) ne lisez surtout pas…

Note : Le titre (archi-nul d'ailleurs…) porte sur une superbe ellipse, donc ne vous attendez pas à un lemon…

Note 2 : À la demande de plusieurs d'entre vous, je vais désormais mettre la définition des mots japonais que j'utilise et je vous présente mes plus plates excuses pour ne pas l'avoir fait plus tôt…

Le titre du recueil 'Issho' signifie 'Ensemble'.

Daimyo: seigneur féodal japonais

Samouraï : en gros, un samouraï est un guerrier mais c'est bien plus compliqué que ça. Généralement, être samouraï signifie être noble, les femmes le sont donc aussi, même si elles ne se battent pas. De plus, être samouraï signifie respecter tout un code d'honneur…

Se faire seppuku : se suicider en s'ouvrant le ventre et éventuellement le cou ; généralement un second termine en coupant la tête (oui, c'est très gai… lol on dit aussi se faire hara-kiri en mauvais japonais)

Katana: sabre japonais (c'est connu, mais on sait jamais…)

Si j'utilise d'autres mots, je mettrai leur définition au début des one-shots concernés.

Bonne lecture !

Nuit blanche

Ryûji Edogawa était l'un des cinq daimyo les plus puissants du Japon. C'était aussi le plus jeune d'entre eux et sans doute le plus redouté. Son père, Ryûsuke Edogawa, était mort de maladie alors qu'il n'avait que quinze ans. Le jeune Ryûji était donc devenu le nouveau daimyo. Bien entendu, les daimyo voisins avaient vu là une excellente occasion de s'emparer de ses terres.

Cependant, Ryûji - "l'enfant" comme se plaisaient alors à l'appeler ses ennemis - les avait accueillis comme il se devait, avec toute son armée. Ca avait été un véritable massacre. Les quelques survivants parmi les troupes adverses s'étaient fait seppuku peu après.

On disait que lors de cette fameuse bataille, le jeune daimyo s'était montré sans pitié, qu'aucun sentiment n'avait troublé les traits de son visage couvert du sang de ses ennemis.

Depuis ce jour, on le surnommait "le Sanglant Ryûji", tel un nouveau titre de noblesse.

Et en cinq ans, sa réputation ne s'était pas démentie.

C'est pourquoi, lorsque l'on annonça l'arrivée imminente du Sanglant Ryûji, le village d'Akikaze entra aussitôt en ébullition. Le chef Saito s'agitait en criant des ordres à tous ceux qu'il croisait, se retenant à grand peine de se ronger les ongles.

Enfin, le jeune daimyo fut là, entouré de ses samouraïs.

Saito se rappelait sa surprise, quatre ans plus tôt, lorsqu'il avait découvert que le Sanglant Ryûji était un maigre adolescent aux traits fins mais au charisme certain. Ce dernier avait laissé place à un jeune homme élancé, à la beauté froide, et le chef dut reconnaître qu'il en imposait encore plus qu'avant.

Saito s'inclina profondément, son vis-à-vis se courba légèrement. Puis, il invita le daimyo à venir boire le thé dans sa maison, celui-ci lui emboîta le pas après avoir fait signe à sa garde qu'elle pouvait disposer.

L'épouse de Saito, Mariko, leur servit elle-même le thé. Soudain, une fille et deux garçons entrèrent et s'inclinèrent devant le daimyo avant de s'agenouiller. La fille devait avoir une quinzaine d'années et souriait paisiblement. Elle présentait de fortes ressemblances avec un des deux garçons, celui qui avait un sourire indéfinissable. Le deuxième garçon avait dix-sept ans, tout comme le premier, mais son attitude était plus réservée.

Saito s'adressa au daimyo :

- Etant donné que votre dernière visite remonte à quatre ans, vous ne vous souvenez peut-être pas de mes enfants, Edogawa-sama. Voici ma fille Meiko, un modèle de patience ! Celui qui ose à peine lever les yeux est Kazuo, le fils de mon ami Kawada, qui m'a été confié. Et enfin, voilà mon fils, Tatsuya. Il a l'air inoffensif ainsi mais il ne faut pas s'y fier : c'est le meilleur samouraï du village !

Ce disant, Saito rayonnait de fierté.

Le Sanglant Ryûji regarda pensivement le jeune homme qui arborait un large sourire un peu insolent.

- Vraiment ? Je serais curieux de mesurer son talent au mien.

Nul n'aurait pu dire si les capacités de Tatsuya l'intéressaient réellement ou s'il ne prononçait ces mots que par pure politesse.

Le village d'Akikaze n'était qu'une étape du voyage du Sanglant Ryûji et il ne comptait pas s'attarder plus de trois jours, le temps de se reposer.

Le Sanglant Ryûji aimait se promener seul dans le jardin du chef Saito. Il appréciait le calme et la beauté du lieu. Mais il semblait que d'autres y prenaient également leurs aises, comme le découvrit le jeune daimyo au détour d'une haie.

Le fils du chef Saito, allongé sur Kazuo à même le sol et dévorant allégrement le cou de ce dernier tout en écartant les pans de son kimono, dévoilant son torse.

Le Sanglant Ryûji resta figé, les yeux légèrement écarquillés, les lèvres sèches, devant ce spectacle pour le moins incongru.

Tatsuya, se sentant observé, tourna la tête vers lui d'un air étonné. Lorsqu'il reconnut le daimyo, il lui adressa un sourire provocant tout en passant lentement sa langue sur ses lèvres.

Le Sanglant Ryûji sentit tout son corps frissonner.

Kazuo s'étant à son tour aperçu de la présence du daimyo, il repoussa Tatsuya et prit à peine le temps de rajuster ses vêtements et de bafouiller des excuses incompréhensibles avant de s'enfuir en rougissant de honte.

Restés seuls, Ryûji et Tatsuya se confrontèrent du regard pendant quelques secondes puis le plus jeune rompit le silence :

- Ne souhaitiez-vous pas tester ma force, Ryûji-sama ? La salle d'entraînement est à côté, c'est l'occasion ou jamais…

Ryûji accepta. Son masque de glace avait réapparu.

Ryûji et Tatsuya avaient chacun un katana de bois pour se mesurer : inoffensif mais pas indolore. Ils se mirent en garde, se jaugèrent un instant puis attaquèrent dans un même mouvement. Les lames de bois s'entrechoquèrent violemment. Tatsuya éclata de rire, tandis qu'une lueur de satisfaction brillait dans les yeux du daimyo. Ils continuèrent ainsi leur passe d'arme sans qu'aucun des deux ne parvienne vraiment à prendre le dessus.

Cependant, Tatsuya manœuvrait afin de faire reculer Ryûji. Celui-ci s'en rendit compte trop tard et se retrouva aculé dans un coin. Son adversaire était si proche qu'il pouvait sentir son souffle sur son visage. Seules les lames de bois les séparaient encore.

D'un mouvement brusque, Tatsuya le désarma et son katana tomba à terre. Aussitôt, le jeune samouraï se jeta à l'assaut des lèvres du daimyo. Celui-ci parut d'abord trop surpris pour réagir, puis il eut un hoquet lorsqu'il sentit une langue impatiente s'introduire dans sa bouche. Il trembla quand une main se glissa subrepticement sous son kimono. Tatsuya s'en aperçut et sourit contre ses lèvres, sourire bientôt remplacé par une grimace de douleur lorsqu'il reçut un violent coup de genou dans le ventre. Le souffle coupé, plié en deux, il tomba à terre.

Ryûji le contempla un instant, semblant hésiter sur la conduite à suivre. Finalement, il partit sans mot dire.

Tatsuya étouffa un sanglot avec difficulté.

- Désirez-vous une fille pour la nuit, Edogawa-sama ?

Tout hôte qui se respecte se devait de proposer cette distraction à son invité, surtout s'il s'agissait d'un puissant daimyo.

- Non, je vous remercie, répondit le Sanglant Ryûji, ainsi qu'il l'avait déjà fait quatre ans auparavant.

- Un garçon alors ? demanda poliment Saito.

A son grand étonnement, le daimyo resta un instant silencieux, puis :

- Je voudrais Tatsuya-san.

Saito le regarda, effaré.

D'ordinaire, pour ce genre d'affaires, on faisait appel à des domestiques plutôt qu'aux membres de la famille !

Le daimyo remarqua son trouble et s'empressa de le rassurer :

- Ne vous inquiétez pas, Saito-san, je me suis déjà mis d'accord avec votre fils.

Tatsuya, qui était resté jusqu'alors muet, intervint :

- C'est exact, père. En réalité, j'ai moi-même demandé à Ryûji-sama de bien vouloir me faire cet honneur.

Saito ne put faire autrement qu'acquiescer.

Lorsque Ryûji rejoignit sa chambre, Tatsuya s'y trouvait déjà et l'attendait, nonchalamment allongé sur son futon. A sa vue, il se redressa et lui fit face avec une moue boudeuse.

- Pourquoi m'as-tu frappé cet après-midi, Ryûji-sama ?

L'emploi du tutoiement allié à celui du titre honorifique produisit une étrange impression sur le daimyo.

- Tu es bien trop impatient, Tatsuya. A moins que ta mémoire ne soit défaillante ? Nous avions convenu que je te demanderais officiellement à ton père, voilà qui est fait.

L'adolescent fit la grimace.

- Même si ça remonte à quatre ans, je me souviens parfaitement de cette promesse : sans quoi, je ne t'aurais pas embrassé ! Il n'empêche qu'on aurait pu en profiter dès cet après-m…

- Et Kazuo ?

- Kazuo ?

- Ne me dis pas que tu es 'tombé' dessus par hasard…

Tatsuya rosit sous le ton sarcastique de Ryûji.

- Hum, pas vraiment… En fait, cet imbécile me soutenait qu'un homme ne pouvait procurer à un autre homme autant de… sensations qu'une femme. Je me suis simplement appliqué à lui prouver le contraire, expliqua-t-il en haussant les épaules.

Retrouvant son sourire malicieux, il ajouta :

- Je crois d'ailleurs que l'expérience s'est révélée concluante…

Ryûji se retint de lever les yeux au ciel. Il soupira, puis avec un léger sourire, tendit la main vers Tatsuya. Celui-ci, en le sentant caresser doucement sa joue, le regarda avec surprise avant de lui rendre son sourire et de murmurer de façon quasi inaudible :

- Quand tu m'as frappé… J'ai cru que tu ne voulais plus de moi…

A ces mots, l'expression de Ryûji s'adoucit. Il saisit le menton de Tatsuya et l'embrassa longuement, avec toute la tendresse dont il était capable. Lorsqu'ils eurent repris leur souffle, le daimyo déclara :

- Imbécile… Ca aurait plutôt été à moi de me demander si tu en avais toujours envie !

Tatsuya éclata franchement de rire :

- Je crois que mon attitude a été plus qu'explicite sur ce point !

La lueur d'insolence brillait à nouveau dans ces yeux quand il ajouta :

- D'ailleurs, si tu ne te décides pas rapidement Ryûji-sama, c'est moi qui vais prendre le commandement…

Aussitôt, Ryûji le fit taire d'un baiser qui se prolongea tandis qu'ils prenaient leurs aises sur le futon.

Cette merveilleuse nuit était peut-être une erreur monumentale. Peut-être même la pire bêtise de toute sa vie. Quelle idée avait-il eu de tomber amoureux ? Cette nuit n'avait fait que le conforter dans ses sentiments et il pressentait que l'avenir ne serait pas de tout repos… Une chose, une seule, était certaine : cette nuit, stupide et fabuleuse, il ne la regretterait jamais…

Fin.

---------

Hum hum… Je ne me fais pas beaucoup d'illusions à propos de cette fic, mais comme je me suis bien amusée à l'écrire, si ça vous intéresse j'en ferai la préquelle (avec la fameuse promesse quatre ans plus tôt)…

En ce qui concerne le dernier paragraphe, je tiens à préciser tout de suite que je n'ai pas oublié de dire à qui appartenaient ces pensées, c'était tout à fait volontaire. Ces pensées peuvent donc aussi bien venir de Ryûji que de Tatsuya.

A la prochaine !

Dei-chan



Return to Top