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Pirate
Author:
Eldonyx PM
Dans le grenier de ses grands parents, une jeune fille découvre le journal de son ancêtre, qui fut une pirate au début du 18e siècle. Venez découvrir l'histoire insolite d'Amélie Laliberté, de la France aux Antilles et des Antilles à la Nouvelle France.
Rated: Fiction K+ - French - Adventure - Chapters: 7 - Words: 11,867 - Reviews: 11 - Favs: 4 - Follows: 2 - Updated: 02-13-08 - Published: 02-03-08 - id: 2471219
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Pirate

Épilogue: La fin d'un voyage

Les premiers temps à Boston furent très difficiles.

Je m'étais trouvé assez facilement un emploi de domestique chez une famille de bourgeois, et j'avais anglicisé mon nom en Amelia Free pour ne pas trop ressortir du lot. J'avais assez d'argent pour vivre confortablement, merci aux pièces d'or que j'avais cousues dans mes vêtements étant pirate (la plupart de mes confrères dépensaient presque immédiatement leur part de butin en boissons et filles de joie, mais comme je n'appréciais guère les premières et n'avais rien à faire avec les secondes, j'avais économisé un joli magot).

Cependant, mon emploi même me posait problème. Je n'aimais pas du tout obéir aux ordres, même si je me forçais pour ne pas rechigner, et les frictions avec la maîtresse de la maison étaient fréquentes. J'avais été habituée chez les pirates à donner librement mon opinion sur toute chose, et Mme Pettigrew n'appréciait guère mon franc-parler. Elle me garda tout de même à son service pendant presque cinq ans, donc je ne devais pas être si insupportable que ça.

De plus, j'étais toujours nerveuse en présence de représentants de l'ordre et je gardais en permanence au moins une dague sur moi. Même dans la maison, elle était toujours là, cachée dans une poche que je m'étais taillée spécialement à cet usage. Sans elle, je me sentais aussi nue et vulnérable qu'un nourrisson. Des restes de ma méfiance de pirate, sans doute.

De mon expérience à Boston, je retirai le savoir-vivre en société qui me manquait, et j'appris également à lire et à écrire en anglais.

Mais l'immensité sauvage de la mer me manquait, et je me surpris aussi de plus en plus, quand j'allais au marché ou me promener sur les quais, à chercher de l'oreille le son mélodieux d'une voix francophone.

Nul besoin d'être devin pour savoir ce que cela signifiait: il était temps pour moi de changer de paysage.

C'est le Nord que je choisis alors, car je savais que la France y avait une colonie déjà assez bien implantée, et j'avais entendu dire que le territoire était vaste et sauvage. Je n'y serais pas trop à l'étroit.

À la fin de l'hiver 1725, je donnai ma démission et rassemblai mes économies pour m'embarquer, pour la dernière fois, à bord d'un navire. Nous remontâmes les côtes de la Nouvelle-Angleterre, entrâmes dans le golfe du Saint-Laurent et allâmes jusqu'à Québec, où je descendis. Je retrouvai avec joie l'usage de ma langue maternelle, et découvris en Nouvelle-France un monde complètement différent de tout ce que j'avais connu jusqu'alors. À voir la liberté dont jouissaient les habitants, les étendues de forêts et de montagnes encore inexplorées, la beauté majestueuse du grand fleuve, je compris que j'étais arrivée à la fin de mon long voyage: j'étais ici chez moi.

Je ne revis jamais ni Jean, ni ma famille, ni aucun de mes compagnons pirates. Cependant, à mon deuxième été en Nouvelle-France, j'eus la surprise de me retrouver un jour nez à nez avec Alexandre Roussel, qui avait finalement décidé de s'établir. C'est lui qui m'apprit à lire et à écrire correctement en français. Nous ne nous perdîmes plus jamais de vue, et restâmes amis jusqu'à sa mort, il y a près de vingt ans maintenant.

XXX

Je sais maintenant que la piraterie a presque totalement disparu des mers aujourd'hui, et qu'elle était déjà sur son déclin quand je la quittai en 1720. Il y a bien eu quelques pirates qui ont beaucoup fait parler d'eux après cela, comme Bartolomew Roberts ou Calico Jack, mais les marines des différents empires d'Europe ont fait du bon travail dans l'éradication de la flibusterie partout à travers le monde.

Les temps changent, et ils changent rapidement. La Nouvelle-France est désormais anglaise, qu'on le veuille ou non, résultat d'une querelle entre colonies qui s'est propagée jusqu'en Europe. Les grandes puissances ont maintenant le contrôle total des mers, les pirates n'étant plus là pour leur barrer la route, et elles en profitent, envoyant leurs Compagnies piller les colonies sous le couvert de la loi.

Et j'ai le sentiment que quelque chose d'autre se profile à l'horizon. Quelque chose de très gros, qui prend sa source en Angleterre. L'humanité a le vent dans les voiles, et qui sait jusqu'où cela va la mener?

Amélie Légaré,

Le 13 février 1775

Anne referma doucement le vieux livre jauni. Dehors, la nuit était tombée depuis longtemps. Quelque part dans l'antique maison, une horloge lançait inlassablement ses tic tac, égrenant les secondes, donnant une forme audible au temps qui passait.

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Le temps. Mystérieux, insaisissable. La seule preuve qu'on a de son existence, c'est la mémoire de ce qui n'est plus.

On dit que les machines à voyager dans le temps n'existent pas.

Alors vous pouvez m'expliquer ce que sont ces témoignages d'époques révolues, sinon des fenêtres ouvertes sur le passé?

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Et voilà, c'est fini, la boucle est bouclée...

Comment trouvez-vous cette histoire? En l'écrivant, mon but était de faire découvrir la vie des pirates aux Antilles durant l'âge d'or de la piraterie (fin17e début 18e siècle). L'ai-je atteint? Si oui, pourquoi? Si non, pourquoi? Vos commentaires m'aideraient beaucoup, car ceci est, je me permets de le rappeler, un projet scolaire d'une grande importance pour moi.

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Eldonyx

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