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Fiction » General » Sonate pour un oiseau fou font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Rhoden
Fiction Rated: M - French - General - Reviews: 2 - Published: 12-29-07 - Updated: 12-30-07 - id:2456047

PROLOGUE

En ce timide matin de printemps, ils avaient joué tous les trois dans le jardin de tante Emmanuelle, oui, ils avaient couru comme des petits lapins ivres de liberté. Et elle les avait veillés depuis la fenêtre de la cuisine. Ils n’avaient aucun lien familial, mais avaient été élevés tous les trois, ensemble, depuis de longues années déjà. Allen était le plus jeune des trois, et à cette époque les énormes améthystes qu’il possédait en guise d’yeux faisaient tomber d’admiration toutes les jeunes mamans qui venaient chercher leurs enfants à l’école primaire. A côté de lui, Heath et ses saphirs ou Jérémy et ses deux émeraudes pourtant brillantes à souhait ne valaient pas grand-chose.

Mais bref, ce matin là, un matin d’innocence comme il y en avait tant eu dans leur vie à tous les trois, Allen avait couru dans l’herbe avec ses deux ainés. Et Heath avait murmuré des mots dont tous se souvenaient encore. « Quand je serai grand, j’épouserai Allen ».

Tante Emmanuelle avait ouvert de grands yeux et avait rit, expliquant au jeune Heath qu’il était moralement impossible pour un homme d’en épouser un autre, et elle avait évidemment mis ces paroles sur le dos de l’innocence et de l’idée incertaine qu’un enfant pouvait avoir du mariage ou de toute autre relation qui y était liée. Mais malgré tout, Heath n’avait pas menti. Si avec le temps il ne désirait plus épouser Allen, l’envie de le protéger à tout prix, elle, ne s’était pas estompée.

C’est comme ça qu’au collège, puis au lycée, les actes de violences répétés de Heath avaient été mis sur le dos d’Allen par le reste de ses camarades. Au moindre problème, celui qu’ils appelaient « ton grand frère » venait à la rescousse. Mais aucun ne s’était jamais douté de rien. De tous ceux qui l’entouraient, de ses proches à ses professeurs, aucun n’aurait jamais été jusqu’à penser que Heath prenait du plaisir à faire du mal à ses camarades. Et aucun n’aurait jamais été jusqu’à penser que le seul qui pouvait se sentir réellement en sécurité à proximité du jeune homme était Allen.

Puis les années avaient défilées, et finalement Heath avait perdu la trace d’Allen. En tant que jeune directeur de banque de vingt-cinq ans, travaillant sous les ordres de papa, Heath ne pouvait plus se permettre de rester tant attaché au jeune garçon qui avait quant à lui, du haut de ses dix-huit ans, entamé un cursus dans une école d’art.

Pour ce qui était de Jérémy, personne n’en avait plus entendu parler pendant un moment. Mais c’était surement parce qu’il savait que les banquiers et les artistes étaient ce qu’il y avait de plus secoué (après l’Orangina) en ce bas monde qu’il avait finalement repris contact avec eux et leur avait proposé un marché plus qu’inquiétant. Mais qui leur avait tellement plu à tous les trois.

C’était donc en ce vingt et un décembre froid que le rendez-vous avait été fixé, au Midnight, cette célèbre boite de nuit mal famée. Et ils n’auraient manqué ça pour rien au monde.



© Copyright 2007 Rhoden (FictionPress ID:593630).


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