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Note : Salut ! Cette fic est très bizarre, et n'a aucunement l'intention de faire passer un message ou quoi que ce soit. C'est juste une pensée qui a fini dans un écrit étrange. Les personnages m'appartiennent ainsi que l'intrigue (si on peut parler d'intrigue). Ce n'est pas un slash (eh non :)), cependant tout le monde ne devrait pas lire ce two-shot surtout la deuxième partie qui sera bien plus sombre. Le rating T est amplement justifié, si je n'ai pas mis M c'est parce qu'il n'y a rien de sexuel mais quand même, le fond dans ce chapitre est horrible et la forme dans le prochain l'est encore plus.
Bonne lecture... (enfin si je peux dire )
OTНЇLА
Selivan avait décidé des années plus tôt de trouver la vérité, la vraie, celle qui ronge la nuit et s'immisce insidieusement dans chaque pensée. Il s'était dit que c'était la seule raison pour laquelle il était sur Terre. Il s'interdisait toute envie, toute pensée joyeuse, toute compagnie. Il restait enfermé dans son appartement du sixième étage jour et nuit, essayant d'attraper dans son étau le désespoir le plus complet et corrosif.
Il habitait Moscou, une ville fantôme parmi tant d'autres, il aurait pu être à Tokyo ou à Paris, peu importe, le secret de la vie est partout le même. Dans son appartement ridiculement petit, il n'y avait presque rien. Un canapé défoncé trônait au centre de la pièce, Selivan était assis dessus presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Lorsqu'il était fatigué, il se contentait de s'allonger et de dormir trois petites heures, puis tout recommençait. Dans la kitchenette qui devait contenir le plus grand rassemblement d'insectes au monde, un robinet sale et mal fermé pleurait des gouttes une à une. Un petit réfrigérateur étouffait dans un coin et laissait pourrir dans ses entrailles un vieux pot de beurre périmé. Quatre bières étaient tranquillement installées sur les compartiments de la porte. Selivan ignorait qu'il serait bientôt à court de bières, et qu'il serait dans une colère noire une fois qu'il l'apprendrait.
Mais la chose la plus importante dans cet appartement consistait en une télévision. Selivan passait ses journées devant sans rien faire d'autre, il détachait ses yeux de temps en temps pour lever un œil fatigué vers les fenêtres enduites de poussière de l'appartement. Il ne changeait jamais de chaîne non plus, la télécommande devait être cachée dans l'amas de détritus qui remplissait l'appartement. La chaîne 123 défilait ses images jour après jour. Selivan n'avait plus aucune idée du temps depuis de nombreux mois, mais il savait quelle heure il était quand elle rentrait. Dans la télé. Elle rentre chez elle, elle enlève ses escarpins blancs affreux, son énorme manteau, ses gants, son écharpe de laine. Elle avance en chaussettes dans son appartement scintillant de propreté, s'installe sur une chaise branlante et contemple la ville qui s'endort.
Selivan se souvient d'elle, de son parfum, de ses cheveux blonds qui sentaient le froid, de ses rires rares et brefs. Il se souvient de ses crises de jalousie, de leurs corps emboîtés l'un dans l'autre, des lychnides au printemps et de l'odeur capiteuse du lys en été. Il détestait cette odeur mais elle l'adorait, il se souvient de ses cris et de ses pleurs. Il se rappelle que lui aussi enlevait ses chaussures avant d'arpenter le parquet verni de l'appartement. Il jette un regard morne sur son sol : une moquette grise parsemée de tâches. Il ressent une violente douleur quelque part en lui et sourit, il se dit que c'est bon. Plus il ira mal, plus il avancera. Les larmes ne redessinent plus les traits de son visage depuis des années mais ce soir-là alors que Moscou gronde des injures étouffées derrière sa fenêtre, l'envie de pleurer le prend d'un seul coup. Il comprend qu'il n'a pas encore touché le fond. Il s'allonge sur le canapé et la contemple toute la nuit. Il la contemple sur la chaise, sur le canapé, sur son lit… Il la contemple partout, et écoute religieusement les bruits qu'elle produit et qui résonnent entre les murs de son appartement.
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Il s'était endormi. Ses yeux s'ouvrent et regardent son corps qui s'active. Elle est nue et court partout dans son appartement à la recherche d'habits. Il l'observe longtemps jusqu'à ce qu'elle soit habillée de la tête aux pieds, elle n'a pas pris de petit-déjeuner, elle s'en va avec empressement. Elle est en retard comme tous les matins. Sa porte d'entrée claque et Selivan entend la sienne trembler, il ne la voit plus, mais il entend ses pas dans l'escalier qui passent devant sa porte et descendent jusqu'au rez-de-chaussée. Il se lève mollement et l'observe de sa fenêtre, il ne lui faut pas plus de deux minutes avant de disparaître dans un bus.
Selivan à bout de forces revient sur son canapé et ferme les yeux. Il aurait voulu la regarder plus longtemps, elle lui manque et ça fait mal. Il a peur, et sait que c'est bon. Il tremble et sait que c'est bon. Il aimerait la revoir mais c'est impossible. Ce serait une trop grande tentation, la télévision est la seule distraction qu'il s'autorise mais il refuse de changer de chaîne. Il ne faut pas qu'il trouve du réconfort, il ne faut pas qu'il aille mieux, il ne faut pas rechercher le bonheur.
Non, il est bien dans sa douleur, il a faim, il a soif. Mais il est trop épuisé il s'endort. Il espère juste qu'il ne mourra pas avant de découvrir la vérité. Un bruit strident le réveille, encore une fois il ouvre les yeux, encore une fois il observe Elle qui s'installe sur sa chaise branlante. Selivan tourne la tête vers les fenêtres et contemple les bourrasques blanches qui éclatent contre les carreaux, il regarde l'écume du vent qui s'envole entre les rues gelées de Moscou. Il se demande ce qu'elle pense en contemplant ce paysage du haut de son septième étage, est-ce qu'ils voient la même chose ? Selivan repositionne ses yeux sur l'écran et voit qu'elle a quitté son poste d'observation, elle se fait un café dans sa kitchenette dont il ne voit qu'un petit bout. Elle sursaute soudain et Selivan sourit : elle s'est encore brûlée, elle est d'une maladresse folle et c'est une des raisons pour lesquelles il l'avait aimée. Il rampe sur le sol et s'approche de la télévision de façon à ce qu'il ne soit qu'à quelques centimètres de l'écran : il a tellement envie de la rejoindre dans cette télé. Elle s'installe sur son canapé et boit son café avec calme et silence.
Elle est constamment seule, elle n'a pas d'amis, pas de petit copain non plus. Selivan n'a jamais vu un autre homme dans les yeux d'Elle et s'en félicite. Il se sait égoïste mais il ne veut pas la voir heureuse, il ne veut pas qu'elle trouve quelqu'un d'autre. Quelque part en lui, Selivan sait pourtant que ce qu'il fait est bon, Elle a une petite chance de s'en sortir si elle abandonne toutes les distractions qui détournent les hommes de leur but premier. Elle sera libérée une fois qu'elle saura, et ils seront libres tous les deux. Parfois il voudrait l'enfermer avec lui pour toujours, pour qu'ils désespèrent ensemble mais il sait que c'est impossible. Si elle était avec lui, il serait bien plus heureux.
La colère envahit soudain les sens de Selivan, il rampe jusqu'à son réfrigérateur, prend une bière et revient sur son canapé. Il la boit rapidement, il est assoiffé et depuis quelques semaines il n'a plus aucune force. Peu de temps plus tôt, il pouvait encore se lever et quitter l'appartement. Dans ces cas-là – qui étaient très rares car il se l'interdisait – il s'habillait à peine pour sentir le froid de Moscou sur lui, il mettait une grosse casquette sur sa tête pour que personne ne le reconnaisse et pour réduire son champ de vision (le moins de distractions possible !), et il faisait en sorte de sortir lorsqu'Elle n'était plus dans l'immeuble et ne risquait pas de revenir à tout moment. Il s'achetait quelques bières et revenait. Mais maintenant Selivan savait qu'il était à bout et il désespérait un peu. La plus grand malédiction de l'homme c'est d'être mortel, une vie de mortel est bien trop courte pour comprendre les mystères de la vie. Il devine qu'il est encore trop heureux ! Il a encore de l'espoir, ressent encore du plaisir à regarder Elle. Mais il fait face à un dilemme, Elle est le seul moyen qu'il ait trouvé pour l'enfoncer toujours plus bas, si elle n'était pas là, il stagnerait dans son malheur et Selivan sait que c'est la pire des choses qu'il puisse lui arriver.
C'est pourquoi, la télévision reste son seul moyen de trouver la vérité. La vérité se trouve en Elle, elle est la clef vers sa libération et avec un peu de chance, Elle sera également libérée. Mais Selivan angoisse : et si la mort venait le chercher plus tôt que prévu ? Est-ce que tout cela serait vain ?
Selivan soupire. Il regarde Elle qui sort de son appartement en peignoir, elle va se laver dans les douches communes. Il ferme les yeux, rejette la tête en arrière, l'alcool le fait chavirer. Il pense encore à elle, il pense à ses bras blancs, son corps frêle, ses yeux glace, sa voix sans timbre. Elle était belle, très belle. Elle n'avait pas de formes plantureuses et son visage n'était pas des plus harmonieux, mais elle avait une beauté indéniable. Ses yeux bleus clairs avaient un regard profond et perçant qui avait toujours eu le don de mettre Selivan en transe, ses cheveux blonds sentaient les siècles glacials de la Russie. Elle avait l'esprit aiguisé, les pensées précises et droites mais elle était un peu ailleurs. Elle rêvait toujours d'un "ailleurs" meilleur, elle rêvait de Berlin et de New York. Selivan avait eu un mal fou pour la convaincre de rester à Moscou. Elle voulait serrer le monde dans ses bras, mais elle n'avait pas compris ce pour quoi Selivan se battait secondes après secondes. Elle restait dans une logique terrienne, idiote et stérile.
Elle n'avait pas saisi que le matériel auquel elle songeait était éphémère, superficiel, sans intérêts. Elle n'avait pas compris que l'esprit humain avait la capacité de capter l'immatériel et l'impalpable ; et que c'était en décodant les mystères insaisissables de l'univers qu'ils seraient libérés.
Selivan n'y arrivait plus ! Il manquait quelque chose. Mais quoi ?
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Selivan a pris sa décision. Il se lève en tremblant, s'avance à pas lents vers la porte d'entrée. Il remarque alors avec délice que bouger le fait souffrir, ça facilitera les choses. Il sort de son appartement en chancelant et descend à la vitesse d'un paresseux les six étages. Il ouvre la porte de l'immeuble délabré et marche lentement vers le petit magasin qui fait le coin de sa rue. Les gens le regardent bizarrement, il ne s'en préoccupe pas, il ne les voit pas. Il achète différents aliments, tous gras, caloriques et énergétiques. Il paye ses articles avec l'argent qu'il a économisé pendant toutes ces années de régime. Selivan ne travaille pas mais il a toujours eu de l'argent, il ne paye ni impôts, ni loyer, ni nourriture. Il revient chez lui en manquant de s'évanouir à chaque pas, il agrippe les murs, griffe les pierres, ferme les yeux jusqu'à l'entrée de son immeuble. Il espère qu'Elle ne rentrera pas en même temps que lui, il doute qu'elle le reconnaisse avec ses longs cheveux, sa barbe et ses vêtements sales mais Elle a toujours été plus ou moins surprenante.
Il grimpe les étages un à un en soufflant et en gémissant. Il atteint le sixième palier à quatre pattes, lève le bras pour tourner la poignée et s'écroule sur son plancher. Il étouffe un cri dans sa gorge, pousse ses courses devant lui, rampe laborieusement sur le sol et claque sa porte d'entrée. Il reste là des heures durant jusqu'à ce que soleil revienne chatouiller le haut du ciel, Selivan prend ses courses et se lève en tremblotant. La pièce n'a jamais été aussi grande, le canapé jamais aussi loin. Il s'écroule dessus et regarde ce que fait Elle. Il fronce les sourcils, elle fait un truc bizarre. Elle s'épile les jambes. Selivan ne cherche pas à comprendre même s'il a peur, il lui faut manger s'il veut réussir. Il ne doit pas mourir trop tôt, il doit récupérer de la force pour accomplir un acte final et magistral qui scellera sa perte exquise.
Selivan sort les gâteaux, les boissons sucrées, et les plats préparés qu'il ne prend pas la peine de réchauffer. Il mange cela comme un sauvage sans fourchette ni couteau, il avait oublié le goût, le plaisir de manger. Mâcher lui fait mal, avaler encore plus mais il en a besoin. Il a l'impression que du béton coule dans son estomac, il boit trois gorgées de soda. Selivan s'enfonce contre le dossier et somnole, ce copieux repas l'a achevé mais il garde malgré tout un œil ouvert pour Elle.
Lorsqu'il essaie de bouger un violent haut le cœur le saisit et il vomit tout son repas sur le sol. Il grimace et se maudit lui-même. Il n'aurait pas dû manger aussi vite, il n'a plus l'habitude. Il boit un peu de son soda pour enlever l'odeur un peu écœurante du vomi dans sa bouche. Il se remet à manger doucement des gâteaux en regardant Elle qui fait de même sur son plafond.
La tristesse enserre son cœur soudainement et il se force à penser à l'horreur de sa situation. Il souffre et il aime ça. Il se laisse le temps de digérer et se prépare psychologiquement à la suite.
(par contre je ne sais pas quand arrivera la suite)
Je ne sais pas s'il y a encore des fautes, si c'est le cas désolée.
Si ce début vous inspire quelque chose, dites-le moi, sinon ne vous embêtez pas, ce truc ne vaut sûrement pas une review :)
Bisous
SamaraXX