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Author: Sanmiligoku
Fiction Rated: M - French - Romance/Drama - Reviews: 22 - Published: 02-16-08 - Updated: 02-16-08 - Complete - id:2476242

Chapitre 01

Je monte les escaliers qui mènent à mon appartement, épuisé. Je n'ai pas dormi depuis près de quarante-huit heures. Je suis détective privé et j'espionne une société pour le compte d'un de mes clients. D'après mon client, le dirigeant de cette entreprise entretiendrait des relations avec la mafia. La journée, je n'étais donc qu'un petit employé intérimaire du service d'entretien, et la nuit, je suis resté caché en regardant ceux qui entraient et sortaient.

Et là, j'ai assez de preuves pour satisfaire mon client. Il est près de quatre heures, le soleil est sur le point de se lever, et je n'ai qu'une envie : dormir jusqu'à demain soir.

J'entre chez moi et je pousse un soupir en voyant les vêtements qui jonchent le sol.

Florian, mon colocataire, a trouvé une nouvelle conquête. Une blonde.

Je ne connais pas la couleur de ses cheveux parce qu'elle a parsemé ses vêtements de la chambre à la porte comme si elle avait peur de ne plus trouver la sortie. Non. Je la connais à cause du long cheveu qui s'étend sur son t-shirt rose. Et accessoirement parce que je connais les goûts de Florian.

Toutes ses conquêtes sont des blondes, avec si possible, des grosses poitrines.

Je retire mes chaussures et je traverse le salon, évitant de piétiner les vêtements féminins, et j'arrive dans le couloir qui mène à la cuisine et salle de bains d'un côté, et aux deux chambres de l'autre. Je passe devant celle de Florian, qui est la première, et j'entends la conquête d'un soir demander :

-Qui est-ce ?

-C'est Maël, mon colocataire, répond Florian.

-Il est aussi mignon que toi ? demande la fille.

-Non, il est beaucoup plus beau que moi.

-Oh, cet appartement est un paradis pour femmes, alors !

-J'en doute, Maël ne rendrait aucune femme heureuse.

-Il a déjà une petite amie ?

J'entends Florian rire.

-Non, il est gay.

-Ca ne me gênerait pas de rester pour regarder, fait la fille en riant à son tour.

-Mais je doute que ça plaise à Maël, il est timide.

Quelle pouffiasse ! Comme si j'étais un animal de foire qui s'exhiberait pour son bon vouloir.

Je traverse le couloir jusqu'à la salle de bains, où je me brosse les dents et je prends une douche éclair. Ensuite, je vais dans ma chambre. Je me couche, je ferme les yeux.

Florian habite avec moi depuis près de cinq ans. Et je l'aime depuis ce moment-là. On pourrait appeler ça le coup de foudre.

Avant lui, j'habitais avec Mathieu, un ami de la fac de droit, mais ce dernier a eu l'idée de se marier, un jour. Il a mis fin à notre colocation, et n'ayant pas les moyens de payer seul un aussi grand appartement, j'ai mis une annonce sur internet. Moins d'un mois plus tard, Florian m'a téléphoné.

Il intégrait la fac de lettres de ma ville, et demandait si l'annonce était toujours valable.

Il s'est installé durant la fin de l'été, et notre colocation s'est bien passée. De temps en temps, Karine, sa petite amie, venait lui rendre visite, ou il allait chez elle. Ils étaient ensemble depuis le lycée, et c'était l'amour fou. Karine était une petite rousse adorable et souriante. Elle a intégré une école d'archéologie, et deux ans après l'arrivée de Florian chez moi, elle a mis fin à leur relation qui durait depuis plus de cinq ans. Elle devait partir étudier un an aux Etats-Unis et un an au Japon, et n'aurait pas les moyens ni le temps de revenir en France.

Florian est rentré de chez elle, et je n'ai jamais vu quelqu'un aussi déprimé. Il est resté assis sur le canapé sans dormir, sans bouger, ni pour manger, ni pour boire, ni même pour aller aux toilettes. Lors du troisième jour, je l'ai pris par le bras et je l'ai emmené de force à la salle de bains.

Enfin, de force, c'est un bien grand mot. Il ne m'a opposé aucune résistance, en réalité, ni quand je l'ai traîné jusqu'à la pièce, ni quand je l'ai déshabillé et mis dans un bain. Il s'est contenté de pleurer.

Je j'ai rasé. Puis je lui ai lavé les cheveux. Il pleurait de plus en plus. Alors sans réfléchir, je l'ai serré dans mes bras.

-Je suis là, ai-je murmuré à son oreille.

Il m'a rendu mon étreinte au point de manquer de me casser les vertèbres. Mais égoïstement, je me sentais si bien dans ses bras. J'ai retiré mon jean pour ne pas qu'il finisse aussi trempé que mon t-shirt, et je l'ai rejoint dans la baignoire pour le bercer contre moi. Il m'a enlevé mon t-shirt et j'ai senti son corps réagir contre le mien.

Ses larmes coulaient encore. Instinctivement, nos visages se sont rapprochés, j'ai léché ses larmes, puis nous nous sommes embrassés. Ce baiser était amer, salé, mais jamais je n'en avais connu de plus doux et désespéré en même temps.

-S'il te plaît, a-t-il fait d'une voix plaintive.

J'ai retiré mon boxer et je l'ai laissé m'empaler sur lui. La souffrance a été abominable. C'était ma première fois en tant que receveur, et de plus, je n'avais pas été préparé. Dans toutes mes précédentes relations, j'avais été dominant. Mais pour l'homme que j'aimais, pour lui faire plaisir, pour arrêter ses larmes, rien n'était trop.

Depuis, il a cumulé les aventures avec des blondasses rencontrées dans des bars, et par moments, entre deux, il vient dans mon lit. Il n'a plus le genre de comportement qu'il a eu dans la baignoire, il est toujours très tendre avec moi, il m'embrasse, me touche, me laisse le caresser, ses gestes sont doux. Je le laisse faire.

Parce que je n'ai pas le courage de lui dire que je l'aime. Parce que je n'ai pas la force de lui dire que ça me fait mal d'être sa roue de secours.

Parce que j'ai peur de lui dire que ce que j'aimerais le plus au monde, c'est le prendre.



© Copyright 2008 Sanmiligoku (FictionPress ID:565159).


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