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Author: nachan1001
Fiction Rated: T - French - Angst - Reviews: 4 - Published: 12-30-07 - Updated: 12-30-07 - Complete - id:2456419

Titre: L'Hynoubliable

Auteur: Na-chan

Bêta-readeuse: Demented Skylark

Genre: Angst, puis mimi. Hurt comfort. Références à l’homosexualité.

Résumé: Il avait tout fait en une demi-heure de temps. Son coming out et son départ définitif du "domicile familial". Heureusement qu’il pouvait compter sur Orion…

L'Hynoubliable

- Sale petit con!

Un coup dans l'estomac.

- Tu les accumules, pas vrai?

Un autre dans les côtes.

- T'es plus mon fils, tu m'entends?!

Un direct du droit dans la mâchoire. Un corps qui s'affale contre un mur.

- Enfin, si tu l'as jamais été, raclure!

Eytan posa la main par terre et tenta de s'appuyer dessus pour parvenir à se remettre debout, position dans laquelle il risquait le moins de se retrouver avec des blessures voyantes. De plus, son père ne supportait pas les faibles, tomber ne ferait que rajouter à sa colère – bien qu'il ne voyait pas comment il pourrait s'énerver plus à ce moment-là.

Un gémissement de douleur s'échappa de ses lèvres, le premier depuis le début de leur discussion. Merde, il avait certainement dû lui fouler le poignet!

Il tenta de zapper le venin que lui crachait son géniteur en vagues (joliment ponctué de "p'tit con", "fils indigne", "sale tapette" et autres joyeusetés) alors qu'il plaquait son dos contre le mur, y reportant tout son poids pour parvenir à se hisser sur ses jambes.

Les yeux étincelants de haine et de mépris de son père se braquèrent alors de nouveau sur lui.

- Je ne veux plus te voir, tu m'entends?! N'avise plus jamais de remettre les pieds dans cette maison! Ou je te jure que cette fois, ce ne sera pas une simple correction que tu auras!!

Il le plaqua contre le mur et resserra ses doigts autour de son cou, le maintenant dans cette position vulnérable pendant qu'il lui cognait dessus avec sa deuxième main, une évidente satisfaction déformant ses traits.

Eytan ne réussit qu'à penser que ça allait être râpé pour lui de parvenir à cacher tout ça...

Il aurait bien aimé se débattre, lui donner un coup de pied là où il pensait, mais son père était collé contre lui, l'empêchant avec son corps de bouger les jambes.

Une douleur intense explosa au niveau de son arcade, l'aveuglant totalement.

Puis il sentit un goût âcre dans sa bouche, qu'il reconnut sans peine.

Un liquide chaud dévala le long de sa tempe, lui faisant prendre conscience de la température de son corps inférieure à d'habitude. Il sentit les gouttes de sang suivre la courbe de sa mâchoire avant d'aller tremper son pull.

Son père lui attrapa violemment les épaules et le secoua, envoyant à chaque secousse son dos rencontrer le mur derrière lui.

Puis il le relâcha enfin et lui ne put que glisser par terre, sans plus de forces.

- Je reviens dans deux heures. Je veux que tu sois parti d'ici là.

Il le regarda s'éloigner et atteindre bientôt la porte. Sa vision était étrange, surtout au niveau de son œil gauche, un peu voilée, un peu déformée également.

- J'me casse que si tu me donnes les clés de ton appart'.

Il ne savait pas ce qui lui avait pris, il ne le savait vraiment pas. Mais il avait un putain de sale caractère entêté, aussi se remit-il debout et fixa-t-il avec défiance son père lorsque ce dernier se retourna – alors que tout ce qu'il voulait réellement était de s'enfuir le plus vite et le plus loin possibles.

- Tu viens de tabasser ton fils papa. Et tu veux maintenant le foutre dehors alors qu'il n'est pas majeur. Les flics seront certainement heureux d'apprendre ça...

"papa"... que ce mot lui semblait ironique lorsqu'il franchissait ses lèvres.

Le plus vieux fut presque aussitôt sur lui, les mains autour de son cou, et serrant, serrant, serrant...

Il agrippa les poignets de son géniteur, refermant ses doigts autour, et tenta de le griffer, de le pincer, de lui faire mal. Tout pourvu qu'il le lâche...

Ce ne fut que lorsque des tâches commencèrent à apparaître dans son champ de vision aux bords de plus en plus grignotés de noir que la prise sur sa gorge se desserra enfin.

- Tu aggraves ton cas, là.

Non, il n'avait jamais appris à se taire. Et il devait avoir un instinct de conservation sérieusement atrophié...

Il alla jusqu'à foudroyer son aîné du regard, le défiant même. Il devait avoir l'air bien tiens, avec son visage tuméfié et ses quinze centimètres de moins...

Ils s'observèrent ainsi un long moment, aucun des deux ne voulant se soumettre.

- Les clés sont au porte-clés. Je veux les récupérer le jour de tes dix-huit ans. Et si je te recroise un jour, je te bute sale morveux, c'est clair?!

Vu l'expression que son père arborait à ce moment, il était prêt à le croire. Il savait son géniteur violent et totalement fou... alors qu'un jour il décide de le tuer ne serait finalement qu'un petit pas de plus dans la direction qu'il avait décidé d'arpenter.

Le plus âgé se retourna sans un mot et sortit de la maison, claquant violemment les portes derrière lui.

Eytan ferma les yeux en entendant enfin le bruit du moteur de la Mercedes. Il compta tout de même prudemment jusqu'à vingt-cinq. Puis il se laissa glisser par terre tel un pantin désarticulé, des larmes silencieuses coulant le long de ses joues, son corps tremblant de manière incontrôlable.

oOo

J'ai un problème.

NomdeDieu, qu'est-ce qu'Eytan avait encore bien pu faire?! Cela faisait une dizaine de minutes qu'il avait raccroché, mais il avait déjà l'impression qu'une éternité s'était écoulée.

J'ai un problème.

La voix lui avait paru si fragile et brisée au téléphone, bien loin de l'image que le roux renvoyait habituellement.

J'ai un problème.

Il arriva enfin devant le numéro trente-huit du clos des Lys et se gara sans plus attendre devant le jardin parfaitement entretenu.

Le père Bloodawn était le second d'un grand PDG, aussi lui et son fils avaient-ils emménagé dans cette maison "de fonction" de longs mois plus tôt, abandonnant le petit appartement qu'ils habitaient auparavant.

J'ai un problème.

Il retira précipitamment les clés du contact et quitta son siège, claquant la portière derrière lui sans prendre la peine de la verrouiller.

Il parcourut en de longues enjambées la distance qui le séparait de l'entrée, qu'il franchit sans même sonner préalablement.

J'ai un problème.

- Sweety?

- Je suis... je suis dans ma chambre.

Cette même voix brisée et fragile. Sauf que là, il pouvait clairement y distinguer la douleur également.

Il monta les escaliers quatre à quatre et engloutit littéralement la distance qui le séparait de son cadet.

- Eytan?

Il se trouvait dans l'encadrement de la porte lorsque le lycéen se retourna, lui laissant voir l'ampleur des dégâts. Un joli cocard apparaissait déjà au niveau de son œil gauche, du sang séchait sur sa tempe, collant ses cheveux contre sa peau et rendant ses mèches poisseuses, ses lèvres était fendues et gonflées et dix traces de doigts apparaissaient déjà sur son cou.

Cette image de son ami lui serra le cœur, jamais il ne lui avait paru aussi fragile qu'à cet instant. Car même s'il n'avait pas une forte stature, il ne lui serait jamais venu à l'esprit de le qualifier de "chétif", alors que là... sans son expression butée et l'habituelle lueur volontaire de son regard noir...

Il préféra ne rien dire, ne faisant pas assez confiance à sa voix en cet instant. Il fit donc quelques pas de plus avant de s'arrêter devant le jeune homme, enroulant sans plus tarder ses bras autour de son corps, le serrant dans une étreinte qui se voulait rassurante.

De longs doigts écorchés se refermèrent sur le bas de sa chemise alors qu'Eytan passait timidement ses bras autour de ses hanches. Mais il s'écarta vite de lui, refusant de se laisser aller, et lui offrit un sourire penaud.

Il avait déjà assez pleuré.

Orion soupira alors qu'il était clair que son ami ne montrerait pas une faiblesse de plus devant lui. Il devait déjà s'estimer heureux qu'il l'ait appelé...

Il lui attrapa alors le poignet et, sans un mot, l'emmena jusqu'à la salle de bains, où il entreprit alors de panser ses blessures. Ce n'était pas comme si c'était la première fois de toute façon.

oOo

Orion laissa les deux lourds sacs de voyage par terre, à côté de celui qu'Eytan avait posé le temps qu'il sorte de sa poche un petit trousseau.

Trois bagages qui contenaient toutes ses affaires...

La clé tourna dans la serrure et ils purent enfin pénétrer dans l'appartement inhabité depuis plus de neuf mois.

Le roux appuya sur l'interrupteur, éclairant un petit couloir. La lampe grésilla un peu mais résista vaillamment et la lumière cessa de clignoter au bout de quelques secondes. Il devrait tout de même penser à ajouter des ampoules sur sa liste de course.

Il y avait trois portes autour d'eux, deux sur le mur droit menant à la salle de bains et aux toilettes et une sur le mur gauche, permettant d'accéder à la chambre à coucher. Le couloir, quant à lui, se prolongeait jusqu'à une pièce plus large regroupant la cuisine et le salon.

Il s'y dirigea sans plus tarder, laissant avec reconnaissance Orion rentrer les bagages sur le palier. Deux larges fenêtres occupaient presque entièrement le fond, laissant juste la place, dans un coin, à un meuble qui avait auparavant porté leur télévision.

Il distinguait parfaitement les contours du mobilier mais ne parvenait pas à se saisir des détails, aussi se dirigea-t-il vers les châssis pour ouvrir les volets et laisser la lumière du jour pénétrer.

Ils avaient habité ici, lui et son père – bien que ce dernier soit la plupart du temps absent à cause de quelconques déplacements – pendant près de quatre mois. Leur premier déménagement s'était fait de manière précipitée à cause de la rapidité avec laquelle son père avait acquis son nouveau poste et ils n'avaient pas eu le temps de trouver autre chose. Puis il leur avait été attribué une "maison de fonction" et ils avaient quitté ce petit appartement.

Même s'il soupçonnait que son géniteur revenait souvent ici, en charmante compagnie sans nuls doutes...

Il attacha les battants de bois et s'assit sur l'appui de fenêtre. L'air était frais, même s'il n'était que septembre, et lui caressait agréablement le visage. L'appartement se trouvait au troisième étage, ce qui lui permettait de surplomber le paysage, et il avait une magnifique vue sur le seul parc de la ville. Il avait déjà passé des soirées entières, assis là, alors que le sommeil continuait obstinément de le fuir.

La main d'Orion se posa doucement sur son épaule et il se retourna à moitié pour pouvoir regarder ses traits.

- Rangeons tes affaires, Sweety.

Il parvint à lui sourire – bien qu'il ne soit pas sûr du résultat vu les coups qu'il avait reçus – avant de s'exécuter, non sans un dernier coup d'œil vers l'espace vert.

oOo

Eytan souffla doucement en jetant un coup d'œil autour de lui. Des draps propres avaient été installés sur le lit, le ménage avait été fait dans toutes les pièces et ses affaires avaient été installées. Bien sûr, il lui faudrait un peu de temps pour que l'appartement ait l'air habité mais il était plutôt content du résultat.

Il jeta un coup d'œil à sa montre, juste avant de se figer.

20h14.

- Orion!

- Qu'est-ce qu'il y a Sweety? questionna le blond en passant la tête par la porte de la chambre, un chiffon encore dans les mains.

- T'as vu l'heure?!

- T'inquiète, j'ai appelé!

Et il lui adressa un clin d'œil.

- On aura sûrement droit à un savon de la patronne demain, mais quand elle te verra, j'pense que ce sera vite oublié!

Eytan grimaça. Il ne savait pas vraiment ce qu'il allait pouvoir faire comme travail avec son poignet foulé, et son visage marqué. Et Clémentine allait définitivement jouer à la mère poule dès qu'elle le verrait.

- Allez, prends le nécessaire, tu viens dormir chez moi ce soir, lança Orion sur un ton autoritaire en se dirigeant vers la cuisine pour se laver les mains. On verra pour les courses demain.

Le lycéen se sentit touché par cette attention. Après tout, peut-être avait-il eu raison de l'appeler...

- Pourquoi tu m'invites? demanda-t-il suspicieusement en rejoignant son ami.

- Tu sais très bien que j'ai toujours eu envie de profiter de toi!

Eytan attendit que le plus âgé se retourne avec un sourire hilare pour lui envoyer une œillade menaçante.

Ce qui fit bien sûr éclater de rire le blond.

- Attends d'être guéri avant d'essayer de nouveau ce genre d'expressions, gamin!

- Orioooonnn, grogna-t-il en réponse.

Oui. Il était content qu'il soit là.

oOo

Eytan regarda Orion s'activer dans sa cuisine, autour de la poêle qui contenait deux steaks, du plat de purée maintenant dans le four et du plan du travail où il préparait une salade en entrée.

Il avait toujours admiré la manière dont son ami se débrouillait à l'Hynoubliable. Celui-ci parvenait à se déplacer presque les yeux fermés et comme si son plateau ne menaçait pas de s'écrouler sous le poids de toutes les boissons qu'il portait. Il ne l'avait jamais vu faire un faux-pas ou un mouvement de travers, bien qu'il paraisse toujours se trouver à plusieurs endroits différents à la fois. Les autres serveurs faisaient la même chose, mais pas de manière aussi impressionnante.

Tout le contraire de l'image qu'il donnait actuellement.

Avec ses longues mèches blondes s'échappant sans classe de l'élastique qui devait les retenir, ses manches retroussées au niveau de ses avant-bras et chiffonnées et sa chemise plus tout à fait de la même couleur qu'originellement, il était loin d'inspirer la même fascination.

- Tu es sûr que tu ne veux pas que je t'aide?

- Hey! Si je t'ai invité ici, ce n'est pas pour que tu me fasses à manger! Contrairement à ce que tu as l'air de penser, ce n'était pas une offre intéressée, répondit Orion en souriant, loin d'être abattu par ses piètres performances culinaires.

- Je me souviens très bien de la dernière fois où tu m'as lâchement abandonné dans la cuisine pour aller acheter du sel alors qu'il t'en restait encore.

Ou, lorsque ce n'était pas lui qui cuisinait, ils finissaient par commander une pizza.

Mais Eytan lui était reconnaissant, à cet instant, de tous les efforts qu'il faisait. Parce que son corps lui faisait un mal de chien et que sa tête aurait probablement explosé de douleur s'il n'avait pas pris deux dafalgans une heure plus tôt.

- Un simple oubli de ma part, Sweety.

- On va lui dire...

oOo

- Alors, bien mangé? questionna Orion en débarrassant la table, déposant simplement la vaisselle dans l'évier pour la laver le lendemain matin.

- Je suis content de voir qu'au moins ça n'a pas changé, répondit Eytan en penchant la tête sur le côté. Tu cuisines toujours aussi mal.

Le blond ne chercha même pas à se défendre, et éclata simplement de rire.

- Ok, la prochaine fois, ce sera un resto!

- Deal?

- Deal.

Une invitation au restaurant, ça ne se refusait jamais.

- Allez, c'est l'heure de dormir maintenant!

- Orion?

- Voui?

- Il est dix heures...

- Déjà? Les gamins comme toi devraient dormir depuis au moins deux heures!

Eytan soupira. Il se sentait soudain très las.

Mais il n'eut pas le temps de s'étendre plus sur la question qu'Orion le soulevait déjà – malgré ses protestations plus que bruyantes – et l'emmenait dans sa chambre en le portant comme un sac à patates.

- Tu sais que j'ai deux jambes et que, habituellement, nous les humains nous en servons pour nous déplacer! râla le roux une fois qu'il l'eut laissé tomber sur le lit.

C'était surprenant, mais Orion était le seul qui parvenait à le tenir et à le toucher sans le blesser après qu'il se fut fait taper dessus. Peut-être était-ce parce que c'était toujours lui qui le soignait.

Le blond leva les yeux au ciel tout en enlevant son jean – ce qui était plutôt hilarant à observer, vu que les deux actions n'avaient trop rien à voir ensemble – avant de le rejoindre sur le lit.

- Qu'est-ce que tu fais?!

- J'ai bien dit que j'allais abuser de toi, non?

Eytan secoua la tête, faussement désespéré. Malgré cela, il se rapprocha de son ami, le laissant rabattre les couvertures sur eux avant de le prendre dans ses bras.

- Bonne nuit Sweety.

- 'nuit.

Eytan savait qu'il n'aurait pas réussi à dormir autrement. Et il savait qu'Orion savait. Et Orion savait probablement qu'il savait que lui savait.

Un sourire étira ses lèvres, juste avant qu'il ne ferme les paupières.

oOo

Note: Normalement, ceci est le premier chapitre d’une fic contenant de nombreux chapitres. Il semble cependant que je sois incapable de l’écrire pour le moment, aussi je poste ce passage en tant que one-shot. Je ne promets pas que je serai capable d’écrire la suite, tout comme je ne dis pas non plus que je n’écrirai plus jamais dans cet univers

Dites-moi ce que vous en pensez, pour avoir un peu vos avis !

(et n’hésitez pas à venir faire un tour sur mon livejournal )



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