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Author: kazuza
Fiction Rated: T - French - Romance/Drama - Reviews: 5 - Published: 12-31-07 - Updated: 12-31-07 - id:2457031

Auteur: Kazuza

Rating : T pour le slash et les thèmes matures abordés

Note: Side story de interdit à l'école mais pas obligé de lire la dite fic pour comprendre, de plus le ton et la forme ne sont pas du tout les même.

Avec interdit je prône une certaine légerté et un mode de pensée positif. Cette histoire est plus sombre, plus complexe.

Cette fic me tient beaucoup à coeur, aussi je suis preneuse de toutes les review qui pourraient m'aider à améliorer le fond, la forme et le réalisme de l'histoire. N'hésitez pas à descendre en flèche la moindre erreur, s'il vous plait.

Sinon, non je n'ai pas abandonné Interdit, et je ne l'abandonnerais jamais. Pour plus de détail voir mon profil

Bonne lecture à tous.

Le cœur des enfants


Prologue


« La famille Akagi servait, sert et servira toujours celle des Hasumi, Ryûchi-kun, c’est notre devoir, et notre raison d’être », avait dit Akagi père à son fils aîné le jour de ses sept ans.

Cette phrase, Ryûchi l’avait tant de fois entendue qu’elle semblait à présent faire partie de lui.

Berçant l’enfance, guidant l’âge adulte, et soutenant la vieillesse, cette phrase était bien plus qu’une simple phrase pour les Akagi, elle était une partie intégrante de leur personnalité, de leur âme.

Chaque fibre de l’être d’un Akagi était dédiée à un Hasumi et il ne faisait aucun doute pour le chef et les autres membres de la famille, qu’il en serait de même pour Ryûchi.

Ce jour là, après la fameuse phrase rituelle, l’aîné des Akagi avait dû quitter la maison pour aller vivre auprès du fils du patron de son père, son futur maître, pour lequel il existait.

Malgré son jeune âge, l’enfant avait accepté sans larmes ni plainte, presque gravement de quitter sa mère, conscient et secrètement fier de sa place de privilégier.

Il avait sentit sur lui le regard envieux de ses deux sœurs quand il était monté, au côté de son père, dans l’immense et luxueuse voiture qui devait l’emmener vers sa nouvelle existence.

Comme elles devaient le jalouser, regrettant très certainement d’être née fille, ou que la famille Hasumi ne compta qu’un seul enfant.

Les joues rougies de plaisir, ses grands yeux noir brillant, ses cheveux châtain clair soigneusement peigné, dans son plus élégant costume, Ryûchi était sans doute un des plus beaux petits garçons qu’on put voir au Japon.

Malgré des traits plutôt Européen qui avait longtemps inquiété son père, l’enfant avait fait honneur à son enseignement et était devenu calme, posé et réfléchit à l’instar du commun des petits garçons de son âge.

Il était a présent près à recevoir une véritable éducation qui ferait de lui un secrétaire particulier, un garde du corps et un confident émérite pour le futur chef de la famille Hasumi.

Du moins c’est ce que pensait Kôtaro Akagi en posant un regard fier sur l’enfant qui descendit à sa suite, à l’arrêt de la voiture.

Malgré l’inquiétude et le malaise que devait provoquer la vue d’une si grande et luxueuse maison, Ryûchi n’en laissa rien paraître, conservant son expression digne et réservée.

A cette vue, le cœur de père du secrétaire se gonfla d’orgueil.

Oui, cet enfant ferait honneur à sa famille, il en était certain.

Alors qu’une vieille servante les conduisait à travers le parc et la maison, Ryûchi devait faire appel à toute sa discipline et sa force morale pour ne pas pleurer.

La fierté et l’excitation lui étaient passées. Il ne voyait plus à présent que cette immense et sombre maison, aussi silencieuse qu’un tombeau, cette maison où il devrait à présent habiter, seul ; son père vivant dans la maison principal des Hasumi avec l’actuel chef de famille.

Il devinait que la quiétude du lieu devait vite devenir oppressante et se demanda un instant si des gens vivaient vraiment là.

Quel genre d’enfant pouvait bien vivre dans une telle maison ?

Une pointe d’effroi le transperça à l’idée que le fils du patron soit une créature détestable et froide comme cette demeure.

Il chassa bien vite cette pensée ridicule à l’aide de « la phrase » qui fut hélas d’une efficacité limitée.

Il aurait tant voulut faire part de ses inquiétude à son père, mais son éducation l’en empêcha.

Il devait faire face à ses angoisses, seul.

C’est, agenouillé dans un petit salon, que lui et son père accueillir le maître des lieux.

C’était un très grand homme, bien plus grand que son propre père, ce qui semblait incroyable aux yeux de l’enfant, fort et imposant à la beauté troublante.

Vêtu d’un costume et d’accessoire apparemment très coûteux, il respirait la force, l’autorité et une certaine agressivité.

L’enfant ne l’aima pas.

Son père s’inclina profondément devant lui et Ryûchi fit de même.

Les deux hommes discutèrent longuement tandis qu’on leur servait du thé, et, bien que le sens de leur conversation lui échappa quasiment totalement, l’enfant la suivit presque religieusement, le dos bien droit, sans jamais montré le moindre signe d’ennui ou d’impatience.

Enfin, après un temps qui parut interminable aux yeux de Ryûchi, les deux hommes lui prêtèrent attention.

- Eh bien, en voila un bel enfant, et qui sait se tenir, j’aime cela. Tu peux être fier de toi Kôtaro.

- Merci Hasumi-sama, répondit l’homme en s’inclinant profondément, n’en pouvant plus de fierté.

- J’aurais aimé vous présenter mon fils moi-même, mais il semblerait que cette petite saleté se soit encore volatilisé… à six ans… j’ose à peine imaginé ce qu’il en sera à vingt.

- Cela lui passera sans doute, avec le temps.

- Tu es si confiant mon ami, mais tu as sans doute raison, comme bien souvent. De toute façon, je néglige trop l’éducation de cet enfant. Entouré de femme, livré à lui-même et n’en faisant qu’à sa tête, les dieux seuls savent ce qu’il va devenir. Mais je n’ai pas le temps de m’en occuper… Qu’y puis-je ?

- Vous n’avez rien à vous reprocher Hasumi-sama.

- Je sais bien, je sais bien… Soupira l’homme avant de se retourner brusquement vers Ryûchi. Alors gamin, je parie que tu meures d’envie de sortir n’est ce pas ?

L’enfant, trop effrayé pour parler, se contenta de secouer la tête en guise de réfutation ce qui fit rire l’adulte.

- Allons allons, pas la peine de nier. Va donc jouer dans le jardin, avec un peu de chance, tu y rencontreras mon garnement de fils.

L’enfant, ne sachant pas trop si la proposition était réelle, ou juste un piège destiné à le tester, resta assis et se força à relever la tête pour chercher dans les yeux du maître une quelconque trace de moquerie.

Le regard de l’homme bien que rieur d’apparence était en vérité froid et dur et Ryûchi ne put le soutenir bien longtemps.

Après un petit moment, l’homme sourit avec une satisfaction évidente et le jeune garçon sut qu’il avait gagné.

- Sumire-san !

- Oui Hasumi-sama, murmura la vieille femme qui entra quelques instant après dans la pièce.

- Conduisez cet enfant dans le jardin et apportez nous du saké.

- Bien Hasumi-sama, répondit t’elle en faisant signe au garçon de la suivre.

Celui-ci s’inclina profondément devant les deux hommes et jeta un dernier regard sur son père avant de suivre la femme.

En traversant les sombres couloirs, il fit de son mieux pour garder son air digne malgré le malaise de plus en plus profond qui s’insinuait en lui.

La vieille femme était sombre et distante, comme la maison ; elle ne regardait l’enfant que pour s’assurer qu’il ne s’attardait pas en arrière.

Si Ryûchi s’était sentit intensément soulagé d’avoir quitté la pièce où se trouvait cet homme effrayant dont le regard, les propos et la façon de parler le gênait, cela n’avait duré qu’un instant.

Déjà son père lui manquait terriblement.

Il accueillit avec joie la lumière du soleil et après avoir promit à la servante qu’il ne quitterait pas la propriété, il fut enfin libre de d’aller et venir à sa guise.

Le « jardin », lui semblait plus être un parc qu’un jardin et malgré l’angoisse de se perdre, il s’aventura le plus loin possible afin d’être sûr de ne pas être surpris par qui que ce soit.

Il repéra un grand arbre à l’air noble, majestueux et accueillant, s’assit sur les immenses racines noueuses et laissa éclater des sanglots trop longtemps contenus.

- Eh toi !

Sous le choc, l’enfant cessa immédiatement de pleurer, honteux et confus.

Eh, oui toi là ! C’est à toi que je parle ! Continua la petite voix enfantine dont Ryûchi ne parvenait pas à situer la provenance.

- Je suis en haut créééétin !

Le petit garçon leva aussitôt les yeux pour découvrir un enfant affalé sur une branche qui le fixait, un sourire moqueur aux lèvres.

Avec une agilité et une aisance surprenante, le gamin descendit de l’arbre et alla se planter devant Ryûchi.

Il le dépassait d’au moins six bon centimètres si bien que l’enfant pensa un instant qu’il ne pouvait absolument pas avoir un an de moins que lui.

Il avait dû être bien habillé mais ses pérégrinations dans l’arbre l’avaient débraillé et salit au point qu’il aurait facilement put passer pour un clochard.

- T’es qui toi ? Demanda le gamin en fronçant les sourcils comme pour essayer de se souvenir de Ryûchi, mais ni parvenant finalement pas, il ajouta : « je ne t’ai jamais vu ! ».

- Je… je m’appelle Akagi Ryûchi et je…. Commença timidement l’enfant, impressionné par le charisme et l’assurance de son vis-à-vis, avant d’être brutalement interrompu.

- Ah, c’est toi le fils Akagi ! Puisque tu es mon esclave, tu dois faire tout ce que je te dis ! D’abord tu vas….

A ces mots l’enfant sentit une juste colère l’envahir mais réussi à la contenir suffisamment pour ne pas crier.

Je ne suis pas votre esclave !

Le gamin se gratta la tête avant de ricaner.

- Je suis Hasumi Kyô, alors si tu es un Akagi, tu es mon esclave.

Ces paroles furent la goutte d’eau qui fit déborder le vase.

C’est lui le fils d’Hasumi-sama ? Songea Ryûchi avec rage, c’est lui que je vais servir et épauler toute ma vie ?!! Ce sale type !?

Allez lèche mes chaussures, esclave ! Elles sont sales et…

Le gamin ne termina pas sa phrase car Ryûchi, n’écoutant plus ni la voix de la raison ni « la phrase » des Akagi, céda à ses instincts d’enfant et poussa violemment l’arrogant gamin qui se retrouva sur les fesses.

- Ta gueule ! Non mais tu te prends pour qui ?!!! Tu peux attendre milles ans pour que je lèche quoi que ce soit !!!!

Le petit garçon serra les poings, se préparant à la bagarre qui ne tarderait sûrement pas à se déclancher après son geste, mais Kyô ne fit rien dans ce sens.

Assis sur le sol, il contemplait l’enfant, une expression d’intense surprise se peignant sur son visage.

Avant même que Ryûchi ne puisse de nouveau ouvrir la bouche, le gamin éclata de rire.

Le petit garçon le regarda, consterné, toute sa colère retombée aussi vite qu’elle était montée.

Il est sûrement cinglé, se dit t’il en regardant avec circonspection son « maître » se rouler dans l’herbe en riant.

Malgré cette constatation, l’enfant dû admettre que le gamin lui apparaissait déjà beaucoup plus sympathique et même très séduisant.

Le charisme qu’il dégageait était à son apogée et exerçait un puissant attrait sur l’enfant qui avait presque déjà oublié l’expression arrogante et les paroles blessantes, toutes immolées qu’elles étaient dans les flammes du rire du gamin.

Kyô réussi finalement à se calmer et s’exclama d’une voix joyeuse :

- Désolé pour ce que j’ai dit mais il fallait que je sache un peu quel genre de type tu étais. Après tout on va passé notre vie ensemble… Moi, j’aime pas les types serviles, comme ton père !

- Mon père n’est pas servile ! Répliqua aussitôt l’enfant bien qu’il ne fût pas sûr que ce soit l’exacte vérité.

Ouais, si tu veux, en tout cas, t’es carrément plus intéressant que je le croyais !! S’exclama le gamin en se levant d’un bond. Je t’aime bien !

Tendant une main crasseuse mais chaleureuse il s’exclama avec un immense sourire :

- Je m’appelle Hasumi Kyô, ravi de te rencontrer Akagi Ryûchi !

Ryûchi le trouva terriblement fascinant.


-//- -//-


Le reste de la journée passa si vite qu’il n’eut pas le temps de penser à sa famille et malgré cette sombre maison ou il devrait dorénavant vivre, sa morosité l’avait quitté.

En vérité, il ne pouvait en être autrement avec quelqu’un comme Kyô auprès de lui.

Le gamin parla sans cesse tout en lui faisant visiter la demeure qui paraissait s’éclairer grâce à cette voix claire et directe qui résonnait contre ses murs.

L’enfant découvrit sa chambre, petite et sobre, presque une chambre d’adulte, mais communicante avec celle de Kyô et possédant sa propre salle d’eau. Il fut soulager de constater que sa petite valise y avait été déposée.

Celle de Kyô, trois fois plus grande ressemblait à toutes les chambres de petits garçons de leur âge contrairement à la sienne. Remplis de jouet, lumineuse et pleine de vie, à l’image du garçon et en contraste totale avec le reste de la maison.

Après que Ryûchi ait installé ses affaires sous le regard attentif de Kyô qui selon ses dires supervisait les opérations, ils sortirent dehors pour y faire quelque lancé.

Kyô adorait le base-ball comme en témoignait les murs recouverts de tout ce qui pouvait avoir attrait à ce sport de près ou de loin.

Ryûchi qui n’avait aucune connaissance dans ce jeu mais qui apprenait très vite ne déçu pas son jeune maître et ils passèrent là le reste de l’après midi, à s’amuser comme s’ils s’avaient grandit ensemble.

Malgré ses doutes, Ryûchi devait admettre que son caractère calme s’accordait parfaitement à celui de son maître, bien plus impétueux.

Leurs pères sortirent à la tombé du soir et Kyô reçut une paire de gifle bien sentit de la part du sien.

Bien qu’horrifié par un tel traitement, lui qui de part sa docilité n’avait jamais eut à subir de telles corrections, Ryûchi admira avec quelle bravoure Kyô affrontait sans faiblir le regard de l’homme et retenait ses larmes.

La fierté se disputait en son cœur avec l’inquiétude.

Quelque ait été sa première impression du garçon, le charisme, la force et le charme de Kyô l’avait totalement éradiqué.

Il se dit que puisque son maître était lumière et il n’aurait qu’à devenir l’ombre.

Son ombre.

Après avoir brièvement enlacer son fils une dernière fois, Kôtaro Akagi monta dans la voiture de son maître à la suite de celui-ci et ils quittèrent la résidence, laissant les deux enfants seuls avec la gouvernante et le reste des servantes.

Après qu’ils aient disparut au détour du chemin, Kyô se retourna vivement vers son jeune serviteur en souriant de toutes ses dents.

- Enfin, c’est pas trop tôt hein ?

- Kyô-sama, gronda Sumire en signe d’avertissement.

- Ouais ouais, bon on peu allez jouer maintenant Sumire ?

- Non, il est trop tard. Allez prendre votre bain, nous passons à table dès que votre mère rentrera, répliqua sèchement la femme avant de disparaître dans la maison.

Ryûchi en aurait soupiré d’aise.

Bien qu’il eut sûrement plus envie de continuer à jouer avec Kyô malgré la nuit tombante que de prendre son bain, la mention du dîné n’était vraiment pas pour lui déplaire.

Un coup d’œil vers Kyô lui appris que le jeune homme ne partageait pas ce sentiment.

Il ne semblait ni en colère, ni même agacé, juste inquiet.

Ryûchi posa doucement sa main sur son épaule, espérant effacer ainsi cette expression inexplicable des traits de son nouvel ami.

- Ca va ?

- Hum, ah ouais, t’inquiète pas ! Allez vient on va prendre notre bain ! Comme c’est le premier soir on peut bien le prendre ensemble hein ?! Tu vas voir ma salle de bain est géniale !

L’enfant acquiesça en souriant avant de se laisser entraîner par son maître dans le dédale de couloir.

Après s’être déshabillé et soigneusement lavé, les deux gamins purent se détendre et surtout s’amuser à leur aise dans le bain.

Après avoir réussi à noyer Kyô trois fois sur cinq, Ryûchi se considérant comme le vainqueur put se détendre tranquillement sur le rebord regardant d’un œil amusé Kyô échafauder en grommelant des plans de vengeance.

Il songea à combien il aimait déjà Kyô et que cela semblait réciproque.

Kyô était le premier petit garçon avec lequel on l’eut autorisé à jouer.

N’ayant pas été à l’école ou même reçu l’autorisation de quitter la maison sans son père, il n’avait jamais eut l’occasion de se faire des amis.

Pour toute ses raisons et après cet après midi de rêve, Kyô devenait quelqu’un d’encore plus précieux au yeux de l’enfant.

Son premier ami.

En se remémorant les paroles de Chiaki Hasumi, il songea avec une certaine stupéfaction qu’il en était sûrement de même pour Kyô.

Avoir dû vivre ici seul, uniquement entouré de femme beaucoup plus âgées avait dû être une terrible épreuve.

Lui au moins avait eut son père et ses sœurs même si elles l’avaient souvent agacé.

Un élan de tendresse envers Kyô le poussa à se jeter de nouveau sur lui dans le but avouer de faire monter son score de noyade à quatre fois.

Il ne serait plus jamais seul à partir de maintenant, ni l’un ni l’autre.

Ensemble, pour toujours.

Si cette perspective l’avait souvent effrayé, elle lui semblait à présent terriblement rassurante et aux éclats de rire qu’il laissait échappé, il devinait que Kyô devait ressentir la même chose.

Après le bain ils jouèrent encore une bonne demi heure avant qu’une jeune et timide servante vienne les chercher pour le dîner.

Une nouvelle fois, Ryûchi sentit Kyô se crisper.

Il aurait aimé savoir ce qui le tourmentait

Après une journée si remplie, lui n’aspirait qu’à un bon repas chaud et à une bonne nuit de sommeil.

Une magnifique femme vêtue d’un véritable kimono les attendait dans la salle à manger.

Il devina immédiatement qu’elle devait être la mère de Kyô.

Ryûchi n’avait jamais vu de vrai kimono de sa vie, sauf celui que sa mère avait porté à son mariage, mais ce n’était de toute façon pas tout à fait la même chose et celui là n’était pas blanc.

Ses sœurs avaient bien sûr souvent porté des yukata, mais la non plus, ce n’était pas pareil.

Le costume semblait à la fois compliqué, mystérieux et imposant.

La coiffure sophistiquée et la grâce naturelle de la femme ne faisaient que renforcer cette impression de grandeur étouffante malgré sa petite taille, sans doute un mètre cinquante cinq estima l’enfant bien qu’il fut difficile de juger vu qu’elle était assise.

L’air froid et hautain sur ce visage parfait donna le frisson à Ryûchi qui décida qu’il n’aimerait pas cette femme si belle qu’elle fut.

Après avoir rencontré les deux parents de son ami, le garçon comprenait d’où lui venait c’est incroyable charisme, mais sûrement pas cette vivacité et cette chaleur qui faisait son charme.

Ces deux personnes semblaient moins humaine l’une que l’autre et tout aussi effrayante.

La crainte de cette maison ressurgit brusquement et s’enroula autour de son cœur comme un étau glacé.

L’image de sa mère et de ses sœurs lui faisant signe devant la maison alors que la voiture s’éloignait et celle de son père l’enlaçant comme s’il n’allait plus jamais se revoir lui revint en mémoire et il sentit les larmes lui piquer les yeux.

Il se serait d’ailleurs mit à pleurer si la petite main de Kyô n’avait pas serré la sienne coupant court à ses tristes pensées.

Kyô paraissait parfaitement calme et serein, mais sa main qui tremblait et s’accrochait désespérément à celle de Ryûchi indiquait tout le contraire.

Son jeune maître n’avait pas seulement peur, il était terrifié.

Le garçon sentit alors monté en lui une force et un courage qu’il ne c’était auparavant jamais sentit.

Il ne pouvait plus se laisser aller à pleurer.

Kyô avait besoin d’un soutient et il s’était promit de le devenir.

Il était un Akagi après tout. Si son père était capable de soutenir un homme comme Chiaki Hasumi, il devrait pouvoir faire de même avec Kyô.

Et il voulait faire de même avec Kyô, même s’il sentait confusément que cette décision le forcerait à mûrir très vite, marquant en quelque sorte la fin de son enfance insouciante.

Il n’accorda pas plus d’attention à cette pensée.

Seule comptait à présent la main tremblante de Kyô, si chaude et tendre dans la sienne.

Il aimait cette chaleur.

Il l’a protégerait.

Il deviendrait très fort pour la protéger.

Il s’inclina profondément devant la mère de son ami et serra fermement sa main pour le conduire à la table.

L’expression de Kyô ne changea pas d’un iota, pourtant une fois assis à table, sa main revint serrer de nouveau la sienne et pour l’enfant, cela signifia bien plus que tout les remerciement du monde.

Si la femme avait remarqué leur manège, elle n’en laissa rien paraître et commença à manger sans dire un mot.

La nourriture était délicieuse et l’enfant affamé aurait pu l’apprécier à sa juste valeur si le silence pesant qui régnait dans la pièce et le regard insistant de Kanako Hasumi sur lui ne l’avait pas autant oppressé.

Il se força pourtant à garder une expression impassible et détachée et à manger comme on le lui avait apprit, avec grâce et élégance, sans se soucier du reste.

Il ne pouvait et ne voulait pas se permettre la moindre faiblesse car Kanako n’était pas la seule à le regarder.

Les petits regards en coin de Kyô ne trompaient pas.

Le garçon le jugeait.

Il devait se montrer à la hauteur.

Ce ne fut qu’à la fin du repas que la femme se décida à parler.

Comme il s’y attendait, sa voix était aussi froide que son expression et tout aussi fluette que sa silhouette.

- Alors comme ça tu vas vivre avec nous….

- ...

- Hum, quel âge as-tu déjà ?

- Sept ans madame.

- Plus vieux que Kyô… Tu aimes ta chambre ? Demanda t’elle, son ton soudain caressant et enjôleur.

Ryûchi faillit réagir à se brusque changement d’attitude mais, galvanisé par le regard de Kyô, il s’appliqua à rester serein.

- Beaucoup madame, merci.

- Bien, bien. Allez vous brossez les dents, Kyô, tu viendras me voir après, Ryûchi-chan, passe une bonne nuit.

Les lèvres de la femme s’étirèrent en un drôle de sourire et Ryûchi souhaita un instant qu’elle ait conservé son air détaché.

Une seule pensée venait à présent à l’esprit de l’enfant.

Cette femme était mauvaise.

Il y avait un «je ne sais quoi » en elle qui donnait la chair de poule à l’enfant.

Alors qu’ils se brossaient les dents, Ryûchi remarqua que Kyô n’avait toujours pas dit un mot depuis le dîné et surtout qu’il était de plus en plus pâle bien que stoïque.

- Kyô-sama ?

- Hum ?

- Vous vous sentez mal ?

L’enfant eut l’air gêné mais se contenta de secouer vivement la tête s’en s’expliquer d’avantage.

Ryûchi aurait voulut insister, mais son éducation l’en empêcha.

Si son maître ne désirait pas lui faire par de ses sentiments, il n’avait rien à y redire et ne devait surtout pas le pousser d’une quelconque manière à les lui révéler.

Si cette règle avait facilement été apprise, l’enfant se rendit compte qu’il serait bien plus difficile de la mettre en pratique.

Finalement Kyô le laissa pour aller rejoindre sa mère.

Une fois seul dans sa chambre, Ryûchi se sentit de nouveau profondément mal à l’aise.

Il se mit rapidement en pyjama, exécuta les quelques exercices d’assouplissement qu’on lui avait appris afin de se détendre, passa une bonne demi heure à méditer, s’appliquant à faire le vide total dans son esprit.

Sans personne derrière lui pour le forcer à faire ces exercices, il aurait très bien put s’en passer et aller directement se coucher, ce n’était d’ailleurs pas l’envie qui lui en manquait, mais ce soir, ces petites contraintes le rassurèrent, apportant les repères dont il avait été brusquement privé.

Cependant, une fois allongé sur son futon, il ne réussit pas à trouver le sommeil, trop inquiet pour son maître.

Kyô avait eut l’air si effrayé.

Il ne parvenait pas à chasser de son esprit la sensation de la main tremblante de son ami dans la sienne.

Mais quoi d’étonnant face à une telle femme ?

Finalement, alors que son réveil indiquait minuit et demi, le sommeil commença à le gagner.

Il n’eut cependant pas le loisir d’y sombrer car le panneau coulissant de sa chambre s’ouvrit doucement et une petite silhouette se dessina dans l’obscurité.

Son cœur manqua un battement puis s’accéléra avant de se calmer alors qu’il reconnaissait Kyô.

Le garçon semblait un peu perdu, hésitant visiblement à s’approcher.

- Euh, tu dors ? Murmura t’il.

- Non, répondit sans l’once d’une incertitude l’enfant. Il avait employé sans le vouloir la voix ferme et rassurante qu’il avait eut au dîné le soir même.

Loin des accent enfantin qu’elle prenait d’habitude, sa voix semblait alors plus grave, plus, adulte.

Au bout de quelques minutes de silence, il devint évident pour Ryûchi que Kyô ne ferait pas le premier pas, il écarta donc la couverture, se décala vers la droite et tendit la main vers son maître en signe d’invitation.

Kyô ne se fit pas prié et rejoignit avec reconnaissance son nouvel ami dans le lit chaud et accueillant.

Ryûchi plaça presque automatiquement ses bras autour du corps tremblant et l’attira aussi près de lui qu’il le put.

- Aie !!

- Pardon, je vous ai serré trop fort ?

- Non…c’est…rien du tout…

Vaguement soupçonneux l’enfant parcourut une nouvelle fois le dos de son maître et sentit ses mains devenir humides et poisseuses.

Inquiet il se redressa et alluma la lumière.

Ses doigts étaient rouges de ce qu’il identifia comme du sang.

Le cri qui aurait normalement dû sortir de sa gorge y resta coincé quand il croisa le regard honteux et effrayé de Kyô.

Le courage monta en lui comme au repas du soir et il prit la main de maître et l’entraîna vers la salle de bain sans que celui-ci n’oppose la moindre résistance.

Il était trop jeune ; Trop jeune pour comprendre ce que signifiaient les longues marques sanguinolentes qui couvraient le dos de Kyô, trop jeune pour savoir ce que voulait dire les nombreuses contusions visibles malgré la peau bronzée.

En revanche, il avait cette compassion, cette pudeur purement enfantine qui l’empêcha de demander. De poser la question qui lui brûlait pourtant les lèvres mais qui n’aurait fait que blesser un peu plus Kyô.

Il se contenta de soigneusement laver et désinfecter les plaies, de passer de la crème anti bleus sur les multiples contusions et pour finir d’enrouler une grande serviette de bain autour du torse maigre du gamin avant de le reconduire dans son lit.

Allongé sur le ventre à ses côtés, Kyô le fixa longuement avant de prendre la parole.

Sa voix était légèrement hésitante, un peu agressive aussi, mais surtout, pleine de reconnaissance.

- Tu ne demandes pas ?

- C’est un secret ?

- Oui.

- Alors non.

- Merci.

Ce fut les seuls mots que les deux enfants échangèrent cette nuit là.

Blottit l’un contre l’autre ils passèrent de longues heure à s’observer en silence, prenant lentement conscience du fait que désormais ils seraient la personne la plus importante dans la vie de l’autre.

A suivre



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