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Chapitre 6
« Attention !! Tu es prêt ?
Sur un hochement de tête de Raphaël, Stéphane ouvrit la porte du restaurant.
« Pour cette fois nous passons par la porte d’entrée de la clientèle. On va manger ici, comme ça, j’aurais tout le temps de te faire visiter et de te présenter tes nouveaux collègues. »
Le brun ouvrit en grand les yeux. Voilà qu’il entrait dans un restaurant qui semblait très huppé. Tout était en bois sombre, les chaises et les banquettes molletonnées, de jolies nappes agrémentaient les tables. Certaines d’entre elles étaient à découvert tandis que d’autres étaient dissimulées au regard des curieux par des grandes plantes vertes et des petits paravents.
« On a essayé de faire le maximum pour que les clients se sentent à leur aise. Nos tables s’adaptent à tous les goûts. Le soir, comme tu peux le constater, les lampes accrochées aux murs et sur les tables diffusent une lumière tamisée très sympathique. Du moins à mon avis. Tout le monde ne peut malheureusement pas être d’accord. Viens, allons nous asseoir. »
Raphaël hésitait et tentait de se faire le plus petit possible. Il ne se sentait pas à sa place dans cette endroit de bon goût, visiblement fréquenté par des personnes aisées à en juger par les quelques clients déjà présents.
Stéphane, en guidant le jeune homme vers une table au fond du restaurant, distribuait des salutations et des sourires aux gens qui le reconnaissant, l’apostrophaient.
S’asseyant, le brun se bouina contre le mur. Il n’allait jamais pouvoir travailler ici, c’était impossible.
« Hé bien !! Que t’arrives t’il ? Il ne faut pas être intimidé tu sais. D’ici demain, tu commenceras à t’occuper de ces personnes et tu verras qu’à force de devoir essayer de répondre à toutes leur exigences tu seras vite blasé. »
Raphaël n’en était pas persuadé. Tous ceux qu’il avait croisé jusqu’à maintenant lui avait toujours dit qu’il n’était qu’un incapable. Il ne voyait pas pourquoi ça changerai.
Il allait mettre en garde Stéphane sur son incompétence quand une voix féminine l’interrompit.
« Bonsoir messieurs. Puis-je prendre votre commande ?
Une jeune serveuse vêtue d’un bel uniforme rouge sombre venait d’apparaître à leurs côtés.
De longs cheveux blonds ondulés retenus par une barrette sur le dessus de sa tête et des yeux bruns rieurs furent les premières choses que nota Raphaël.
« Bonsoir Clarisse ! Nous n’avons pas encore regardé le menu. Mais attend que je te présente ton nouveau collègue qui commencera demain. Il se prénomme Raphaël. Je compte sur toi pour t’occuper de lui. »
La blonde sourit à Stéphane puis observa le brun sous toutes les coutures.
« Oh patron, j’avais bien vu que c’était vous. Alors vous nous ramenez un petit nouveau. C’est super. Est-ce que je peux lui faire visiter moi-même l’établissement ?
Stéphane éclata de rire devant la mine impatiente de la jeune femme.
« Okay Clarisse. A une seule condition. Ne me le mange pas tout cru s’il-te-plaît. Raphaël, je te confie à cette jeune demoiselle. Crois-moi, elle pourra mieux que moi te parler de toutes les petites choses à savoir ici. Je t’attendrai pour dîner. J’ai quelques petites choses à voir de toute façon. Clarisse, réserve-nous cette table s’il-te-plait. »
Sur ces mots, Stéphane se leva et se dirigea vers une porte interdite d’accès aux clients.
Clarisse lui cria alors d’un ton amusé
« Pas besoin de la réserver patron. Personne ne s’assied jamais ici. Tout le monde sait que cette table est la vôtre ! »
Ricanant sous cape au froncement de sourcils que cette tirade fit faire au blond, elle entraîna Raphaël avec elle.
Celui-ci en voulait à Stéphane. Comment pouvais t’il l’abandonner ainsi. Était-il déjà lassé de lui ? Il soupira. Bien sûr que oui. Personne ne pouvait supporter de rester avec lui, il était trop insignifiant.
Clarisse le sortit de ses sombres pensées.
« Alors comme ça tu commences demain ! C’est super ! On est toujours trop occupés. Deux bras de plus ne nous ferons vraiment pas de mal. Je vais te présenter à tous ceux qui sont présents ce soir. Il est encore un peu tôt, et même si quelques clients sont déjà là, le coup de feu ne débutera que d’ici 1 heure. »
Poussant deux grandes portes battantes, elle fit entrer Raphaël dans une cuisine spacieuse et très éclairée.
Quatre personnes se trouvaient aux fourneaux, trois hommes et une femme. Un garçon petit aux cheveux châtain foncé, un trentenaire roux et dégingandé, un vieil homme à la barbe courte et blanche et une petite dame assez rondouillette.
Tous tournèrent la tête à leur entrée et détaillèrent de manière fort peu discrète Raphaël.
Sous cette inspection en règle, le jeune homme se sentit rapetisser de l’intérieur.
« Alors, laisse moi te présenter dans l’ordre, Olivier, Fréderic, Alan et Molly. Tous sont affiliés aux cuisines. Hé, vous autres ! Voici Raphaël, il nous prêtera main forte à partir de demain comme serveur. Allez, on revient, on va aux vestiaires.
Quatre saluts retentirent aux oreilles du brun. Puis, sans que celui-ci n’ait eut le temps de répondre, Clarisse lui agrippa la main et le traîna à travers la cuisine jusqu’à une autre porte.
Les vestiaires apparurent alors aux yeux du jeune homme ainsi qu’autre chose qui le fit brusquement se dissimuler derrière la serveuse.
« Hé bah alors... »
Ce fut la seule chose que la blonde eut le temps de dire, surprise par le mouvement de Raphaël. Une voix tonitruante l’empêcha de terminer sa phrase.
« QU’EST-CE QU’IL FAIT LA CELUI-LA !! »
Une armoire à glace venait de leur sauter à la gorge.
Le brun faillit prendre ses jambes à son cou, mais Clarisse le maintint en serrant plus fort la main qu’elle tenait encore. Elle fit face à l’homme.
« Bonsoir Victor, comment vas-tu ? Tu es visiblement en forme vu comment tu viens de nous percer les tympans. Quant à « celui-là » comme tu l’as si gentiment dit, le patron vient de l’embaucher comme serveur. Alors si tu as quelque chose à dire, c’est à lui qu’il faut en parler. Maintenant, si tu veux bien nous excuser, nous voudrions passer. »
Le ton calme et maîtrisé de la jeune femme calma instantanément l’armoire en furie.
« Embauché !? Mais c’est un…un vagabond… !! »
Victor avait l’air complètement abasourdi.
L’air brusquement furieux, Clarisse le gifla violemment et rapprochant son visage de l’homme, elle lui dit entre ses dents serrées
« Comment oses-tu ! As-tu oublié d’où tu viens ! Tu n’étais pas dans une situation beaucoup plus brillante à l’époque, alors tais-toi ! »
Victor rougit violemment faisant ressortir la marque de la gifle et baissa les yeux.
Le laissant dans sa gêne, Clarisse repartit, entraîna Raphaël dont elle n’avait pas lâché la main durant l’altercation.
Le pauvre était totalement perdu, il suivit la jeune femme dans la pièce remplie de casiers.
La blonde s’arrêta devant l’un d’entre eux.
« Voilà, celui-ci sera le tien, il est libre. Il faudra juste que tu achètes un cadenas. Comme tu peux le voir, il y a également des toilettes et un lavabo. Nous avons aussi une salle de repos au fond. »
Raphaël, considéra toutes ces informations. Cet endroit avait vraiment l’air de prendre soin de ses employés. Il espérait qu’il allait pouvoir s’y adapté. Il ferait tout pour.
Levant les yeux vers Clarisse, il lui sourit.
La jeune femme eut l’air suffoqué.
« Ouahou ! Tu devrais plutôt travailler dans le mannequinat ! T’es une vraie bombe quand tu souris ! Et dire que c’est naturel ! Tu en as de la chance, moi il me faut une heure devant le miroir pour n’avoir qu’un dixième de ton charme. Tu vas faire craquer notre clientèle.»
Raphaël rougit violemment.
« aaaaaaah !! Tu es vraiment trop mignon !! »
La jeune femme le serra dans ses bras à cette exclamation puis sans dire un mot de plus, elle le reprit par la main et, repassant devant Victor qui n’avait toujours pas l’air remis et lui faisant retraverser toute la cuisine sous les regards curieux des quatre présents, elle le ramena à la table à laquelle l’attendait Stéphane, l’air préoccupé.
Les voyant, son sourire réapparut.
« Alors, Clarisse t’as tout fait visiter ? Qu’en penses-tu ? »
Raphaël lui fit un grand sourire et s’asseyant en face de lui, il laissa éclater son admiration.
« Votre restaurant a l’air d’être vraiment extraordinaire. Vous avez même une salle de repos. C’est la première fois que je vais travailler dans un restaurant comme celui-ci, j’espère que je ne vous décevrais pas. »
Surpris d’une telle éloquence de la part de son colocataire, Stéphane ne su pas quoi dire sur l’instant, admirant les joues rouges d’excitation du jeune homme puis, remarquant le regard légèrement moqueur de sa serveuse, il se reprit.
« Je suis sûr que ce ne sera pas le cas. En tout cas, avant de déclarer que mon restaurant est extraordinaire, attends d’avoir goûté à la cuisine. Clarisse, tu veux bien nous apporter les menus s’il-te-plaît ? »
La jeune femme lui sourit et avec un clin d’œil, elle lui répondit
« Tout de suite patron. Permettez-moi d’ajouter que notre nouveau collègue est réellement à croquer, je suis sûre que l’on s’entendra très bien tous les deux. »
Sur ces mots, la jeune femme partit en riant. Stéphane, un sourire aux lèvres, se pencha vers Raphaël.
« Méfies-toi, c’est une dévoreuse d’hommes. »
Rougissant, le brun lui répondit
« Elle est vraiment très gentille, j’espère que je ne la gênerais pas dans son travail. »
« Ne t’inquiètes pas pour ça, c’est une vraie mère poule, elle passera son temps à te couver. Allez, maintenant il est temps de profitez de cette soirée, ne t’inquiète pas je suis sûr que tu te débrouilleras très bien. »
Stéphane se laissa alors aller sur son siège.
Raphaël soupira. Il était décidé à se donner à fond dans son nouveau travail. Il avait presque hâte de commencer maintenant.