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Fiction » Young Adult » Franck Durand, commercial et gérontophile font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: unknown sinner
Fiction Rated: M - French - Humor/Romance - Reviews: 8 - Published: 03-07-08 - Updated: 03-29-08 - Complete - id:2485344

Cette histoire traite d'une relation entre deux hommes donc si vous ne supportez pas ce genre de rapprochement des corps, détourner votre chemin vers des horizons plus cléments à vos yeux.

Il s’agit d’une fiction entièrement originale où toutes vraisemblances dans les faits autant que dans les personnages sont absolument fortuites.

Toutes les personnes participantes à cette fiction n’ont subi aucun dommage morale et physique.

Sur ce bonne lecture ! O

oooOOOooo

- Oui ?... Qu’est-ce que c’est ?...

L’œil fatigué de la vieille dame scrutait avec méfiance à travers l’entre bâillement de sa porte. L’ouverture laissait à peine de quoi discerner la forme qui se trouvait derrière.

- Bonjour madame ! Franck Durand, de la société Longiflex. Je ne vous dérange pas, j’espère.

Un jeune homme tiré impeccablement à quatre épingles se tenait sur son palier. Il avait les cheveux bruns parfaitement coupés, figés par le gel, et son visage clair et net affichait un sourire charmeur et des yeux rieurs, couleur azur. Ses traits juvéniles formaient un drôle de contraste avec son allure d’homme.

- C’est pour quoi ?... La plomberie ? demanda abruptement la vieille femme d’une voix criarde.

- Non, non madame… Je travaille dans l’assurance. La contredit aimablement l’homme en lui tendant dans l’embrasure sa carte de visite. Puis-je entrer un instant ?

La vieille dame fit une grimace en essayant de déchiffrer les petits caractères sur le bout de carton.

- C’est pour le gaz ?...

- En autre ! lui répondit en souriant le commercial.

- Quoi ? La plomberie et le gaz ?... J’comprends rien !...

La douanière commença à refermer la porte. Le jeune cadre se précipita vers l’ouverture qui se réduisait.

- Ah ! Vous faîtes de la broderie ! s’exclama-t-il.

La mamie suspendit son geste et leva les yeux vers le jeune homme. Il lui adressa un amical sourire et lui montra des yeux le canevas qui était accroché au mur de l’entrée. La vieille dame acquiesça.

- C’est très joli ! Ce sont de magnifiques couleurs que vous avez utilisées ! Où vous les avez achetés ? demanda le brun enthousiaste.

- Oh… Vous savez, je les achète dans une petite mercerie au centre-ville…

- Ah bon ? s’exclama le jeune homme. J’ai ma mère qui s’y est mise récemment, elle n’arrive pas à trouver des échevettes avec de belles couleurs ! Comme elle est débutante, elle est un peu perdue, vous savez…

- Oh ! C’est sûr qu’il faut un peu de pratique…

- Ce modèle a l’air compliqué ! Vous êtes douée !

- Oh ! J’ai eu du temps pour m’entraîner depuis ma retraite ! s’exclama en riant la grand-mère.

- Ma mère veut refaire les cousins de son salon mais elles n’arrivent pas à trouver des modèles simples qui lui plaisent… Sans parler du choix des couleurs… Et moi et la broderie, vous savez…

Il lui lança un petit coup d’œil timide avec un sourire complice. La douanière lui sourit de toutes ses dents gâtées.

- J’ai des vieux modèles que j’ai laissés de côté… Vous voulez jeter un coup d’œil ? Peut être que ça donnera des idées à votre mère…

- C’est vrai ? Cela ne vous dérange pas ?

- Non, non, ça me fait plaisir voyons !

La mamie referma la porte et enleva la chaîne de sécurité. Le jeune homme s’invita dans le hall d’entrée en la remerciant encore de sa gentillesse.

- Oh ! C’est du vieux parquet ! Vous ne glissez jamais sur vos tapis ?... Vous devriez faire attention, parce que ma grand-mère, un jour, s’est cassée une hanche comme ça… Je ne vous raconte pas le chamboulement que cela a été ! Hôpital, infirmière à domicile, béquille… Heureusement qu’elle avait une bonne assurance…

La porte se referma, étouffant le reste de la conversation.

oooOOOooo

Philippe s’étira de tout son long en faisant une grimace sous l’effort. Il fit un « Han ! » de soulagement et reposa ses bras sur son bureau. Ses vieux os lui semblaient reconnaissants de ce délassement. Il remit ses doigts fatigués sur le clavier et regarda d’un œil morne son écran où son tableau d’Excel attendait qu’il finisse de le compléter.

- Salut Philippe ! T’as passé une bonne journée ?

L’homme d’âge mûr tourna légèrement la tête vers le jeune homme qui entra d’un pas dynamique dans le bureau.

- Ca va… J’en ai connu de meilleure… Et toi ?

Franck avait posé sa mallette sur son bureau et enlevait sa veste qu’il déposa sur le dos de son siège.

- Très bonne pêche… dit-il en exhibant des feuilles brochées au nez de son collègue. Et j’ai même trouvé un cadeau pour ma mère !

Il s’installa en souriant dans son fauteuil et alluma son ordinateur portable.

- Un vrai tombeur de mamie ! lâcha avec un sourire en coin l’homme plus âgé.

- Pourquoi tu dis ça ? lui rétorqua en souriant le jeune homme, tout en fixant son écran.

- Parce que c’est vrai !... Combien ?

- Cinq…

- Pas mal… Pas mal du tout… siffla d’admiration son collègue.

- Et toi ?

- Ooofff… Trois…

- C’est bien ! S’ils ne se désistent pas, avec ça tu auras ton quota du mois sans problème ! conclut joyeusement le jeune homme en pianotant sur son clavier.

- Faut pas leur laisser la possibilité de se désister, c’est tout… lâcha insouciamment Philippe en se remettant à son compte rendu.

Franck lança un regard grave mais ne dit rien. Ce n’était pas son problème. Il arborait son masque lisse et propre de commercial dynamique et avenant, et rentra ses dossiers dans son porte feuille client. Il avait qu’une hâte : rentrer chez lui pour passer une agréable soirée devant un bon film.


Il vivait dans un petit appartement en ville, tout à fait à sa convenance : un deux pièces d’environ 45m² avec cuisine et salle de bain. Le voisinage n’était pas bruyant : il était composé majoritairement de retraités qui l’adoraient comme leur propre petit-fils. Et Franck le leur rendait bien. Depuis toujours, il avait un don du relationnel, surtout avec les vieilles personnes. Il avait une grande affinité avec eux : peut être était-ce dû à son grand attachement pour ses propres grands parents.

Il avait toujours adoré se fourrer chez eux. Une petite maison dans le midi de la France. Il y avait toujours une réunion des anciens du village. Ils jouaient à la pétanque ou à la belotte pour les hommes et les femmes passaient leur temps à tricoter ou à faire des compotes ou des confitures.

Mais ce qu’il gardait impérissable dans sa mémoire, c’étaient ses soirées au crépuscule incandescent et au concert de cigales. A l’ombre des oliviers, les petits vieux étaient assis dans le jardin autour d’une bonne petite piquette faite maison. Ils racontaient toutes sortes d’histoires et d’anecdotes, tantôt effrayantes, tantôt émouvantes. Les rires aigus s’élevaient avec les parfums des lavandes. Ce tableau, Franck l’avait cru éternel avant que ses protagonistes ne s’évanouissent dans l’obscurité de la nuit.

Il s’était assumé tout seul depuis l’obtention de son baccalauréat : il avait choisit d’aller en ville et de gérer son quotidien. Sorti major de son école, il s’était lancé là où il se sentait le plus d’affinité : la vente d’assurance vie. Sa clientèle : les retraités.

Il avait des amis de son âge, il ne fallait pas croire qu’il avait un quelconque problème de ce côté-là. Il avait bien eu quelques petites amies complètement folles du brillant garçon qu’il était… Mais il était quand même plus dans son « milieu » avec ces gentils grands-pères et grands-mères. Et cette situation semblait tout à fait normale pour ce jeune homme de vingt sept ans, en bonne santé, installé à cet instant même devant son téléviseur avec pour seuls compagnons : un DVD loué et une bouteille de bière.

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Franck déambulait dans le « vieux quartier » de la ville qui avait gradé tout son aspect pittoresque avec ses rues pavés et ses étroits passages mais dont le prix au mètre carré avait flambé. Le jeune cadre avait fait de cet endroit son secteur de prédilection avec sa brochette de fortunés retraités excentriques. Il connaissait le nom de toutes les concierges qui le laissaient gracieusement pénétrer dans leur fort bien gardé.

Il aperçut des figures familières en pleine conversation agitée sous un porche.

- Bonjour madame Riaume ! Bonjour madame Rivière ! Comment allez-vous aujourd’hui ? les salua-t-il avec un éclatant sourire.

- Bonjour Franck ! lui répondit la plus jeune des vieilles dames. Cela fait un moment qu’on ne vous a pas vu !

- Le travail m’a retenu ailleurs mais j’ai fait un détour !... Vous sembliez en effervescence… Qu’est-ce qui émoustille des jeunes filles comme vous ?

- Oh ! Mon petit Franck ! Vous ne croyez pas si bien dire ! lui minauda madame Rivière qui semblait retomber en adolescence sous le compliment. Nous parlions d’un nouveau propriétaire qui a emménagé il y a deux mois dans l’immeuble.

- Ah ? s’exclama le jeune homme, intéressé.

- Oui, il semblerait qu’il s’agisse d’un ancien professeur d’université. Confirma Madame Riaume. Je ne l’ai croisé qu’une seule fois, dans l’ascenseur.

- Oui ! affirma sa comparse. Il est assez casanier et pas très bavard. Janine a essayé de lui fait la conversation mais c’est à peine s’il n’a pas couru se réfugier dans son appartement ! Il a fermé à double tour ! Le rustre !

- Un jour je l’ai vu dans la rue ! Il a changé de trottoir ! se plaignit Madame Riaume.

Madame Rivière fit un « Oh ! » d’indignation, tandis que Franck essaya tant bien que mal de se retenir de rire. Connaissant le sacré caractère des résidentes, il ne pouvait que compatir à l’harcèlement du pauvre vieux.

- Il n’a pas l’air commode votre idole… Ne devriez-vous pas le laisser tranquille ? demanda avec un sourire espiègle le jeune homme aux deux mamies.

- Oh ! Mais il y a des convenances à respecter ! se défendit dignement Madame Rivière.

Franck se pencha en souriant.

- Pour que vous insistiez… Il faut vraiment qu’il soit à votre goût… murmura-t-il en faisant un clin d’œil.

Les deux vieilles dames rirent comme des adolescentes, toutes gênées de voir leurs intentions secrètes mises à jours.

- Il y a si peu de nouvelles têtes… C’est l’occasion de faire de nouvelles connaissances… avancèrent-elles comme excuse.

- Je n’aurais pas résisté si longtemps à de si charmantes et si attentionnées voisines.

- Oh ! Franck ! Quel vilain menteur vous faîtes !...

Mais les paroles cajoleuses du jeune homme les ravirent à l’extase. Et elles continuèrent à glousser comme des jeunes filles en fleur.


Le bruit d’arrêt de l’ascenseur suspendit les rires. La porte s’ouvrit et un homme d’une soixantaine d’années en sortit. Franck se redressa devant la vision qui s’avançait vers eux. Il avait les yeux fixés sur cet homme bcbg de taille moyenne à la chevelure blanche parsemée de quelques mèches gris clair. Belle carrure. Il avait une démarche décidée, ce qui lui donnait une certaine présence. Les rides marquées accentuaient la noblesse du visage. Mais les traits étaient figés dans la sévérité dont les sourcils bas renforçaient l’austérité. Ce qui frappa plus évidemment Franck était les yeux bleu clair de l’homme : exactement la même teinte que celle de son grand-père, qu’il adorait admirer, enfant. Arrivé à leur hauteur, il salua d’un coup de tête le groupe qui s’écarta pour lui laisser le passage.

- C’est une belle journée, monsieur Garland ! tenta Madame Rivière. Madame Riaume et moi comptions aller voir l’exposition sur les Pygmées d’Afrique Centrale.

L’homme regarda la dame avec de grands yeux, l’air choqué de son audace de lui avoir adressé la parole.

- Cela vous intéresse-t-il de nous accompagner, monsieur Garland ? s’aventura plus loin Madame Rivière, aimablement.

- Non ! J’ai autre chose à faire ! fit dans un mouvement de recul l’interrogé, l’air effrayé. Si vous voulez bien m’excuser !...

Il s’enfuit sans attendre de réponse.

- Quel goujat ! s’exclama Madame Rivière, scandalisée.

- Je me demande comment il a pu enseigner jusqu’à maintenant avec une sensibilité pareille ! renchérit Madame Riaume en remettant son col.

- Alllons, allons mesdames… Vous ne savez pas à quel point les hommes peuvent être timides devant des gens envers qui ils ont un quelconque intérêt. Et je sais de quoi je parle… les calma Franck en leur lançant un regard convenu.

- Oh ! Franck ! Vous ? Timide ?... répliqua la plus jeune des dames. A quel agneau voudriez-vous faire croire cela ?

Les vieilles femmes gloussèrent. Franck leur sourit gentiment.

- Mais dites-moi, je suis dans le quartier du Châtelain ce midi… Voudriez-vous que l’on déjeune ensemble ?

- Oh ! Mais quelle merveilleuse idée ! Allons à la « Brasserie de Mansart » ! Madame De Rouvière du club de bingo y déjeune tous les jours !s’emballa Madame Rivière.

- Oh ! Oui ! s’enthousiasma l’autre dame. Allons-nous y pavaner avec un beau et charmant jeune homme !

- Eh bien retrouvons là-bas sur les coups de 13h ! conclut le commercial.

Il prit congés des vieilles femmes, qu’il laissa en pleine excitation. Il marcha d’un pas léger et le sourire aux lèvres. Son intérêt a été fortement éveillé et il comptait bien cuisiner les petites mamies sur leur mystérieux voisin.

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Avant de me retrouver avec une pile de plainte ou de message indigné, je signale que ma démarche en écrivant cette fiction est purement parodique.

Je trouve qu'il n'y a pas assez de "Harlequin" gay et d'adultes dans le paysage de fictions amateurs gay, donc je me fais un petit plaisir en créant cette histoire, à ne prendre surtout pas au sérieux.

J'espère que vous, lecteurs, apprécierez ce cliché grandeur nature en 3 actes et que vous passerez un bon moment à rougir de plaisir!

(Enfin j'espère...)

Au plaisir de recevoir vos impressions par reviews!



© Copyright 2008 unknown sinner (FictionPress ID:400679).


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