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Poetry » Love » Like Brothers On A Hotel Bed font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: SamaraXX
Fiction Rated: K - French - Romance - Reviews: 3 - Published: 02-06-08 - Updated: 02-06-08 - Complete - id:2472339

Disclaimer : Inspiré de la chanson "Brothers on a hotel bed" de Death Cab For Cutie.

Note : Désolée... Ce petit OS fut écrit en deux heures, juste pour m'amuser. C'est à mi-chemin entre la poésie, et la fiction. C'est déroutant mais bon.

Bonne lecture.


Like Brothers On A Hotel Bed

Comme des frères sur un lit d'hôtel


You may tire of me as our December sun is setting because I'm not who I used to be

Tu pourrais te lasser de moi comme notre soleil de décembre se lève car je ne suis plus celui que j'étais.

Il est tard sur la pendule de la suite, le noir est omniprésent dans la pièce,

Le tic tac résonne lugubrement comme un signe de mauvais augure,

Il est près de moi mais seul le silence nous unit sans autre câlins et caresses.

Il semble plongé dans ses pensées, les yeux mi-clos fermés sur le mur.

Je le regarde parce qu'il est beau et je sais que je n'ai plus l'occasion,

Il me faudrait des mois pour m'habituer à l'absence cruelle qu'il me laisse,

Je n'ai plus le temps de ses années : sur ma peau les marques de la vieillesse

Ont creusé un masque bien vieilli, incrusté de rides, tatouées au crayon.

Mon visage retrace notre histoire, il symbolise nos peines et nos joies,

Celles que nous cachions au monde entier par un piteux manque de foi,

En qui ne crois-tu plus ? S'agit-il de nous deux ? Je sais que je déçois,

Si des années auparavant je régnais sur ta vie, ce soir déchu est le roi.

No longer easy on the eyes but these wrinkles masterfully disguise
The youthful boy below who turned your way and saw
Something he was not looking for: both a beginning and an end

Plus aussi facile à regarder dans les yeux mais ces rides déguisent magistralement

Ce garçon plein de vie près de toi qui a fait dévier ta route et a vu

Quelque chose qu'il ne recherchait pas : un commencement et une fin.

Je me sens plus vieux que jamais dans l'obscurité éclairée de la chambre,

Loin derrière nous la jeunesse refait surface dans un sursaut d'orgueil,

Mais il est inutile de ressasser nos bons moments, la larme à l'œil.

Les traits lisses de ton visage me rappellent l'expression glacée du marbre.

De ton front aux lignes acérées de ta mâchoire, tout semble secret.

L'impression tenace que nous détenons en nous une terrible honte

Submerge mon cœur endommagé, abattu, désespéré, désillusionné.

J'aimerais qu'elle reste tapie au fond, mais insidieusement elle monte

En moi, la colère croque les dernières envies qui me tiennent droit

Devant l'adversité de nos années passées, notre histoire sans lois

Ni règles, ni mesures. Cette histoire trop longue et escarpée pour durer.

J'ai changé comme la vie a voulu me forger, d'une façon écœurante,

Je n'ai plus rien à voir avec celui qui habitait mes yeux dans le passé.

La fierté indestructible qui nous maintenait en vie est mourante.

But now he lives inside someone he does not recognize
When he catches his reflection on accident

Mais maintenant il vit dans la peau de quelqu'un qu'il ne reconnaît pas

Quand il croise son reflet par accident.

Je suis le seul fautif, la haine est tournée que vers moi-même,

Je suis bien conscient que je précipite notre histoire vers la fin,

Derniers regards, relents de complicité et d'envie dans les reins,

Derniers espoirs mélangés aux vérités évanescentes, on s'aime ?

Question sans réponse, dans cette suite d'hôtel nous sommes inertes,

Pas de mouvement vers l'autre, oubliés les baisers, les secrets, certes,

Mais mon dieu comme je souffre de cet éloignement, et pourquoi ?

Je voudrais redevenir comme avant mais nous sommes différents…

Risible est cela alors que nous avons parcouru la vie toi et moi

Accrochés, ficelés, enfermés l'un à l'autre des millénaires durant.

La résignation s'immisce dans ton corps, je la sens cette peste siffler

Elle me nargue et j'ai envie de tout détruire à coup d'épées enflammées,

Je désire la brûlure de tes doigts sur mon corps, juste une dernière fois.

Par pitié, aie une once de compassion dans tes yeux obscurs, aime-moi.

On the back of a motor bike
With your arms outstretched trying to take flight

A l'arrière d'une moto

Avec tes bras en croix essayant de prendre la fuite.

Réflexions sans queue ni tête encensent nos rêves, chuchotent des blasphèmes,

Et malgré moi j'espère qu'ils te monteront à la tête, que tu ne céderas pas,

Sache que je songe à une autre dimension qui n'existe pas car tous nos emblèmes

Te tombent en cendres dans une gerbe de feu rouge grenade. Tu froisses les draps

Encore, je ne sens nulle part la sensation reconnaissable de tes mains sur moi.

Ah ! Tu t'éloignes de moi sans que je puisse agir, comme de l'eau entre les doigts,

Vivifiante mais destructrice, cette eau traître s'échappe sans une parole prononcée,

Elle glisse sur mon visage fané, suit les rivières de mes rides, tombe en fines gouttes,

Coule tout doucement mais tu ne t'en rends pas compte. Et puis, il est tard, c'est vrai.

Mais tu fuis tout simplement, tu voudrais prendre l'air pour reprendre enfin ta route.

Où pars-tu ? Je serais le plus heureux des hommes si tu gardais un peu de nous

Intimement caché dans tes yeux tristes, ceux-là mêmes qui m'observent dans le flou.

Leaving everything behind
But even at our swiftest speed we couldn't break from the concrete
In the city where we still reside.

Abandonnant tout derrière

Mais même à la vitesse la plus rapide nous ne pourrions pas nous détacher du terre à terre ((1))

Dans la ville où nous résidons encore.

Est-ce cela une rupture ? Est-ce tout le temps aussi difficile de dire adieu ?

Je l'ignore vu que je n'ai aimé que toi dans cette réalité noircie,

J'aimerais m'envoler avec toi au-delà de l'utile, du futile et du pernicieux,

Ce serait magique si nous pouvions partir, attraper la clef de nos vies,

Desceller le lourd cadenas qui entravait tous nos désirs de jeunesse.

Il reste là à me contempler dans un coin de la pièce avec maladresse,

La brume de son iris ressemble aux nuages du ciel une nuit de décembre.

Ses gestes sont mesurés, on se bouffe du regard au cœur de cette chambre,

J'ai l'impression que la mort guette derrière les fenêtres rutilantes,

Elle attend entourée d'une patience extatique que nous prenions la tangente.

Mais je n'ai pas envie de bouger et il se rapproche de moi en soupirant,

Je sais à quel point il souffre, pas de mots mais le silence est parlant.

Je voudrais lui faire la promesse que je resterai indéfiniment,

Mais comment jurer sur un si grand mensonge ? Notre amour ment.

Il nous trompe car injustement ton amour pour moi disparaît

Et si j'étais un titan je pourrais le supporter mais je ne suis qu'un homme.

Dans le malheur de notre séparation, je ne serais pas le médium,

Ni l'ami confident, ni le père protecteur, je ne te guiderai jamais à l'avenir.

Je resterai ton amant de plusieurs siècles qui te laissera t'enfuir.

Dans le silence. Toujours. Nos respirations. Tu t'installes sur le lit.

C'est douloureux et je retiens mes larmes. Mais enfin nous avons compris.

And I have learned that even landlocked lovers yearn for the sea like navy men

Et j'ai appris que même entourés de terre les amants se languissent de la mer comme les marins.

C'est ainsi. Chaque histoire possède sa fin et même sans changements,

Il se pourrait bien que l'un de nous aurait souhaité découvrir ailleurs

A quel point la vie peut être multiple et fruitée. Nos arrangements,

Nos câlins, nos caresses, nos secrets, nos hontes, nos regards meurent.

Nous n'y pouvons rien, la fougue qui fait de ton visage une œuvre d'art

Est l'essence de tes choix. Notre histoire voulue éternelle ne sera pas.

Vraisemblablement, chacun doit avoir son quota de belles histoires.

La curiosité ou la lassitude, qu'en sais-je. Tu es déjà si loin à mes côtés.

Fatigué, je voudrais fermer les yeux et plonger, aveugle, dans le Léthé,

Oublier toutes les embûches qui parsèment notre route et me noyer.

Rien de dramatique, tu sais, contrairement à toi j'ai déjà joué.

Et j'ai perdu. Je me tourne vers toi avec un sourire maussade aux lèvres,

J'ignore quelles sont les pensées mélancoliques qui te donnent ainsi la fièvre,

Mais mon dieu que tu es magnifique sous la lumière chancelante,

Tu ressembles à nous deux au début, et je ressemble à la fin dérangeante.

Tu sais, celle où au crépuscule on se murmure "bonne nuit" en silence.

Fais de beaux rêves. Il est plus que temps que la mort délaisse sa patience.

Cause now we say goodnight from our own separate sides
Like brothers on a hotel bed
Like brothers on a hotel bed
Like brothers on a hotel bed
Like brothers ...

Parce que maintenant nous nous disons bonne nuit chacun de notre côté

Comme des frères sur un lit d'hôtel

Comme des frères sur un lit d'hôtel

Comme des frères sur un lit d'hôtel

Comme des frères…


THE END.

((1)) : concrete signifie béton (l'asphalte de la route ?) mais également le concret, la réalité et je pense que l'auteur voulait dire les deux à la fois mais difficile de l'intégrer au texte. J'espère que l'image suffira.

Voilà :)

Vous pouvez me donner votre avis si le coeur vous en dit.

Bisous.

SamaraXX.



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