
| Journal d'une super héroïne
Author: princessed Au 24ème siècle, le monde vit sous la menace d'êtres mystérieux. Bien malgré elle, la jeune Claire va être mêlée à des événements très étranges...
Rated: Fiction T - French - Sci-Fi - Chapters: 3 - Words: 9,491 - Reviews: 3 - Follows: 2 - Updated: 03-27-08 - Published: 01-04-08 - id: 2458490
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New Carceris City, le lundi 4 octobre 2332
Cher journal,
Aujourd'hui est un jour faste : j'ai enfin réussi à exécuter sans faute le mouvement de karaté que Bagheera essaie de m'enseigner depuis à peu près un mois. A côté d'elle, j'ai l'air d'un éléphant, d'un hippopotame ou de… moi. Elle s'est montrée tellement patiente que j'en ai honte…
La planche volante a posé relativement moins de problèmes. Paraît-il que ce genre d'exercice est plus facile quand on a un centre de gravité relativement bas (traduisez : quand on est haut comme trois pommes). Selon Amazing, les recherches sur le terrain végètent. J'ai aussi l'impression que les ordis que j'essaie de fouiller ont refait leurs systèmes de sécurité. Ou alors le premier avait des barrières un peu faibles.
J'ai la tête qui bourdonne à force de rester sur Kaitrina toute la journée. Par moments, je me dis que ce qu'il me faut, c'est des vacances, loin de l'ordinateur. Dommage, ça n'arrivera pas avant deux mois…
La camionnette se cala sur le côté de la route. Claire, qui détestait faire des créneaux, poussa un soupir de soulagement. On était samedi soir et Bagheera avait proposé de faire une « virée entre filles, rien que toutes les deux ». Docile, Claire s'était laissée convaincre, tout en ayant vaguement l'impression que sa collègue lui cachait quelque chose. « Bon, tu veux faire quoi ? » s'enquit-elle en coupant le contact.
« Regarde devant toi. Qu'est-ce que tu vois ? »
« Ben, une rue ! »
La femme-panthère secoua la tête. « Pas seulement. Claire, il faut que tu me promettes de ne raconter à personne ce qu'on va faire ou voir ici. »
L'ancienne serveuse s'extirpa de son siège et rejoignit sa collègue à l'arrière. Son inquiétude se lisait sur son visage. « Ecoute… je sais qu'on ne se connaît pas très bien, mais il y a peut-être des choses qu'il faut réfléchir avant de faire, et… »
« Bout de chou, je ne vais faire de mal à personne ! Je veux juste rendre une visite à un proche, c'est tout. »
Le regard de Claire revint sur la rue. Le ciel était blanc. Selon les livres d'histoire, il avait été bleu plusieurs siècles plus tôt mais la pollution avait causé de tels dégâts dans l'atmosphère que les scientifiques avaient dû fabriquer un écran artificiel pour protéger la Terre, d'où ce ciel d'un blanc cotonneux. Un toit de toile jaune se dessinait derrière les maisons. Un chapiteau ? « Tu connais des gens du cirque ? »
« J'ai grandi dans ce milieu. La famille McLoan, tu connais ? »
« J'espère que je ne vais pas te vexer, mais non. »
Bagheera hocha la tête. Le milieu du cirque était vaste, après tout. « Le cirque McLoan existe depuis cinq générations. Il s'est produit dans la totalité des états du Nord dans sa première année et s'est étendu par la suite… » Elle note l'expression de son amie et s'interrompit. « Excuse-moi, je deviens insupportable quand j'en parle. Si je commence, on en a pour cinq heures. »
« Tu ne m'ennuies pas du tout ! » protesta Electrogirl.
« Ah ? T'es sympa. Enfin, pour faire bref, Jon et Ellen McLoan m'ont adoptée quand j'étais bébé et j'ai grandi dans les caravanes. »
« Et tu veux passer pour leur dire bonjour ? » supposa Claire.
« Non. Je veux voir s'ils vont bien, c'est tout. »
L'ancienne serveuse hocha la tête. « C'est pour ça que tu nous fait venir à cinq heures du soir ? Pour éviter qu'on te voie ? »
« Entre autres. Tu es déjà allée au cirque ? »
« Une fois, quand j'étais toute petite. »
« Bien. » Bagheera sortit un jeu de cartes et les étala devant elles. « Il va falloir qu'on passe le temps avant de passer à l'action. Tu veux jouer à quoi ? »
« Tu oublies que moi, je n'y vois pas dans le noir, et il fait presque noir ici », protesta Claire. Tu ne veux pas plutôt me raconter ce qu'on va vraiment faire ce soir ? »
Bagheera éclata de rire puis se mit à chantonner l'air de l'entrée des artistes sur la piste du cirque. « D'accord, si toi, tu me racontes comment c'était, de travailler dans ton resto. »
« Le travail à des heures pas possibles… Les heures supplémentaires quand tout le monde est en vacances… Les collègues un peu fous… L'obligation de toujours sourire, toujours avoir l'air au service du client… Un boulot de fou ! Et toi ? »
« Travail à des heures pas possibles et quand tout le monde est en vacances, collègues un peu fous et sourire et air content tout le temps ! »
Les deux femmes éclatèrent de rire. « Lynda », ajouta Bagheera sans préambule.
« Pardon ? »
« Lynda McLoan. C'est mon vrai nom. Bagheera, c'était mon nom de scène. »
Dans l'heure qui suivit, Claire apprit beaucoup de chose sur la vie passée de Lynda. La façon dont on l'avait trouvée bébé dans un panier à l'entrée du cirque, son enfance de nomade au milieu des artistes, son amitié d'adolescence avec l'acrobate qui se faisait déjà appeler Amazing Guy et leur départ quand la « situation avec les Briseurs » s'était avérée trop pénible. Vers dix-huit heures, elle interrompit son récit : il était temps de se mettre en tenue de travail. Toujours vaguement intriguée, Electrogirl suivit son amie dans une rue étroite et déserte. Elles montèrent sur leurs planches et s'élevèrent au dessus des toits.
« Tu vois, ce n'est pas si difficile que ça », fit joyeusement remarquer la femme-panthère.
« Oui… si tu pars du principe que je pense que je ne vais pas y arriver, tu vas finir par me faire douter. On va où ? »
« Assister au spectacle, et sans payer ! »
« On utilise du matériel de la société pour assister à un spectacle ?! »
Bagheera éclata de rire et partit à fond de train. Electrogirl la suivit non sans mal. Le fait de se trouver debout à dix mètres du sol, en équilibre sur moins d'un mètre carré de métal l'impressionnait toujours autant. Elles atterrirent sur un toit, non loin du chapiteau. La femme-panthère sortit deux paires de lunettes de son sac à dos et en tendit une à sa complice. « Regarde-moi ça, tu ne vas pas être déçue du spectacle ! »
Claire porta les jumelles à ses yeux et tressaillit. Le chapiteau était apparemment devenu à moitié transparent et elle pouvait deviner les gradins et les gens qui se tenaient assis dessus et attendaient que le spectacle commence. C'était totalement incroyable. « Comment ça marche, ce truc ? » s'enquit-elle.
« Je n'en sais rien et je ne veux pas le savoir. Garde l'œil sur M. Loyal, c'est mon père. »
« Mais… ça veut dire qu'on peut être espionnés n'importe où ? »
« A l'origine, c'était ça, le but. Mais les jumelles ne marchent pour le moment qu'à travers des matériaux aussi fins que de la toile. Impossible d'espionner ce qui se passe dans une maison. »
« Pour le moment ? Un jour, on ne pourra plus, je ne sais pas, prendre une douche sans risquer de se faire regarder ? »
« Je crois que le jour où cela arrivera, les douches n'existeront plus. On appuiera sur un bouton et on sera propres ! »
Claire reposa ses jumelles, passablement consternée. « Toi, tu m'as l'air bien énervée », constata-t-elle. « Excuse-moi de te poser cette question, mais tu n'aurais pas bu, par hasard ? »
« Je ne bois jamais. Je ne fume jamais rien. Je suis contente, c'est tout ! Tiens, si tu étais dans le public, je te déconseillerais de t'asseoir au premier rang. »
« Je vais sans doute regretter d'avoir posé cette question, mais pourquoi ? »
« A cause de Mystero. Le magicien. Il fait un numéro de femme coupée en deux et il choisit toujours sa partenaire dans le public. Et il a un penchant pour les blondinettes discrètes. »
L'ancienne serveuse dévisagea son amie. « Tu te fous de moi ? Tout le monde sait que les magiciens connaissent leurs partenaires, sinon leurs trucages ne marcheraient pas. »
« Ça, c'est ce que tu crois ! Tiens, regarde, ça commence ! »
Claire reprit ses jumelles et regarda la troupe faire le tour de la piste au son d'une musique qu'elle distinguait faiblement. Bagheera, elle, l'entendait très bien. « Lui, c'est mon père », annonça-elle quand le plus gros de la troupe eut regagné les coulisses. « Il fait aussi un numéro de lévitation. Il annonce le cracheur de feu. Ça doit être un nouveau, je ne le connais pas. »
« Ils te manquent ? »
« Des fois. Garde l'œil sur les deux clowns qu'on a vu lors de l'entrée des artistes, ils sont géniaux. »
Claire n'osa pas avouer qu'elle n'avait pas repéré de clown. « Et toi, tu faisais quoi, comme numéro ? »
« Chut, ça commence ! »
A ce moment précis, Lynda ressemblait plus à une toute petite fille regardant son émission de télé préférée qu'à une adulte sérieuse et responsable. Médusée par ce changement, Electrogirl ne put s'empêcher de dévisager son amie qui pouffait de rire, les yeux collés à ses jumelles. Finalement, elle renonça à comprendre ce qui se passait dans sa tête, releva le col de son uniforme pour se protéger du vent et chercha une position confortable pour profiter du spectacle.
Elle oublia assez vite qu'elle était assise sur un toit. Le spectacle s'avéra très intéressant à regarder et, comme Bagheera l'avait prédit, le magicien fit mine de couper en morceaux une personne prise dans le public. Quand on annonça l'entracte, Claire réalisa qu'elle était ankylosée de partout. Apparemment pas du tout affectée par leurs positions inconfortables, sa collègue s'étira comme un chat et pouffa de rire.
« Je t'avais dit que ça te plairait, bout de chou ! Je t'offre un esquimau ? »
« Heu, non merci. Avec ce froid, je crois que ce n'est pas très recommandé ! »
« Une sucette, alors ? Reste ici, j'en ai pour deux minutes ! » Et sans écouter les protestations de son amie, Bagheera sauta sur sa planche et glissa jusqu'en bas des maisons. Partagée entre l'amusement et la consternation, Claire leva les yeux au ciel.
Une fois dans le campement, la femme-panthère se repéra sans mal. La réserve de produits à vendre se trouvait dans la caravane de Jon et Ellen, elle n'avait qu'à se glisser dedans en douce. La porte étant fermée, elle entra par la fenêtre, qui était entrouverte. L'intérieur de la caravane n'avait pas changé : le même ordre monacal y régnait toujours. Lynda alla directement vers le lit pliant, ouvrit l'un des tiroirs qui se trouvaient en dessous et y prit deux sucettes : Claire choisirait entre la fraise et le citron, elle aimait bien les deux de toute façon. Quand elle se releva, son regard tomba sur une photo qui reposait sur le meuble. Elle ne put s'empêcher de la ramasser et de s'approcher de la fenêtre pour mieux la regarder.
Une clef tourna dans la serrure. Bagheera se figea et chercha un endroit où se cacher. L'espace derrière la porte représentait la seule option. La porte s'ouvrit et un homme entra sans allumer, ce à quoi la femme-panthère s'attendait. Son père avait toujours eu ses petites manies bizarres qui mettaient sa mère en rage. Elle compta jusqu'à trois et se glissa dehors. Il l'entendit, cependant, et se retourna. « Lynda ? » appela-t-il.
Lynda n'osa pas bouger. Cette voix chaude et chargée d'affection, celle de son papa… Qu'est-ce qui l'empêchait de faire demi-tour et de se jeter dans ses bras ?
Mais elle savait que si elle revenait vers eux, elle ne voudrait plus repartir. Quitter sa famille avait déjà été difficile, elle ne voulait pas revivre ça. Pour la bonne cause, elle devait s'arracher à eux. Peut-être même qu'elle n'aurait jamais dû revenir…
Il fallait qu'elle parte. Claire l'attendait.
oooOOOooo
Sur le toit, Claire entendit quelqu'un tousser derrière elle. « Tu n'aurais pas dû faire ça. On n'a pas vraiment besoin de sucettes », dit-elle sans se retourner.
« Arrête, tu vas me donner des idées », répondit une voix masculine.
Médusée, la jeune fille se redressa et fit demi-tour. Un homme se tenait debout à quelques mètres d'elle. Elle ne distinguait pas ses traits, tout ce qu'elle voyait, c'était qu'il était brun et qu'il devait avoir entre trente-cinq et quarante ans. La bouche de Claire se dessécha. Cet homme voulait… Et elle était seule. Et elle savait à peine se défendre. Et elle n'était même pas censée être là.
Elle pouvait sauter sur sa planche et se sauver. Ou elle pouvait garder son calme et convaincre ce monsieur de s'en aller. Justement, il s'approcha d'elle et remarqua son regard paniqué. « Du calme, bout de chou, je ne vais pas te manger ! » fit-il remarquer.
« Vous vous appelez comment ? » s'enquit-elle avec le même sourire automatique que lorsqu'elle s'adressait à un des clients du restaurant.
L'homme resta muet puis éclata de rire. « Mais tu le sais ! Oh… » Il changea soudain d'expression. « Je crois que j'ai remonté un peu trop loin dans le temps. Je suis désolé de t'avoir fait peur. »
C'en était trop pour Claire. Elle avait affaire à un fou ! Elle envoya un ordre télépathique à sa planche volante pour qu'elle se mette en marche, sauta dessus, glissa vers le toit suivant et se cacha derrière une cheminée, le cœur battant.
De derrière elle, un petit rire lui glaça le sang. « Tu étais plus sûre de toi la dernière fois que je t'ai vue, Electrogirl. »
Electrogirl ? Claire pensa qu'elle avait compris. « C'est un test ? Le groupe veut me mettre à l'épreuve, c'est ça ? »
« Je ne fais pas partie du groupe, comme tu dis. Non, ce n'est pas un test. Je suis juste passé te voir à la mauvaise époque puisque visiblement, tu ne me connais pas encore. »
« Vous voyagez dans le temps ? »
Claire se sentit perdue. Le fait de penser que ce monsieur savait peut-être tout d'elle et de ce qui allait lui arriver à l'avenir sans qu'elle ne sache rien de lui lui donnait le vertige. En plus de cela, elle ne savait même pas de quel côté il était, s'il faisait partie des bons ou des mauvais… Pas très adroitement, elle chercha à retourner la situation à son avantage. « Puisqu'on est censés se connaître, comment vous appelez vous ? »
« Je n'ai pas besoin de m'appeler puisque je sais où je suis. »
Elle rit jaune. « Oui. Mais moi, je ne sais pas avec qui je suis. Vous avez un prénom ou tout le monde vous appelle Monsieur ? »
« Khronos. »
« Comme le dieu grec du temps ? »
« Oui, sauf qu'il y a un K à la place du C. »
Electrogirl avait de plus en plus l'impression d'avoir affaire à un fou. Son impression se confirma en le voyant se décaler et lui tirer le bras. Choquée, elle se dégagea. « Hé, faut pas se gêner ! »
« Désolé, bout de chou. C'est juste que je voulais te voir à la lumière. Je ne t'ai jamais vue aussi jeune, ça me fait drôle. »
« Si tu m'as connue plus âgée, je ne crois pas que tu as pu prendre l'habitude de m'appeler bout de chou. »
Il éclata de nouveau de rire. « C'est un surnom qui va te coller à la peau. Oups, oublie ce que je viens de dire, je suis censé ne rien révéler à personne de ce qui va leur arriver. »
« Pourquoi ? »
Il haussa les épaules. Au clair de lune, il semblait plus jeune, la trentaine, malgré une expression de tristesse dans son regard. Une fine cicatrice lui barrait la joue. Claire se demanda s'il avait déjà cette cicatrice la prochaine fois qu'elle le verrait. « C'est un test ? » demanda-t-elle encore.
« En tout cas, pas pour toi. Tu y verras plus clair dans quelques années ! »
Et il se volatilisa. Médusée, la jeune fille étendit la main vers l'endroit où il se trouvait plus tôt, regarda de tous côtés puis décida de regagner l'autre toit. Bagheera devait l'attendre.
Elle l'attendait, en effet. « Enfin, bout de chou, où t'étais ? Je t'avais dit de m'attendre ! »
« J'étais… » Claire ne savait pas quoi dire. La femme-panthère trouva la réponse à sa place.
« Là où on va toujours seul ? »
« Oui », mentit Claire, soulagée. « Tu as trouvé ce que tu voulais ? »
Bagheera hocha la tête, pensive. « On peut dire ça. Occupe-toi bien de tes parents, bout de chou, c'est ça qui compte. »
« Tu sais, un de ces jours, je vais me lasser de me faire appeler bout de chou. »
Lynda éclata de rire. « Ouais ! Tiens, tu préfères fraise ou citron ? »
« Euh, citron, je crois. » Elle accepta la sucette que lui tendait son amie et regarda pensivement le campement où les gens s'activaient. « Bagheera, dis-moi, tu as entendu parler d'un type qui s'appellerait Khronos ? »
La femme-panthère fronça les sourcils. « Qui t'a parlé de cette légende ? »
« Un type que j'ai rencontré. C'est une légende ? »
« Comme le croque-mitaine ou le père Noël. On raconte des tas de trucs sur lui. Ce serait un fantôme échappé d'une autre dimension. Il manipulerait le cours des événements, se ferait toutes les femmes qu'il peut trouver et aurait des dizaines d'enfants illégitimes qui auraient tous fait quelque chose de spécial dans l'histoire... »
« Beuh ! »
« Tiens, regarde le jongleur ! C'est un pote à moi. Une fois, à la suite d'un pari, il s'est retrouvé tout nu dans l'Hudson à deux heures du matin. »
« Quoi ? Et il a survécu ? »
« Une semaine de lit. J'avais un numéro avec une roue circulaire. A un moment, je devais faire un salto arrière et attraper une rose entre mes dents au beau milieu. Les épines avaient un goût atroce mais qu'est-ce que c'était cool… »
Electrogirl comprit que son amie, plongée dans ses souvenirs, ne l'écouterait pas ce soir. Elle capitula et se concentra sur le spectacle, qui du reste s'avéra excellent. Comme elles n'avaient pas le temps de rentrer chez elles avant le couvre-feu et que Bagheera ne pouvait pas descendre dans un hôtel, elles dormirent dans la camionnette. Le lendemain, Claire eut l'impression d'avoir fait un rêve.
Et la vie reprit comme si rien ne s'était passé.
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