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Author: greynono
Fiction Rated: M - French - General - Reviews: 42 - Published: 11-14-07 - Updated: 10-13-08 - id:2438261

Genre : Yaoi, fantastique, romance

Note : voilà une nouvelle fiction qui me trottait dans la tête depuis un bout de temps, j’espère qu’elle vous plaira. J’attends vos réactions avec impatience.

Le Pacte

Le ciel se déchaînait ce soir… Il était presque aussi noir que son humeur, et Peter reposa le combiné en soupirant.

Son regard se reporta sur la grande baie vitrée de son appartement qui offrait une vue superbe sur la ville. En ce moment-même, New-York n’était plus la même… Les lumières de la rue d’habitude vives en cette fin de soirée vacillaient sous la pluie féroce qui venait frapper jusque sur les vitres qui bordaient sa terrasse. On aurait dit qu’elles allaient s’éteindre, comme le feu succombe à l’eau, mais une goutte glissait sur le verre et l’instant d’après, elles réapparaissaient, encore plus vives, se battant pour ne pas mourir définitivement.

La ville était plongée dans un chaos sans nom, le genre de tempête qu’on observe calmement depuis son fauteuil, au chaud à l’intérieur des appartements. Rarement Peter avait vu une telle chose depuis qu’il était à New-York mais il n’avait guère le cœur à s’extasier devant cette fureur des éléments pour l’instant.

Il se dirigea vers son bar personnel et se servit généreusement un verre de whisky, pour le porter aussitôt à ses lèvres. Il but une rasade, grimaçant sous l’effet brûlant de l’alcool, avant de reposer brutalement le verre sur le comptoir et de prendre une grande inspiration.

Il ne pleurerait pas. Comme d’habitude, il supporterait en silence ce nouveau coup du sort. Sans émettre la moindre petite plainte. Il se perdrait dans l’alcool et émergerait demain matin comme rien ne s’était passé. Comme si personne n’avait appelé… C’était tellement facile de tout oublier ainsi.

Une nouvelle gorgée d’alcool enflamma sa langue et il se versa un nouveau verre avant de revenir vers son salon, complaisamment orienté sur la baie vitrée pour permettre de reposer sa vue sur les hauts toits des immeubles.

Il se laissa tomber lourdement dans un des fauteuils et observa la tempêté à l’extérieur.

« A la tienne ! » lâcha-t-il en levant son verre, comme s’il trinquait.

La fureur des éléments sembla redoubler d’intensité un court instant, répondant à son toast, mais Peter n’y prêta même pas attention.

Les rafales de vent frappaient durement contre les vitres et il se demanda vaguement si celles-ci tiendraient le choc… Si seulement elles pouvaient se briser et laisser la tempête rentrer à l’intérieur de son appartement. Tout ravager et ne laisser que des ruines de cette vie dénuée de sens et de beauté… En cet instant, Peter n’aspirait plus qu’à cela.

L’image de David traversa son esprit et il secoua la tête. Non !! Il en voulait pas y penser, il ne voulait même plus se rappeler de son existence.

Après tout… Il n’était que le dernier d’une longue liste. Le dernier espoir qu’il avait tenté de sauver durant tous ces mois, sans y parvenir en fin de compte.

David ne l’aimait plus. Soit. Lui l’oublierait aussi froidement qu’il lui avait annoncé leur rupture. Même si c’était plus dur qu’il ne voulait bien le penser.

Mais l’avait-il seulement aimé un jour ? C’était peut-être la seule question qu’il y avait à se poser en cet instant. Il avait profité de son argent, de sa réputation et de cette auréole qui l’entourait… Il s’était mis en avant chaque fois que les journalistes se précipitaient pour les mitrailler en n’importe quelle circonstance. Il n’avait pas hésité à prendre la parole lorsqu’on l’interviewait, prenant parfois Peter de court avec ses déclarations. Il… avait fait sa propre pub, profitant de cette aura qu’un premier homme d’affaire s’affichant comme gay sans aucune gêne avait dans les revues. Peter n’avait jamais caché son homosexualité, et bizarrement, dans cette Amérique puritaine à outrance, il avait été accepté… Et comme il possédait l’une des fortunes les plus grandes de la côte Est, les médias s’étaient évidemment jetés sur lui.

Ses premiers amants avaient fini par se lasser de tout ce tapage et s’étaient enfui ventre à terre. Peter les avait compris, lui-même supportant de moins en moins toute cette pression. L’attitude de David aurait dû lui mettre la puce à l’oreille. Il avait été le premier à aimer cela, à rechercher même cette notoriété envahissante. Evidemment, Peter aurait dû se douter qu’être son petit-ami officiel apportait de nombreux avantages. Mais il avait préféré fermer les yeux, ne serait-ce que pour garder cet homme qu’il avait… peut-être aimé. Il ne savait plus.

Maintenant la vérité lui sautait aux yeux. David n’avait plus besoin de lui désormais. Il lui avait dit qu’il ne le supportait plus, que vivre avec un homme comme lui était au-dessus de ses forces… Il avait été odieux au téléphone.

Peter n’avait rien pu dire. Il avait l’habitude des ruptures, même si la plupart n’étaient pas aussi agressives.

Repensant aux mots de son…ex, ses doigts se serrèrent sur son verre, ses jointures prenant une couleur livide assez inquiétante.

« Fumier… »

La haine l’envahissait et pour une fois, il remercia le ciel de se déchaîner à sa place. Il aurait pu briser son verre contre le mur, s’emporter comme il l’avait fait les premières fois… Il aurait pu hurler et jeter tout ce qui lui tombait sous la main. Renverser cette maudite table basse qui gardait une impassibilité de glace devant lui alors que tout soin être avait envie d’époumoner sa rage et sa colère…

Mais le ciel le faisait pour lui. Bizarrement il avait l’impression que la pluie frappait encore plus durement contre les vitres, que la tempête augmentait sa rage… Et même si ce n’était qu’illusion, cela lui faisait du bien.

Les gouttes glissaient lentement le long des vitres, lui rappelant le cours de sa propre existence qui filait presque aussi vite qu’elles… Il n’avait que 28 ans. Mais ce soir, il avait l’impression sordide que sa vie était désormais finie.

Il avait tout essayé, tout fait… Ces derniers mois, il avait tout donné pour que David reste à ses côtés. Il fallait croire qu’il n’avait pas encore assez fait. Mais il se sentait vide, épuisé. Il n’avait plus envie de se battre.

Un bruit assourdissant résonna contre la façade droite de l’immeuble, arrachant un sourire amusé au jeune homme. Le vent se mettait aussi de la partie apparemment et il salua son arrivée en buvant une nouvelle gorgée.

Les effets de l’alcool ne mirent pas longtemps à envahir son corps mais au lieu d’anesthésier ses sentiments, ils les réveillèrent encore plus violemment et il cracha soudain, autant pour lui-même que pour le temps qui hurlait dehors :

« Marre ! Marre d’être seul et de ne pas être compris ! J’en ai ras-le-bol !! »

Il aurait aimé que sa voie atteigne les extrémités de la ville, mais elle ne franchit même pas la cloison épaisse qui le séparait de l’appartement voisin. De toute façon, avec cette tempête, personne ne l’entendrait.

Alors il pouvait hurler tout ce qu’il voulait… Pourtant plus aucun son ne franchit sa gorge. Il posa son coude sur l’accoudoir et cacha son visage dans sa main, refoulant cette maudite envie de pleurer pour la rayer définitivement.

Il ne pleurerait pas pour David. Tout comme il n’avait pas pleuré pour les autres. Son cœur se refermait lentement et bientôt, il n’accepterait plus cette souffrance. Même si l’idée de finir ses jours tout seul l’horrifiait.

« Je donnerai n’importe quoi pour ne plus être seul… » murmura-t-il faiblement. « N’importe quoi… »

Le vent lui répondit, venant frapper de plus en plus fort contre ses vitres et, fermant les yeux, Peter abandonna la partie. Se révolter contre le destin ne résoudrait rien. Il n’avait plus qu’à attendre que la douleur parte d’elle-même. Comme toujours.

« Même ton âme ? »

La voix se perdait dans le vent… Comme si elle n’était pas naturelle. Comme si les éléments eux-même lui soufflaient cette folie pure.

Son âme… Il n’en aurait bientôt plus, à chaque fois la douleur l’anéantissait un peu plus. A quoi lui servirait-elle lorsqu’il ne serait plus capable de ressentir la moindre chose ?

Il soupira, fatigué.

« Oui. »

Le vent redoubla brusquement et un bruit assourdissant de verre brisé retentit dans l’appartement. Peter sursauta, relevant son visage pour regarder ses vitres. Il chercha du regard laquelle avait pu souffrir de la rafale, inquiet, mais il constata rapidement avec stupeur qu’aucune d’entre elle ne semblait être brisée. Il n’y avait même pas le moindre petit impact.

Sans doute cela s’était-il produit à un étage supérieur de l’immeuble mais il n’eut pas le cœur à plaindre les pauvres sinistrés.

Il se détendit et reposa ses épaules dans le fauteuil, étonné tout de même que la tempête puisse faire autant de dégâts.

Deux mains câline glissèrent soudain sur son torse, coulant depuis ses épaules, et un corps se pencha derrière lui pour venir murmurer :

« Je suis là. »

Peter crut que son cœur allait exploser sous la frayeur et il se releva immédiatement, complètement paniqué à l’idée que quelqu’un se soit introduit chez lui. Il se retourna vers l’intrus, la respiration saccadée et le regard complètement exorbité.

« Qui êtes-vous ? » hurla-t-il, furieux et terrorisé même s’il tentait de dissimuler sa peur.

Un jeune homme se tenait juste derrière son fauteuil et lui souriait avec un air délicieusement provoquant. Il ne semblait nullement offensif ni dangereux, au contraire. Ses mains se reposèrent doucement sur le dossier et tout son corps sembla soudain se faire câlin, alors qu’une lueur amusée passait dans son regard.

Peter en resta interdit : non seulement il entrait chez lui par effraction mais en plus il le provoquait juste devant lui, minaudant comme une chatte en chaleur.

« Qui êtes-vous et que faites-vous ici ? » reprit-il, de plus en plus énervé.

La peur avait progressivement disparu laissait place maintenant à une curiosité étrange et déstabilisante. Peter était de nouveau maître de lui-même et excédé par le mutisme et l’attitude de l’étranger, il s’approcha de lui et attrapa son bras.

« Foutez-le camp d’ici ! »

Il voulut le ramener vers la porte mais l’intrus se dégagea avec une facilité surprenante et, avec un petit rire léger, il s’échappa en direction de la chambre… Sa chambre !

Furieux, Peter se précipita à sa poursuite, se demandant s’il n’avait pas affaire à un fou.

« Non mais ça ne va pas ! Partez d’ici ou j’appelle la police, je vous préviens ! Vous êtes chez moi ici ! »

La silhouette fine disparut derrière la porte de sa chambre et Peter mit quelques secondes avant d’entrer, de plus en plus énervé. Mais quelle insolence ! Jamais encore il n’avait vu ça !

Cependant, quand il entra enfin dans sa chambre, toute sa colère retomba alors que son regard tombait sur le corps délicieusement provoquant du jeune homme.

Lorsqu’il l’avait attrapé il n’avait pas remarqué qu’il ne portait en tout et pour tout… Qu’une simple chemise ! Négligemment ouverte au niveau du col et cachant à peine le fait qu’il ne portait aucun sous-vêtement et qu’à la lumière faible de sa chambre, elle ne cachait pas grand-chose du corps du jeune homme.

Ce dernier se tenait à genoux sur ses draps et continuait de lui sourire avec cette perversité étrange et câline. Ses mains glissèrent lentement sur son corps et il commença à déboutonner sa chemise, sous les yeux ébahis de Peter.

Jamais encore il n’avait vu aussi belle créature. Il était splendide, un Antinoüs tombé du ciel… Il dégageait une sensualité telle que malgré lui, Peter sentit ses reins s’embraser et il reprit doucement sa respiration, n’osant pas chasser l’apparition de sa chambre.

« Tu… »

« Je suis à toi. »

« Tu n’es pas réel n’est-ce pas ? »

Un rire clair lui résonna et la créature répondit avec un sourire étrange :

« Tout dépend quelle réalité tu veux me donner… »

Peter s’avança d’un pas, abasourdi par cette vision extraordinaire qu’il avait devant les yeux, oubliant son étrange effraction, son arrivée plus que suspecte et surtout le fait qu’il ne savait toujours pas qui il était.

Ses yeux parcouraient le corps nu exposé devant lui. La lumière courait sur sa peau dorée, sur la courbe délicieuse de ses reins et sur ses hanches qui appelaient au vice.

Oui, le jeune homme tout entier était un appel à la luxure. Jamais encore Peter n’aurait cru ressentir autant de désir pour un seul être. Il était… le fantasme incarné. Un succube que le ciel déchaîné lui offrait en ce soir tourmenté.

Le sourire de la créature s’accentua et avec ce regard taquin, il se laissa tomber en arrière, avec une sensualité désarmante. Lentement il écarta les jambes et Peter déglutit.

Il n’était plus maître de lui, il ne répondait de rien.

Il s’approcha et grimpa sur le lit, pour venir surplomber l’adorable créature qui minauda quand il fut enfin au-dessus de lui. Ses mains vinrent déboutonner agilement sa chemise et Peter murmura, ébloui :

« Qui es-tu ? »

A nouveau ce rire clair, si beau, cristallin…

« Je suis à toi. Ne pense plus à rien Peter et laisse-moi t’aimer comme personne ne l’a jamais fait. »

Etonné d’entendre son prénom dans la bouche d’un homme qu’il ne connaissait pas, Peter allait réagir quand la créature se redressa pour venir plaquer ses lèvres tentatrices sur les siennes. Le baiser était… divin. Et il fit perdre tous ses moyens à Peter dont toutes les pensées succombèrent à l’appel de la chair, de ce corps si beau qui s’offrait à lui.

Les mains du jeune homme continuèrent de s’activer et sa chemise tomba bientôt sur le sol, alors que son pantalon s’effeuillait déjà. Elles se glissèrent avidement dans son sous-vêtement et vinrent caresser son sexe, déjà dur vu la situation.

La créature rit doucement et obligea avec sensualité Peter à se coucher à ses côtés, retirant avec adresse son pantalon qui ne fut bientôt plus qu’un mauvais souvenir, ainsi que son sous-vêtement, un peu aidée par Peter lui-même qui se soumettait sans demander son reste.

Tout était trop beau… Il vivait un rêve. Et il n’avait pas envie de se réveiller.

La créature lui sourit et se pencha pour venir déposer une myriade de baisers sur son torse, venant titiller ses tétons, léchant avec avidité les grains de chair jusqu’à arracher des gémissements de plaisir à Peter. Puis ses lèvres glissèrent jusqu’à son intimité, qu’il happa délicieusement, provoquant un frisson électrique dans le corps du jeune homme.

« Oh mon dieu ! » s’exclama Peter, le désir obscurcissant totalement son esprit.

Le mouvement sur son membre le rendit bientôt fou et une brusque flambée de désir le fit rugir. Il se redressa brusquement et renversa le jeune inconnu sous lui, le dévorant des yeux. La créature sourit perversement, ravie de la tournure des choses, et écarta les jambes pour venir donner un petit coup de bassin provocateur contre celui de Peter.

« Tu es trop beau pour être vrai… » gronda Peter, sous le charme de l’illusion.

« Si tu le dis… »

Il continuait de sourire et ne pouvant plus retenir son désir, Peter laissa ses doigts venir caresser son intimité, pour le préparer à le recevoir. Il enfonça deux doigts d’un coup et la créature se tortilla sur les draps en gémissant. Ses couinements étaient de véritables provocations à la luxure et Peter eut l’impression que son être tout entier allait céder à cette étrange vision qu’il avait devant lui.

Il était trop beau… Trop sexy…

Son corps luisait de sueur et sa peau halée semblait si douce sous ses doigts… Il aurait voulu le dévorer tout entier pour que cette fièvre qui l’agitait ne le quitte plus jamais, mais il se contenta d’enlever ses doigts pour plonger en lui dans un râle de plaisir infini.

La créature se tendit et poussa un cri. Sa respiration s’accéléra et quand il fut habitué, il se mit à onduler des hanches contre Peter, l’excitant encore plus si c’était possible.

Il se mit alors à bouger en elle, d’abord lentement pour savourer, puis de plus en plus vite, les plongeant tous deux dans un frisson complètement fou qui leur fit perdre la tête, jusqu’au point culminant.

Et quand ils jouirent tous deux, Peter crut qu’il avait enfin atteint ce septième ciel dont tout le monde parlait.

Il resta quelques minutes en lui, reprenant sa respiration et ne quittant pas des yeux l’apparition qu’il s’attendait à voir s’effacer d’un moment à l’autre. Et pour la première fois de la soirée, il sourit.

« Qui es-tu ? »

La créature se contenta de sourire, toujours sans apporter aucune réponse et retombant sur le côté, la serrant dans ses bras, Peter finit par s’endormir.

….

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Il avait l’impression que sa tête allait exploser mais il se força à ouvrir un œil, les évènements de la veille lui revenant difficilement.

Sa main partit à la recherche du corps à ses côtés et quand elle ne trouva rien, il se redressa brusquement entre les draps, la cherchant du regard…

La chambre était vide… Désespérément vide.

A suivre..

Alors, cela vous plaît ?


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