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GOLDORAK : LE RETOUR DE GOLDORAK
LE RETOUR DE GOLDORAK Episode 8
Le soleil pâle de l’hiver pointe ses rayons sur la neige d’un blanc immaculé qui recouvre toute la région. Blottie bien au chaud dans son lit, Hikaru Makiba rêve d’une escapade amoureuse avec le prince d’Euphor. Dans son imaginaire, elle se trouve sur une barque en compagnie du prince, ils sont tous deux allongés dans la frêle embarcation, leurs bras enlacés. Une ombrelle les protège du soleil, le lac est calme. Hikaru soupire de bonheur quand tout à coup, la barque se met à tanguer dans tous les sens. Elle entend une faible voix qui l’appelle par son prénom.
- Hikaru !!!!
La jeune fille se tourne dans son lit pour continuer sa rêverie, mais deux mains la saisissent par les épaules pour la secouer plus violemment.
Dans son esprit, elle se voit se cramponner à l’embarcation pour ne pas basculer par-dessus bord, mais le remous se fait de plus en plus fort, elle finit par lâcher prise et tomber dans le lac.
Hikaru finit par entrouvrir les yeux, elle distingue une forme pencher sur elle.
- Allez ! Debout Hikaru , crie une voix féminine.
- Quoi , demande-t-elle avec une voix endormie.
- Debout jeune fille ! Finis de paresser au lit !!
- Prince ?
- Prince !? Attends un peu ! Je vais te réveiller moi !
Une main saisit un verre d’eau posé sur la table de nuit. Hikaru sent brusquement un liquide glacé sur son visage, elle repousse les draps et se redresse.
- Non, mais ça ne va pas , hurle la jeune fille.
- Te voilà enfin réveillé, fait Vénusia avec le verre d’eau à la main.
- Ma tante !? Mais… pourquoi ?
- Debout ! C’est aujourd’hui que débute ton entraînement au pilotage !
- Et c’est pour ça que je dois me lever si tôt ?
- Bien, alors tu donneras les horaires qui t’arrangent le mieux à l’ennemi, car lui n’a pas de préférence pour attaquer.
- Je sais, répond Hikaru avec une moue.
- Allez habille-toi vite ! Sinon je pars sans toi !
- Hé ! Mais je déjeune quand ?
Vénusia a déjà ouvert la porte de la chambre et se retourne pour répondre.
- Tu n’avais qu’à ne pas oublier de mettre ton réveil avant de te coucher.
Vénusia quitte la pièce, la porte vient juste de se refermer quand un oreiller s’écrase dessus.
Dans le fond marin du triangle des Bermudes, la base aquatique de Véga est achevée. Le capitaine Sog est prostré devant le moniteur qui affiche le visage du Stratéguerre.
- Je suis plus que satisfait des résultats que tu as obtenus Sog.
- Merci votre grandeur.
- Je veux que le prochain raid contre Goldorak parte de ta base.
- C’est un grand honneur Maître.
- Nous allons te faire parvenir le matériel nécessaire.
- Bien votre grandeur.
- Horrus !
Le général Horrus et le commandant Minarvea étaient au côté du Stratéguerre durant toute la conversation. Chacun d’eux est resté impassible, mais dans leur for intérieur ils bouillent en assistant à la consécration du capitaine.
- «Je savais que Sog allait être encensé pour sa réussite, mais cela me fait mal, malgré tout que ce moins que rien récupère ses lauriers, pense le général. »
- Horrus !
Au second appel, le général quitte ses pensées.
- Oui Maître. Je veillerais personnellement à l’acheminement du matériel pour la capitaine Sog afin qu’il puisse mettre en œuvre une machine de guerre.
- Bien, c’est ce que j’attendais de ta part Horrus.
- Merci Stratéguerre.
- Capitaine Sog encore une chose !
- Oui votre grandeur ?
- Comme tu diriges notre base aquatique, j’ai l’honneur de t’élever au rang de commandant de base.
Horrus et Minarvea serrent leurs poings.
- C’est un grand honneur que vous me faites Stratéguerre, répond Sog.
- Ce n’est que la juste récompense pour le travail que tu as accompli pour l’empire de Véga.
- Ce n’est rien Maître.
- Commandant Sog, je vous souhaite la pleine réussite dans votre prochaine tache.
- Merci votre grandeur.
Le moniteur s’éteint, Sog se relève avec un sourire en travers du visage.
- Ah ! Ah ! Ah ! Parfait ! Maintenant je suis sur le chemin qui conduit au Stratéguerre ! Bientôt j’arriverais à mon but !!
Le général et le commandant sont dans un coin de la salle de commandement du camp de la Lune Noire. Ils consultent des tablettes de données tout en parlant à voix basse.
- Voilà que Sog est promu commandant, il a le même grade que moi dorénavant, proteste Minarvea.
- Voyons n’exagérer pas ma chère. Vous êtes commandant de flotte, lui n’est qu’un simple commandant de base, vous lui êtes supérieur.
- Vous ne voyez pas qu’il est à l’entrée du chemin qui conduit au commandement !
- La route est encore longue avant qu’il n’arrive ici. Et d’ici là il peut y avoir beaucoup d’embûches qui le feront trébucher voire même chuter. Et qui sait si sa chance ne tournera pas bientôt.
Un éclair traverse le regard du général qui fait frissonner le commandant. Horrus affiche aussi un sourire mauvais. Minarvea se met à sourire à son tour.
- En effet, j’ai compris ce que vous voulez dire, répond la femme avec le sourire complice.
Dans son bureau, le professeur Alcor, les cheveux en batailles, se trouve au téléphone avec des représentants de l’alliance en visioconférence. Sur l’écran de son ordinateur de bureau, les visages des membres sont affichés en miniature. Certains visages ne sont que des photos, d’autre son des vidéos en direct. Quand certains membres prennent la parole, leur image passe en premier plan.
- … si certains membres n’avaient pas changé l’orientation de leurs satellites, tout cela aurait pu être évité !
- Certes, lui répond la voix dans le combiné. Les satellites ont repris leur position pour guetter tout vaisseau ennemi, mais vous de votre côté, vous n’avez toujours pas découvert la base de nos adversaires ! Alors que cela fait plusieurs mois déjà que nous subissons leurs attaques !
- C’est vrai ! Mais nous n’avions pas les moyens de tout scruter seuls !
- Pourtant lors de leur première tentative de conquête vous avez bien découvert leur base !
- Vous dites vrai ! Mais je doute fort que les gens de Véga soient assez STUPIDES pour s’installer de nouveau sur la face cachée de la Lune !
- On ne sait jamais !
- Messieurs, intervient le représentant suisse. Je crois que nous allons cesser cette conférence aujourd'hui, car je pense que nous sommes tous exténués et énervés et que nous risquons de perdre notre temps dans des conversations stériles. Je propose de reprendre ses débats demain.
- Je crois que c’est le mieux à faire effectivement, répond Alcor avec une voix plus calme.
- Bien, sur ce, messieurs les divers représentants, je vous souhaite bonne nuit ou bonne journée suivant l’heure de votre pays.
Alcor repose le combiné et coupe la communication sur son ordinateur. Il regarde l’heure, il a passé plus de la moitié de la nuit en conférence. Il se lève de son fauteuil puis s’étire. Il attrape ses béquilles puis se dirige vers la fenêtre, d’une main il repousse les rideaux, il plisse les yeux quand la lumière hivernale entre. Il baille un grand coup.
- Bon, je vais quand même aller dormir quelques heures !
Il bâille encore une fois puis se dirige vers la porte.
Dans l’un des hangars du camp de la Lune Noire, le général Horrus inspecte le chargement d’un vaisseau cargo.
- Bien, il semblerait que la cargaison soit complète.
- Oui, général, répond un soldat.
- Vérifiez que tout soit bien arrimé et tenez-vous paré pour décoller dans peu de temps.
- Oui général !
La jeep de Vénusia arrive dans la cour du centre de recherche, à son bord Hikaru a le ventre qui gargouille, elle a quand même réussi à attraper une banane avant de quitter le ranch. Elle termine le fruit quand sa tante stoppe le véhicule.
- Allez dépêche-toi, rouspète Vénusia. Nous devrions déjà être en vol.
- Ça va, ça va ! J’arrive.
La jeune femme sort de la voiture et s’étire comme un chat. Sa tante et déjà devant les doubles portes vitrées du centre, elle se retourne.
- Alors, tu traînes !
Hikaru se met à courir pour rejoindre Vénusia, elle grimpe les marches deux par deux.
- Je parie que j’arrive avant toi dans les vestiaires, lance la jeune fille en courant dans le couloir.
- Hé ! Ce n’est pas du jeu !
Pendant ce temps au ranch du Bouleau Blanc, le prince d’Euphor aide Daisuke à changer le fourrage des chevaux. Banta et Mizar s’occupent des autres animaux du ranch. Mizar a encore des cernes noirs autour des yeux, signe qu’il ne dort que très peu, il se lève tôt le matin pour s’occuper du ranch et se couche tard, car il passe toutes ses après-midi et ses soirées au centre a supervisé la construction des nouvelles navettes de soutient de Goldorak.
- Tu vas bien, s’inquiète Banta en voyant Mizar somnolant.
En effet, il est affalé sur le dos d’une chèvre qu’il est sensé traire.
- Ca vna, je chui en pleine frome, répond l’homme d’une voix pâteuse.
- C’est pas l’impression que tu donnes vu d’où je suis !
- Cha va.
- Tu devrais peut-être ralentir un peu. Tu sais, avec Dai on arrivait à tout faire quand tu travaillais sur les plans. Donc durant la construction on peut continuer à deux. D’autant plus que c’est pas pour demain qu’il retourne en classe.
- Pas de chouchis, che peux le faire, che chui n’en…
Mizar ne termine pas sa phrase, car il s’endort, il n’est même pas réveillé par le chevrotement de l’animal sur lequel il repose.
Dans l’écurie, Tornade, le cheval blanc du prince, passe sa tête de son box. Il donne un coup de museau dans le dos de son maître quand ce dernier passe devant lui. Procius se retourne.
- Je sais, tu as envie de faire une promenade, mais je n’ai pas le temps.
Le pur-sang donne un autre coup de museau.
- Promis bientôt, nous sortirons, tous les deux.
Tornade lève sa tête puis retourne au fond de son box.
- On dirait vraiment qu’il comprend ce que tu lui dis, remarque Dai.
- Mais il le comprend vraiment !
- C’est çà ! Tu vas me dire que c’est une faculté Euphorienne ou un truc du genre !
- Pas du tout ! Même toi tu as ce don !
- C’est ça, ironise Daisuke en agitant sa main droite devant son visage.
- Je peux te l’assurer ! C’est une chose universelle !
- Hein ? C’est quoi ?
- Tout simplement l’amour !
- Voilà ! Je m’en doutais ! Tu m’as bien eu.
Dai se retourne vivement visiblement vexé. Au même moment, une jument sort la tête de son box, ce qui fait que le museau de la bête vient heurter la bouche du jeune homme.
- Qu’est-ce que je disais , lance Procius avant d’éclater de rire.
Dai reste figé sur place puis il se retourne le visage déformé puis il éclate de rire à son tour.
Hikaru, dans une tenue de vol marron, s’installe dans le siège du pilote de Vénusiak tandis que sa tante, dans sa combinaison blanche et rouge, prend place sur le siège arrière.
- Alors, prête pour ton premier vrai vol , demande Vénusia.
- Tu es sur qu’il faut que je fasse le décollage ?
- Aurais-tu peur ?
- Ce n’est pas ça ! C’est juste que je n’aie jamais fait cela, il n’y a pas de phase de décollage dans le simulateur.
- Voyez-vous cela. Pourtant, il me semble que ton frère Dai à bien réussit à décoller avec Faussoirak !
- Oui, mais ce n’est pas pareil ! Lui il a décollé du ranch ! Il n’a pas pris son envol de la tour du centre !
- Alors, dis-toi que tu auras l’avantage sur ton frère.
- Vu sous cet angle !
Le rideau du hangar se lève.
- Paré à décoller, demande la voix de Cochir.
- Paré, répond d’une voix mal assurée Hikaru.
Dans le hangar le feu situé au dessus de la porte passe au vert.
- Venusiak Go !
La jeune fille actionne les manettes. Les énormes vérins hydrauliques maintiennent la navette pendant que les turbines prennent de la puissance. Puis les vérins relâchent leur prise pour que la navette parte dans les airs.
- Alors, fait Vénusia. Tu vois ce n’est pas aussi difficile que cela !
- Oui, répond la jeune fille alors que des gouttes de sueur glissent sur son front.
- Maintenant direction Est ! Nous allons survoler la mer.
- À vos ordres chef , plaisante Hikaru.
- Ne te moque pas, en effet je suis ton chef !
Vénusia donne une tape sur le casque de sa nièce. Cette dernière fait pivoter la navette pour prendre la direction souhaitée.
Le général Horrus entre à grands pas dans la salle de commandement du camp. Il se dirige vers le centre de la pièce. Le Stratéguerre ne s’y trouve pas, mais le général vient se placer à côté du trône pour donner ses instructions.
- Que l’on déclenche une vague de Solariton !
Aussitôt les soldats regagnent leurs pupitres pour déclencher les manœuvres. Après un court instant, l’un des soldats prend la parole.
- Vague Solariton envoyé !
- Que le vaisseau cargo décolle pour la base aquatique !
Un vaisseau cargo ressemblant à une grosse abeille par sa peinture s’envole d’un plot d’amarrage évoquant la forme d’un champignon.
- Professeur Cochir, alerte un jeune homme ayant pris le poste d’Antarès.
- Que ce passe-t-il Densha ?
Le jeune homme, un peu rondouillard, déglutit avant de reprendre la parole.
- Les capteurs ont décelé une éruption solaire !
- Je vois, aucune n’était prévue, sûrement un coup de Véga. Connectez-vous sur le réseau de satellites de l’alliance.
- Oui professeur.
Alors que le jeune homme pianote sur son clavier informatique, le professeur Cochir s’installe devant le Spacioscope dont les deux panneaux glissent pour se rejoindre.
- Nous sommes connectés !
Le radar géant s’allume, l’écran est divisé en une dizaine de parties montrant différents secteurs de l’espace qui entoure la Terre. Le silence règne dans la salle d’observation. Tout le personnel a les yeux fixés sur les écrans à la recherche de l’ennemi.
Le professeur Cochir passe son regard sur les différentes zones de l’écran. Tout son esprit est focalisé dessus, il tressaute quand Densha crie.
- Là !!! Je l’ai vu !
- Du calme, fait Cochir. Qu’avez-vous vu ?
- On aurait dit une abeille géante !
- Une abeille géante !?
- Oui !
- Bien. Dans quel secteur ?
- 82 D !
- 82 D, répète Cochir en réglant le Spacioscope sur ce secteur.
À bord de Vénusiak, la jeune Hikaru suit les instructions de son professeur de vol, sa tante.
- Maintenant, tu vas monter en vitesse jusqu'à Mach 2. Voyons voir comment tu pilotes à grande vitesse.
La jeune fille augmente les gaz, après quelques secondes d’accélération, une grande détonation résonne dans ses oreilles. La navette vient de franchir le mur du son, elle doit encore prendre de la vitesse pour atteindre la vitesse voulue. Alors qu’elle vole à Mach 1.5 les commandes se mettent a vibré, ainsi que toute la structure de la navette.
- C’est normal , s’inquiète Hikaru.
- Oui, lui répond sa tante.
Mais plus la vitesse s’approche de Mach 2, plus les commandes deviennent dures et incontrôlables.
- J’ai de plus en plus de mal à tenir les manettes, crie la jeune femme alors qu’un bruit sourd envahit le cockpit.
- Redescends à Mach 1, hurle Vénusia.
Une fois redescendues à la vitesse désirée, les vibrations cessent, le bruit sourd se volatilise et les commandes sont de nouveau manoeuvrables.
- Que s’est-il passé , demande Hikaru.
- Je crois que le Delta-lame de substitution ne nous permet pas de voler à pleine vitesse.
- Que dois-je faire maintenant ?
- Tu gardes le cap jusqu'à ce que nous atteignions les côtes de l’Amérique du Sud.
- Quoi !! Aussi loin ?
- Hé oui !
- À cette vitesse, nous allons mettre combien de temps ?
- Je croyais que tu étais forte en math ! Tu devrais pouvoir le calculer, ironise Vénusia.
- Je pourrais si je connaissais la distance qui reste à parcourir, ronchonne la jeune fille.
- Je te rappelle qu’après il faut faire le trajet en sens inverse !
- J’aurais bien oublié ce détail, soupire Hikaru en inclinant sa tête sur le côté.
Sur le siège arrière, Vénusia ne peut s’empêcher de se retenir de rire doucement.
- Je ne vois rien, fait Cochir en observant le secteur indiqué.
- Je vous assure que je n’ai pas rêvé, assure Densha. Si vous voulez, nous pouvons repasser l’enregistrement.
- Je vous crois ! Ce n’est pas cela, j’aimerais bien savoir ou est passé ce vaisseau. Gavin, contactez les autres centres d’observation de l’alliance pour savoir s’ils ont repéré le vaisseau.
Le jeune Gavin qui a succédé à Argolis, se penche sur son clavier pour entrer en communication avec les autres centres. En attendant leurs réponses, il se passe une main dans ses cheveux mi-longs coiffés vers l’arrière.
Au ranch du Bouleau Blanc, Banta, Daisuke et Procius sont attablés dans la cuisine. Ils reprennent des forces après avoir effectué leurs tâches. Quant à Mizar, il dort profondément dans son lit dans lequel il a été porté. Banta a revêtu le tablier de Vénusia ce qui a provoqué l’hilarité de Dai.
- Vous allez m’en dire des nouvelles, dit Banta. Des bons œufs frais avec du lard.
- Je croyais que tu ne savais cuire que le riz, remarque Dai.
- C’est exact ! Pour être franc, je dirais le riz et deux ou trois autres choses.
L’odeur du lard qui rissole dans la poêle se repend dans la pièce. L’arome est si alléchant que l’estomac de Dai se met à gargouiller d’envie.
- J’ai l’impression que tu es affamé, plaisante Procius.
- Si l’odeur est un aperçu du goût, j’ai hâte de savourer la cuisine de Banta.
- Hé ! Mais que t’arrive-t-il ! Tu me fais des compliments , répond l’intéressé.
- Attends ! Je n’ai encore rien dans la bouche ! Après ça, risque de changer !
Banta s’approche de la table, il tient à la main une spatule, et place son visage à quelques centimètres de celui du jeune homme.
- Qu’est-ce que tu as dit , demande-t-il avec un air menaçant.
- Qu’une fois dans la bouche, je risquais de changer d’avis !
Sur le dernier mot, Banta lui a enfoncé un morceau de lard frit.
- Alors !?
- Chè cfaud !
Le jeune homme avale le morceau de nourriture puis il ouvre grand la bouche pour sortir sa langue et la refroidir en agitant ses mains devant.
- C’est bon, mais trop chaud, finit-il par dire après quelque instant.
- Ah ! Tu vois je ne suis pas si mauvais que cela, lance Banta en retournant d’un pas joyeux vers la cuisinière.
Quand Daisuke voit le nœud du tablier dans le dos de Banta, il pouffe de rire.
- Des réponses , questionne Cochir.
- Un observatoire au Brésil a capté un écho radar pendant une dizaine de secondes, mais ils n’ont pu obtenir d’information.
- Donc, nous pouvons penser qu’un vaisseau de Véga est en ce moment quelque part dans le ciel de la Terre, mais nous ne connaissons pas sa taille ni sa direction.
- C’est exact.
- Rien de rassurant.
À bord de Vénusiak, Hikaru regarde les différents instruments de bord. Son regard est attiré par la jauge de carburant.
- Tante Vénusia ?
- Un problème ?
- Tu es sur que nous pouvons atteindre la cote de l’Amérique du Sud ?
- Oui, nous avons assez d’autonomie pour cela. Pourquoi ?
- Le niveau indique que nous avons déjà brûlé plus d’un quart de notre réservoir.
- Que dis-tu , s’étonne Vénusia en se dressant sur son siège.
La femme passe la tête au-dessus du siège du pilote pour regarder la jauge.
- Tu as raison, confirme Vénusia. Nous avons beaucoup consommé. Je sais qu’avec le faux Delta-lame la navette est moins aérodynamique et que sa consommation est plus grande. Je m’en suis aperçu quand j’ai conduit Alcor en suisse. Mais là il doit y avoir un autre problème.
- Que faisons-nous ? Nous rentrons ?
- Oui, fait demi-tour. Je dois changer le programme, mais avant de rentrer nous allons faire une petite plongée quand même.
- Quoi ???
- Mais oui, tu ne crois pas que tu vas échapper à cela !?
- Mais…
- Juste quelque minute ! Et surveille bien le niveau de carburant.
Vénusiak vire de bord et commence à perdre de l’altitude.
À des centaines de miles de là, le vaisseau cargo des forces de Véga plonge en plein cœur du triangle des Bermudes. Dans la base aquatique, Sog fait les cent pas dans le poste de commande.
- Commandant Sog. Le vaisseau cargo sera là dans une dizaine de minutes, annonce le soldat au radar.
- Bien. Aucun signe d’autre vaisseau ?
- Rien sur le radar.
- « J’ai hâte de voir ce que le Stratéguerre m’envoie ! Une fois le raid accomplit et réussi je pourrais me débarrasser de Minarvea puis de Horrus. »
Vénusiak effleure le sommet des vagues. Le souffle des réacteurs projette un fin sillage d’eau dans sa traînée.
- Prête à plongée Hikaru ?
- Si je réponds non, on rentre directement au centre ?
- Bien essayé ! Je croyais que tu voulais aider ton prince, remarque Vénusia.
- D'abord, ce n’est pas mon prince , rétorque Hikaru piquée au vif.
- Pourtant, ce n’est pas l’impression que tu donnes.
- J’ai compris, je vais plonger. Mais sache que si un jour, il devient mon prince, je ne le laisserais pas partir comme toi.
Vénusia se renfrogne et se plaque dans son siège.
- Plonge , ordonne-t-elle d’un ton sec. Et n’oublie pas de changer le mode de propulsion.
La navette pique légèrement du nez pour s’enfoncer dans l’océan. Hikaru ressent un léger choc dans les commandes quand la coque touche la surface de l’eau.
Maintenant, Vénusiak évolue à faible profondeur. Hikaru distingue, grâce à la lumière en surface, au loin des poissons qui s’enfuient devant la navette.
- Je fais quoi maintenant ?
- Descends à 150 mètres, répond sa tante sur un mauvais ton.
La jeune femme actionne les commandes pour s’enfoncer plus profondément dans la mer.
- Tante Vénusia. Je ne voulais pas…, hasarde-t-elle d’une voix suppliante.
- Une fois à profondeur navigue sur cinq miles nautiques puis remonte à la surface. Après nous regagnerons le centre.
Dans les tréfonds marins du triangle des Bermudes, le vaisseau cargo s’engage dans le hangar. Une fois toute l’eau chassée de la zone, le commandant Sog se précipite dans la soute du vaisseau afin de découvrir ce que le Stratéguerre lui a envoyé comme armes pour la prochaine attaque contre Goldorak. Il tombe face à de gigantesques yeux.
- Mais qu'est-ce que…
Le commandant fonce voir le manifeste situé à l’autre bout de la soute. Il le parcourt rapidement.
- Matériel de construction, pièces détachées…, pièces pour chaînes de montage de navettes….
Son visage s’illumine quand enfin il découvre ce qu’il cherche.
- OUI !!! Goldorak va avoir du souci cette fois !!!!! Ah ! Ah ! Ah !
Le commandant sort en trombe de la soute, il s’arrête devant le premier soldat qui attend pour commencer le déchargement.
- Déchargez le plus vite possible ! Je veux que l’assemblage débute tout de suite après !
- Il en sera fait suivant vos ordres, commandant !
Vénusiak a regagné sa place dans son hangar du centre de recherche. Vénusia a quitté rapidement les vestiaires. Hikaru se change seule puis sort dans le couloir, elle tombe sur son amie Kohumé.
- Alors comment c’est passé ton vol ?
- Pas trop mal.
- Pas trop mal !? Tu as eu des problèmes ? J’ai hâte d’être demain et que je décolle avec Faussoirak !
- C’est ma tante ton instructeur ?
- Qui veux-tu que ce soit d’autre ?
- Je te préviens, elle risque d’être de mauvaise humeur.
- Tu as
mal piloté ?
- Je ne crois pas, disons que j’ai eu
un mot malheureux.
Hikaru s’éloigne laissant réfléchir Kohumé sur ce qu’elle vient de dire. En chemin elle croise le professeur Cochir.
- Hikaru, je te peux te parler une minute ?
- Oui, qu’y a-t-il ?
- Ta tante m’a remis un rapport sur des problèmes survenus durant le vol avec Vénusiak.
- Oui, de très grandes vibrations au dessus de Mach 1.5 et une forte consommation.
- Pour les vibrations, c’est dû au remplacement du Delta-lame par une autre pièce. Mais pour la consommation, il faut que je vois avec les techniciens, du moins si j’arrive à en emprunter quelques-uns à Sayaka et à la fabrication des nouvelles navettes.
- Bonne chance alors !
- Il va m’en falloir, répond Cochir en s’éloignant.
Dans sa chambre, le professeur Alcor se réveille, il regarde l’heure.
- Oulà ! J’ai dormi cinq heures ! Je vais avoir plein de travail à rattraper !
Alcor repousse ses draps. Il saute du lit pour se diriger vers le cabinet de toilette, mais après deux pas il s’adosse contre le mur pour ne pas tomber.
- Bon sang ! J’ai oublié mes béquilles !!!
Procius regagne le centre de recherche à bord d’une des camionnettes de ce dernier. Quand il se gare, il voit Vénusia qui grimpe dans sa jeep.
- Vénusia ! Alors comment s’est déroulé le premier vol d’Hikaru ?
- Bien, répond-elle en claquant sa portière.
- Bien !? On ne le croirait pas vu sa réaction.
La jeep démarre sur les chapeaux de roues. Au même instant, Hikaru surgit sur les marches.
- Je rentre comment au ranch maintenant, lance la jeune fille.
Elle aperçoit le prince et se dirige vers lui.
- Mon bon prince, ne voudriez-vous pas raccompagner une jeune et jolie fille comme moi chez elle ?
- À une condition.
- Laquelle ?
- Que tu m’expliques pourquoi ta tante est de mauvaise humeur.
- Ah !? Dans ce cas je rentre à pied !
Hikaru part en courant dans la neige vers la sortie du centre.
- Je vais finir par croire qu’elle est folle, dit pour lui-même Procius.
Le prince entre dans le centre, il traverse le couloir principal, quand il passe devant le bureau du professeur Alcor, il entend ce dernier parler à haute voix.
- Quoi ! Il est possible qu’un vaisseau de Véga ait passé la ligne de satellite de l’alliance !
- Nous, nous n’en sommes pas sûrs, bredouille le jeune Densha. Il n’y a qu’un centre au Brésil qui a confirmé avoir capté un écho radar. Et encore durant un très court laps de temps.
Procius entre dans la pièce.
- Je peux aller faire une patrouille, déclare-t-il.
- Et où veux-tu aller, lui fait remarquer Alcor. Nous ne savons pas vers quel secteur il se rendait.
- Vous risquez de patrouiller longtemps et dans un mauvais secteur, rajoute Densha.
- Je sais, mais c’est un risque à courir, rétorque le prince.
Le jeune Densha rougit en se rendant compte que son commentaire était superflu.
- Désolé, Procius, reprend Alcor. Mais je refuse que tu décolles, et puis cela peut être une ruse pour t’éloigner de leur véritable objectif.
- J’ai bien compris.
Procius sort du bureau.
- Bien vous pouvez y aller aussi, lance Alcor à Densha pour le congédier.
Une fois seule dans son bureau, Alcor ouvre un tiroir de son bureau et en sort une photo. Sur cette dernière, il s’y trouve en compagnie d’Actarus, Phénicia et Vénusia.
- Ah ! La jeunesse, soupir-t-il.
Au fond de sa tête, il a l’impression d’entendre une petite voix, celle d’Actarus qui le sermonne.
- Il me semble que tu étais bien plus impétueux et tête brûlée que ça dans ta jeunesse, vieux frère, lui murmure la voix.
Alcor sourit.
- Il semblerait que je sois devenu plus mature en vieillissant !
- C’est le propre de la vieillesse, lui répond une voix féminine.
Il se retourne pour découvrir sa femme Sayaka sur le pas de la porte.
- Mais à qui tu parlais , demande-t-elle.
- Personne, je réfléchissais tout haut.
- Tu deviens déjà sénile à tout age pour parler tout seul ! Décidément, je me demande pourquoi je t’ai épousé ! Bon avant d’être atteint à mon tour, je retourne dans les chantiers de construction !
Le commandant Sog regarde avec un sourire satisfait l’assemblage de la nouvelle machine de guerre qui va affronter le prince d’Euphor et son Goldorak. Dans le gigantesque hangar de la base sous-marine, des techniciens et des soldats servant comme manœuvre s’activent à la construction du Golgoth.
- Je me demande ce que tu vas bien pouvoir faire contre ce monstre !!!
- Vous m’avez parlé, demande un soldat proche.
- Non. Dans combien de temps le montage sera-t-il achevé ?
- Tout sera fini pour demain matin.
- Parfait.
Le professeur Alcor se dirige vers son bureau alors que la nuit est tombée, il se prépare à passer une nuit en vidéoconférence. Procius est déjà dans sa chambre à contempler le ciel étoilé. Il regarde avec inquiétude le vieil astre mort en orbite. La Lune a une teinte légèrement rosée, annonçant une attaque imminente des forces de Véga. Après un dernier regard à l’astre, il tire les rideaux puis se dirige vers son lit.
C’est à peine l’aube, Kohumé se trouve déjà dans la salle de repos. Elle prend son petit déjeuner, elle a à peine fermé l’œil de la nuit.
- « Je ne suis pas inquiète. Je ne suis pas inquiète. Le vol se passera bien », ne cesse-t-elle de se répéter.
- Tiens, bonjour ! Déjà levé ?
La jeune fille sursaute, elle tourne la tête pour découvrir Alcor qui entre dans la pièce, le visage tiré.
- Bonjour, vous aussi à ce que je vois.
- Je ne me suis pas encore couché. J’avale juste un morceau et je file rejoindre mon lit.
- Encore des problèmes avec l’alliance ?
Alcor prend une pomme dans la coupe de fruit posé sur la table, une fois assis.
- Rien d’insurmontable. Pas top nerveuse pour ta leçon de vol avec Vénusia ?
- Non.
- Alors pourquoi es-tu déjà levé, ta leçon n’est que dans trois heures, fait Alcor avec espièglerie avant de croquer dans le fruit.
- Bon ! J’avoue légèrement inquiète, répond la jeune fille en faisant la moue.
- Tu verras tout se passera bien.
- Je ne vois pas pourquoi cela se passerait mal ! Les autres ont bien réussi !
- Ah ! Voilà la Kohumé que je connais, sourit Alcor.
Le commandant Sog a lui aussi eu de mal à trouver le sommeil. Il saute de son lit, enfile ses vêtements puis file vers la salle de commandement de la base. Quand il pénètre dans la pièce, les soldats en poste de nuit le salut. Il fait les cent pas quand a lieu la relève. Il jette de temps à autre un regard au moniteur qui montre la surface, l’aube pointe à peine. Sur un autre écran, il voit ses hommes qui chargent dans une soucoupe la machine de guerre qui dans quelque heure va affronter le prince d’Euphor. Il voudrait pourvoir faire avance plus vite le temps tellement il a hâte de voir la bataille à laquelle les deux robots vont se livrer.
Kohumé porte déjà une tenue de vol, elle est assise, sur son casque, dans le couloir de l’entrée, prés des portes. Elle guette l’arrivée de son instructeur de vol. Enfin, elle voit la jeep de Vénusia qui entre dans la cour du centre. La jeune fille se lève. Vénusia sort de la jeep, elle avance d’un pas rapide vers le bâtiment, elle gravit le petit escalier qui conduit au couloir.
- Déjà prête , lance-t-elle à Kohumé.
- Oui.
- Sois tu es impatiente, sois tu es inquiète vu que j’ai plus d’une heure d’avance !
- …
- Alors laquelle des deux propositions je dois choisir ?
- Un peu des deux.
- Comme tu es déjà en tenue, je vais me changer et nous décollons avec Faussoirak.
Le professeur Cochir est assis devant le Spacioscope quand le téléphone sonne.
- Ici le centre de recherche spatiale.
Il écoute son interlocuteur.
- Je suis désolé, mais le professeur Alcor dort actuellement suite à votre réunion téléphonique de cette nuit.
Le personnel présent dans la salle, dirige son regard vers le siège occupé par le professeur.
- Je partage l’avis du professeur Alcor. Je ne pense pas que Véga soit assez idiot pour construire une base à l’endroit où se trouvait l’ancienne.
- Nous ne vous demandons pas de penser , hurle la voix dans le combiné, certain membre du personnel arrive a l’entendre. Nous voulons que vous contrôliez la surface de la Lune.
- Bien, je vais voir ce que je peux faire, soupire Cochir.
- Nous comptons sur vous, dit la voix avant de raccrocher.
- Faussoirak demande l’autorisation de décoller, signal Densha.
- Elles sont en avance sur l’horaire prévu, remarque Cochir. Elles peuvent décoller. Appeler Procius.
- Faussoirak, autorisation de décoller.
- Reçu, répond Kohumé.
La jeune femme actionne des boutons sur le tableau de bord. Vénusia assise derrière observe Kohumé exécuté la phase de décollage. Les propulseurs s’élancent pendant que le rideau du hangar se lève. Les vérins qui retiennent la navette se reculent. Les trois lumières situées au dessus de la porte s’illuminent.
- Faussoirak Go , lance Kohumé.
L’étreinte des vérins se relâche, la navette s’élance dans le ciel hivernal.
Le prince d’Euphor entre dans la salle d’observation, il se dirige vers Cochir.
- Que se passe-t-il ?
- Procius… Certains membres de l’alliance exigent un contrôle de la face cachée de la Lune. Ils pensent que Véga a reconstruit sa base sur l’ancienne. Même si c’est complètement absurde de penser cela…
- Je n’en suis pas sur, coupe Procius.
- Pourquoi donc ?
- Aux vues de votre réaction.
- Je saisis mal.
- Simplement quelle meilleure cachette, qu’une cachette déjà connue de l’adversaire. Sachant que le lieu est connu pour quoi ne pas si dissimuler, personne ne viendra vérifier vu que l’ennemi connaît déjà les lieux.
- Cela se
défend en effet, répond Cochir en se frottant le bas du
menton.
- Je vais allez faire un contrôle.
- Sois prudent.
- Je n’ai pas envie de me jeter dans la gueule du loup. Et comme cela, s’il n’y a rien, l’alliance cessera de vous harceler.
- Nous allons suivre ton vol le plus longtemps possible, nous te perdrons quand tu passeras dans la zone sombre de la lune.
- J’ai compris.
- Mais j’y pense !! Comment vas-tu faire !? Goldorak va perdre toute son énergie quand tu seras dans l’ombre, il n’y aura plus aucun rayon solaire pour l’alimenter !
- Je vais emmagasiner le plus possible d’énergie photonique avant de rentrer dans la zone sombre. Nos ingénieurs ont augmenté ces performances.
Sog fait toujours les cent pas dans le poste de commandement.
- Commandant, fait un soldat.
Le commandant cesse de marcher pour fixer le militaire au garde à vous.
- Qu’y a-t-il ?
- La soucoupe est parée pour le décollage.
- Enfin !!!
Sog, s’installe dans son siège.
- Ouvrez les portes du hangar !
Les soldats s’activent devant leurs consoles. Sog, observe le vaisseau peint en vert quitter la base sur les écrans.
- Va combattre et abattre Goldorak, murmure le commandant.
Procius est dans le poste de pilotage de la soucoupe, il actionne les commandes qui ouvrent le sas de l’aire de décollage dans le barrage.
- Goldorak Go !
La machine de guerre quitte sa plateforme pour franchir les trois coulées d’eau. Aussitôt le vaisseau prend de l’altitude pour rejoindre les étoiles.
Le général Horrus entre dans la salle de commandement du camp de la Lune Noir. Il consulte sur une tablette électronique les rapports de la nuit. Il jette un regard au trône vide du Stratéguerre. Il avance vers le milieu de la pièce quand une agitation soudaine attire son attention. Deux soldats parlent à voix basse tout en consultant leur console.
- Que vous arrive-t-il , questionne Horrus une fois dans leurs dos.
- Goldorak est détecté, annonce l’un des soldats.
- Vous avez trouvé son aire d’envol , demande le général avec un soupçon d’espoir.
- Non général, répond le second.
- Alors, pourquoi ces messes basses ?
- Nous n’en sommes pas sûrs, mais il semblerait qu’il se dirige vers la Lune.
- Quoi !?
- Plus précisément sur la face cachée, ajoute l’autre soldat.
Le
général en lâche sa tablette.
- Activez
l’holocamouflage !
- À vos ordres !
-« Pourvu que le Stratéguerre n’arrive pas dans la salle ! Il risquerait de déclencher une attaque contre Goldorak ! Cela ruinerait tous nos espoirs, pense le général. »
La soucoupe sous marine qui transporte le Golgoth s’approche de l’archipel du Japon. Pendant ce temps-là, Faussoirak effectue un vol au dessus du mont Fuji.
- Bien, fait Vénusia. Maintenant nous allons voir si tu sais te servir des tarières.
- Quoi ?? Nous allons sous terre ?
- Cela te fait peur ?
- Non, ce n’est pas ça ! Je ne pensais pas faire cela à mon premier vrai vol.
- Hé bien si ! Prends cap au Nord, je te dirais quand nous serons à l’endroit pour creuser.
- D’accord.
Une goutte de sueur coule dans l’œil droit de la jeune fille quand elle actionne le manche pour changer de direction. Elle retient un mouvement brusque ainsi que l’envie de passer une main sur son œil pour chasser l’intruse. Elle ne doit pas faire d’écart et rester concentrée sur son vol. Dans un combat un tel réflexe pourrait être fatal.
Goldorak se déplace dans le vide stellaire en direction de la zone obscure de la Lune. La face cachée, celle qui ne peut être vue de la Terre, ni d'ailleurs, car aucune lumière ne vient l’éclairer, sauf durant une éclipse de Soleil. Procius jette un regard à la grosse boule bleue en dessous de lui. Cette dernière est zébrée de large bande blanche. Il sourit en repensant à une réplique d’un film qu’il a vu récemment. Un astronaute disait à un de ses collègues : « Hé ! Je vois ma maison ! ». Procius dirait presque la même chose, mais lui c’est sa maison d’adoption.
- Ce n’est pas le moment de rêvasser, lance le prince pour lui-même.
Il actionne les caméras de Goldorak pour enregistrer la surface de la face cachée. Il pénètre dans la zone sombre. En quelques secondes, il se trouve dans un autre monde, privé de lumière extérieure. La température dans le cockpit chute légèrement d’après les indicateurs. Comme il fait sombre et qu’il n’a aucun repère visuel, il doit piloter aux instruments.
- Tariéro-pulseur , annonce Kohumé
Les deux tarières entrent en action, la roche éclate quand les deux pointes entrent en contact avec la surface pour creuser le sol.
- Bravo, j’ai à peine senti un choc lors du contact, félicite Vénusia.
- Merci.
- Descends à cinquante mètres, puis vire sur la gauche. Pilote uniquement au radar.
- Compris !
Le commandant Sog a du mal à rester en place sur son fauteuil. Il regarde la progression de la soucoupe, soudain le vaisseau sort de l’océan pour mettre le cap sur la capitale japonaise.
- Je viens de détecter une soucoupe, cris Gavin.
- Où ça, questionne Cochir.
- Au dessus de Tokyo !
- Impossible ! D’où sort-elle !? Vous n’avez rien détecté dans l’espace avant !?
- Rien professeur ! Les radars sont restés muets, annonce Densha.
- Aucune explosion solaire suspecte ?
- Rien !
Le professeur Alcor arrive dans la salle en bâillant.
- Alors quoi de neuf, demande-t-il ?
La soucoupe verte survole la ville provoquant la panique des habitants. Elle perd de la hauteur au dessus d’un carrefour. Elle continue sa descente, en écrasant des immeubles.
- Quoi , Hurle Alcor. Prévenez Procius qu’il décolle rapidement !
- Il est déjà en vol, répond Cochir avec embarras.
- Et que fait-il ?
- Pendant que vous dormiez, des membres de l’alliance ont fait pression sur le président pour qu’il y ait un survol de la face cachée de la Lune pour voir si Véga n’avait pas réinvesti son ancienne base.
- Il ne manquait plus que cela ! Densha tachez d’entrer en contact avec Goldorak.
- Impossible, il est déjà dans la zone d’ombre.
- Zut ! Nous n’avons plus qu’à prévenir Dai et Vénusia en attendant.
Au ranch du Bouleau Blanc, c’est Banta qui décroche le téléphone quand le centre appelle. Une fois qu’il est au courant, Banta raccroche le combiné, mais en réalité il tombe sur le sol, puis part en courant vers l’écurie pour avertir Daisuke.
Goldorak a allumé ses projecteurs pour scruter la surface lunaire. Procius a effectué un quadrillage de la zone, il a insisté particulièrement à l’endroit où se trouvait le camp de la Lune Noir. Il n’a rien vu de suspect, il n’y avait que des ruines. Il a tout enregistré pour rassurer l’alliance.
Le général Horrus a été averti que l’attaque sur Terre a débuté. Il sait que le Stratéguerre ne va pas tarder, car il a sûrement demandé à être averti lui aussi. Le général se met à transpirer. Goldorak est toujours proche de la base. Il ne faut pas que le Stratéguerre le voie sinon tout risque d’être fini.
- « Allez Goldorak, part ! Rentre sur Terre ! Tu vas recevoir un message t’avertissant qu’une attaque a lieu. Allez, regagne la Terre, espère Horrus. »
- Mission accomplie, dit Procius en coupant l’enregistrement.
Goldorak sort de la zone d’ombre, sa radio grésille. Le prince manœuvre pour mettre le cap sur la Terre. La radio grésille une nouvelle fois, il entend un morceau du message.
- Ici le centre…
- Ici Goldorak, répétez centre !
La radio grésille encore.
-… soucoupe… Tokyo.
- Je suis trop loin !
Goldorak prend de la vitesse pour rejoindre l’orbite terrestre plus rapidement.
- Ici le centre, nous avons détecté une soucoupe. Cette dernière attaque Tokyo, sort enfin de la radio.
- Goldorak ! Pleine puissance !
- Coupez l’holo-camouflage, ordonne Horrus.
À la surface, les ruines disparaissent pour laisser apparaître des constructions en parfait état.
La porte de la salle de commandement s’ouvre sur le Stratéguerre. Il jette un regard dans la pièce avant de rejoindre son trône.
- « Ouf ! Juste à temps, pense le général. »
- Alors comment se déroule l’attaque, demande Végalian.
Daisuke saute sur l’ancienne moto d’Actarus, quand il arrive à la hauteur de l’habitation, il trouve sa sœur en plein milieu du chemin ce qui l’oblige à stopper.
- Pousse-toi de là, hurle Dai.
- Je viens avec toi !
- Quoi !?
- Pas le temps de discuter !
Hikaru grimpe sur l’un des sièges à l’arrière.
- Mais…, proteste Daisuke.
- Allez met les gaz ! On n’a pas le temps pour discuter de ça. Je te rappelle, que moi aussi je suis un futur pilote de la patrouille.
- C’est bon, j’ai compris, répond son frère en tournant la poignée des gaz.
Faussoirak a reçu le message du centre et se trouve déjà au-dessus de la soucoupe.
- Pyrobombe , lance Kohumé.
Une boule de feux part du sommet de l’aileron de la navette. Le projectile vient s’écraser sur la coque de la soucoupe sans résultat.
- Essaie les missiles, lui conseille Vénusia.
- Missile Sigma !
Deux missiles en forme de vrille partent en direction de l’ennemi, l’un des missiles rebondit, l’autre se fige dans la carlingue, mais la soucoupe ne réagit toujours pas.
Dans le hangar de Vénusiak, Hikaru et Dai se disputent.
- Je pilote, fait le jeune homme.
- Non, c’est moi, proteste la jeune femme.
- Et en quel honneur !?
- C’est moi qui vais piloter le nouveau Vénusiak !
- Même si c’est vrai, j’ai déjà combattu en réel, pas toi !
- Vous vous décidez à décoller oui ou non, hurle la voix d’Alcor dans les hauts parleurs.
Hikaru saute dans le cockpit en premier, elle s’installe dans le siège du pilote. Dai a fait la même chose, mais une fraction de seconde trop tard, il doit se contenter du siège du passager.
- Vénusiak paré , annonce Hikaru.
- Autorisation de décoller, répond Gavin.
- Vénusiak Go !
Daisuke qui n’est pas parfaitement assis au moment du décollage glisse du siège.
À bord de son robot, le prince d’Euphor file à vive allure vers la Terre.
- Pourvu que je n’arrive pas trop tard, fait avec inquiétude Procius.
Il atteint l’Ionosphère, la tête de Goldorak s’enflamme pour commencer puis c’est toute la soucoupe qui est entourée par les flammes.
Vénusiak a rejoint Faussoirak au dessus de la capitale, ils décrivent des cercles au dessus de la soucoupe.
- Missiles Oméga , fait Hikaru.
Les deux missiles partent de la navette, mais ils n’ont pas le temps d’atteindre leurs cibles, car la soucoupe se s’élève d’une dizaine de mètres avant d’éclater pour laisser apparaître une forme bipède au milieu de la fumée.
Vénusiak a le malheur d’être trop prés et reçoit un coup de poing de la forme. Hikaru perd le contrôle, la navette s’écrase sur le sol. Le cockpit s’ouvre et la jeune femme est projetée à l’extérieur par le choc. Hikaru perd son casque laissant voir sa chevelure blonde.
La fumée se dissipe pour laisser apparaître la forme. Une sorte de gorille géant cybernétisé.
- Un Monstrogoth, lâche Vénusia.
La créature frappe son torse à deux poings en poussant un cri avant de se pencher vers le corps de la jeune femme.
Dai se redresse dans le cockpit, il cligne des yeux pour avoir une vision nette. Quand enfin il distingue clairement son entourage, il voit une grosse main velue passée devant la navette pour saisir sa sœur.
Le monstre porte la main gauche dans laquelle se trouve Hikaru, inconsciente, devant son visage. Il observe la jeune femme un moment, il semble la sentir aussi.
- Que pouvons-nous faire , demande Kohumé.
- Gardons notre calme, déclare Vénusia. Ne faisons rien qui risquerait de blesser Hikaru.
Le gorille subitement cesse d’observer sa main, il dirige son regard vers le ciel. Une boule de feu fonce vers le sol. La créature se met à marcher en direction d’un grand immeuble avec deux tours jumelles.
Vénusia et Kohumé regardent vers le ciel pour savoir ce qui a provoqué la réaction du monstre. Elles voient la boule de feu.
- Mais qu’est-ce que c’est que cela encore , lance Kohumé.
- J’ai ma petite idée, répond Vénusia.
La boule incandescente ralentit subitement, les flammes disparaissent laissant apparaître une tête métallique avec des cornes jaunes.
- Goldorak , s’exclame Kohumé.
Le commandant Sog regarde sur son moniteur la scène.
- Il n’y a pas à dire, il sait réussir ces entrées.
Daisuke s’est glissé sur le siège du pilote de Vénusiak. Il actionne la commande du cockpit avant de faire décoller l’appareil. Il vient se placer à côté de Faussoirak.
Procius voit la créature qui approche de la construction.
- Plasmotronk !
Les deux Planitronks de plasma partent en direction du monstre. La créature bondit pour en éviter un, le second projectile le frôle dans le dos lui brûlant quelques poils artificiels.
- Procius ! Arrête ! Il détient Hikaru, annonce Dai.
- Quoi !?
- Oui, c’est un Monstrogoth, annonce Vénusia.
- Mais à la fin, s’énerve Kohumé. C’est quoi un Monstrogoth !?
- Pour faire simple, dit Procius. C’est un Golgoth contrôler par un instinct animal.
- Que faisons-nous, questionne Dai.
Le gorille est arrivé devant la construction. Il regarde le sommet de l’une des tours. Il pose sa main droite sur la paroi et commence à se hisser puis il s’aide de ses pieds pour gravir l’immeuble. Dans son autre main, Hikaru est toujours sans connaissance.
- Restons à distance pour le moment, déclare Procius.
- Il ne faut pas l’énervé, ajoute Vénusia.
Les deux navettes et Goldorak volent en cercle à bonne distance du Monstrogoth et de la construction.
- Quel est cette bâtisse , questionne le prince.
- C’est la mairie de Tokyo, répond Kohumé.
- Elle abrite diverse organisation gouvernementale, police, etc., ajoute Daisuke. Pourquoi ?
- Je me demande si c’est le hasard ou une stratégie de Véga pour que le monstre gravisse cette construction.
Le gorille cybernétisé arrive au sommet d’une des deux tours. Il dépose Hikaru sur le sol. Puis il se redresse, il ballait du regard les alentours puis il frappe son torse avec ses deux poings en poussant un cri.
Au centre, tous les regards sont fixés sur le Spacioscope.
- J’ai une impression de déjà vu, fait Alcor.
À bord de Faussoirak.
- Ça me rappelle de mauvais souvenirs, lâche Vénusia.
- Qu’est ce que tu veux dire , demande Kohumé.
- Je me suis retrouvé dans une situation identique il y a environ trente ans.
- Et comment t’en es-tu sortie ?
- Actarus est venue à mon secours, soupire la femme.
Le monstre se penche sur Hikaru, il avance sa main droite vers le corps étendu. Avec l’un de ses énormes doigts, il secoue légèrement la jeune fille. Le gorille avance sa main pour saisir le corps quand il reçoit un missile dans le dos, il se redresse fou de rage en brandissant ses poings.
- Missile Gama !
- Procius ! Tu es fou , hurle Dai. Ma sœur est toujours à côté du monstre !
- J’ai un plan. Aidez-moi à le distraire de Hikaru.
- Que devons-nous faire , demande Kohumé.
- Attirer son attention, tirer lui dessus en volant en cercle.
- Et toi que vas-tu faire , demande Vénusia.
- Je vais aller chercher Hikaru.
Faussoirak et Vénusiak se rapprochent de leur cible avant d’ouvrir le feu. Le monstre tourne sur lui-même pour tenter de suivre du regard les deux navettes.
- Parfait, il est distrait. Goldorak, je compte sur toi !
- Instructions comprises, répond l’intelligence artificielle.
- En avant !
L’interface de pilotage qui ressemble à une armure quitte les membres du prince. Il actionne la commande qui ouvre la verrière du cockpit de la soucoupe. Procius saute sur la coque. Il court en direction du Planitronks droit. Goldorak vol a faible altitude, il frôle le sommet des plus hautes constructions. Il arrive dans le dos du gorille. Le Planitronks effleure le sommet de la tour occupée par le monstre, Procius saute sur le toit. Goldorak s’éloigne sans avoir été repéré par la créature.
- Attention Golgoth 8, Goldorak prépare quelque chose, signale le commandant Sog.
La créature regarde le sol et voit le prince qui avance vers le corps de la jeune femme.
Dans la salle de commandement du camp de la Lune Noire, Végalian regarde l’attaque depuis le début en compagnie de ses généraux.
- Mais que se passe-t-il , s’étonne le Stratéguerre.
- Je l’ignore Maître, répond Horrus.
- Il semblerait que le Monstrogoth ne répond plus aux instructions de Sog, ajoute Minarvea.
Le général et le commandant échangent un regard de triomphe.
Le gorille frappe le sol pour tenter d’écraser le prince sous ses poings alors qu’il avance vers la jeune femme toujours inerte.
- Il faut que nos tirs soient plus rapides, déclare Dai.
Les deux navettes augmentent leurs cadences de tirs, mais rien n’y fait, le gorille reste fixé sur Procius.
Le prince court en changeant de trajectoire sans cesse pour échapper aux énormes poings. Enfin, il atteint Hikaru, il saisit la jeune femme puis se remet à courir en direction du bord, une fois arrivé, il saute dans le vide.
- Mais il est fou , hurle Kohumé.
Le gorille se penche dans le vide en tendant la main dans une tentative de rattraper ses proies.
- Non ! Regarde bien , rétorque Dai.
Goldorak a ses deux mains ouvertes devant lui, à l’intérieur se trouve Procius qui porte Hikaru. Le robot s’éloigne de la bâtisse.
Le gorille se redresse et pousse un long cri terrifiant.
Goldorak se pose sur le carrefour que la soucoupe du Monstrogoth a détruit précédemment. Procius saute des mains du robot. Le prince dépose Hikaru sur le sol au moment ou elle reprend conscience.
- Procius ???
- Tu vas bien ?
- Je crois. Que s’est-il passé ?
- Rien de grave. Excuse-moi il faut que j’affronte un Monstrogoth.
- Oui bien sur...
Procius repart en courant vers son robot.
- Un Monstrogoth ?? C’est quoi ça , se demande Hikaru.
Le gorille est en furie, de ses yeux sortent deux rayons jaunes qui ballaient les alentours de la bâtisse, il essai d’atteindre les navettes avec, elles les évitent du mieux qu’elles peuvent.
Goldorak survol la construction.
- Autolargue !
Le robot quitte la soucoupe porteuse, il atterrit sur l’autre tour face au monstre.
- À nous deux !
Le gorille dirige ses rayons sur le robot. Procius fait bondir sa machine sur l’autre tour.
- Dai ! Ta sœur est saine, elle se trouve au carrefour.
- Compris ! Je vais la chercher !
Le gorille tente de donner un coup de poing à Goldorak, mais le rate. Le robot ouvre ses bras pour saisir la créature. Tous deux basculent dans le vide et chutent du sommet de la tour. Quand ils tombent sur la route en contrebas, cette dernière s’effondre sous le choc et le poids des deux machines de combat.
Le gorille replie ses jambes puis il donne un grand coup avec ses pieds pour se dégager, Goldorak se retrouve projeté en arrière de plusieurs mètres, mais atterrit sur le ventre. Procius actionne les commandes pour remettre sur pied sa machine. Le robot est à demi redressé quand le Monstrogoth attrape son poing droit et le tir en arrière. Le bras droit de Goldorak grince sinistrement quand il part vers l’arrière. Le monstre tient uniquement la main du robot, ce que remarque rapidement le prince.
- Fulguropoing !
Procius a seulement envoyé celui que le monstre tenait, ce qui fait qu’il se retrouve libre. Goldorak pivote rapidement.
- Clavicogyre !
Les deux clavicules en acier quittent le torse du robot. Le gorille les évite. Durant ce temps le Fulguropoing a rejoint sa place.
- Cornofulgure !
Procius vise les yeux du monstre.
Le gorille esquive, l’arme ne touche que son œil droit. La créature met une main sur son œil en poussant un cri vengeur. Le monstre redescend son bras, son œil droit est fermé, puis il s’élance sur Goldorak. Il saisit le robot aux hanches. Goldorak ne touche plus le sol, il est poussé, puis le gorille le soulève au-dessus de sa tête, puis il retombe en arrière. La tête du robot est la première à toucher le sol.
Vénusiak est toujours piloté par Dai, derrière lui se trouve sa sœur. La navette survole la zone de combat.
- Je pourrais savoir ce qui c’est passer quand j’étais sans connaissance , supplie Hikaru.
- Plus tard. De toute façon, tout a été enregistré.
- Il n’y va pas de main morte, lâche Procius.
Il manœuvre pour relever Goldorak, mais il n’y arrive pas. Le gorille le maintient la tête en bas, le monstre est courbé en deux dans cette posture évoquant une prise de catch. Le prince plaque les mains de son robot au sol pour prendre appui. Lentement, Goldorak se soulève, il se courbe légèrement pour basculer sur le dos. D’un mouvement sec, il roule sur son dos, entraînant le gorille dans son geste. La créature se retrouve déséquilibrée, ses pieds quittent le sol, elle part en salto dans les airs. Ses mains relâchent leurs étreintes, aux hanches du robot, dans un réflexe animal pour retrouver l’équilibre et tenter d’atterrir sur ses pieds.
Durant la pirouette, Goldorak s’est remis sur ses deux pieds. Le monstre n’a pas encore touché le sol, que le robot géant attrape un de ses bras pour le saisir. Le robot pivote son dos pour projeter par-dessus son épaule le gorille. La créature pousse un cri de panique. Un court silence puis c’est un cri de douleur qui résonne. Le gorille s’est écrasé sur une construction en ruine, une poutre métallique géante a transpercé son torse, des arcs électriques sortent de la plaie.
- Météopunch , ordonne Procius.
Les deux poings de Goldorak partent tout droit sans aucune rotation. Ils frappent violemment le torse du gorille. Le corps de la créature s’enfonce encore plus sur la poutre en poussant un cri. Sous le choc le bâtiment en ruine s’effondre. Le gorille tombe dans l’amas de poutre en métal et de pierre. Un arc électrique, dû aux courts-circuits qui se produisent dans le corps cybernétisé du gorille, plus violent que les autres, se repend sur tout l’amas d’acier. Immédiatement le gorille lance un dernier cri muet avant d’exploser.
- Et encore une victoire pour Goldorak, dit Kohumé joyeusement.
- Oui ! Le score de Véga est toujours de zéro, ajoute Dai.
- Vous avez fini , demande Procius d’un ton sérieux. Récupération !
Le commandant Sog s’est levé de son siège quand le gorille a été vaincu. Ses lèvres tremblent quand sur le moniteur face à lui affiche le visage du Stratéguerre visiblement contrarié.
Toute l’équipe est revenue au centre. Hikaru se trouve dans la salle de repos du centre, elle visionne la vidéo de ce qui est arrivé pendant qu’elle était inconsciente. Dai et Kohumé discutent en buvant du jus de fruit. Hikaru pousse un cri ou se mêle angoisse et admiration quand elle voit le prince sautant sur le toit. Puis un nouveau soupire quand le prince saute dans le vide alors qu’il la porte dans ses bras.
C’est à ce moment-là que Procius entre dans la pièce. Hikaru tourne la tête, elle se lève de sa chaise rapidement, si rapidement que la chaise en tombe. La jeune femme se précipite sur le prince et lui saute au cou.
- Mon héros, dit-elle avant de l’embrasser.
Dai et Kohumé éclatent de rire. Procius quant à lui tente de quitter l’étreinte de la jeune femme.
- Il ne manquait plus que cela, déclare Kohumé hilare.
FIN
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