Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search Login Register Extras
Fiction » Romance » Le Pacte font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: greynono
Fiction Rated: M - French - General - Reviews: 42 - Published: 11-14-07 - Updated: 10-13-08 - id:2438261
Genre : Yaoi, fantastique, romance

Genre : Yaoi, fantastique, romance.

.

Le Pacte

….

Un serment était sacré, surtout pour Peter. Cependant, jurer de faire tomber un démon dans un piège était l’un des premiers serments qui lui apparaissait soudain impossible à tenir.

Fabio lui avait tout simplement ri au nez après sa déclaration, et Peter l’avait vraiment mal pris. Et il n’en décolérait pas ! Sa réunion avec son client s’était déroulé sans même qu’il y fasse attention et si Owen n’était pas intervenu, il aurait même raté le contrat qu’il convoitait pourtant depuis plusieurs mois !

Mais c’était plus fort que lui : comment faire pour que Fabio tombe amoureux de lui ? Comment l’attirer dans ses filets ? Apparemment un simple regard amoureux et quelques jolies paroles ne réussiraient pas cette fois-ci, il lui fallait jouer serré et utiliser la ruse… Cependant, face à un démon vieux de plusieurs centaines d’années sans doute, quelle stratégie adopter ? Surtout quand on savait que le démon en question était parfaitement capable de lire dans votre esprit ? Ces questions le hantaient et il salua à peine son client avant qu’Owen ne referme la porte et se tourne vers lui : en cet instant, toute la colère du monde se lisait sur son visage, et revenant à la réalité, Peter se tassa un peu sur son siège, sentant l’orage s’approcher.

« A quoi tu joues exactement Peter ? » tonna Owen, visiblement scandalisé par l’attitude de son patron et ami.

« A rien… A rien. J’ai juste… du mal à me concentrer. »

« Si ta nouvelle conquête est à l’origine de ta rêvasserie, tu éviteras de l’amener au bureau la prochaine fois, d’accord ? »

Peter eut un petit geste de la main comme si tout cela n’avait aucune importance et qu’il n’acceptait pas d’écouter les paroles de son ami. Mais dans le fond, il ne pu retenir un soupir et marmonna alors :

« Je ne sais pas quoi faire… »

Owen leva les yeux au ciel et se décida enfin à s’approcher, sentant que le moment des confidences approchait. Ce n’était pas le moment de se disputer avec Peter, au contraire, ce dernier semblait avoir besoin de son aide, alors encore une fois il passerait outre ses caprices… Mais tout de même, il y avait des limites !

« Qu’est-ce qu’il y a encore ? »

« J’ai un problème avec un contrat. »

C’était peut-être plus facile à expliquer ainsi, et surtout plus véridique. Parler d’amour avec Owen, c’était comme… demander à un traiteur chinois ce qu’il pensait des pâtes italiennes. Non, il fallait peut-être se concentrer dans son domaine, et celui-ci s’orientait davantage vers les contrats.

« Ah bon ? Quel genre ? » s’étonna aussitôt Owen, intéressé.

« C’est compliqué. Disons que les services fournis ne sont pas tout à fait à la hauteur de ce que j’attendais. »

« A ce point-là ? »

« Et bien… J’ai l’impression d’avoir été floué. »

Owen parut songeur quelques instants et finalement, haussant les épaules, il déclara comme si cela était le plus naturel du monde :

« Tu sais ce qu’on dit dans le monde des affaires : réponds au mal par le mal. Sans quoi tu ne seras jamais respecté. »

Peter soupira et détourna son regard : il n’était pas question de respect ici mais…

Le mal par le mal. Le Mal… par le mal.

Il fronça soudain les sourcils et sentit une idée pointer le bout de son nez. Evidemment, il ne pourrait jamais toucher un démon avec des notions comme l’amour ou la tendresse : Fabio ne tomberait jamais dans un piège pareil. Mais par contre, il pouvait être sensible à des notions qui lui seraient beaucoup plus familières… Evidemment.

« Owen, toi qui connais tout, est-ce que tu peux me citer les sept péchés capitaux ? »

« Pardon ? Je ne comprends pas là… »

« Les sept péchés capitaux, s’il te plaît. »

Un peu éberlué et ayant du mal à assimiler cela à leur conversation d’avant, Owen répondit alors machinalement :

« La paresse, l’orgueil, la luxure, la gourmandise, l’avarice, la colère je crois et… L’envie. »

« Oui, je vois… L’envie… »

….

-- -- --

….

Le plan d’attaque fut établi et programmé. Avec tous les efforts possibles pour que Fabio ne se rende compte de rien, ce qui fut sans doute la partie la plus difficile à exécuter.

Tout d’abord, Peter appâta la proie avec la luxure. N’évoquant plus son serment ni sa promesse de le faire succomber, il s’employa à user et user encore du corps magnifique de Fabio. Il le fit sien plusieurs fois, oubliant dans l’ivresse des sens sa promesse, ou bien tentant de la faire oublier à son amant splendide. Amant qui trouva son compte dans leurs étreintes passionnées qui se poursuivraient jusqu’à l’aube sans qu’aucun ne baisse pavillon. Le corps de Peter s’accordait à la perfection au sien, et Fabio se nourrit pendant toute une semaine de sexe comme d’autre se nourrissent exclusivement de légumes : il était le seul aliment inscrit à son régime…

Puis, lentement, Peter se fit avare de caresse. Leurs étreintes se firent plus espacées, plus molles, moins passionnées. Fabio sentit le manque grandir : les draps n’étaient plus aussi chauds sans Peter, les nuits trop longues, leurs étreintes trop courtes. Et au lieu de l’ennuyer, ou au contraire de le satisfaire, il se sentit frustré. Pourquoi l’humain ne profitait-il pas de lui ? Pourquoi refusait-il d’utiliser son contrat dûment gagné ? Il y avait quelque chose de dérangeant soudain dans le fait d’être relégué derrière le travail… Quelque chose de profondément… désagréable.

Alors lentement, Fabio commença à se révolter contre cette humiliation : il n’était pas venu sur Terre pour s’ennuyer ou pour se voir négligé ! Il était venu s’amuser et… son contrat stipulant qu’il appartenait entièrement à Peter et qu’il ne pouvait pas aller voir ailleurs, il se retrouvait bloqué ! Il était pieds et poings liés.

Et jusque là, celui qu’il n’avait jamais vu autrement que comme un simple jouet divertissant, une âme facile à emporter, devint soudain l’objet de sa haine et de sa colère. Comment un simplement humain pouvait-il le rejeter ainsi ? Comment osait-il, alors qu’il avait l’incarnation même de la beauté et de la luxure sous les yeux ? Etait-il paresseux à ce point pour le délaisser de la sorte ?

Une autre semaine passa, vide de caresses et de tendresse. Vide… et ennuyeuse à mourir. Fabio tenta bien d’attirer le PDG dans ses filets mais Peter détournait le regard en soupirant, las de tout, ou bien lui offrait un petit sourire misérable qui voulait en dire long sur ce qu’il pensait de ses manières aguichantes, et Fabio commençait à voir rouge…

Il commençait à peine, parce que lorsqu’il assista à une séance photo avec des mannequins pour la nouvelle pub de l’agence de Peter, lorsqu’il vit ce dernier s’approcher un peu trop de l’un d’eux, lorsqu’il le vit sourire avec lui, lorsqu’il le vit lui caresser la joue, lorsqu’il le vit se pencher pour lui murmurer quelque chose à l’oreille… Fabio vit rouge. Totalement et définitivement rouge.

Cet humain… était à lui ! Comment osait-il l’insulter et l’humilier ainsi devant tout le monde ? Et surtout… oh oui surtout… ce qui le faisait vraiment enrager… c’était de le voir poser ses mains sur cet homme, à peine digne qu’on le regarde ! C’était de le voir le caresser de cette manière, de le voir le faire sourire, de savoir que son souffle caressait sa joue alors que lui n’avait plus droit à ce genre d’attentions depuis longtemps. Ce n’était… pas juste !

Enfin il était là, pourquoi ne profitait-il pas de lui ? Il s’était déjà… lassé ? NON ! Alors ça, Fabio ne le supporterait pas ! On ne se lassait pas de lui, on continuait de l’aimer jusqu’à en mourir, on l’adulait, on l’adorait et on succombait à son charme dans des râles de plaisir !

Alors ce jour-là, Peter gagna définitivement son pari.

Parce que quand il vit le démon foncer sur lui, attraper sa main et l’attirer dans une loge vide, quand il le sentit l’obliger à s’asseoir, s’asseoir sur ses genoux dans une manière farouchement dominante pour lui voler le baiser de sa vie, Peter sentit son cœur bondir de joie. Le chemin avait été long, terriblement éprouvant mais… il avait sa récompense. Il avait fait enrager le démon, et il le poussait dans ses retranchements. Il avait réussi à briser ses barrières et à faire naître des émotions en lui. Fabio n’était plus ce mur qu’il rêvait de terrasser, il était désormais une forteresse investie qu’il se devait se rebâtir à sa manière.

L’homme s’était fait machiavélique, et le démon s’était fait humain.

« Tu es à moi ! » gronda Fabio, ses yeux lançant des éclairs.

La bête tonnait, prête à exploser, à réduire en charpie celui qui avait osé le provoquer, mais Peter resta plein d’assurance et il se contenta de sourire, avant de lever sa main pour venir caresser le visage du blond.

« Je t’aime… »

« Ne les retouche plus jamais tu m’entends ?! Tu es à moi, le prochain que tu touches, je le tuerai ! Je le réduirai en miette, je le briserai… Tu es à moi ! »

Et il tourna brusquement la tête pour venir lécher avec sensualité les doigts de Peter. Les caresses lui avaient tellement manqué, ces mains si chaudes, si douces, si brûlantes sur sa peau… Il en gémit de désir, frénétique, les reins embrasés et quand Peter laissa son autre main glisser sous sa chemise, il se cambra brusquement et feula.

En cet instant, ses yeux s’étaient rétrécis en deux pupilles très étroites, presque félines qui donnaient à Peter l’impression de tenir un fauve entre ses mains, et non plus le jeune homme qu’il côtoyait depuis quelques semaines. Sa main se fit plus taquine, plus caressante et il murmura :

« Mon beau Fabio… Laisse-moi te donner ce plaisir dont tu rêves, laisse-moi te prendre. »

Ultime pavé… Ultime péché. La gourmandise. Cette même gourmandise qui fit grogner Fabio d’impatience et le poussa à venir mordiller le cou de Peter dans l’espoir fou qu’il tienne enfin ses promesses et qu’il le comble charnellement.

Fabio était redevenu démon, mais il connaissait désormais l’humain en lui, cette partie de son âme qui criait de douleur et de rage à l’idée que Peter puisse en toucher un autre, qu’il puisse offrir ce plaisir à quelqu’un d’autre que lui. Il connaissait les émotions, les sentiments, même si ces derniers, exacerbés par sa colère, étaient plus dévastateurs que tendres.

Les mains de Peter avaient laissé leur marque, indélébile, sur la peau de Fabio, et le démon connaissait désormais son maître… Un maître qui lui appartenait tout entier.

Avec cette ardeur qui les tenait tous deux en haleine, Peter arracha plus qu’il ne les ôta les vêtements de son trophée, de son démon, de son amour… Il le déshabilla et le pénétra de ses doigts, cherchant la faille en lui. Fabio feula de nouveau, incontrôlable et ondula avec grâce sur ses genoux, s’enfonçant un peu plus sur les doigts du PDG alors que déjà, ses propres mains venaient déboutonner son pantalon. Et quand enfin il pu toucher son sexe, quand il le sentit dur sous ses doigts, il eut un sourire extatique.

Ce n’était pas une étreinte amoureuse, c’était une étreinte pressée, passionnée, remplie de désir et de feu. Un acte d’amour entre deux amants qui venaient enfin de se trouver et qui brûlaient déjà.

Et quand enfin Peter s’introduisit en lui, quand il s’enfonça jusqu’à la garde, Fabio s’accrocha à ses épaules avec fébrilité, pénétrant sa peau de ses ongles comme pour le marquer à son tour.

….

-- -- --

….

Ce soir-là, Fabio blotti entre ses bras, dormant enfin d’un sommeil apaisé, Peter s’autorisa enfin à soupirer et à se détendre. Il avait gagné son petit démon. Il n’avait peut-être pas encore son cœur, mais il savait pertinemment que cette fois-ci Fabio ne resterait pas avec lui parce qu’un contrat le stipulait. Il avait réveillé quelque chose en lui qui le dépassait, mais qui le rendait follement heureux en même temps.

Le dandy qu’il avait rencontré ce soir-là dans un bar, avec qui il avait signé un contrat douteux, ce dandy-là avait fait place à un jeune homme passionné, à une âme vibrante qu’il avait envie de découvrir pleinement.

Il se pencha et l’embrassa délicatement. Le démon s’agita légèrement dans son sommeil et ses lèvres laissèrent échapper un simple mot qui le rendit fou de joie…

« Peter… »

….

….

A suivre….


Return to Top