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Fiction » Biography » Train et lecture font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: jroy
Fiction Rated: T - French - Drama - Reviews: 2 - Published: 11-01-07 - Updated: 11-01-07 - Complete - id:2433316

Cette histoire est vraie. En fait, c’est mon histoire.


Fin de juillet 2003. Je viens de terminer des vacances dans la région métropolitaine de la province.

Je dis : « Au Revoir ! » à ma tante avant de grimper dans le train qui me ramènera chez nous. C’était encore les anciens VIA Rail. Ceux avec deux petites salles élevées dans deux sections du train qui permettaient aux passagers de regarder de haut. C’était aussi le train qui avait seulement des bancs deux-par-deux.

Je m’installe dans une section familiale. C’est-à-dire deux bancs tournés pour faire face à d’autres bancs. Je suis assis du côté de la gare, je peux donc regarder ma tante qui me salue encore.

Après une minute de salutation poli, je me mets à regarder ailleurs. Il y a une famille qui fait des câlins à un homme. Probablement le grand-père de la famille, ou un ami tout au moins. Il embarque dans le train à son tour et s’installe dans la section familiale parallèle à moi, dans l’autre rangée.

« Scuse me » me demande-t-il. « Can I say goodbye to my little buddy over there? »

Il pointe le plus jeune homme dans la famille.

« Sure », je réponds.

Tandis qu’il fait ses Au Revoir à sa famille, je vois une ancienne copine de mes vacances 2002. Très excité, je cours à l’extérieur lui donner un gros câlin et lui donner mon adresse courriel. Ma tante, paniquée, se demande qui c’est. Je lui explique. Après une accolade bien émotive, je repars m’installer dans mon banc. L’homme est retourné s’asseoir dans le sien.

« Thank you, by the way » me dit-il.

“Doesn’t matter”, je dis, “it’s always sad to say good bye to people we love!”

Mon Dieu que je n’aurais pas dû dire ce commentaire. Je le regrettes encore…

Le silence s’installe. Je regardes à l’extérieur pour voir ma tante, mais elle est déjà partie.

J’entends beaucoup de gens parler dans le wagon d’à-côté. Il y a des voix d’enfants. Les voix s’approchent. C’est une famille. J’aime bien avoir accès à la section familiale, mais c’est presque voler les places de ceux qui en ont besoin.

La famille regarde ma section et la section de l’homme avant de continuer. Une employée du VIA Rail vient nous dire : « For this time, it’s OK, but next time I will need to put you together. »

Je hausse les épaules et regarde vers la gare. Je vois le porteur de valises passer devant mon wagon. Le train va partir finalement dans 2 minutes. Je vois une jeune femme, un peu trop vieille pour moi, mais jolie quand même. Début vingtaine. Moi, 14 ans. Pourtant, l’amour n’a pas d’âge…

Elle vient s’asseoir dans mon banc, miraculeusement. En face de moi. Le fait qu’il n’y a presque plus de place dans le train n’aide pas.

Le train part enfin. j’ai toujours aimé lorsqu’un train part. Il va très lentement au début pour prendre de la vitesse ensuite.

Une demi-heure après que le train s’est faufilé dans les bois, la fille en face de moi a engagé la conversation.

« Le ciel est rouge. Il va faire beau demain! »

« Oui! », je réponds. « Dans le film Le Seigneur des Anneaux, lorsque l’aube est rouge, beaucoup de sang a coulé pendant la nuit. »

« Peut-être que cela va avoir un sens pendant la chasse », dit-elle en riant.

« Oui! »

« Tu descends à Bathurst? » me demande la fille en jetant un coup d’œil sur la petite note près de mon siège inscrit Ba.

« Oui »

« Je viens de là. »

« Pour vrai! »

« De Dauversière, je sais pas si tu sais c’est où. »

« Oui! Mon cousin y reste! »

« Ah oui? Quel est son nom? »

Je m’empresse de lui dire.

« Wow! Je suis sa voisine! »

Étrange comme le monde est petit.

Pendant la prochaine demi-heure, je jase avec elle. Au bout de la demi-heure, j’ai envie de changer d’air. Je veux prendre une marche. Réveiller mes pieds.

« J’vais me promener. »

« D’accord », me réponds ma nouvelle amie.

Je prends mon livre du Seigneur des Anneaux, me lève et me dirige vers la section supérieure. Même si c’est la noirceur totale à l’extérieur, j’aime la solitude pour lire et regarder dehors.

Quelques minutes plus tard, l’homme qui était assis près de moi monte dans la petite salle. Il me regarde vivement et va s’asseoir au fond de la salle.

Dans le livre, les personnages sont en pleine bataille. C’est si bien décrit que je dois me détourner les yeux du roman pour ne pas y plonger. Je jette un coup d’œil à 360 degrés autour de moi. L’homme suce son pouce en me regardant d’un œil vicieux. Des frissons me passent dans le corps.

Je replonge de nouveau dans le Seigneur des Anneaux. Je finis de lire la bataille. Gandalf est tombé avec le Balrog. Frodon est effondré par la tristesse. Pour ne pas pleurer, puisque je suis très attaché à ce qui se passe, je rejette un coup d’œil autour de moi. Le pédophile fait un mouvement de va et vient dans la forme d’un cercle de son autre doigt. D’habitude, cela signifie qu’un homme est avec une femme, mais je sais ce qu’il veut dire. Je ne veux pas devenir sa femme.

Je ferme les yeux pendant quelques secondes et je reprends mon calme. Je continues la lecture, mais ma pensée est ailleurs.

Le pédophile vient s’installer près de moi. Sans lever ma tête, je lui jette des coup d’œil. Il a la main dans ses pantalons. Je suis sûr qu’il se… Mes frissons sont de plus en plus puissants.

Je lis mon livre en diagonales. Quand j’y pense maintenant, j’aurais tellement dû me lever avant et partir.

Il vient s’asseoir à-côté de moi. Je sens son bras bouger sur le mien. Il s’amuse dans ses pantalons. J’ai peut-être 14 ans, mais je sais qu’il veut me faire montrer son sexe.

Je me lève et lui dit : « Sorry, I want to move. »

Cela se passe là. Pendant que je passes par-dessus ses genoux, il glisse sa main entre mes jambes et m’agrippe. Je gèle pendant un quart de seconde avant de me libérer. Rendu dans le corridor de la salle, je lui jette un regard haineux et descends dans les corridors normaux.


Encore aujourd’hui, je regrettes de ne pas dit à un officier qu’il m’a touché. Aujourd’hui, si j’irais annoncé mon expérience, ils ne pourraient rien faire. Cela m’a fait du bien de me libérer. Très bien. Je suis plus libre.



© Copyright 2007 jroy (FictionPress ID:455281).


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