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Fiction » General » Prodigium font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Gwendolen66
Fiction Rated: T - French - General/Suspense - Reviews: 3 - Published: 01-03-08 - Updated: 01-25-08 - id:2457947

NdlA : Ami lecteur, amie lectrice, bonjour ! J’ai le trac, comme toujours, mais me voilà avec le prologue d’une grande petite histoire qui, j’espère, ne vous paraîtra pas trop présomptueuse… A vous les studios :3

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« Tout ce que l’imagination humaine est capable de concevoir peut se produire dans la réalité. »
Eiichiro Oda

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Prodigium

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Prologue Ne regarde pas.

Nella s’arrêta devant la porte en bois de la vieille cabane. Elle savait déjà ce qu’elle allait trouver derrière – ou tout au moins se doutait de la nature du spectacle. Pourtant, elle ignorait si cela venait du fait que le soleil se levait à peine, et que bien des coins d’ombres n’avaient pas encore été dévoilés, mais le besoin de se préparer mentalement avant de pousser la porte se faisait clairement ressentir en elle, des années de métier et d’expérience derrière soi ou non. On ne s’habitue pas à l’horreur.

Elle prit alors une lente inspiration, et jeta un dernier coup d’œil à sa collègue qui, quelques pas derrière elle, tentait de calmer et rassurer les deux adolescents qui les avaient prévenues. Celle-ci lui répondit par un regard appuyé. Il ne restait plus qu’à Nella Andson, vingt-sept ans, engagée dans la Police en tant qu’adulte responsable, de faire son devoir, tandis que deux jeunes citoyens qu’elle était censée protéger comptaient sur elle.

Enfin, elle s’avança vers la porte en question pour l’ouvrir et découvrir ce qu’il y avait vraiment derrière, en s’efforçant de donner un aspect neutre et quotidien à son geste. La pensée que tout cela puisse être une plaisanterie avait effleuré Nella. Elle avait vingt-sept ans, pas dix-huit : on ne la lui faisait plus. Mais les cris, non, les hurlements poussés par les deux jeunes gens, ainsi que la terreur qu’elle et sa coéquipière avaient pu lire dans leurs yeux, lui avait suffit à chasser cette idée. Même le meilleur des acteurs ne peut aussi bien rendre ce mélange de peur et de dégoût dans son regard.

C’était donc cela en premier lieu qui la pétrifiait presque sur place. L’anticipation de ce qu’elle pourrait voir à son tour, et craindre de la même manière que des enfants. Que des suppositions qu’une voix posée et rationnelle dans sa tête tentait de repousser. Tu es une adulte, Nella. Une grande fille maintenant. Pense à ces années passées à attendre enfin ce statut. Responsable et respectée. Tu es une adulte, et tu ne vas faire qu’une vérification. Rien qu’une simple vérification, et puis tu sors. Et tu appelles les renforts si tu juges cela nécessaire. Tu es une adulte, tu peux le faire n’est-ce pas ?

Comme pour se répondre à elle-même, la jeune femme fronça les sourcils d’un air déterminé, et entra sans plus de questions. Oui, elle était une adulte, responsable des deux jeunes citoyens apeurés derrière elle.

Elle chercha sans trop y croire un quelconque interrupteur contre le mur. Il n’y avait bien que des gamins pour pouvoir jouer dans un taudis pareil avec des bougies, en se délectant du morbide de la situation. Cependant, si elle ne s’attendait pas à ce que sa main rencontre le relief rassurant d’un interrupteur, elle n’aurait jamais pensé que ses doigts puissent glisser sur une matière liquide, bien qu’un peu poisseuse. Sa première réaction fut de pester contre ces ados qui ne manquaient pas d’imagination lorsqu’il s’agissait de décorer ou salir de manière stupide leur fief improvisé.

Mais quand, ayant sorti de sa poche une lampe torche, elle éclaira la pièce, ses yeux ne purent quitter la scène immobile qui se présentait à elle, et plus aucune pensée ne put la traverser. Elle tendit sans s’en rendre compte sa main devant elle, comme si quelque part au fond d’elle elle tentait de se raccrocher à un appel au secours, et en voyant le sang sur ses doigts, sa bouche se déforma en une grimace terrifiée par l’horreur du cliché.

Ne regarde pas, souffla la même voix intérieure qui auparavant lui soufflait la raison. Ne regarde plus. C’est un cauchemar. Une monstruosité. L’humanité est morte devant ce spectacle. Ne regarde pas. C’est fini.

- Nella ? Est-ce que tout va bien ? appela sa collègue d’une voix claire mais rendue tremblante par la soudaine immobilité de la jeune femme.

Sans faire d’autre geste que de baisser son regard - d’où tomba une larme - vers sa main, Nella répondit :

- Appelle les renforts.



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