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Fiction » General » Les landes de la vengeance font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: perriline
Fiction Rated: M - French - Suspense/General - Reviews: 12 - Published: 02-08-08 - Updated: 04-06-08 - id:2473255

Ouf, j'ai enfin fini ce chapitre qui m'a posé beaucoup de problèmes à l'écriture. J'espère qu'il vous plaira.

réponse aux commentaires :

Jeja : Gros merci pour ta review qui m'a fait plaisir au possible ( rougis de la comparaison ). Désolé de pas avoir répondu à ton mail mais j'ai eu la boîte qui a débordé cette semaine ( tu as une adresse nsm ? ). Je pense que tu vas encore plus aimer Caith dans ce chapitre. bonne lecture...

Pour les autres, j'ai répondu par mail ou sur nsm

bonne lecture à tous et à toutes...


Chapitre 3

Poison

La température était en dessous de zéro et les bruits étaient étouffés. Les murs vert pâle donnaient l’impression d’être dans un tombeau. D’ailleurs, ce n’était pas loin d’être le cas puisque c’était la morgue. Caith se trouvait dans le vestiaire et enfilait deux gros pulls de laine par dessus sa chemise, avant d’ajouter une grande blouse de la même couleur que le vert des murs.

Il rangea ses affaires dans un casier qu’il ferma à double tour. Quand il sortit, il se saisit d’un masque qui se trouvait posé sur une tablette à roulettes en acier. Au moment de glisser les lanières de tissu derrière ses oreilles, Caith vit James arriver, une grimace traversant ses traits.

Derrière son masque, le jeune homme eut un sourire ironique, et il était bien content de voir son supérieur en position de faiblesse. Celui-ci n’aimait pas tellement aller à la morgue malgré ses nombreuses années de services. Il ne s’était jamais habitué à cet aspect du métier.

James murmura un faible bonjour, avant de s’engouffrer dans le vestiaire. Caith, lui, prit la direction de la salle d’autopsie numéro trois.

Quand il passa les portes à battants, Caith vit Léo, le médecin légiste, qui était penché au-dessus d’un corps et faisait de grands gestes avec son bras droit. Armé d’une grosse aiguille et d’un fil épais, le geste précis et sûr, il recousait en V le torse d’un homme qui se trouvait être Donald McDougan.

Caith le regarda faire, curieux.

Quand il eut fini, Léo se tourna sur le côté gauche, vers un mur plein de tiroirs, aux portes d’acier. Il ouvrit la 16 et en sortit, sur une table d’acier à roulettes, le corps d’Iris McDougan. Il referma la porte du compartiment réfrigéré et fit le tour de la table pour l’amener à côté du corps qu’il venait de finir de préparer.

Le médecin remarqua enfin qu’il était observé par Caith et arqua un sourcil, suspicieux et surpris de voir le jeune homme habillé et déjà là.

- C’est agréable de vous voir prêt au travail, Mr Niall.

- Moi ? Fit Caith, surpris, en pointant un doigt sur sa poitrine.

- Oui.

- Toujours, pour cette partie du travail.

- Ça fait plaisir à entendre. Veuillez approcher.

Caith regarda le médecin légiste mettre les corps côte à côte. Un drap de tissu vert couvrait leurs corps, laissant à la vue de tous la tête et les pieds. Une petite étiquette de papier jauni pendait à une petite cordelette, accrochée au pouce du pied gaude de chaque corps.

Les deux victimes avaient été nettoyées avec soin. Leur peau avait la pâleur traditionnelle des cadavres, bien qu’on aurait pu dire qu’ils paraissaient simplement endormis. Caith admira le travail qu’avait fait Léo. Il avait laissé peu de choses à faire aux embaumeurs.

Tous les deux se placèrent de chaque côté du corps de Mme McDougan.

- Où est James ?

- Il essaye d’échapper à ce qui est, selon lui, une corvée, répondit Caith avec un grand sourire ironique.

- Toujours autant allergique à la morgue ?

- Il faut croire. Il allait dans le vestiaire en faisant la gueule. Enfin, ça ne change pas beaucoup de d’habitude.

- Caith, tu gardes ton venin pour toi, dit la voix puissante et grave de James.

L’inspecteur venait de passer les portes à double battants, habillé de la même tenue que son subordonné. Son teint allait vers le blanc, semblant prêt à rendre le petit déjeuner ingurgité peu de temps auparavant.

- Ça va James ? Demanda le médecin légiste, amusé. Tu es livide.

- Oui, mais plus vite ce sera fini, mieux ça sera.

Léo eut un sourire et passa une main sur son visage. James prit place à côté de Caith, attendant les explications plus approfondies, par rapport aux premières conclusions qu’il leur avait fournies.

Alors on va commencer par la femme. J’ai extrait tous les plombs de la cartouche de chevrotine qui était dans la poitrine de Mme McDougan. Avec les résidus de poudre autour de la blessure, on peut dire qu’elle a bien été abattue à bout portant.

- D’accord, répondit James, plutôt impatient. Et pour lui ?

L’inspecteur désigna d’un coup de tête le corps que Léo venait de finir de recoudre.

- Attends, je n’ai pas fini !

L’homme aux cheveux roux foncés eut les traits qui se forcèrent, laissant apparaître quelques rides de contrariété sur les plis de son front et dans les coins de ses yeux verts.

Alors, je continue. J’ai retiré son contenu stomacal et l’ai fait analyser. En plus de son repas du soir semi-digéré, composé d’un ragout de mouton et de pommes de terre, on a trouvé quelque chose de très curieux.

- Quelque chose ?

- Oui. Des comprimes de Valériane pure. La moitié a été dissolue par les sucs gastriques.

- En quelle quantité ? Est-ce cela qui l’a tué puis le meurtrier lui a tué dessus post-mortem ? Demanda Caith, soudain très intéressé par la question.

- C’est là que ce double meurtre peut paraître particulièrement horrible.

- Pourquoi ? Intervint James.

Pas suffisamment pour les tuer, mais suffisamment pour paralyser leur système nerveux et regarder leur mort en face. D’où les yeux exorbités d’Iris sur la scène de crime. Il y a de quoi.

Les deux policiers ne dirent rien, mais l’information faisait son petit chemin dans les méandres de leurs cerveaux.

- Sinon, elle était en pleine forme pour une femme de son âge, juste une petite arthrose. Passons à Donald McDougan que j’ai fini tout à l’heure.

Les trois hommes se déplacèrent autour de l’autre corps.

- Pour lui, c’est pareil. Il a été victime du même traitement à la Valériane.

Léo souleva un peu le drap vert jusqu’au niveau du cœur pour leur montrer des marques au niveau des aisselles.

- Caith, vous pouvez m’aider à mettre le corps sur le côté ?

- Oui.

Le jeune homme prit délicatement le bras gauche et le tourna vers lui, aidé du légiste. James fit le tour de la table pour regarder des marques bleutées qui faisaient le tour des aisselles.

- C’est des marques de mains, qui sont apparues post-mortem. Il a sans doute été trainé par terre avant d’être pendu.

- Ok. Selon toi, c’est un homme ou une femme qui a fait ça ?

- Vraisemblablement un homme. Ou bien une femme bercée dans le culturisme, car notre victime masculine fait près de quatre-vingt dix kilos.

Aussitôt que Léo eut fini sa phrase, les portes ouvrirent à nouveau pour laisser passer le deuxième médecin légiste de la morgue. C’était un homme de trente-cinq ans, grand, aux courts cheveux blonds foncés et aux yeux noirs.

- Dis Léo, tu les finis ?

- Oui Maël. Tu peux appeler les pompes funèbres pour qu’ils viennent les chercher tes parents.

- Parents ? Demanda Caith, surpris.

- Ben oui, Caith. C’est mes parents qui viennent de se faire tuer, dit l’homme sans montrer une grande émotion dans la voix.

Arrivés en même temps dans la ville de Briguac, au gré de leur mutation, et étant deux enfants du pays, Maël et Caith s’étaient liés d’amitié, mais le jeune homme n’avait jamais parlé de sa famille. Caith avait toujours pensé que leurs relations étaient coupées. Ces dernières journées étaient pleines de surprises plus ou moins bonnes, avec les retrouvailles plutôt tristes avec Elena.

- Tu es toujours aussi attentif aux détails, Caith, dit James, méprisant. Je l’ai déjà interrogé hier après-midi pendant que tu étais occupé à appeler l’armée pour avoir les détails de dossier de notre victime. Chose que tu n’as pas eue, soit dit en passant.

- Personne n’est parfait, même pas ceux qui le prétendent, siffla Caith entre ses dents.

Il y eut un profond soupir de lassitude de la part des deux médecins. Ils voyaient venir une nouvelle joute verbale entre eux deux, chose qui était, en ce moment, de plus en plus courante.

- Dites, on a peut-être autre chose à faire que vous entendre vous envoyer des piques, dit Léo en croisant les bras sur sa poitrine.

- Oui, dit James. Il y a quelqu’un qui fait de la médecine parallèle dans le comté ?

- Oui. Il y a notre vieux médecin de famille qui en prescrit de temps en temps, mais vous ne risquez pas de le trouver en ce moment, il est en vacances pour une semaine, parti voir ses petits enfants, répondit Maël.

- Comment tu sais ça ?

- Je passais le voir la semaine dernière pour un petit bilan de santé qu’il voulait me faire passer. C’est pour mon neveu. Elena et Erik, mon frère, font tout pour le soigner.

- D’accord. Merci de l’information. L’enterrement est prévu pour quand ? Demanda James.

- Dans deux jours, à dix heures du matin, d’après ce que mon frère a organisé. Il y aura pas mal de gradés de l’armée.

La voix de Maël semblait vomir du mépris aux dernières paroles qu’il avait prononcées. Les rapports semblaient rester houleux, même avec la mort de ses parents.

- Bon, on va se changer. Il faut qu’on interroge tout le monde dans le village, puis on doit aller au tribunal pour l’autre affaire.

Caith sortit à la suite d’un James soulagé de quitter cette odeur de mort. Maël jeta un coup d’œil aux corps de ses parents et admira le travail de son collègue. Il se disait qu’il avait du travail avant d’arriver au niveau de son aîné.

- Dis Maël, je monte la mise de vingt euros.

- Trente.

- Tenu. Je suis sûr de gagner.

- Pas sûr. Vu comme c’est parti. Mais pari tenu.

Une bonne poignée de mains entre les deux médecins légistes signa leur accord, chacun étant sûr de gagner son pari.

ooOOoo

Une douce odeur de fleur d’oranger flottait dans le cottage. La télé était allumée, diffusant un film quelconque, et faisait un bruit, un bruit de fond. On pouvait entendre des couverts qui s’entrechoquaient sous l’eau qui coulait.

James finissait de mettre sa vaisselle propre dans l’égouttoir. Il prit un torchon propre dans un placard et s’essuya ses mains humides dessus. Après l’avoir posé sur le dossier d’une chaise, il alla dans le salon avec l’intention de se délasser dans un fauteuil, devant la télévision.

Ca avait été une journée comme il les détestait, avec la morgue et les interrogatoires de tous les villageois. Apparemment, c’était à se demander si les habitants n’étaient pas tous aussi fous les uns que les autres, le pompon revenant au prêtre et aux membres du club de lecture. Mais le résultat était que le couple était sans histoire, tout dévoué à leur petit-fils malade.

Il était déçu, et il y avait quelque chose qui ne collait pas. Pourquoi tuer des personnes sans histoires ? Il espérait que l’enterrement allait apporter quelques réponses, généralement on voyait toute la famille et apprenait quelques petites choses cachées.

La sonnerie de la porte d’entrée le tira de sa réflexion. Un juron sortit de sa bouche pendant qu’il criait qu’il arrivait. S’il avait été cardiaque, il serait mort sur place en ouvrant la porte. Caith était sur le perron de son cottage, les traits du visage défaits, les yeux rouges qui semblaient avoir pleuré toute la peine du monde.

James regarda son cadet avec des yeux perçants, comme s’il voulait lire en lui pour savoir ce qui l’avait amené à le déranger chez lui.

- Elle m’a jeté dehors. Elle a dit qu’elle voulait plus de moi.

L’homme aux cheveux roux eut un soupir. Ne sachant pas quoi dire, il l’invita à entrer chez lui.

C’était décidément une journée merdique à souhait pour James.


Fin du chapitre

A suivre ...

Le 06.04.08



© Copyright 2008 perriline (FictionPress ID:521002).


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