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Bonjour à toutes mes lectrices, je remets en ligne une histoire que j'avais retirée...J'ai un peu corrigé ces chapitres et les autres devraient suivre dans pas longtemps...
Je dédie cette histoire à Night-Butterfly83, en espérant qu'elle te plaira toujours, car je dois dire que c'est toi qui m'a donné le courage de reprendre et de poursuivre cette histoire!
S'il vous plait, lisez avec discrétion (huh?) et prudence...voilà les avertissements, pour une histoire qui vaut largement un rating M (et peut-être un peu plus, d'ou l'hésitation à la mettre ici en ligne) :
inceste (sentiment, et accomplissement de ce sentiment?), langage ordurier, très vulgaire parfois, on parle beaucoup de sexe (hé oui, surtout avec un Charlie très influencé par ses hormones mâles...) et bon parfois c'est à la limite cru, et puis un soupcon de angst (peut-être une large rasade?)
Bonne lecture!
I. Vanille et chocolat.
Parfois, le malaise s’insinue en moi, telle une vipère à l’affût. Parfois, un sanglot d’agonie s’empare de mon être, en à peine quelques secondes. Parfois, ma conscience se fait entendre pour hurler que ce que je ressens n’est pas normal. Alors, je suis effrayé. Une peur sourde, impitoyable, m’envahit et me terrasse. J’ai la désagréable impression d’être aussi perdu qu’un enfant abandonné dans une forêt inconnue.
Un cliquetis rythmé interrompt le cours de mes vaines pensées, fort heureusement. Mon frère lance un beau juron lorsque le personnage trapu sur l’écran de l’ordinateur tombe par terre, découpé en morceaux par un vil démon. Ensuite, j’entends bien sûr un soupir de défaite. Je ferme les yeux, un petit sourire ornant mes lèvres, synonyme de certains sous-entendus.
“Putain! Te fous pas de ma gueule !”, dit-il, en colère.
Je souris encore plus.
“Ca fait cinq fois! J’en ai marre! Ce connard est vraiment trop fort!”, gémit-il.
“C’est parce que t’es un loser né…”, je réponds avec espièglerie, et j’ouvre à nouveau mes yeux pour observer l’effet produit par mes mots provocateurs. Ses pupilles sombres se rétractent de façon menaçante mais je m’en moque. Parfois, j’ai une si forte envie de lui faire du mal que ça me flanque une de ces frousses. Il se lève de sa chaise et se jette sur mon lit, juste à côté de moi. Ca me hérisse et immédiatement, je m’éloigne de lui. Je hais ça, quand il commence à se coller à moi.
Parfois, j’imagine de ces choses.
Il croise les bras derrière sa tête, après avoir poussé de nouveaux soupirs à fendre l’âme. Tout triste, il contemple ce ridicule monticule de terre, la tombe du héros. Je raille : “Ca alors! Bon, il faut dire que toute chose a une fin, mais c’est vraiment dommage qu’il n’aie pas une très grande espérance de vie!”
“Ferme là.”, dit-il, et ses dents grincent de rage.
Je hausse les épaules avec nonchalance et puis, je me lève subitement, me dirigeant d’un pas décidé vers le petit bureau. Je charge la partie du jeu sauvegardée juste avant le combat, déterminé à montrer mon savoir-faire en la matière. Le groupe de héros attend patiemment dans une pièce adjacente. Je prépare le mage pour le spectacle imminent et ce dernier commence ses incantations, consolidant sa défense. Le guerrier à forte carrure boit une potion de dextérité pour augmenter l’efficacité de ses coups de hache et le druide invoque des bêtes assoiffées de sang.
Ils entrent ensuite dans la salle de cérémonie, fin prêts au massacre. La bataille ne dure pas très longtemps. Des boules de feu, des craquements d’os écoeurants, de la chair tailladée, des corps s’écroulant ; toute ma colère se déverse dans cette cruelle scène enivrante. J’entends derrière moi un souffle se couper d’étonnement. Même si une intense satisfaction me saisit, je n’en laisse rien paraître, alors que je me délecte secrètement de cette formidable victoire.
“Comment t’arrives à faire ça? Merde! Je n’y crois pas! ”, s’exclame-t-il, haletant.
Oui, mon frère, tu es vraiment inutile.
Il est plus âgé que moi mais je suis le plus mature.
Il est toujours distrait et je suis toujours très concentré.
Il est plus grand que moi et je suis le plus élancé.
Il est accueillant et je suis réservé, presque hostile.
Il braille tout le temps et moi, je suis calme.
Ses yeux sont noirs. Les miens sont noisette.
Ses cheveux sont aussi noirs. Ils bouclent un peu à la fin. Les miens sont raides, trop fins, marron.
Le marron est une couleur absolument détestable.
Charlie et Nicolas.
Nicolas et Charlie.
Vanille et chocolat.
Chocolat et vanille.
Nous sommes si différents l’un de l’autre.