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Bonjour tout le monde. Voici un nouveau oneshot qui traite d'un inceste consomé.
Tout est à moi, sorti de ma tête...
Souvenir du passé
Une chaleur suffocante régnait dans la rame du train. La climatisation avait eu la bonne idée de s’arrêtait à hauteur de Lyon et il restait encore trois bonnes heures de trajet. Un homme se maudissait d’avoir à prendre le train en plein été, et surtout en pleine période de canicule. Il prit un magazine qu’il avait acheté à la gare, dans la capitale, et s’éventa avec. Il le passa quelques fois sur le visage de sa femme qui dormait sur ses genoux. Bien que ce voyage le fatiguait beaucoup, il respira avec plaisir un grand bol d’air. Cela faisait des années qu’il n’avait pas mis les pieds dans sa région natale.
Charlie Luban était un homme de vingt neuf ans. Il avait de courts cheveux noirs, un visage expressif, des grands yeux noisette rieurs malgré une certaine mélancolie au fond du regard et une allure carré dû à des années de sport en salle.
Il revenait en France après une dizaine d’années passée aux Etats-Unis, pour assister au mariage de son frère ainé. Après avoir eu son bac à l’âge de dix huit ans, il avait eu l’opportunité d’aller faire un petit job d’été aux Etats-Unis et il n’était jamais rentré en France. Il avait suivi des cours dans une université publique qu’il payait par de petits jobs. A présent, il avait montré une ligne de vêtements chic et moderne qui connaissait un succès grandissant.
Il regarda sa femme qui dormait et lui passa amoureusement une main sur la chevelure Aubrun de celle-ci. Iris avait beaucoup de mal à évacuer le décalage horaire et la fatigue que sa dernière garde à l’hôpital lui avait occasionné. Iris Luban était un chirurgien très réputé au Bellevue Hospital de Manhattan. Elle était âgée de trente ans et venait une grande famille newyorkaise. Elle était grande, de belle allure, avec un petit visage en forme de cœur, aux yeux émeraude clair et aux longs cheveux dont elle prenait un soin particulier, notamment parce que son mari passait souvent les mains dessus. Elle avait fait toutes ses études dans des établissements réputés.
Bien que rien ne les destinaient à les faire se rencontrer, ils se firent connaissance lors un gala de bienfaisance, il y a quatre ans de ça et ce fut le coup de foudre pour chacun. Ils se mirent en ménage presque tout de suite et se marièrent un an plus tard en petit comité et sans la présence de leurs familles. A présent, la jeune femme se faisait une joie de connaitre enfin sa belle famille et surtout de leur annoncer qu’ils allaient être grands parents dans six mois.
Charlie suivit l’exemple de sa femme et lui aussi s’endormit. Tous les deux se réveillèrent une dizaine de minutes avant le terminus du train. Quand la voix du contrôleur leur annonça l’arrivée imminente du train, ils se levèrent pour prendre leurs bagages. Une fois descendus du train, Charlie chercha quelqu’un des yeux dans la foulée et il vit une tête d’homme dépassait tout le monde. Il lui fit signe.
Une minute après, Iris fit connaissance de ses beaux parents et les aima tout de suite. Ils correspondaient parfaitement à l’image qu’elle en faisait à travers les dires de son mari.
- Bonjour, j’appelle Simon Luban. Je suis le père de ce fils qui daigne enfin revenir voir ses vieux parents, dit- il en lui serrant la main et l’embrassant les joues. Et voici, ma femme adorée Maybelle.
- Enchantée, répondit Iris en répondant à l’étreinte de sa belle mère.
Monsieur Luban était un homme qui avait soixante six ans, qui mesurait près de deux mètres et qui avait un visage joyeux. Sa femme était tout le contraire. C’était une petite femme, un peu boulote, de qui Charlie avait hérité les yeux.
Pour le moment, elle était occupé serrer très fort dans ses bras, son fils qui lui avait énormément marqué au court des années. Bien que Charlie communique souvent avec eux pour internet et par téléphone, il n’avait pas souhaité les voir en chair et en os. Il avait une nouvelle vie aux Etats-Unis et celle en France appartenait au passé.
Après des retrouvailles fortes en larmes et en accolades, ils montèrent en voiture pour encore une heure de trajet dans la garrigue de l’arrière-pays et dans une voiture non climatisée. Le père de Charlie avait ouvert toutes les fenêtres pour laisser un semblant d’air entrer dans la voiture. Le chant des cigares se faisait assourdissant et toutes les odeurs de la garrigue se mêlaient pour rappeler à Charlie l’odeur de son enfance et des étés passaient à courir dans les montagnes. Malgré qu’il fût heureux de sa nouvelle vie aux Etats-Unis, il devait reconnaître que cet univers lui avait manqué un peu.
La voiture passa dans le village typique, aux maisons de vieilles pierres, aux vieux qui jouaient aux boules sous un arbre devant le bar du village. Ils poursuivirent leur route pendant encore deux kilomètres, sur un chemin caillouteux, pour arriver dans une cour ombragé d’un micocoulier. Un grand mas de pierre s’étalait devant leurs yeux. Iris était très impressionnée par le lieu et sa beauté. Elle le trouvait très reposant et parfait pour sa petite semaine de vacances.
Deux jeunes femmes de vingt cinq ans aux visages identiques mais aux habits fortement différents sortirent de ce qui semblait être la cuisine pour se précipitèrent sur Charlie et le fit tomber à la renverse.
- Grand frère, tu nous as manqué beaucoup, beaucoup, dirent-elles d’une même voix.
C’était les deux sœurs jumelles de Charlie. Océane et Emelie étaient aussi semblables physiquement que dissemblable de caractère. Elles étaient toutes les deux blondes comme les blés, de taille moyenne et aux yeux noisettes mais c’était là que leurs identités semblables s’arrêtaient. Océane avait les cheveux courts, des vêtements de junkie, beaucoup de piercings sur le visage et préparait son capes de professeur des écoles car elle avait le don avec les enfants. Emelie était plus rangée, aux vêtements de baroudeuse et elle suivait des études d’archéologie.
Après que ses sœurs eurent décidés de le laisser et qu’il put se relever, il leurs présenta sa femme. Et toutes les trois se mirent à bavarder de choses et d’autres.
- Et nous, tu nous présentes pas? dit une voix profonde et grave.
Tout le monde se retourna d’un seul bloc pour un homme de trente trois ans accompagné d’une belle jeune femme d’environ vingt sept ans.
- Iris, je te présente Maxence, mon grand frère et …?
- Lucie, répondit-il.
- Maxence, voici ma femme.
Celui-ci lui tendit la main en faisant un sourire charmeur à Iris qui, déjà, tombait sous le charme. Il fallait dire que Maxence avait tout pour plaire. Il était grand, plutôt musclé, des yeux bleus océan, des cheveux bruns raides qui lui tombaient devant les yeux. Il était juge au tribunal de grande instance de Paris. Il avait enfin décidé d’épouser Lucie après une longue histoire d’amour de sept ans. Il avait décidé de le célébrer dans le petit village de leurs vacances d’enfance et en petit comité. Seuls les deux familles serait présents et quelques amis villageois.
Que direz-vous qu’on s’installe sous l’arbre et qu’on prépare la table. Puis on commence l’apéritif avant que les invités du diner arrivent? demanda le père, content de voir enfin toute sa famille réunie pour un heureux événement.
- Avec plaisir, papa, répondit Charlie en passant un bras autour de la taille de sa femme.
Tous partirent vers la cuisine pour préparer la table du soir, sortir les couverts et les apéritifs. L’ambiance était à la bonne humeur et tout le monde eut de grands fous rires mais Charlie sentit une grande mélancolie le gagnait au fur et à mesure que les souvenirs remontaient à la surface.
ooOOoo
La nuit avait enfin étendu son grand voile sur le ciel et les grillons chantaient dans la végétation. Sous deux grosses lanternes suspendues à une branche d’arbre, autour desquels tournaient de petits mouchions, des grands éclats joyeux de voix se faisaient entendre. Une très grande table était dressée dans la cour des Luban et les femmes de la famille faisaient le service. Il y avait toute la famille: les parents de la future mariée qui était arrivés la veille et qui logeaient dans le seul hôtel du village et les amis d’enfance des enfants de la famille. En tout, ils étaient vingt.
Charlie était soulagé. Sa femme ne se sentait pas exclue de la conversation et y participait même activement. Son accent américain charmait tout le monde.
Quand le dessert fut amené sur la table, Charlie prit son verre et frappa dessus avec le dos de sa fourchette pour obtenir un peu d’attention de la part de tout le monde.
Comme nous vous l’avons appris plus tôt dans la soirée, Iris et moi, nous formons un couple heureux depuis quelques années. Une seule chose manquait à notre bonheur, mais celui-ci va être comblé. Nous allons avoir un petit bébé.
La mère de Charlie se mit à pleurer de joie tandis que tout le monde se mettait à féliciter la future mère. Le futur grand-père prit Iris dans ses bras et pleura lui aussi. Le retour au pays de leur fils et cette nouvelle, en plus du mariage de leur fils aîné le comblaient de joie, au delà du possible.
Une bonne heure et demie plus tard, tout le monde était allé se coucher dans le mas et les dépendances de celui-ci pour les invités. Toutes les fenêtres et les volets étaient ouverts pour faire entrer un semblant de fraicheur.
Charlie n’était pas allé se coucher avec sa femme. Il était encore assis à la table et jouait une partie de belotte avec son meilleur ami d’enfance, Valérien. Ils avaient le même âge et avaient passé de longues journées d’été à travers les collines et le reste de l’année à user les bancs de l’école. Une vieille complicité les liait. Le jeune homme était devenu pédiatre.
- Tu te débouilles pas trop mal pour quelqu’un qui n’y a pas joué depuis onze ans, dit Valérien en voyant qu’il avait perdu la quatrième partie d’affilé.
- Qu’est-ce que tu crois? c’est le talent qui parle…
- Bon. Ce n’est pas tout ça, mais je commence à avoir soif. Je vais remplir le pot à eau.
- Ok.
Pendant que son ami était parti en direction de la cuisine, Charlie regarda le ciel sans lune et constellé d’étoiles. Il s’amusa, dans sa tête, à retrouver le nom des constellations qu’il avait appris à l’école, étant enfant. Et peu à peu, son esprit se mit vagabonder dans les méandres de ses souvenirs passés.
- Ça sera la seule et unique fois entre nous. Je pars demain.
- Je sais.
- Et ça ne sera plus qu’un souvenir dans nos mémoires car je ne compte pas rentrer en France.
- Ça restera un secret à jamais. J’y compte bien…
Son esprit revint au temps présent car une main sur l’une de ses épaules le secoua vivement. Il pencha sa tête en arrière et vit Valérien penché au-dessus de lui, le visage quelque peu inquiet.
- Tu m’as fait peur avec tes yeux perdus dans le vide.
- Désolé. Des souvenirs revenaient à la surface. Ça me fait drôle d’être ici, après toutes ces années. Moi qui avais dit que je ne remettrais plus les pieds ici.
- Eh oui.
Valérien posa la carafe en terre cuite sur la table, ainsi que deux verres propres, avant de s’asseoir à nouveau en face de lui. Il sortit de son jean un étui à tabac et se mit à rouler une cigarette où il ajouta du shit émietté. Charlie le regarda faire avec attention, un léger sourire planant sur ses lèvres.
- Je vois que tu n’as pas changé certaines de tes habitudes, dit Charlie en regardant les volutes de fumée que faisait son meilleur ami en fumant.
- Je fume seulement lors de soirées comme celle-ci. Je suis sérieux quand je suis avec les enfants.
- Heureusement oui.
- Alors finalement tu t’es casé définitivement? demanda Valérien.
- Oui et on attend un petit bébé. Je suis heureux à un point que tu ne peux même pas imaginer.
- Vraiment?
- Oui.
- Alors pourquoi tu reviens seulement maintenant?
- Parce que les parents m’ont vraiment supplié et qu’on voulait leur annoncer la nouvelle de vive voix.
- Ça ne serait pas plutôt pour te prouver quelque chose, dit le jeune homme, dans une voix lourde de sous-entendus.
- Non!! s’exclama-t-il, sans se rendre compte qu’il avait haussé la voix.
Charlie passa une main peu sûre sur son visage et tourna la tête sur le côté. Brusquement tous ses souvenirs lui revenaient aussi nets que s’il les vivait une seconde fois. Il sentit ses entrailles se tordre et son cœur battre à tout rompre.
- Je t’ai observé pendant la soirée. Tu n’as pas été capable de lui adresser un mot. Il serait temps de mettre le mot fin sur quelque chose qui n’a pas eu lieu et qui n’aura jamais lieu.
Dans sa tirade, Valérien expira une dernière bouffée de fumée avant de jeter négligemment le mégot éteint sur les pavés de la cour. Il eut un profond soupir. Il avait l’impression de se retrouver onze ans auparavant où, à la veille de son départ où lui avait parlé des sentiments qu’il avait sur le cœur depuis quelques temps.
- Malgré le fait que tu aies réussi aux Etats-Unis et que tu aies fait ce que tu voulais, pour toi, ça reste une fuite en avant. Vous auriez dû régler ce problème. Autant toi que …
- On en a parlé, le soir avant que je parte, dans cette maison.
Charlie promena son regard mélancolique sur les vieilles pierres de la façade du mas comme pour appuyer ses dires.
- Et…?
- On a couché ensemble et ce fut fini, répondit Charlie d’une petite voix honteuse.
Valérien ouvrit grand la bouche sans que des mots parviennent à franchir le seuil de ses lèvres. Il vit la main gauche de son ami se poser sur sa bouche.
- S’il te plaît, ne dis rien. Je n’ai pas besoin de leçon de morale de ta part.
Il retira sa main et se leva franchement pour rentrer dans la vaste maison.
- Je vais me coucher. Je suis fatigué.
- Charlie! Fais-le pour toi et ta future famille… dit le jeune homme avant de voir son ami d’enfance disparaitre dans la noirceur de la maison et de son passé.
Il resta encore un quart d’heure à respirer l’air riche en senteurs diverses avant de ranger la vaisselle dans la cuisine et d’éteindre les lanternes avant d’aller se coucher dans une de dépendances. Charlie marchait à tâtons dans les couloirs du premier étage. Il s’arrêta devant son ancienne chambre d’enfant mais n’osa poser sa main sur la poignée ronde de cuivre et la faire tourner sur elle-même pour entrer dans ce sanctuaire.
Il préféra rejoindre sa femme qui dormait dans une chambre d’amis proche de celle-ci. Il entra sans faire de bruit et se déshabilla rapidement. Il plia soigneusement ses affaires qu’il posa sur une vielle chaise d’osier et se glissa sous le fin drap pour se blottir contre Iris. Il posa une main amoureusement sur le ventre de la jeune femme et respira profondément l’odeur épicée de ses cheveux comme pour chasser le souvenir de cette nuit passée. Et le sommeil vint prendre rapidement Charlie dans ses méandres sans rêves.
ooOOoo
Trois jours s’étaient écoulés depuis cette conversation de nuit entre Charlie et Valérien et celui-ci n’avait pas eu le temps de se pencher sérieusement sur ses problèmes, à part qu’il évitait Maxence. Il était plus occupé à faire découvrir la région à Iris avec l’aide de ses sœurs. Lucie, la future mariée s’était aussi jointe à eux, souhaitant ainsi se vider un peu la tête et déstresser. Son futur mari préférait rester au village à jouer aux cartes avec ses amis d’enfance qui avaient fait le déplacement chez leurs parents pour le mariage.
Tous les lieux pittoresques de la région avait été visités: les ruines des châteaux au temps des guerres de religions, les ports touristiques, les ballades dans la garrigue. Dans la journée du quatrième jour, la veille du mariage, Charlie déclara forfait. Le contre-coût du décalage horaire se fit ressentir et il resta toute la journée au lit, bercée par le chant des cigales qui traversait les volets et les fenêtres fermés.
Il fut réveillé par un grand et fort coup de tonnerre, typique des orages d’été dans le sud. L’atmosphère était lourde et moite, due à une forte chaleur qui remontait du sol à cause d’une forte pluie.
Il alla fouiller dans sa valise pour prendre des affaires propres et légères. Pendant qu’il s’habillait, des notes de musiques provenant d’une guitare sèche se firent entendre dans le mas. Charlie descendit au rez-de-chaussée pour aller dans le salon où une voix suave avait commencé à chanter, accompagnée de la guitare, faisant oublier le bruit de la pluie.
And you don't seem to understand
A shame you seemed an honest man
And all the fears you hold so dear
Will turn to whisper in your ear
And you know what they say might hurt you
And you know that it means so much
And you don't even feel a thing
I am falling, I am fading
I have lost it all
And you don't seem the lying kind
A shame then I can read your mind
And all the things that I read there
Candle lit smile that we both share
And you know I don't mean to hurt you
But you know that it means so much
And you don't even feel a thing
I am falling, I am fading, I am drowning
Help me to breathe
I am hurting, I have lost it all
I am losing
Help me to breathe
I am falling, I am fading, I am drowning
Help me to breathe
I am hurting, I have lost it all
I am losing
Help me to breathe
Haa...I am falling, I am fading, I am drowning
Help me to breathe
I am hurting, I have lost it all
I am losing
Help me to breathe
Charlie s’était accoudé contre un mur du salon et regardait Maxence chanter et jouer de sa guitare. Cette chanson lui rappelait tant de choses. Il devait reconnaître que son frère avait toujours eu du talent pour jouer et chanter. C’était une des choses qui faisait son charme à l’époque. Il ne put s’empêcher d’applaudir. Maxence sursauta et se retourna, surpris d’avoir été observé pendant un moment intime pour lui.
- Tu as fini par te réveiller, dit Maxence en posant bien délicatement sa guitare sur un fauteuil.
- Oui. Il est quelle heure?
- 20h30.
- Comment ça se fait que tu sois là et que les autres ne soient pas là?
- Ils sont à Menton, chez des amis aux parents, Les Redicars, je crois.
- Ils reviennent quand?
- Dans la nuit, d’après ce que maman a pu me dire au téléphone tout à l’heure.
Charlie fit une grimace qui voulait tout dire. Il ne voulait pas se retrouver seul avec son frère, de peur à avoir à donner des explications qu’il n’avait envie de fournir. Il regarda son frère disparaitre dans la cuisine, puis il se dirigea vers l’une des fenêtres du salon pour voir le temps se déchainer.
Le ciel était couvert de nuages gris sombre qui déversaient des litres et des litres de pluie sur le sol. Dans la cour du mas se formaient des petits torrents d’eau de pluie qui allaient se perdre dans la végétation.
Une douce odeur de sauce tomate et d’herbe de Provence vint lui chatouiller le nez et le sortir de sa torpeur dans laquelle il s’était plongé.
- Si tu veux manger, j’ai fait des pâtes à la sauce tomate.
Il ne répondit pas mais il alla dans la cuisine pour prendre place à une table sommairement dressée pour deux personnes. Maxence prit une marmite pleine et la posa sur un dessus de plat de liège. Il fit de même avec une poêle remplie de sauce tomate. Tous les deux se servirent et commencèrent à manger dans un silence pesant et lourd jusqu’à ce que le frère ainé se décide à parler.
- Je vois que l’on peut toujours t’amadouer avec de la nourriture, dit Maxence avec une pointe de méchanceté dans la voix. Au moins, je peux arriver à te parler, vu que tu m’évites soigneusement depuis que tu es arrivé.
- Je ne t’évite pas mais j’ai pas forcément envie de te parler. Je n’ai rien à dire. Peut être juste te demander pourquoi tu m’as invité à ton mariage, vu que je ne voulais pas revenir en France…
- C’est une idée de Lucie et finalement, tu es venu avec …
Maxence ne sembla pas vouloir dire le nom de la femme de Charlie comme si ça le dérangeait. Il scruta le visage de son petit frère qui restait maître de lui. Il regrettait l’époque de l’adolescence où il pouvait tout lire sur ce visage.
- Avec Iris… On voulait annoncer la nouvelle à tout le monde.
- Ça ne serait pas plutôt dire que tout est enfin fini.
Charlie soupira un bon coup et posa les mains sur son visage. Il planta son regard dans celui de son frère avant de reprendre la parole.
- Il n’y a rien eu entre nous qu’une seule nuit passée ensemble. C’était fini avant de commencer. On n’aurait jamais dû jouer à ce petit jeu du chat et de la souris. C’était une foutue, de putain d’attirance qui n’aurait pas dû exister.
- Oui mais elle a eu lieu.
- Heureusement que ma nouvelle vie m’a fait voir qu’il y avait autre chose dans la vie que toi. Je n’ai jamais été aussi heureux qu’avec Iris. Elle, au moins, n’a pas joué avec mes sentiments. Tu n’es plus rien pour moi qu’un souvenir que je suis content de voir disparaître avec ton mariage.
Charlie s’était levé et avait posé rageusement sa serviette sur la table. Son assiette vola, pour s’écraser sur le mur derrière Maxence. Il partit et monta trois par trois les marches qui le séparaient du premier étage. La colère s’était emparée de lui sans qu’il en comprenne la raison. Il ouvrit brusquement la porte de son ancienne chambre et alluma la lumière. Rien n’avait changé. Depuis qu’il était parti et apparemment, le ménage venait d’être fait car il n’y avait pas un brin de poussière sur les meubles et les divers bibelots entassés sur les étagères.
Il s’assit sur son vieux lit d’enfant en fer et regarda à travers ses yeux vides, sa fenêtre aux volets fermés. Puis la lumière s’éteignit, le laissant dans un noir qui ressemblait à celui qui s’agitait dans sa tête. Puis deux bras passèrent autour de son cou et des mots d’excuse furent murmurés à son oreille.
- Je suis sincèrement désolé pour tout.
Et l’étreinte se détacha de lui.
ooOOoo
Brusquement, le buste de Charlie se tourna et il tenta d’attraper du bout des doigts quelque chose. Finalement ils touchèrent et attrapèrent un bout de tissu de coton qu’il tira en arrière vivement. Le bruit plutôt bruyant de ressors en fer qu’on écrasait se fit entendre, ainsi qu’un chapelet de jurons tous aussi délicats les uns que les autres.
Maxence fut plaqué contre le matelas sans arriver à se relever tant la poigne de son petit frère était devenue forte. Puis sa joue droite ressentit une douleur très vive sous l’effet d’un coup de poing particulièrement puissant de Charlie.
- Tu crois qu’un simple désolé peut soulager la douleur d’un premier amour déçu?!
- Tu m’aimais? demanda Maxence d’une voix marquée par la surprise.
Oui. Pendant deux longues années, je suis consumé d’un amour passionnel alors que je savais que je n’avais rien à espérer, vu que tu étais mon propre frère. J’avais juste à attendre que ça passe. Mais quand tu as commencé ces allusions et ces marques d’affections, j’ai replongé de plus belle, dit Charlie.
Sa voix était devenue dure, avec une pointe d’aigreur.
- Je suis désolé. Je ne savais pas.
Maxence se prit à nouveau un coup de poing, moins fort que le précédent mais tout aussi douloureux pour la pauvre joue.
- Si tu le savais depuis le début. Tu as toujours su lire en moi comme un livre ouvert. Je t’en veux de m’avoir proposé cette nuit-là et je m’en veux d’avoir céder en me disant que c’était qu’une seule fois en passant, que j’oublierais très vite.
- Malheureusement, on n’oublie jamais son premier amour mais il peut s’estomper.
- Tais-toi.
- Alors lâche-moi, répondit Maxence.
Charlie défit son étreinte et se leva du lit. Bien que la chambre était bercée par la pénombre des volets fermés et de la nuit, il distinguait parfaitement la silhouette de son frère se lever et prendre la direction de la porte qui se trouvait à côté de Charlie mais il ne sortit pas. A la place, il saisit les poignets de son jeune frère, les porta au-dessus de leurs têtes et le poussa brutalement contre un mur. Et Maxence lui planta un baiser violent, presque en lui mordant les lèvres. Il lui céda facilement.
Pour Charlie, ce baiser avait un goût particulier, subtil qu’il n’avait jamais retrouvé, même chez Iris. Maxence mit fin à leur échange et posa son front contre celui de son frère, le souffle légèrement erratique.
Ensuite la bouche de Maxence vint vers l’oreille gauche de son petit frère pour lui murmurer des mots qui venaient que trop tard et glissa un bout de langue sur les coins de son lobe d’oreille.
Charlie agrippa ses mains sur les omoplates de Maxence et planta ses doigts et ongles dans la chair à travers le tee-shirt de coton de son grand frère. Son corps le trahissait par des légers frissons de plaisir et par ses jambes qui avait du mal à le maintenir debout.
Il glissa le long du mur, entrainant Maxence avec lui. Il descendit les mains le long du corps de celui-ci et lui retira son vêtement. Il mit toutes ses bonnes résolutions de côté pour la prochaine heure. Comme il y avait onze ans, ce moment n’était qu’à eux. Peu importait les autres liens qu’il y avait entre eux.
- S’il te plaît, murmura Charlie pendant que ses mains glissaient sur le corps qui avait changé avec les années. Une dernière…
Il n’eut pas le temps de poursuivre que sa bouche était à nouveau prise d’assaut et il se retrouva, sans trop comprendre, sur le dos couché sur le vieux parquet de son ancienne chambre qui avait connu leur seul moment intime. Maxence était au dessus de lui et défaisait avec une impatience certaine tout les boutons de la chemise d’été de Charlie et laissa ses mains parcourir le haut du corps de son frère en aveugle, les yeux fermés. Charlie faisait de même, laissant ainsi monter une excitation très sensuelle et chaude. Ils restèrent un quart d’heure ainsi avant que Charlie inverse leurs positions d’un puissant coup de reins.
Ses mains passèrent sur la taille de son frère et se glissèrent sous le pantalon pour le lui retirer ainsi que le boxer. Le reste de ses vêtements à lui subirent le même traitement et de nouveau, leurs mains passèrent sur toutes les parties du corps pour s’en dessiner un portrait mental et que cela reste gravé au plus profond de leurs têtes. Puis leurs corps furent gagnés par la volonté d’un rapport plus poussé, lassés de mimer l’acte charnel.
Charlie prit le membre de son frère dans sa main et le caressa doucement en faisant glisser les bouts de ses doigts sur celui-ci. Bien que Maxence restait relativement maitre de lui, les frissons qui agitaient son corps de la tête aux pieds trahissaient son état. Charlie monta sur son frère et entreprit de glisser le membre à l’intérieur de lui sans préparation.
Petit à petit, il le fit entrer en lui, malgré la douleur qui le transperçait. Il se cambra en prenant de grandes aspirations d’air pour la faire passer mais il endurait la douleur comme une punition pour l’acte qu’ils faisaient tous les deux. Maxence se releva et passa ses bras puissants autour des hanches de son petit frère et le rassura par des mots doux et des caresses. Ils restèrent plus d’une dizaine de minutes dans cette position avant que Charlie commence à se mouvoir de lui-même.
Maxence lui mordillait la base du cou avant de réclamer un acte plus bestial, plus à l’image du désir et de l’amour qui consumait son corps à ce moment-là.
Car ce qu’il n’avait pas dit à son frère et qu’il ne lui dirait jamais, c’était que les sentiments étaient partagés, bien qu’il s’en soit rendu compte trop tard. De toute façon, il n’y avait aucune issue pour eux, à quoi bon le dire. Il voulait être le seul à avoir des regrets.
Il avait mis un long moment avant de permettre à quelqu’un de l’approcher à nouveau et Lucie réussit à forcer ses barrières et à se faire aimer de lui. Elle disait que les sentiments ne choisissent pas la personne et c’était même elle qui avait tanné leurs parents pour faire venir Charlie des Etats-Unis afin de régler leurs problèmes une dernière fois.
Les deux s’activaient à faire venir la jouissance qui les libérerait peut être d’un poids mais surtout d’un désir charnel. Ils étouffèrent leurs cris par des baisers possessifs.
Plus tard dans la nuit, quand tout le monde fut rentré d’un voyage en voiture apparemment exténuant sous des trombes d’eau, Charlie se blottit dans les bras de sa femme en lui murmurant:
- Fais-moi oublier…
Que je l’aimerai toute la vie, termina-t-il en pensées. Le mariage était pour le lendemain après-midi.
ooOOoo
La petite église du village était pleine au moment où le deux époux échangeaient leurs vœux de mariage. La chaleur s’était glissée à l’intérieur du bâtiment ancien par les portes, qui étaient restés ouvertes pour l’occasion et rendait l’atmosphère étouffante. Charlie sentit que sa femme lui prit la main et lui serrait très fort les doigts de la main. Elle était très émue par la cérémonie et par tout ce monde présent autour d'elle, elle qui n’avait eu personne lors de leur mariage. Lui se sentait quelque peu mal aisé par la situation car bien qu’il aime plus que tout sa femme, sa nuit avec Maxence restait comme un poignard, planté en plein cœur. Il n’avait qu’une hâte, c’état sortir de là.
Dix minutes plus tard, tout le monde fut dehors à jeter des poignets de riz blanc sur les jeunes mariés. Un grand sourire de joie était sur tous les visages et les rires étaient aussi de la partie. L’apéritif et le diner se faisait dans le mas. Chacun des témoins allaient de son petit discours sur la joie du mariage et ses péripéties. Iris n’était pas en reste en bavardant gaiement avec Lucie et Charlie demandait à ses deux sœurs jumelles où en était leur vie amoureuse. Celui-ci amusait beaucoup à entendre leurs aventures et mésaventures avec leurs différents petits amis.
Le diner se prolongea jusqu’à dans la nuit, certains invités restaient autour des tables pour discuter, d’autres dansaient tant bien que mal au son d’une chaine hifi et les membres de la famille nettoyer les tables.
Charlie transportait une grosse pile d’assiettes qui tenait en équilibre par miracle. Il la posa sur la table de travail, à côté de l’évier. Quand il se retourna, il vit Lucie qui venait du premier étage. Elle ne portait plus sa grosse robe digne des contes de fées et avait ôté pour des vêtements décontractés.
- Je me sens mieux, dit Lucie en faisant un grand sourire à son nouveau beau-frère.
- C’est sur qu’une robe pareille n’est pas l’idéal en cette saison.
- Oui, c’est clair.
Et Lucie partit dans un grand éclat de rire.
- Tu es vraiment comme Maxence t’avait décrit. Très gentil et chaleureux.
- Ah…, fit Charlie, surpris que son frère ait parlé de lui de cette manière. Tous mes vœux de bonheurs pour tout les deux.
- Merci. Je vais essayer de tout faire pour que ça réussisse.
- Il n’y a pas de soucis pour ça.
Il avait l’impression que tout de qu’il disait été de l’hypocrisie mais il n’y avait rien d’autre à dire. Il lui fit un dernier sourire avant de finir ce qu’il avait commencé dehors. Un quart d’heure après, Iris alla le chercher pour qu’ils aillent se coucher car elle était fatiguée et qu’il fallait être un peu reposé pour le voyage de retour le lendemain matin.
Charlie se réveilla six heures plus tard, personne n’était encore levé quand il alla à la cuisine pour se faire un petit déjeuner simple. Il prit un paquet de corn-flakes et s’en versa dans un grand bol avant de les noyer sous le lait. Mais avant qu’il puisse mettre sa cuillère dedans, son bol lui fit pris.
Ce fut Maxence qui mangea ses céréales avec un certain sourire de satisfaction avant de regarder son petit frère droit dans les yeux.
- Alors tu pars à midi?
- Oui.
- Pourquoi?
- Il nous reste deux jours avant retourner aux Etats-Unis et Iris aimerait bien visiter un peu la capitale.
- Ah…
Il eut un silence pesant. Maxence posa le bol dans l’évier et s’approcha de son frère en lui posant une main douce sur la joue. Charlie posa une main dessus celle-ci et la serra.
- N’oublie pas de l’aimer. C’est une femme qui te rendra heureux.
- Je sais.
Et Maxence se pencha et l’embrassa doucement. Quand ils rompirent cet échange, ils restèrent un moment sans dire un mot. Maxence lui faisait une sorte d’adieu au gout amer. Maintenant, chacun avait une vie à mener sans aller à quelque chose qui serait sans issue. Puis Maxence ouvrit la bouche, articulant une série de lettre sans voix, avant de partir à l’étage et Charlie sentit des larmes silencieuses coulaient sur ses joues. Un poids sur le cœur venait de le quitter.
Le train roulait à un rythme régulier et berçaient les voyageurs en route jusqu’à la capitale. Iris regardait le paysage, mélancolique. Son visage avait repris des couleurs et elle semblait reposée malgré le temps de passer chez ses beaux-parents. Charlie se sentait lui aussi. A présent, il savait les sentiments de Maxence et il pouvait maintenant aller réellement de l’avant avec sa nouvelle famille. Les souvenirs du passé avaient cessé de venir le hanter et il ne regrettait plus rien.
Il posa les deux mains sur le ventre de sa femme en s’imaginant avec un grand sourire, la vie qui se développait. Le futur lui semblait radieux.
FIN
Finit le 28 février 2008 à 2h57.
J'espère que vous avez aimé. Alors Rhode, tu as changé d'avis? La chanson présente au milieu de la fic n'est pas à moi, c'est Duvet du groupe anglais Bôa.