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-1Chapitre 1
Comme tous les matins depuis 2 ans déjà, Nathan fut réveillé par l'écho du boucan de la cuisine qu'il entendait depuis son lit. Depuis qu'il avait quitté le domicile parental, à l'âge de 22 ans,il vivait dans un studio de 50m2 en plein coeur de Paris. Son émancipation, il la devait à deux raisons majeures: l'obtention d'un bon poste de commercial dans l'entreprise qu'il visait depuis toujours et l'héritage de ses grands-parents qui lui avait légué ce petit studio. Vivant auparavant dans un petit village au centre de la France, Nathan avait toujours eu envie de découvrir la ville Lumière. Exactement comme une abeille et un pot de miel, il était irrémédiablement attiré par tous ces aspects que l'on ne trouvait pas dans son petit bourg: les boîtes branchées, les grands magasins,le bruit, l'anonymat, la diversité culturelle, les moeurs..tout, tout lui plairait, il en était sûr, même la pollution et les crottes de chien sur les trottoirs, si caractéristiques de Paris.
Nathan était donc parti au grand désarroi de ses parents qui avaient toujours secrètement souhaités qu'il reprenne la ferme familiale, même s'ils comprenaient son choix. Cependant, la rupture n’avait pas été totale . Une personne l'avait suivie et c'est cette même personne qui était responsable de ses réveils cacophoniques. Résigné, Nathan se décida à sortir du lit, somnolant à moitié, il se dirigea vers la kichenette, ce qui lui prit exactement 5 secondes vu la superficie de son habitat. En attendant ses pas lourds, l'auteur de ce vacarme infernal se retourna en souriant pour lui dire bonjour d'un baiser chaste sur les lèvres. Cet individu se révélait en réalité être une jeune fille à qui on n'aurait bien donné 25 ans alors qu'elle avait en réalité tout juste la vingtaine. Brune, de taille et de corpulence moyenne, des yeux verts, intelligente. Pas vraiment jolie, pas vraiment moche, Samantha, Sam, était une fille tout à fait ordinaire ...normale...aujourd'hui Alex était souvent tenté de dire fade. Cela il l'avait découvert bien malgré lui, petit à petit, en vivant à Paris. Mais plus que tout, Sam était sa « fiancée ».
Il l'a connaisssait depuis sa naissance et à vrai dire, c'était presque les seuls enfants du village à cette période. En tout, ils devaient être une vingtaine entre 2 mois et 10 ans, ce qui avait naturellement poussés les deux enfants à se rapprocher. Etant mômes, ils étaient toujours fourrés ensembles, l'un n'apparaissait jamais sans l'autre, ce qui avait amusé les « vieux du village » qui n'hésitaient jamais à les taquiner en les appelant les fiancés. C'est au détour de l'adolescence que leur relation avait commencée à changer, surtout à l'initiative de Nathan. En pleine force de la jeunesse, il s'était surpris à vouloir découvrir les choses de la vie, et la fille la plus potable du village et pas trop vieille était encore Sam. Cependant les choses n'allaient pas être si simple car dans un si petit village, les moeurs étaient beaucoup plus strictes ,pieuses, de la « vieille école » en somme, et il savait l'attachement que portait son amie à ces valeurs. Cependant il n'était pas jeune à se laisser abattre et c'est en lui disant au revoir, un jour d'été comme tous les autres, qu'il vola leur premier baiser, ou plutôt leur premier contact intime, ce dernier n'étant qu'un léger smack. Bien que le toucher n'est été que superficiel, l'effet lui, fut au contraire dévastateur. Jamais il n'aurait soupçonné que l'on puisse rougir à ce point. Intérieurement satisfait, il essaya de garder une attitude nonchalante pour lutter contre le fou rire qui lui venait aux lèvres. Amoureux, Nathan aurait été attendri par la situation mais justement, il ne l'était pas et jubilait comme un gamin qui aurait joué une bonne farce. La suite des évènements fut cependant beaucoup moins marrante. Le lendemain matin, il fut inhabituellement réveillé par sa mère alors qu'elle le laissait toujours faire la grâce matinée pendant les vacances. Il se rappelait de la scène comme si c'était hier.
Sa mère l'avait pressé de se lever, légèrement bouleversée.
– Qu'est ce qui se passe? Avait-il grogné encore à moitié endormi
– Les parents de Samantha sont là, ils nous attendent en bas.
– Qu'est ce qui se passe?
– Tu sauras plus vite si tu te dépêches . Ne nous fait pas attendre.
Sur ces dernières paroles, elle avait quitté la pièce, non sans avoir auparavant ouvert les volets pour être sûre qu'il allait s'exécuter.
En maugréant, Nathan s’était levé . Il avait les cheveux en bataille et le visage chiffonné, mais personne n'en fit cas. L'heure était plus grave.
– Bonjour tonton, tantine, sam , avait-il salué en faisant la bise à chacun d'entre -eux . Quel bon vent vous amène?
– Mon petit Nathan, s'était exclamée Pathie, la mère de Samantha, tu es un vrai jeune homme maintenant! Tu vas sans doute être bientôt prêt pour reprendre l'affaire de tes parents!! Quelle joie!
– En fait, répondit prudemment Nathan, qui savait se sujet houleux, maman m'a promis que si je réussissais mes études de commerce, je pourrais partir d'ici.
– Ah bon? Quelle idée! S'étonna la tantine. Mais le fait que tu suives des cours par correspondance depuis toujours a justement été décidé pour que tu puisses en parallèle aider ton père! Me tromperai-je?
– Pathie, coupa Léon, son mari, nous ne sommes pas venu ici pour parler de ça!
– Oui oui c'est vrai, se reprit t-elle en riant. Mais comment annoncer ça, c'est assez embarrassant ...Peut-être devrions nous laisser Sam annoncer elle même le but de notre visite, après tout, c'est l'une des principales concernées.
A ces mots, toute la petite assemblée se retourna d'un seul chef sur la dite concernée, qui se mit à rougir de plus belle. Elle était visiblement très mal à l'aise et ne semblait pas vouloir s'exprimer tout de suite sur la question. Ce n'était pas du tout son genre d'être aussi peu sûr d'elle, aussi Nathan commença à craindre une mauvaise nouvelle.
– Mais qu'est ce qui se passe à la fin? J'espère que ce n'est pas quelque chose de grave, tonton, tantine?
– Non, non rassure toi, ria sa propre mère. C'est juste que...voilà hier soir, Samantha a dit à ses parents que tu t'étais déclaré à elle et ...
– Nous sommes tous venu vous rendre visite aujourd'hui pour officialiser tout ça! Compléta Pathie joyeusement.
– Off...officialiser?? bégaya Nathan.
– Oui, tu comprends, tes parents et nous mêmes étions tellement sûrs que vous finiriez ensemble tous les deux...nous avons tout de suite voulu vous enlever d'un poids en venant vous dire en personne que nous acceptons avec plaisir .
Après cette période, Nathan se rappela la sensation de vertige qui l'avait pris. Il avait accepté comme un automate les embrassades de tout le monde et bientôt, tous le village avait été au courant. Les petits vieux regrettaient même de ne pas avoir fait de pari. Des amis de ses parents avaient même prétexté cet événement pour faire une petite fête dans le bar du village.
A cause d'un petit jeu de gamin, ils étaient donc passés de meilleurs amis au couple idéal. Le jeune adolescent avait l'impression de ne plus être propriétaire de sa personne, dépassé par l'ampleur de ce qui lui arrivait. Et le pire, c'est qu'il n'osait pas stopper la machine infernale, surtout lorsqu'il regardait le visage serein et confiant de Samantha lorsqu'elle se tenait à ses côtés.
Aujourd'hui, avec le recul, il regrettait sa lâcheté. Le jeune commercial savait que c'était son plus grand défaut et elle lui avait souvent joué des mauvais tours, mais toute cette histoire avec Sam avait sans doute été sa plus grande erreur. Le plus ironique dans l'histoire, se dit-il en observant sa femme, c'est que leur relation n'avait pratiquement pas changé durant cette période. En 5 ans, ils n'étaient jamais allés plus loin que de s'embrasser et de s'enlacer puisque Samantha avait fait voeux de chasteté jusqu'au mariage . Cela ne dérangeait plus Nathan depuis longtemps qui avait assez tôt découvert qu'il n'éprouvait pas de désir pour elle. Malheureusement, il l'avait déjà trompée de nombreuses fois, prétextant des collocs les week-end où il voulait faire la fête. Le jeune homme avait déjà un bon réseau d'amis qui, comme lui, aimait bien les week-ends « entres hommes ». Généralement, ils commençaient la soirée dans un bar pour finir soit dans un club de striptease, soit en boite ou encore mieux, dans une boite qui proposait des spectacle de striptease . Lors de ces soirées plus qu'arrosées, Nathan se livrait généralement à toute la débauche dont il avait été privée pendant des années. Cela tombait bien, il avait vite compris qu'il plaisait à ces dames et celles-ci étaient bien moins farouches que chez lui.
Et justement, ce week-end là encore Nathan avait prévu de s'amuser. Il avait déjà prévenu Sam qu'il ne serait pas là de tout le week end et qu'il partirait tôt samedi matin, ce pourquoi cette dernière s'acharnait à lui préparer un bon petit-déjeuner avant qu'il ne prenne la route pour le soit disant colloc de Lilles. Avec un merci, il prit ce qu'elle lui tendait avant de s'installer sur la table pliante du salon, bientôt rejoint.
– Nathan... commença Sam en le regardant manger. J'aimerai que tu réfléchisses encore à la possibilité que nous déménagions dans un appartement plus grand. Le manque d'espace commence sérieusement à se faire sentir. Je veux que nous ayons un endroit où vivre digne de ce nom.
– Je te l'ai déjà dit, répondit nathan avec lassitude. Nous n'avons pas les moyens.
– Mais tu commences à bien gagner ta vie! Protesta Sam. En plus, le fait que tu soit envoyé à tous ces colloc montre bien que l'on compte rapidement te donner des responsabilités non?
Et puis je suis sûre que nos parents respectifs seraient ravis de nous aider et..
– Je t'ai déjà dit qu'il ait hors de question que j'accepte ce genre d'aide, coupa Nathan, légèrement tendu. Si tu as décidé de vivre par toi même, tu ne peux pas quémander dès que ça ne va pas.
– Ce n'est pas ce que je vais faire!
– Alors c'est bien. Si tu veux vraiment que l'on déménage, il va falloir commencer par te trouver un vrai boulot. Si on part, nous pourrons toujours louer ce studio pour avoir un revenu complémentaire, mais tu dois impérativement travailler.
– Je n'aurai pas fini mes études avant plus d'un an!!
– Alors nous verrons à ce moment là. Je dois me préparer ma puce maintenant. Guillaume vient me chercher dans moins d'une heure.
Nathan se leva pendant que Sam commença à débarrasser. C'était une sorte de deal implicite, Sam s'occupait de l'entretien de la maison tandis qu'il s'occupait de les faire vivre.
Dans la douche, Nathan se surprit à rire nerveusement. Il était vraiment le roi des lâches, et le pire c'est que ça lui venait naturellement. Retarder l'échéance, toujours l'éloigner, c'était reculer pour mieux sauter, mais il n'avait jamais eu le courage de faire autrement.
L'interphone sonna alors qu'il était en train de finir de faire son sac. En réalité, il avait négocié avec Guillaume, pour que ce dernier, au courant de sa situation, lui laisse une place dans son armoire. Là-bas se trouvait donc tous ses habits de soirée. Se dépêchant, il prit ses affaires à la hâte et dit rapidement au revoir à son amie du même chaste baiser avec lequel elle l'avait accueillie au réveil et parti vers la liberté.
Le week-end ne faisait que commencer!