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Ô
Pandore
On
blâme aisément ceux qui brisent les sceaux secrets,
Mais
quelle folie, ou quel courage, fallait-il pour entrouvrir ce
loquet-là ?
Combien
t’ont maudite ? Combien t’ont damnée ?
Moi
je t’admire, t’honore, et te rends grâce.
Ô
Pandore
Les
maux sur la terre devaient s’épandre,
Fleurs
ténébreuses, maléfiques et pestilentielles.
Acclamons
la beauté noire et funeste de ces gerbes puantes,
Repaissons-nous
de leurs marasmes fascinants et éternels.
Ô
Pandore
L’Histoire
oublie combien elle te doit,
Aux
Temps Épiques où les hommes ne craignaient
De
dénuder leurs lames et leur courage,
Gloire
et sang rivalisant d’éclat sur le fil de leurs épées.
Ô
Pandore
Jamais
les Héros ne seraient nés
Jamais
leurs chants n’auraient retenti
Si
les fléaux du monde ne s’étaient enfuis
D’entre
tes doigts frivoles et enchantés.
Ô
Pandore
Sans
toi l’homme serait demeuré
Animal
stupide et borné.
Pestilence,
Mort, Guerre et Famine
Ont
fait de lui une créature des dieux enfin digne
Mais
Malheureuse Enfant,
Tu
n’aurais jamais dû laisser
L’espoir
s’échapper.
Il
s’est abattu sur nous,
Et
a fait de nous les pantins des lendemains ensoleillés.