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Fiction » Manga » Goldorak : Le retour de Goldorak : episode 9 font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Ryo saeba fr
Fiction Rated: K - French - Adventure/Sci-Fi - Published: 11-26-07 - Updated: 11-26-07 - Complete - id:2443194

GOLDORAK : LE RETOUR DE GOLDORAK

LE RETOUR DE GOLDORAK Episode 9

Le général Horrus se trouve dans ses quartiers, il fixe à sa ceinture le petit cube argenté. Il actionne l’objet, aussitôt son corps disparaît comme si ce n’était qu’une statue de sable balayée par une tornade. Horrus quitte ses quartiers, il passe au travers de la porte, le camp de la Lune Noire est en phase nocturne, il n’y a personne dans le couloir, mais le général reste prudent, il soupçonne qu’on l’espionne et il ne veut pas que son plan soit découvert.

Dans se même couloir, tapi dans l’ombre, l’âme damnée du commandant Minarvea, Vesta surveille les agissements du général, mais elle ignore que ce dernier vient de quitter sa chambre devant ses yeux.

Le général arrive dans les tréfonds de la base lunaire, il regarde autour de lui avant de désactiver le cube. Il apparaît au milieu du couloir, il fait quelques pas avant de franchir la porte qui donne sur son laboratoire secret.

- Professeur Gyllah !

Le savant surgit du fond de la pièce et s’avance vers le militaire.

- Général ! Que puis-je pour vous ?

- Le moment est venu.

- Ah !?

- Dissimuler notre projet dans le Golgoth qui va être envoyé sur Terre demain.

- Le délai est un peu court, mais je vais faire l’impossible avec mon équipe pour être dans les temps.

- Je n’en attendais pas moins de vous. Prévenez le pilote !

- Bien entendu

Le général s’avance vers le fond du laboratoire. Il franchit la porte qui mène au gigantesque hangar qui se trouve derrière le laboratoire. Il pose un dernier regard sur l’arme que le professeur a conçu suivant les documents que Horrus a découverts dans les ruines de la base.

- J’ai hâte de voir le combat, cela risque d’être fort intéressant, murmure le général.

Sur Terre, la nuit se termine, l’aube pointe, dans la base sous-marine de Véga, le commandant Sog s’installe sur son siège dans la salle de commandement.

- Commandant, fait un des soldats préposés aux radars.

- Qu’y a-t-il ?

- Je détecte un objet volant inhabituel volant au dessus de l’océan Pacifique.

- Inhabituelle ?

- Ce n’est pas un avion, c’est une sorte de…

- De quoi , demande le commandant légèrement irrité.

- Regardez par vous-même.

Sog se lève et rejoint le soldat, ce dernier change l’affichage de son radar afin qu’une image de l’objet se forme. Le moniteur affiche une chose étrange, une sorte de soucoupe rose avec une hélice sur le dessus.

- Bon sang ! Mais qu’est-ce que c’est que cela, lance le commandant.

À bord de l’étrange aéronef, un homme aux cheveux gris et à la mâchoire carrée, chantonne. Il tient à deux mains le volant de son appareil. Dans son dos une horloge digitale indique l’heure.

- Si tout se passe bien, dans moins de trois heures, je serais au centre. J’ai hâte de revoir ce cher Alcor.

L’aéronef est pris de soubresauts, le moteur toussote.

- Ben alors mon vieux ! Tu ne vas pas me lâcher maintenant ! Je n’aurais pas dû parler si vite.

Comme si l’appareil répondait à l’homme, le moteur reprend un rythme régulier.

- Ah ! J’aime mieux cela.

Daisuke ne peut retenir un bâillement sonore qui attire l’attention de toutes les personnes présentes dans le hangar sous terrain du centre de recherche spatiale. Kohumé, qui se trouve à côté de lui, lui donne un coup de coude dans les cotes. Une quinzaine de personnes, dont Alcor, Hikaru, Cochir, Procius, Vénusia et Banta, se trouvent réunis dans la pièce, devant eux trois grandes formes sont recouvertes par un drap. Devant ses formes se trouvent, Mizar et Sayaka. La femme s’avance d’un pas, à l’aide de ses béquilles, pour prendre la parole.

- Je sais que le réveillon de Noël est pour demain, mais aujourd’hui vous avez été réuni afin de recevoir, en quelque sorte, vos cadeaux.

Subitement Dai est intéressé par ce qu’il se passe.

- C’est avec plaisir, continue Sayaka, que nous allons vous présenter les nouvelles navettes de soutiens.

Elle fait un signe de tête et les trois draps se soulèvent dévoilant leurs secrets, trois navettes toutes rutilantes. Mizar s’approche de la première.

- Pour commencer, débute-t-il. Voici le nouvel Alcorak.

Tous les regards se portent sur l’appareil. Son apparence ressemble à l’ancienne, les couleurs sont identiques. Ses performances ont été accrues au niveau puissance et autonomie.

- Comme vous pouvez le voir, son design ressemble à son prédécesseur. Sauf que dorénavant, il possède une voilure mobile de type delta.

- Qu’est-ce qu’il vient de dire , questionne Kohumé.

- Que la position des ailes est variable suivant la vitesse, répond Dai.

- Exactement, ajoute Mizar.

L’homme passe à la seconde navette.

- Et voici Vénusiak. Nous avons affiné son apparence pour augmenter son coefficient de pénétration dans l’air et dans l’eau. Ses performances sont identiques à celle d’Alcorak et de Faussoirak.

Mizar se positionne devant la dernière navette.

- Pour finir Faussoirak. Il a subi lui aussi une amélioration de sa ligne. En plus des autres navettes, nous avons augmenté la capacité d’excavation grâce à de nouvelles tarières.

- Maintenant vous pouvez approcher pour regarder, ajoute Sayaka.

Aussitôt dit aussitôt fait, Dai se précipite vers Alcorak, il en fait le tour rapidement puis grimpe pour voir le poste de pilotage. Son père le rejoint.

- Alors, tu en penses quoi , demande Mizar.

- Il est très beau, mais je trouve que le cockpit est petit.

- Effectivement, il est plus étroit que le précédent, mais tous les instruments ont été optimisés pour prendre le moins de place possible.

Dai regarde mieux la console de pilotage. Elle forme un demi ovale, elle est remplie de cadran et d’interrupteur. Pendant ce temps, le professeur Alcor a été aidé pour grimper sur la navette.

- Hé bien ! J’ai du mal à reconnaître le cockpit de mon vieil Alcorak, fait-il remarquer.

- Pourtant, tout se trouve à la même place que dans l’ancien poste de pilotage, déclare Mizar.

- Je n’en reviens pas.

- Hé hé ! C’est grâce à la modernisation et miniaturisation des instruments que tout ceci a été possible.

- Il ne manque plus qu’un autoradio pour finir le tout plaisante Alcor.

Sayaka qui explique le fonctionnement de Vénusiak à Hikaru, qui se trouve à côté d’Alcorak, redresse la tête.

- Tu ne crois pas si bien dire, lance la femme.

- Quoi ??

- Nous y avons pensé, nous avons inclus une installation quadriphonique dans chaque appareil avec un support audio numérique.

- Je vais regretter de ne pas avoir eu cela dans mon appareil.

Kohumé se tient à côté de Hikaru, elle suit aussi les explications de Sayaka sur le fonctionnement du poste de pilotage.

- Donc, comme je le disais, les instruments se trouvent au même emplacement que dans les anciens appareils, la seule différence, c’est que maintenant les commandes de vol sont identiques dans les trois navettes. Ainsi en cas de problème chacun de vous sera à même de piloter la navette d’un autre.

- Cool, fait Kohumé.

Procius fait le tour des trois navettes, il regarde leurs armements, leurs propulseurs, mais il fixe particulièrement son attention sur les systèmes de jumelage. Il regarde celui de Faussoirak quand Mizar intervient.

- Ne te fis pas aux apparences, déclare l’homme. Nous avons peut-être modernisé les systèmes, mais ils utilisent le même procédé de fixation que les anciens. Nous nous somme assuré qu’ils étaient capable de s’attacher à Goldorak.

- Je n’en doute pas.

Le général Horrus et le commandant Minarvea sont au poste de commandement du camp de la Lune Noire, ils observent les moniteurs. Les soldats sont affairés à leurs taches. Il n’y a pratiquement aucun bruit, seuls les bruits des ordinateurs et des radars se font entendre.

- Commandant , s’exclame un soldat devant un radar.

- Quoi ???

- Je capte un étrange écho qui se dirige vers le secteur du ranch du Bouleau Blanc.

- Sur écran.

Un aéronef rose avec une hélice sur le dessus apparaît. Horrus s’est approché pour regarder lui aussi.

- Quelle étrange chose, fait-il.

- Un nouvel allié pour Goldorak, suggère Minarvea.

- J’en doute, mais on ne sait jamais, il faut l’observer.

- Vous avez entendu, fait le commandant à l’intention des soldats. Ne quittez pas cet objet !

- À vos ordres, répondent les soldats d’une même voix.

L’étrange appareil survole le mont Fuji.

- D’aussi long voyage, ce n’est plus de mon age, soupire le pilote. Heureusement, je suis proche du but.

L’homme lâche le volant pour s’étirer. Il se masse ses larges épaules. Il reprend les commandes précipitamment, car son appareil se met à piquer du nez.

- Manquerait plus que je m’écrase si prés du but !

Procius a quitté le hangar, il se trouve dans la salle d’observation du centre. Alcor est assis devant le Spacioscope. Cochir consulte des relevés provenant des télescopes radio.

- Professeur Alcor, s’exclame Gavin.

- Oui ?

- Je cape un écho radar au dessus du ranch du Bouleau Blanc.

- Ah ! Le voilà, il est en avance, répond Alcor en consultant sa montre.

- L’écho se dirige vers le centre.

- Merci Gavin, mais ce n’est rien, c’est un ami.

- Un ami, s’étonne Procius.

- Tu vas voir, fait Alcor avec un large sourire. Viens avec moi.

Le professeur attrape ses béquilles puis se dirige vers la sortie.

Alcor et Procius se tiennent sur les marches devant l’entrée du centre. Le prince voit s’approcher un point dans le ciel. Lentement le point grossi. Finalement, il distingue une forme rose avec une hélice sur le dessus. Au début, il prend la forme pour un modèle d’hélicoptère, mais une fois la forme plus près il renonce à cette idée. Il croit voir sur l’avant, quelque chose qui fait penser a une paire d’yeux, en y regardant bien, il croit discerner une forme de tête. L’appareil se stabilise au-dessus du centre. De la forme rose, subitement sortent des membres comme une paire de bras et de jambes. Mais ils sont étranges. Ils ressemblent plus à des tuyaux d’aspirateurs qu’à des membres. À l’extrémité des tuyaux se trouvent des pieds et des mains.

- C’est un robot , demande le prince.

- Oui. À ce que je vois, Actarus ne t’a jamais parlé de lui.

- Je ne crois pas.

Le robot bascule à la verticale pour se poser. Une fois au sol, l’hélice qui se trouve dans son dos cesse de tourner puis elle se replie avant de rentrer dans une trappe. L’étrange robot se met en tailleur. Quelque instant plus tard, un homme de forte corpulence en sort. Malgré son âge avancé, il est impressionnant.

- Salut la compagnie , lance l’homme.

- Alors comment ça va Bélier , rétorque Alcor.

- Comme un vieux !

- Tu es venu tout seul ? Où sont les autres ?

- Ils sont restés avec leurs familles cette année. Cocker a eu un petit-fils il y a quelques semaines. Oh ! Mais c’est quoi ces béquilles ? Et qui c’est ce jeunot avec toi ?

- Je te raconterais plus tard. Je te présente Procius.

- Enchanté ! Moi c’est Bélier , fait l’homme en secouant le prince comme un prunier.

- Ravi de vous connaître.

- Au faite, il semblerait que ce vieil Actarus est revenu ! J’ai vu certains de ses combats à la télévision.

- Pas exactement.

- Quoi ?

- Celui que tu secoues, est le nouveau pilote de Goldorak.

- Hein !

Bélier cesse de malmener le prince, il l’observe de la tête au pied.

- Tu me fais marcher ?

- Pas du tout ! C’est Procius, le prince d’Euphor, le neveu d’Actarus.

- Son neveu ! Donc tu es le fils de Phénicia !

- C’est exact, répond l’intéressé.

- «Oulà ! Pourvu que Bélier ne dise pas une bêtise, pense Alcor. »

- Bienvenue alors !

Bélier secoue de nouveau le pauvre prince.

- Commandant Sog, l’appareil vient de se poser au centre de recherche, annonce le soldat au radar.

- Ce serait une nouvelle machine de guerre, se demande à haute voix Sog.

Le commandant se met à faire les cent pas dans la salle de commandement de la base aquatique.

- Faites effectuer une analyse des vidéos par nos techniciens, ordonne le commandant.

Au même moment au camp de la Lune Noire, un soldat annonce lui aussi que l’appareil c’est posé au centre de recherche spatiale.

- Ce serait un nouvel allié pour Goldorak alors, s’étonne Minarvea.

- Ne tirons pas de conclusion hâtive, ma chère.

- Vous croyez que cela peut être autre chose ?

- Nous allons demander à nos techniciens d’analyser tous les relevés que nous avons effectués. Ils pourront nous en dire plus.

- Espérons.

Un petit groupe s’est formé dans la salle de repos du centre. Bélier ne cesse de parler à haute voix. Procius l’écoute, tout comme Hikaru, Kohumé et Dai.

- Vous savez les jeunes, à mon époque je n’étais pas trop mauvais.

- Et c’est reparti, murmure Sayaka.

- Vous savez, j’ai construit tout seul mon Boss Robot ! Et j’ai combattu moi aussi les forces du mal !

- Tu devrais plutôt dire que tu as tenté de combattre, ajoute Sayaka.

- Quoi !? Tu insinues que j’ai été inutile dans les combats que j’ai livrés à vos côtés ?

- Non ! Pas inutile, Bélier, intervient Alcor.

- Disons plutôt que tu réussis à détourner l’attention de nos ennemis, répond Sayaka.

- Je sais que mon robot était beaucoup moins évolué que les vôtres, mais ce n’est pas une raison pour me rabaisser !

- Il était moins évolué à l’époque, mais ça n’a pas changé.

- Sayaka , proteste Alcor.

- Vous me faites mal au cœur ! Moi qui étais venu vous voir en amis comme chaque année pour Noël, me voila rabaisser.

- Mais non Bélier, déclare Alcor. Il ne faut pas.

- J’ai admis que tu avais été utile durant certaine bataille c’est déjà pas mal, ajoute Sayaka.

- Ah oui , dit Bélier avec espoir.

- Je me rappelle quand ton Boss Robot a perdu sa tête après qu’il se soit emmêlé les pieds.

- Ah ! Oui ! Je me rappelle, confirme Alcor. L’ennemi devait être mort de rire, car on en a profité pour le détruire tellement il était perturbé par le spectacle.

Tout le monde dans la pièce éclate de rire, sauf Bélier.

- Bon ça suffit, fait-il en colère.

Mais finalement, lui aussi éclate de rire.

Au camp de la Lune Noire, le général et le commandant attendent les premiers constats des scientifiques, ils en ont oublié le lancement du Golgoth qui devait avoir lieu. Ils sursautent quand le Stratéguerre entre dans la pièce. Végalian se dirige immédiatement vers son trône. Aussitôt les deux gradés viennent se placer à ses côtés.

- Où en sommes-nous du lancement, demande le Stratéguerre.

- Nous n’attendions plus que vous Maître, répond Horrus.

- Bien, donnez l’ordre !

- Oui Maître.

Horrus fait un pas en avant puis brandit son bras droit.

- Que Golgoth 9 décolle !

- À vos ordres, répondent les soldats.

Sur les moniteurs, ils peuvent suivre l’envole d’une grosse boule blanche accompagnée d’une escadrille de navette hameçon.

- « Pourvu que le professeur Gyllah ait eu le temps d’introduire notre machine, se demande le général. »

Dans la base sous-marine terrestre, Sog tapote du bout des doigts sur les accoudoirs de son siège, il attend l’avis des techniciens sur l’étrange machine.

- Commandant ! Un Golgoth vient de partir du camp de la Lune Noire, annonce un soldat.

- Comment cela ?

Le soldat n’ose pas répondre. Un silence pesant se fait ressentir.

- Ils ont organisé une attaque et ils ne m’ont pas averti ! Le Stratéguerre me ferait-il payer mon échec ? Non c’est impossible !

- Les humais se prépare à fêter Noël, annonce le Stratéguerre. Si j’ai bien saisi le sens, c’est une commémoration lors de laquelle, proches et amis s’échangent des cadeaux.

Minarvea et Horrus écoutent le Stratéguerre en se demandant où il veut en venir. Végalian quitte son trône et montre du doigt le Golgoth qui se dirige vers la Terre sur son écran virtuel.

- Voici mon cadeau pour les humains et pour le prince d’Euphor. Reçois ce présent qui te conduira à ta fin !

- « Cela tombe bien, j’en ai un autre pour toi et ton Goldorak, pense Horrus. »

Dans la salle d’observation du centre déserté, Gavin et Densha discutent de ce qu’ils ont prévu pour le réveillon. Ils ne font pas attention à leur radar. Sur les écrans des points lumineux clignotent indiquant les vaisseaux de Véga en approche.

La salle de repos a été transformée en salle de réception. Les collaborateurs et amis du centre ont été conviés pour boire un verre. Même, les anciens collègues ont été invités c’est pour cela qu’Antarès est en grande conversation avec Cochir.

Le professeur Alcor accueille les convives en compagnie de Sayaka.

- Argoli , fait Alcor. Vous êtes venu !

- Oui j’hésitais.

- Il ne faut pas.

- Bonjour madame, ajoute Sayaka.

Au bras d’Argoli, se trouve une femme aux cheveux longs, elle porte une broche dans sa chevelure blanche.

- C’est vrai, vous ne vous êtes pas vu depuis longtemps, je crois. Voici ma femme, Cassiopée.

- Enchantée, répond Sayaka. C’est vrai que j’assiste rarement à ces mondanités.

Le Golgoth continu sa descente vers la Terre sans qu’il ne soit repéré par l’équipe du centre de recherche. Une fois dans l’atmosphère, il prend le cap pour le triangle des Bermudes.

Dans une salle de contrôle spatiale d’un pays d’Europe, un jeune stagiaire, non convié au pot de fin d’année, remarque une chose étrange sur son radar. Il ne sait pas ce que c’est. Personne ne lui a dit ce qu’il devait faire. Il consigne juste sur la main courante qu’il a reçu un écho radar au dessus du Pacifique. Personne n’avait pensé à lui dire que l’écran qu’il surveillait faisait parti du système de surveillance de l’alliance de défense terrestre.

Le Golgoth plonge dans l’océan en compagnie de ses navettes. Une fois arrivées à la base sous-marine, les navettes entrent dans le hangar. La gigantesque boule blanche qu’est le Golgoth est trop grande pour pouvoir y entrer.

- Ils ne me disent rien, mais ma base sert d’escale avant l’attaque , s’emporte le commandant Sog.

Le responsable de la salle de contrôle spatiale arrive dans la pièce, il est légèrement ivre. Il jette un regard dans la pièce, il est seul, le stagiaire est rentré chez lui. Il regarde la bouteille qu’il tient dans sa main.

- Moi qui voulais lui offrir un petit verre ! Bien tant pis pour lui ça en fera plus pour moi. Il avance vers la place qu’occupait le stagiaire. Son regard se pose sur la main courante. Il parcourt distraitement le document. Subitement il se dégrise, il lâche la bouteille qui tombe sur le sol en se brisant. Il saisit la main courante pour la porter devant son visage pour être sur de ce qu’il vient de lire. Quand il repose le document, son visage est pâle. Il décroche un téléphone rouge.

- Passer moi d’urgence le coordinateur de l’alliance !

Au centre de recherche, Gavin et Densha ont repris leurs postes quand le téléphone sonne dans la salle d’observation. Densha décroche.

- Ici le centre de recherche spatiale…. Oui… Un responsable… Un instant…

Il pose sa main sur le combiné.

- Densha va chercher le professeur Cochir ou Alcor ! Vite !

Le jeune homme quitte son poste et part en courant.

- Veuillez ne pas quitter.

Quelques instants plus tard, le professeur Cochir arrive en compagnie de Densha à bout de souffle.

- Un appel du coordinateur de l’alliance de défense terrestre, annonce Gavin.

Cochir prend le combiné.

- Ici le professeur Cochir.

Un court silence.

- Quoi , s’exclame Cochir. Il y a combien de temps ? Bien, je vais faire le nécessaire.

Le professeur repose le combiné.

- Densha, Gavin, vous n’avez rien remarqué il y a environ quarante-cinq minutes ?

- Non professeur. Pourquoi ?

- Vérifiez les enregistrements ! Il semblerait qu’un Golgoth et des navettes soient entrés dans notre atmosphère au dessus de l’océan Pacifique.

- Nous nous y mettons tout de suite, répond Gavin.

- Il faut que je prévienne Alcor et les autres.

Dans la salle de repos, les invités discutent entre eux de tout et de rien. Le pauvre Procius est aux prises avec Bélier qui ne cesse de lui raconter d’anciennes batailles dans lesquelles, selon lui, il a eu un rôle important.

- … donc je détournais l’attention du monstre aquatique, Sayaka était à terre son Aphrodia Ace endommagé. C’est alors que ton oncle a surgi par derrière et a donné un coup de sa double hache au monstre qui l’a coupé en deux. Tu aurais dû voir cela ! Mon robot a reçu plein de sang de la créature. J’ai passé plus d’une semaine pour tout avoir !

- Je comprends, répond Procius ne sachant plus quoi faire.

Il remarque Cochir qui revient dans la pièce le visage inquiet. Il suit le professeur du regard pendant que Bélier se lance dans une nouvelle histoire. Il voit que Cochir se glisse prés d’Alcor pour lui parler à l’oreille. Aussitôt les deux hommes se dirigent vers la sortie. Procius se prépare à les rejoindre quand il sent une des puissantes mains de Bélier se poser sur son épaule gauche.

- … c’était le bon temps. Mais si tu as besoin d’aides pour affronter nos ennemis, tu peux compter sur moi !

- Euh… Oui, j’en suis persuadé.

Banta arrive vers eux.

- Alors, sale brute, tu vas laisser un peu Procius , lance le vieux garçon de ferme.

- De quoi tu te mêles ! Va traire tes vaches !

Banta colle son visage sur celui de Bélier.

- Tu sais ce qu’il te dit le fermier !

Le prince regarde les deux hommes en se demandant comment il va faire pour éviter que cela ne tourne à la bagarre. Le plus étrange c’est que personne d’autre que lui ne prête attention à l’altercation.

- Tu veux goûter à mes poings, lance Bélier.

- Je voudrais bien voir ça, répond Banta en brandissant ses poings qui renferment deux verres de saké.

- Content de te revoir sale brute !

- J’en ai autant à ton service !

Bélier prend l’un des verres.

- Santé, lance-t-il en levant son verre.

- Santé, répond Banta en faisant de même.

Les deux hommes trinquent et se mettent à parler. Procius bénit intérieurement Banta, il en profite pour se diriger vers la sortie. En chemin il croise Vénusia, les joues très rouges, qui parle fermement à Hikaru, il saisit quelque mot : « imprudente, amour, prince, déception ». Il n’a pas le temps de chercher à comprendre de quoi elles parlent. Il est plus perturbé par le comportement de Cochir et D’Alcor.

Le prince arrive devant la salle d’observation, il entend des éclats de voix. Il en prend plein les oreilles quand il entre dans la pièce.

- … et vous n’avez rien vu , fulmine Alcor. Mais vous faisiez quoi à ce moment-là !?

- Je crois que nous étions en train de boire un soda, bégaie Densha.

- C’est un peu de notre faute, déclare Cochir. Nous aurions dû laisser du monde avec eux. Tout le monde était au cocktail sauf eux.

- Je veux bien l’admettre, mais ce n’est pas une raison pour se relâcher !

- Que se passe-t-il , coupe Procius.

Alcor le remarque.

- Ah ! Tu es là ! Il semblerait qu’un Golgoth et une escadrille de navette soient entrés dans notre atmosphère. C’est un centre d’observation satellite de l’alliance en Europe qui nous a avertis.

- Où sont-elles ?

- Aucune idée ! Les échos radars ont disparu au-dessus de l’océan Pacifique.

- C’est grand comme zone.

- La personne qui a capté les échos était un stagiaire, il n’a pas précisé plus. Il faut dire que personne ne lui avait indiqué l’importance de son poste.

- Professeur , intervient Gavin.

- Quoi ?

- D’après les enregistrements, les navettes ont disparu des radars dans les environs des côtes de l’Amérique du Sud.

- Véga aurait construit une base sur Terre !?

- C’est possible, fait Procius. Je peux partir faire un vol de reconnaissance.

- Je ne sais pas si c’est prudent, répond Alcor.

- Il faut que nous ayons le cœur net.

- D’accord va faire un vol de reconnaissance. Mais si tu vois quelque chose, tu nous avertis de suite que nous t’envoyons des renforts.

- Compris !

Le prince part en courant vers la sortie, puis il continue dans le couloir. Enfin, il arrive au bout du couloir ou se trouve sur la droite la porte d’un ascenseur et sur la gauche la trappe, qui ressemble à un vide-ordure, qui lui permet de rejoindre le hangar de son vaisseau. Il saute dedans les pieds en avant, il glisse dans le conduit métallique avant de tomber sur le siège d’un petit véhicule, l’Asporat, qui va le conduire dans les tréfonds du centre. Quand le véhicule sort du plafond du hangar, le prince en saute alors que l’Asporat disparaît dans le conduit opposé.

- Métamorphose !

Le prince revêt sa tenue de vole noire et rouge. Il atterrit dans le poste de pilotage de la soucoupe. L’interface de pilotage vient entourer ses bras et ses jambes. La plateforme de lancement de Goldorak s’enfonce dans le sol et tourne pour le placer devant la route numéro 2. Quand les lumières au dessus de la route se mettent à clignoter, signifiant que toutes les portes sont ouvertes, le vaisseau est prêt à partir.

- Goldorak go !

La machine de combat s’élance dans le conduit métallique qui est rapidement remplacé par de la roche brute. Après un moment, Goldorak prend son envole entre les arbres d’une forêt, proche d’une mine abandonnée. Procius met le cap sur l’Amérique du Sud.

- Goldorak ! Mégamach !

Le vaisseau prend de la vitesse, des traînées blanches se forment dans le ciel au niveau des Planitonks et de l’aileron. Goldorak devient lumineux puis s’enflamme. Le prince jette un regard à la jauge de vitesse, elle indique Mach 15.

- C’est suffisant, gardons de la réserve, dit pour lui-même Procius.

La base aquatique est en effervescence.

- Commandant Goldorak vient de décoller, annonce un soldat.

- Il a du repéré les navettes, mais il a mis du temps à réagir. Vers où se dirige-t-il ?

- Je ne peux rien affirmer de sur, mais il se dirige vers nous.

- Passez en alerte jaune.

Dans toute la base, un signal sonore se répand, des lumières jaunes clignotent dans toutes les pièces ainsi quand dans les couloirs.

Au camp de La Lune Noire, la sortie de Goldorak a été aussi détectée.

- Alors, vous avez repéré son point d’envole , questionne Horrus.

- Négatif général. Nos radars l’ont capté quand il a franchi le mur du son.

- Ne le perdez pas, je veux savoir ou se trouve sa base.

- Pour le moment, il se dirige vers les Caraïbes.

- Il a sûrement dû repérer nos navettes quand elles ont pénétré l’espace terrien. Mais pourquoi part-il avec autant de retard ?

- Se pourrait-il que les combats l’aient endommagé et que cela nécessite une grande maintenance, avance Minarvea.

- Si seulement votre supposition pouvait s’avérer juste ! Cela nous serait avantageux pour l’avenir.

Les deux généraux se mettent à imaginer Goldorak explosant, réduit en cendre par l’une de leur machine de guerre. Ils en sourient de joie.

- Ne nous emballons pas, reprend Horrus. Il se peut que cela soit dû à autre chose. Restons vigilants ! Nous avons par expérience qu’il ne faut pas sous-estimer notre adversaire.

- Vous avez parfaitement raison hélas, soupire le commandant.

Goldorak perd de la vitesse en approchant des côtes de l’Amérique du Sud. Procius règle ses capteurs sur hautes sensibilités. Il fait voler son vaisseau à basse altitude afin de pouvoir repérer les navettes ou la base de Véga. Il décide de quadriller une zone de prés de cinq cents kilomètres carrés.

- Général , s’exclame le soldat au contrôle du camp de la Lune Noire.

- Quoi ?

- Goldorak survole le secteur de la base sous-marine.

- Malédiction ! Il ne maquerait plus qu’il découvre notre base. « S’il la trouve, mon plan tombe à l’eau, il faut qu’il affronte le Golgoth ! Comme cela il combattra mon arme ! »

Dans la base aquatique, c’est la panique, l’alerte rouge a été déclenchée. Le commandant Sog sue à grosses gouttes.

- Où se trouve Goldorak , demande le commandant d’une voix la plus calme possible.

- Il est environ à vingt miles nautiques de nous en distance terrienne, annonce un soldat devant le radar.

Sog fait la conversion en distance Véganne mentalement.

- C’est à la fois proche et loin, soupire-t-il. Que fait-il ?

- Il survole toute une zone méthodiquement.

- Il effectue un quadrillage ?

- Affirmatif.

- Les imbéciles ! Ils ont envoyé ce Golgoth et ces navettes sans prendre de précaution ! Ils ont réussi à faire repérer la base ! À quoi pensent-ils !?

Les soldats présents font semblant de n’avoir rien entendu.

- « Mais si c’était intentionnel !? Si c’était une manœuvre de Horrus ou de Minarvea pour me dévaloriser auprès du Stratéguerre. Voir même pour me faire supprimer par Goldorak ! Comme cela, ils n’auraient même pas à se salir les mains ! Chaque chose en son temps ! Réglons déjà le problème Goldorak, après je m’occuperais d’eux ! »

Cela fait maintenant plus de deux heures que Goldorak a commencé son quadrillage.

- Tu as repéré quelque chose , demande Alcor dans la radio.

- Rien pour le moment, mais je continu. S’il le faut, j’élargirais la zone de recherche.

- Je ne sais pas si cela sera utile.

- Il faut en avoir le cœur net ! Nous devons savoir si Véga a construit une base sur Terre.

- Je sais, mais tu risques d’y passer des heures et peut-être en vain.

- J’y passerais autant de temps qu’il le faudra.

- Sois raisonnable. Je te propose de chercher encore pendant trois heures. Une fois le temps écoulé, tu rentres au centre.

- D'accord, mais pour quatre heures !

- Bien, soupire Alcor. Va pour quatre heures, mais je veux que dans quatre heures et une minute, tu ais mi le cap sur le centre ! Sinon je viens te botter les fesses tout prince que tu sois !

- Compris ! Mais je voudrais bien savoir comment tu feras pour venir me botter les fesses.

- Je trouverais bien quelqu’un pour venir te rejoindre !

- Reçu.

Le prince se remet à scruter la surface à la recherche d’une trace de construction ou d’une cachette des forces de Véga.

- Où se trouve Goldorak , demande Sog.

- Il s’éloigne de nous. Mais il continue à effectuer un quadrillage méthodique.

- Ce n’est pas bon. Heureusement qu’il n’est pas accompagné de sa navette aquatique, même si elle est endommagée, ils auraient pu avoir l’idée d’effectuer une plongée.

Goldorak survole toujours le secteur de l’Amérique du Sud, il a commencé son quadrillage dans les Bermudes pour l’achever dans les Caraïbes. Procius regarde l’heure sur son tableau de bord. Le temps qu’Alcor lui a accordé touche à sa fin.

- Il faut que je trouve !

Pendant ce temps au ranch du Bouleau Blanc, la soirée du réveillon de Noël se prépare. Hikaru et Kohumé ont décoré la salle à manger. Vénusia prépare les différents plats. Mizar s’occupe de faire prendre le feu dans la cheminée. Dai et Banta finissent de s’occuper des bêtes.

Bélier arrive dans le ranch en costume. Il salue tout le monde dans le salon.

- Me voilà ! Alors, je peux me rendre utile ?

À force de scruter le sol et de fixer son radar, Procius a les yeux qui le piquent. Il relève la visière de son casque pour se masser les yeux.

- Je n’ai plus le choix, il faut que je rentre. Le temps va être écoulé.

Le prince rabaisse son casque.

- Allez Goldorak, retour à la base.

Le vaisseau prend la direction du Japon.

- Mégamach !

Au camp de la Lune Noire, le général Horrus regarde les radars qui tracent le trajet de Goldorak.

- Goldorak a cessé son quadrillage, il semblerait qu’il regagne le Japon, annonce l’opérateur radar.

- Ne le perdez pas ! Je veux connaître ou se trouve son antre !

- Oui général.

- « Goldorak tu va être à notre merci ! »

Dans son bureau, le commandant Minarvea écoute son espionne, Vesta, faisant le rapport sur les déplacements du général.

- Vous êtes sur qu’il n’a pas quitté ses quartiers, s’étonne Minarvea.

- Absolument, sauf si dans ses quartiers il y a une porte dissimulée, mais ce n’est pas le cas, nous avons examiné déjà tous les murs.

- Je suis sur qu’il prépare quelque chose. Cela fait des jours qu’il est trop calme.

- Je peux affecter plus d’agents pour l’espionner.

- Se serait inutile, vous êtes déjà une dizaine à l’observer en permanence me semble-t-il.

Vesta acquiesce d’un hochement de tête.

- Deux possibilités : Sois, il n’a aucun projet en cours, sois, son projet est achevé. S’il s’avère que c’est la seconde possibilité, il y a de quoi se faire du souci.

- Alors, tu es sur le chemin du retour , demande Alcor à la radio.

- Je vais bientôt atteindre les cotes japonaises, répond Procius.

- Bien, cela m’évite de te botter les fesses.

- J’ai eu chaud, plaisante le prince.

- Dépêche-toi, sinon nous serons en retard pour la fête au ranch.

- La fête ?

- Oui. Le réveillon de Noël.

- Déjà, mais c’est demain !

- Tu n’as pas compté le décalage horaire entre le Japon et l’Amérique.

- Sûrement. Je fais au plus vite.

Procius sort du Mégamach.

- Soyons prudents, Véga est sur ses gardes, ils cherchent ma base. Goldorak, Parasitaire !

Un gaz violet sort de l’arrière de la soucoupe. Il masque la trace de Goldorak et affole les radars.

- Général, Goldorak a disparu de nos radars, annonce l’un des soldats devant sa console.

- Comment cela !?

- Nous senseurs sont brouillés.

- Changez de mode de détection !

- Tout de suite.

Horrus se met à faire les cent pas.

- Aucun résultat, nous ne pouvons rien capter.

- Malédiction ! Où a-t-il disparu de nos radars ?

- Au dessus de la cote Est du Japon.

- Autant dire que nous n’en savons pas plus !

Une fois les parasites en fonction, Procius vole en raz motte pour passer en dessous du seuil des radars, il vaut mieux être trop prudent. La soucoupe frôle la cime des arbres. Des enfants, occupés à construire un bonhomme de neige, lèvent la tête en l’entendant passer.

- Oh ! C’est Goldorak, s’exclament certains.

Goldorak arrive enfin dans la région du Bouleau Blanc, il plonge dans un lac.

Reposant sur le fond marin du triangle des Bermudes, la gigantesque boule blanche attend le moment d’entrée en action. À l’intérieur du Golgoth, quelqu’un d’autre attend lui aussi le moment où il devra se mettre en action. Le pilote, de l’arme fabriquée par le professeur Gyllah, est assis au fond de son siège. Il est pratiquement dans le noir, une faible lumière provient des instruments en veilles. Dans la noirceur, on peut juste distinguer les contours de son casque. Ses yeux sont clos, mais il ne dort pas, il se relaxe avant son futur combat. Il n’a pas le droit à l’erreur. Il le sait, il doit vaincre ou périr. Il a subi durant des semaines un entraînement intensif dans cet unique but, vaincre Goldorak. Il a appris le maniement de sa machine, il sait où se trouvent toutes les commandes, il peut les actionner les yeux fermés. Son esprit est vif, il sent que l’affrontement est proche. Il vide sa tête de toute pensée pour attendre calmement le moment décisif.

Au ranch du Bouleau Blanc, les invités, en grande tenue, sont attablés. Il ne manque plus que Procius. Alcor et Sayaka étant arrivé quelque minute plus tôt.

- Il a beau être prince, ronchonne Vénusia. Nous allons commencer sans lui !

- Il va arriver, déclare Alcor. Quand nous sommes partis du centre, Goldorak venait juste de revenir.

- Ce n’est pas une raison !

- Laisse-lui le temps de se changer.

- Que t’arrive-t-il Vénusia , demande Sayaka. Nous sommes ici pour nous amuser non ?

- Rien ! Juste que le repas va brûler s’il n’arrive pas !

- « Nous allons nous amuser, c’est vrai, pense Alcor. Mais une terrible menace plane sur nos têtes, nous allons juste l’occulter pour quelque heure. »

Dehors un bruit de moteur qui se rapproche se fait entendre. Un rayon provenant d’un phare s’engage dans l’allée du ranch. En entendant le moteur, Hikaru quitte la table pour se diriger vers la fenêtre. Elle voit la moto du prince qui s’arrête devant la maison.

- Voilà Procius, annonce-t-elle en partant vers l’entrée.

La jeune femme ouvre la porte. Le prince se trouve devant, il retire son casque.

- Entre vite, fait la jeune femme.

Procius entre dans l’habitation. Il regarde la jeune femme. Elle porte une robe noire avec une écharpe en soie assortie.

- Comment me trouves-tu ?

- Cela te va à ravir.

- Merci, répond-elle en rosissant. Retire ta combinaison de moto. Tout le monde t’attend au salon.

Le prince retire sa combinaison, en dessous il porte une chemise blanche et un pantalon noir. Une image vient frapper l’esprit d’Hikaru, il porte les mêmes vêtements que dans l’un de ses rêves ! Celui où ils sont assis au pied d’un arbre tous les deux, le prince a la chemise largement ouverte sur son torse, leurs pieds sont recouverts de feuilles mortes. Rien que de repenser à son rêve, la jeune femme devient toute rouge.

- Hikaru, ça va ?

Elle part en courant dans l’escalier pour se rafraîchir dans la salle de bain à l’étage.

- Mais qu’est-ce qui lui arrive , se demande Procius à haute voix.

Le prince se dirige vers le salon, à peine a-t-il posé un pied dans la pièce qu’il subit les reproches de Vénusia.

- Ah ! Quand même ! Un peu plus et tout était fichu ! Vite, va t’asseoir , hurle la femme.

- Pauvre Procius, fait Banta.

- Toi on ne t’a rien demandé. Garde tes commentaires pour toi ou sinon tu n’auras rien à manger.

- Ça va, j’ai compris, répond l’homme en se faisant tout petit sur son siège.

Procius s’installe alors que tout le monde éclate de rire devant la réaction de Banta. Au même instant, Hikaru rejoint la pièce, elle se demande quelle est la cause de cette agitation.

Le Stratéguerre entre dans la salle de commandement du camp de la Lune Noire. Il est tard, l’équipe de nuit est à son poste, le général Horrus est resté pour compulser les observations sur l’étrange machine rose, mais surtout pour étudier la trajectoire de Goldorak.

- Maître !? Que faites-vous ici à cette heure tardive , s’étonne le général.

- Convoquez le commandant Minarvea.

- Oui Maître.

Le commandant Sog, ne dort pas lui non plus, il écoute le long rapport que lui fait un technicien sur l’aéronef rose.

-… en conclusion. Vu les capacités techniques de la Terre, et des informations recueillies, nous pensons que cet appareil n’est pas à considérer comme une menace pour notre base, ni pour l’empire.

- Bien vous pouvez disposer !

Le technicien effectue le salut Végan puis sort du bureau du commandant.

- J’ai écouté tout ce charabia pendant plus d’une heure pour à la fin apprendre que cet appareil est inoffensif !

Le commandant Minarvea arrive dans la salle de commande du camp les cheveux en bataille, mais avec une tenue parfaite. Elle s’avance vers Végalian pour le saluer.

- Vous m’avez fait demander votre grandeur ?

- Oui, je voulais que vous soyez présents tous deux pour le lancement de l’attaque.

- L’attaque, s’étonnent Horrus et Minarvea.

- Oui , s’exclame le Stratéguerre brusquement enflammé. Il est proche de minuit au Japon.

Un silence, le général et le commandant échangent un regard pour savoir si l’un d’eux a déchiffré les attentions du Stratéguerre.

- Ignorant , leur lance Végalian. C’est à cette heure que les humains échangent leurs présents le soir du réveillon !

- Vous voulez en profiter pour lancer une attaque alors que leur attention est sur cette cérémonie, hasarde Minarvea.

- Pas uniquement ! Horrus !

- Oui Maître !

- Fait transmettre à la base aquatique l’ordre de décollage de Golgoth 9 et de ses navettes !

- Tout de suite !

- Prince d’Euphor, voici mon présent en cette nuit de Noël ! Ha ! Ha ! Ha !

Trois coups sont donnés à la porte du bureau du commandant Sog.

- Entrez !

Le soldat entre avec précaution.

- Que se passe-t-il , questionne Sog de mauvaise humeur.

- Nous venons de recevoir un ordre du camp de la Lune Noire.

- Lequel ?

- Le Golgoth et les navettes doivent immédiatement débuter leur attaque.

- Transmettez-leur l’ordre !

- À vos ordres !

- « Maintenant, ils me rétrogradent au rang de simple messager !, s’énerve le commandant. »

Les portes du hangar sous marin s’ouvrent pour laisser décoller les navettes hameçon. L’énorme boule blanche s’élève du fond marin. Les vaisseaux se dirigent vers leur cible sous l’eau.

- … ils sortiront de l’océan aux abords du Japon, comme cela Goldorak n’aura pas le temps de réagir ! Il sera pris de court, annonce fièrement le Stratéguerre.

- C’est un plan magnifique, félicite Minarvea.

- « Je dois admettre que le plan du Stratéguerre est brillant, pense Horrus. »

Alors que tout le monde s’amuse dans la salle à manger du ranch, la jeune Hikaru n’a d’yeux que pour Procius. Ce dernier subit encore les histoires de Bélier. Vénusia arrive en portant un énorme gâteau à la crème, elle se prépare à la poser sur la table quand le téléphone portable d’Alcor se met à sonner dans la poche intérieure de sa veste. Le professeur prend en main l’appareil et répond.

- Ici Alcor.

- Pro… Professeur, bégaie la voix d’un de ses assistants.

- Que se passe-t-il ?

- Véga attaque !

- J’arrive tout de suite !

Un silence se fait sur cette dernière phrase.

- Une attaque , demande le prince.

Le professeur hoche la tête.

- Je pars , le prince quitte la table.

- Moi aussi, je peux vous aider, lance Bélier légèrement ivre.

- C’est gentil à toi, mais reste ici, répond Alcor.

- Voilà ! Je suis considéré comme un vieux !

- Nous arrivons nous aussi, lance Dai.

- Non !

- Pourquoi , demande Kohumé.

- Les nouvelles navettes peuvent voler, mais nous n’avons pas reçu leurs munitions. Vous n’allez pas partir sans armes !

Les trois jeunes gens se rassoient visiblement déçu. Dehors ils peuvent entendre la moto de Procius qui s’éloigne rapidement.

Le Golgoth et son escadrille survolent la région du Bouleau Blanc. Assis sur son trône, le Stratéguerre guette l’arrivée de Goldorak.

- Goldorak go !

Le robot géant s’élance sur la route 4. Il franchit rapidement le conduit métallique puis la roche pour enfin franchir de la lave en fusion. Il prend son envol d’un volcan, aussitôt il met le cap vers les forces de Véga.

- Goldorak détecté, annonce l’opérateur radar de la Lune Noire.

- Vous avez repéré son point d’envole , questionne immédiatement Horrus.

- Négatif !

- Prince d’Euphor, j’espère que tu vas apprécier ton ultime cadeau de Noël, ajout Végalian.

Procius arrive sur la flotte adverse, il aperçoit au centre la gigantesque boule blanche.

- Qu’est-ce qu’ils ont encore inventé ?

- Ordre à toutes les navettes d’attaquer , ordonne le Stratéguerre.

Les navettes hameçon s’éloignent du Golgoth pour fondre sur Goldorak.

- Spider Spin !

Des Planitronks sortent des pointes puis ils se mettent à tourner sans quitter leurs bras de soutiens. Goldorak fonce au centre de la flottille. Ils coupent en deux plusieurs navettes avant qu’elles rompent la formation. Cinq navettes arrivent dans son dos. Cinq autres face à lui. Les navettes, arrivant de face, ouvrent le feu, Procius fait plonger son vaisseau. Il remonte brusquement pour saisir entre les mains de son robot la navette de tête. Le pilote sans doute surpris ou paniqué par la manœuvre ne coupe pas ses lasers, le prince en profite pour s’en servir pour détruire trois des navettes qui arrivaient derrière lui. Finalement, la navette capturée est détruite par une autre. Goldorak la lâche juste avant l’explosion.

- Pulvonium !

Les rayons violets partent des deux poings du robot. Ils détruisent deux navettes.

- Planitronks !

Les deux disques dentés partent de la soucoupe et déchiquettent deux navettes qui tentaient de s’enfuir. Les deux navettes restantes, foncent droit sur le prince.

- Missiles Gama !

Deux projectiles partent des Planitronks. Une seule navette est anéantie. Celle qui reste tente une manœuvre suicide. Goldorak vire sur la gauche pour éviter la collision. Après un virage serré, le prince se positionne dans le dos de la dernière navette et la détruit avec un tir de Mégavolt. L’appareil ennemi semble fondre une fois touchée.

- Maintenant, passons au Golgoth !

Goldorak effectue un demi looping puis bascule sur le ventre pour se diriger vers son adversaire.

- Plasmotronks !

Les deux Planitronks de plasma sont projetés sur l’adversaire. Ils s’enfoncent sur la surface de la coque qui se déforme, puis ils rebondissent alors que la structure reprend sa forme initiale.

- Ils ont innové cette fois, constate Procius.

Goldorak se rapproche un peu alors que la boule, ressemblant à un gigantesque ballon, reste immobile.

- Mégavolt !

Les quatre rayons se retrouvent déviés quand ils touchent la surface sur Golgoth.

Le professeur Alcor est installé devant le Spacioscope, il regarde le combat. Son épouse se tient à ses côtés. Ils se retournent quand ils entendent la porte de la salle d’observation s’ouvrir. Ils découvrent Kohumé, Hikaru et Dai.

- Il me semble que l’on vous avez dit de rester au ranch, remarque Sayaka.

Dai avance d’un pas.

- Nous n’avons pas pu résister, déclare le jeune homme.

Sans aucun signe annonciateur, le Golgoth se met à bouger. Il fonce à vive allure sur Goldorak. Procius fait plonger sa machine, mais le Golgoth réagit promptement, il plonge lui aussi. Il entre en contact avec la soucoupe, cette dernière semble s’enfoncer dans la structure de la gigantesque boule qui fait plus du double de Goldorak. Les deux machines de guerre se rapprochent dangereusement du sol.

Voyant cela sur le Spacioscope, Hikaru se tord les mains d’inquiétude.

Dans le poste de pilotage de la soucoupe, Procius ne voit plus rien. Devant lui, il n’y a qu’une masse blanche collée à sa vitre. Il voit sur ses instruments que son altitude diminue.

- Goldorak ce n’est pas le moment de me laisser tombé !

Le prince actionne ses commandes pour effectuer un looping par le bas, il augmente le régime de ses réacteurs. L’arrière de la soucoupe s’enfonce encore plus dans la boule alors que l’avant commence à se dégager. Rapidement la soucoupe réussie à se dégager de son adversaire, elle se retrouve un court instant à voler sur le dos, l’aileron frôle la cime des arbres. Procius manœuvre pour reprendre rapidement de la hauteur.

Au centre, le cœur d’Hikaru a manqué un battement, elle voyait déjà Goldorak s’écraser et exploser. Elle pousse un soupire de soulagement quand elle le voit remonté.

Le Golgoth n’a pas réagi assez vite, il s’écrase sur le sol, mais rebondit tel un ballon de plage.

- Mais qu’attend-il pour ouvrir le feu , lance Minarvea.

- Le point fort de ce Golgoth c’est qu’il n’a aucune arme, annonce le Stratéguerre.

- Quoi ??

- Sa conception fait que sa structure par elle-même est une arme.

- « Pourtant, il y a une autre arme cachée dans ses flancs, pense Horrus. »

Goldorak plonge sur son ennemi.

- Fulguropoing !

Le point droit du robot part en direction de la boule. Les pointes tournent, quand elles frappent la boule, elles s’enfoncent, mais il n’y a aucune trace d’étincelle ni de métal déchiqueté. Finalement, le point d’impact sur la boule reprend sa forme projetant le Fulguropoing dans les airs.

- Tentons une autre approche, déclare Procius.

Il saisit la poignée au-dessus de sa tête.

- Transfère !

Son siège descend vers le robot.

- Autolargue !

Le robot géant quitte sa soucoupe porteuse. Il atterrit dans une ancienne carrière. Le Golgoth se pose à son tour face à lui.

- Clavicogyre !

Les deux clavicules en acier partent des épaules du robot. Les deux lames acérées rebondissent elles aussi sur la boule. Pendant que les Clavicogyres regagnent leurs places, la boule a bondi sur la tête de Goldorak. Les cornes du robot géant disparaissent dans la boule, puis la tête est engloutie à son tour.

- Cornofulgure !

Rien ne se passe. Goldorak porte ses deux mains au niveau de son cou pour tenter de repousser la boule. Mais ses mains sont-elles aussi englouties dans la structure du Golgoth.

- J’ignore comment je vais m’en sortir cette fois-ci.

Lentement la gigantesque boule blanche engloutie le torse du robot, il tente de se débattre, mais en vain. Il ne reste plus que ses jambes libres.

- Il faut que nous allions l’aider , déclare Dai.

- En tout dernier recours, répond Alcor.

- POURQUOI , demande Hikaru.

- Vénusiak et Faussoirak ne sont plus vraiment en état et de taillent à combattre ce Golgoth.

- Allez mon vieux Goldorak ! Cabré !

Le robot s’élance dans le ciel emportant avec lui la gigantesque boule. Cette dernière s’enfonce un peu plus sur le robot. Une fois l’élan perdu, les deux machines retombent vers le sol. Le Golgoth entraîne Goldorak qui se retrouve les pieds en l’air. Quand ils touchent la surface, la boule se déforme légèrement alors que le robot s’enfonce encore plus dedans pour finir par complètement disparaître.

- Il doit avoir un plan pour avoir fait cette manœuvre, déclare Alcor pour rassurer tout le monde ainsi que lui-même.

- AH ! AH ! AH ! Voilà, c’est la fin de Goldorak , s’exclame avec jubilation le Stratéguerre.

- Incroyable, lâche Minarvea.

- « Je ne pensais pas que ce plan marcherait aussi bien ! Mon plan tombe à l’eau, soupire intérieurement Horrus. »

Le Golgoth reste immobile. Subitement sous sa surface, surgissent les deux mains de Goldorak, un peu plus haut on distingue sa tête. Il est prisonnier de la gigantesque boule blanche. La soucoupe porteuse plonge sur le Golgoth en mode d’attaque Spider Spin. Quand les pointes tournantes entrent en contact avec la surface blanche, la structure se déforme, mais aucune entaille n’apparaît.

- Procius ! Fais quelque chose, supplie Hikaru à genoux.

La soucoupe reprend de la hauteur pour se mettre à tournoyer au-dessus du Golgoth.

- Professeur Alcor, crie Daisuke. Nous devons y allez !

- Non !

- Mais Procius est en difficulté, ajoute Kohumé.

- Que pensez-vous donc pouvoir faire.

Les trois jeunes gens ne savent pas quoi répondre.

- Si Goldorak n’a pas réussi à endommager ce Golgoth qu’arriverez-vous à faire avec un armement inférieur !?

Un silence pesant envahit la pièce.

Au ranch du Bouleau Blanc, la fête s’est terminée. Ils attendent avec inquiétude la fin du combat. Bélier discute avec Mizar des modifications qu’il veut faire sur son Boss Robot. Vénusia s’est assise sur le canapé et feuillette une revue. Subitement un bruit sourd, la revue que Vénusia tenait vient de tomber sur le sol. Bélier vient de se taire. Toutes les personnes présentes regardent en direction de la baie vitrée, comme si leur instinct leur avait signalé un malheur.

- Et maintenant le coup de grâce, annonce Végalian. Adieu prince d’Euphor. Bientôt la planète bleue que tu chérissais tant sera sous ma coupe ! Repose en enfer !

Sur le Spacioscope, la gigantesque boule blanche se met à briller. Une lumière d’un blanc intense. Elle émet un son strident qui est entendu à plusieurs kilomètres.

À des années lumière de là, la reine Phénicia d’Euphor porte un verre à sa bouche. Sa main se met à trembler, elle lâche le verre qui se fracasse sur le sol marbré de la salle à manger du palais.

- Alors petite sœur, tu n’arrives plus à tenir un simple verre, plaisante Actarus.

- Non ! Je ressens une très mauvaise sensation, dit-elle la voix tremblante en se prenant la tête à deux mains.

Le Golgoth explose provoquant une gigantesque levée de poussière et un nuage en forme de champignon. La déflagration s’entend jusqu'à plusieurs centaines de kilomètres.

La jeune Hikaru tombe dans les pommes.

- NOOONNNN !!! C’est impossible, hurle Alcor en se dressant sur ses jambes oubliant la douleur.

Une larme coule sur la joue de Sayaka.

La baie vitrée du ranch a vibré sous la déflagration, Mizar, Banta, Bélier et Vénusia ont vu le flash lumineux de l’explosion. Leurs visages sont blêmes, ils ont saisi sans qu’on leur dise ce qu’il vient de se produire.

- Incroyable, lâche Minarvea.

- Je ne pensais jamais voir cela si rapidement, ajoute Horrus.

- AH ! AH ! AH ! Je t’ai enfin vaincu prince d’Euphor ! J’ai vengé mon oncle le Grand Stratéguerre !! J’ai vengé Véga !! Je suis le maître de la Terre.

- Non c’est impossible, bafouille Dai.

- C’est un cauchemar.

- Voilà Goldorak n’est plus , jubile Végalian. J’ai enfin la main mise sur la planète bleue.

Le Stratéguerre s’imagine tel un géant démesuré dans l’espace saisissant entre ses mains la Terre en riant comme un démon.

FIN

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