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Author: Minishkat
Fiction Rated: K - French - General - Reviews: 8 - Published: 01-26-08 - Updated: 02-11-08 - id:2467654

Chapitre : 05.
Genre : Shonen ai


LES DETOURS DU DESTIN

Chapitre V: Confession 6

Il ne ressemblait plus à ce banquier engoncé dans une chemise d’hiver qui suait toute l’eau de son corps. Non, cet Hugo n’avait rien avoir avec cet homme-là. Il se tenait droit parfaitement à l’aise dans ses habits et regardait la salle a travers ses lunettes de soleil. D’un geste lent, il les rehaussa sur sa tête, faisant les branches déplacer sa frange vers l’arrière. La banderole avait attiré son attention : « A nos dix ans. La bande des sept. » L’amertume voila un instant son regard mais il la fit disparaître en reconnaissant les deux femmes dans un recoin de la salle. Si la brune était devenue un canon avec le temps, la blonde demeurait inchangé. Ou plutôt, de sa beauté d’adolescente, elle était passée à une beauté de femme adulte. Elle était tout bonnement magnifique avec son corps de rêve qui devait faire énormément d’envieuses. Et pourtant après que les yeux eurent passé un temps certain à la détailler, on s’attardait davantage encore sur son amie qui paraissait plus simple, plus accessible. Il hocha la tête en guise de salutation et partit dans la direction opposé, vers la foule dansante.

- Tu le connais Nana ? demanda Cindy.

- Je suis en train de me poser la question… répondit cette dernière.

Ce n’était pas une ruse ou un mensonge, elle reconnaissait à peine l’Hugo qu’elle avait rencontré en fin d’après midi. Dans ses souvenirs les plus lointains, jamais elle ne l’avait vu porter un marcel et un jeans aussi moulant. Pas que cela lui aille si mal. Cela ne l’efféminait pas non plus mais c’était vraiment étrange. Dans quel sens ? Dans le sens, que depuis qu’il était entré, il n’attirait pas seulement l’attention de femmes…

- Nadia ? Nadia ? Nadia ?!

- Hein ? Ah excuse-moi tu disais ?

Cindy dévisagea longuement son amie de toujours. Cela faisait un moment qu’elle lui parlait mais apparemment elle ne l’avait pas entendue.

- Nana, tu te rends compte que tu ne l’as pas quitté des yeux depuis au moins dix bonnes minutes ?

- Qui ça ?

- Cet homme Nadia !! s’exclama-t-elle, Dis-moi qui c’est !

- Ah euh… ce n’est pas ce que tu crois… Il se pourrait bien que je le connaisse en effet… mais pas de la façon dont tu sembles le sous-entendre.

- Ah bon ?

- Arrête de me regarder comme ça Didy. Et puis… tu le connais aussi…

Il se fait tard et la salle se vide peu à peu et ils se retrouvent rapidement en petit comité. La musique continue à résonner dans la salle avec rythme entraînant et quelques uns de nos amis s’attardent sur la piste improvisée. Cindy danse avec son fiancé. A regret elle a laissé s’échapper Nana qui a refusé de lui en dire plus au sujet de ce gars soi-disant de sa connaissance.

Où est-il passé ? se demande au même instant l’autre jeune femme. Elle l’a perdu de vue et il semble introuvable. Elle soupire distraitement. Il est difficile de nier le soulagement, qu’elle ressent. Hugo avait peut-être raison, il était peut-être préférable qu’il demeure loin d’eux désormais. D’accord, c’est elle qui avait insisté pour qu’il vienne. Qui avait pensé que cela pouvait-être une bonne chose. Mais comment ne pas avoir des remords en voyant Rafaël Sylas enlacer Lenny Marshall pour un slow imaginaire ?

- C’est moi que tu cherches ?

Elle sursaute.

- Eh !! Hugo !! Tu m’as fait peur !!

- Désolé, ce n’était pas voulu.

- Où étais-tu passé ? J’ai bien cru que tu étais partit.

- Dans un coin, mais j’y allais justement. Je n’ai pas ma place ici.

- Mais enfin tu n’as même pas essayé de leur parler !

- Nadia. Je suis venu comme tu le voulais et je pense que c’est suffisant.

- Bon d’accord… Je te laisse partir si tu danses au moins une fois avec moi.

- Nadia…

- C’est tout ce que je te demande Hugo. Une danse entre amis.

Son sourire est sincère et Hugo sent comme une boule se former dans son estomac. Ils lui ont tant manqués. Ils ont tellement changés. Brad a perdu énormément de sa masse musculaire, Killian lui en à gagné, Adam marche avec une canne et Yahn… ben c’est Yahn.

Il aurait voulu leur crié : "Eh oh ! Je suis là ! De retour parmi vous ! Vous vous souvenez de moi ?" Mais il ne le peut pas. Qu’a-t-il à leur dire ? Rien.

- Ok. Va pour une danse, lui cède t-il en lui prenant la main.

Face à face, ils dansent en riant. Ce tube est si souvent passé en boite lorsqu’ils avaient entre seize et dix-sept ans, que ça les fait rire de l’entendre encore. Et ils ne sont pas les seuls. Adam pousse tout le monde à venir se trémousser sur ce titre, lui-même n’est pas en reste. Il a toujours dit que si sa jambe gauche est morte, lui est bien vivant et il compte bien vivre cette précieuse vie.

- Allez, Allez ! Ne soyez pas timides ! Venez danser !

Seulement voilà. Hugo atteint de l’euphorie générale, ne réalise plus à quel point sa présence est déplacée, ni au fait qu’il est étranger à cette fête. Il se laisse emballer et se lâche complètement alors que Didy ne cesse de se poser la question : Qui est cet homme ? Cette façon de bouger… de sourire…. Yaya se fige. Depuis quand Nadia est-elle si proche d’un homme ? N’avait-elle pas dit qu’elle viendrait seule ? Quand l’a-t-il rejointe et pourquoi ce visage lui est-il familier ? Est-ce cet homme se demande encore une femme, la plus jeune des invités, qui s’avance alors lentement vers eux le cœur battant. Il me rappelle quelqu’un se dit aussi Adam en martelant le sol avec sa canne et en cadence… Qui est-ce ?

Soudain deux corps se cognent par inadvertance et les deux personnes se retournent simultanément vers l’autre s’apprêtant à s’excuser. Mais les mots se stoppent net entre leurs lèvres et Nadia se statufie. Comme si cet instant était privilégié, la musique se coupe au même moment.

- Excusez-moi… On s’est déjà rencontrés ? demande Rafaël en plissant le regard tandis que tout le monde s’intéresse de près à cet étranger…

- Euh… c’est-à-dire… euh... Non. C’est peu probable…répond-t-il hésitant…

- Grand frère !! s’écrie alors une femme en sautant à son cou, Tu es revenu ! Tu es enfin là !

Ils ont les mêmes yeux, le même nez, la même bouche et il y a quelques années encore, Hugo avait les cheveux aussi longs et aussi blanc qu’elle !

- Vicky ? Je veux dire Victoria ! C’est bien toi ? Comme tu as grandit ! Je ne t’aurais jamais reconnue ! s’exclame t-il en la soulevant dans ses bras.

La stupéfaction se dessine sur la figure de la bande des sept… enfin sept moins une. Nana, elle n’ose même plus respirer !

- Grand frère ?! s’écrient en cœur Cindy, Brad et Killian qui n’en reviennent pas !

- Mais alors si c’est ton frère, ça veut dire que c’est…

- Hugo, termine Rafaël dans un souffle.

Hugo ? Pour les compagnons présents ce prénom sonne banalement inconnu et ils se demandent ensembles, pourquoi la tension de la pièce a brusquement changé. Ce calme électrifié leur rappelle l’instant précédent une tempête et a en jugé les crispations apparues sur les mâchoires ou sur les poings, sa violence est à redouter.

- Hugo Vinh répète-t-il, C’est étonnant que tu sois toujours en vie…

- Très touchant comme accueil Rafaël…

- Tiens donc ! tu te souviens de mon prénom ? Je devrais t’en être reconnaissant étant donné que tu en oublié jusqu'à mon existence ces dix dernières années.

- Mis de côté serait plus juste, répliqua Vinh au ton sarcastique du notaire.

- Arrêtez !! Rafaël ! Hugo ! C’est tout ce que vous trouvez à vous dire après dix ans ?! s’interpose Vicky en délaissant les bras de son grand frère.

Malgré l’immense joie qu’elle ressent de l’avoir retrouvé après tant de temps, elle décide dès maintenant de mettre un terme à cette confrontation verbale. On lui a trop souvent pompé l’air à cause de cette soi-disant histoire de trahison. Elle qui est sa sœur, ne lui en veut pas tant que ça alors pourquoi les autres ressentiraient-ils plus d’animosité ?

- Mais à qui la faute Victoria ? Qui d’après toi n’a pas eu plus de couilles qu’un clébard et s’est enfuit la queue entre les jambes ?! s’indigne Yahn qui naturellement, ne prend pas le parti de son frère.

- Je t’interdis de l’insulter Yaya !!

- Vicky… il vaudrait mieux que tu rentres. Ceci ne te concerne pas, conseille prudemment Adam à la jeune fille.

- Comment ça, ça ne me concerne pas ?! Je suis sa sœur !

- Il a raison Vicky, rentre chez toi

- Didy comment…

- Ça suffit Victoria. Ecoute tes aînés et rentre à la maison.

- Quoi ?! Même toi Hugo ? J’essaie juste…

- Je sais ce que tu essaies de faire Vicky mais je préfère que tu ne t’en mêle pas. Rentre à la maison.

- Ecoutez-le parler ce grand frère au grand cœur, ironise Bradley en le fusillant du regard, Ça joue les protecteurs après l’avoir laissé tomber alors qu’elle n’avait même pas dix ans. Pas étonnant que tu ne te souviennes pas de son visage.

Sa mâchoire se crispe. Etant celui, qui est en tort, il sait qu’il devrait chercher la conciliation plutôt que la confrontation mais à la violence de leurs mots, il se braque. Il n’a pas l’intention de courber l’échine sous le poids de ce lynchage gratuit.

- Bradley, tu devrais aller t’occuper de tes mioches au lieu de me prendre la tête !

- Qu’est-ce que tu as dis ? Que sais-tu sur moi ou même sur les autres ? Tu t’es barré lâchement il y a dix ans et tu t’amènes la gueule enfariné croyant qu’on t’aurait pardonné ?! Non mais tu rêves mon coco ! Qui t’a même permis de te pointer ici ?! C’est une fête qui rend hommage à l’amitié et toi, tu en es dépourvu ! Pour ainsi dire, tu n’as rien à foutre là !

- Arrête Brad. C’est moi qui est insisté pour qu’il vienne…survient enfin Nadia, Il ne serait jamais venu autrement…

Elle ne peut pas clairement parler en sa faveur parce qu’elle fait partie des gens qui lui en veulent, mais est-ce une raison de ne rien faire alors qu’elle est responsable de cette altercation musclée avec toute la bande ?

- Quoi ?! Comment as-tu osé l’inviter sans nous en parler Nadia ?! Qui t’as permis de prendre une telle décision ?! s’éructe Raf en se tournant vers elle, Et je peux savoir depuis combien de temps vous voyez dans notre dos ?!

- Eh !! Je te calme tout de suite Raf ! On s’est croisé par hasard cet après-midi ! C’est tout !

- Quelle coïncidence ! Justement le jour de la fête de nos dix ans !

- Me fais pas chier Rafaël ! Ce que je dis est vrai ! Libre à toi de me croire !

- Comment pourrait-on te croire si tu manigances dans notre dos ?

- Tu trouves que je manigance Cindy ?! ça c’est la meilleure ! lâche Nana indignée par leur réaction ! Je suis passée à la banque et il est le banquier à qui j’ai eu affaire ! ça ne s’est pas passé autrement !

Sans en prendre conscience, elle est prête à tout pour qu’on ne la pense pas de mèche avec Hugo et celui-ci, s’en rend compte rien quand la regardant et ce constat lui donne envie de vomir.

- Nadia dit vrai. Ce n’est pas une traîtresse contrairement à moi ironise-t-il avec un léger dédain, Mais rassurez-vous, je ne comptais pas vous gâcher la vie plus longtemps. Je m’en vais.

Joignant le geste à la parole, les mains dans les poches, il leur tourne le dos à tous. A sa sœur, à la bande des sept, à leur campagne ou compagnon qui ne comprenne rien à ce qui se passe sous leurs yeux et demeure en retrait. Et quand l’action suivante se déroule trop rapidement pour que quiconque ne réagisse, c’est avec stupéfaction qu’ils restent figés.

Rafaël arrache quasiment le bras de Hugo en l’empêchant de s’en aller et lui assène une droite bien sentie au niveau de la tempe ! La rage, l’incompréhension, le désarroi trop longtemps refoulés, déferle hors de lui sous forme de violence et il aurait bien pu massacrer le jeune homme si l’on ne l’avait pas écarté de force.

- Maintenant tu te calmes ! hurle Lenny en plaquant son amant face contre terre, Ne m’oblige pas à te fracturer le bras Rafaël !

Aussi chétif qu’il semble l’être, Lenny l’immobilise parfaitement en faisant une clé de son bras droit, et en le maintenant dans cette position grâce à son genou placé au milieu de sa colonne vertébrale.

C’est sa réaction qui fait bouger les autres et Victoria se précipite vers son frère qui s’est écroulé sur le sol à semi dans les vapes.

- Hugo ! Hugo ! Est-ce que ça va ?!

Elle s’accroupie près de lui et passe doucement une main sur son visage,

- Je t’en prie répond-moi !

- Oui… un peu… secoué… lui répond-t-il après quelques secondes en tentant de se relever.

Raf l’a eu par surprise et il a prit son coup de plein fouet. Même en étant un boxeur expérimenté, sa frappe massive l’a déséquilibré.

- Ne bouge pas, on va appeler les secours…

- Non.

Et il finit par se remettre debout plus ou moins remit de ses émotions.

- Ce n’est pas la peine… ça va aller…

- Mais enfin….

- Non.

- Hugo… tu devrais l’écouter, essaie de dire Nana.

- J’ai dit non ! s’écrit-il en s’éloignant d’eux, qui pour le coup, se soucient tous de lui, Je vais très bien !

Il les foudroie du regard et s’approche du couple gay en bien mauvaise position.

- Je veux me tabasser ? Me mettre ma raclée ?!

- Je vous conseille de ne l’énerver…

- Toi, la ferme ! C’est à Rafaël que je parle ! ordonne-t-il à Len qui n’apprécie pas mais se fait devancer par l’homme en-dessous de lui.

- Je t’interdis de lui parler comme ça !

- Alors lève-toi et viens terminer ce que tu as commencé en traître !

- Lenny, lâche-moi !

- Il n’en est pas question !

- Je t’ai dis de me lâcher !

- Ne me force pas à te faire coffrer Rafaël, j’en suis parfaitement capable !

- Alors quoi Raf ? Tu n’es pas foutu de dégager ta gonzesse ?! A moins que je me trompe à voir comment il te maîtrise !

- Hugo ferme ta gueule ou je te fous ta branlée !

- Les gars… calmez-vous… tente le fiancé de Cindy sans plus de succès que Lian, Brad ou Yaya.

- Qu’est-ce que tu attends ? Qu’il te la m…

- Un mot de plus Hugo et je te fracasse avec ma canne, prévient Adam qui pointe maintenant son estomac avec l’objet en question, Va-t-en. Je pense que tu en as assez fait.

Il le regarde tenir en équilibre sur sa jambe valide et ça le persuade de s’en aller sans rien ajouter de plus. Un silence de mort suit son départ et celui de sa sœur cadette.

Silencieusement Bradley va soutenir l’handicapé qui manque de tomber ; lentement Lenny libère Rafaël qui se relève sans dire mot. Les filles, elles sont terrorisées par la violence verbale et physique qui a eut lieu. La femme de Brad, la future maman, la future mariée et la célibataire endurcie, se serrent l’une contre l’autre pour retrouver un semblant de réconfort dans ce monde de brutes.

Ils déclarent uniformément que la soirée est close et tout le beau monde regagne son paisible foyer.

Je refuse de rentrer avec elle et lui promets de passer le lendemain. Néanmoins ce n’est qu’après maintes promesses de tenir ma promesse initiale, qu’elle me laisse la mettre dans un taxi. J’ai mal à la tête autant physiquement que psychiquement. Je crois que ça m’aurait soulagé de me battre avec lui, au moins ma colère de m’être fait frapper, aurait servit à quelque chose. Au lieu de ça, elle me revient sous forme de culpabilité qui n’arrange pas l’état général de mon moral. J’erre longuement au volant de ma voiture. Je ne sais même pas si j’ai envie de rentrer chez moi. Je n’ai pas envie de penser à ce qu’il vient de se produire et de ruminer toute la nuit. Avec un peu de chance, il y a encore quelque chose d’ouvert à cette heure. Oui. Mais la plupart des gens sont bourrés et ce n’est pas intéressant. Je reprends la route et m’arrête plus tard sur le bord d’un chemin. J’ai cru apercevoir la chose que je recherche. Je sors de mon véhicule, le verrouille et m’enfonce dans la nuit qui se termine. Je ne mets pas longtemps pour la retrouver ou plutôt c’est elle qui m’aborde. Je m’en contrefous de son visage ou de comment cette personne se nomme. Du moment qu’elle a autre chose que des reproches à m’offrir, je suis toute à elle… Alors que je m’envole enfin vers d’autres cieux, je ne prends pas conscience du prénom que je prononce…

- …non… moi… c’est Ed…

Qui s’en préoccupe franchement ? Un cadeau d’anniversaire n’est pas censé parler.

- - A suivre...


Le chapitre 6 est en cours. J'espère que celui-ci vous plaira et que la rencontre est à votre gpût... Clin d'oeil et merci à tous ceux qui m'encourage.


© Copyright 2008 Minishkat (FictionPress ID:574153).


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