| Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search | Login Register Extras |
Désert
A
ceux qui pleurent quand le jour se lève,
A
ceux qui gémissent quand la nuit s’achève,
J’aimerai
murmurer ces quelques mots.
Alors
approchez-vous, doucement, plus près.
N’ayez
pas peur, venez s’il vous plaît,
Que
je susurre à votre oreille un flot
Arachnéen,
Cruel
et délicieux.
Dans
les rugosités de mon langage,
Vous
apprendrez, si vous vous montrez sages,
Les
mystères des âmes magiciennes.
Le
silence vous happe.
Il
vous attrape.
Vous
étouffe.
Vous
étrangle.
J’aimerai
célébrer le sang,
Rouge
sur le sable ;
Ici
il n’y a que le vent,
Les
blessures à vif
Des
cœurs déchirés.
J’aimerai
chanter plus fort
Les
maux qui nous dévorent
De
l’intérieur.
Exorciser
mes terreurs,
Les
noyer dans mon angoisse,
Les
piétiner.
Sur
mon visage du ciel les caresses écorchées.
Entendez-vous
vos cœurs qui battent ?
Entendez-vous
leurs soupirs ?
Laissez-moi
vous les arracher
Et
les dévorer par gourmandise.
J’ai
faim de vos suppliques,
De
vos luttes inutiles.
J’aimerai
hurler ma rage,
La
déverser en vagues inassouvies,
Et
si sous l’écume il y a l’eau claire,
Mes
tempêtes ne me laissent que morte vive.
Je
me blesse d’air pur,
Je
me couvre d’étincelles,
Entre
les racines d’une terre nouvelle.
Sur
ma peau du sel la saveur amère.
Du
froid les morsures
Du
soleil les brûlures
Me
font exploser en étoiles,
En
fleurs séchées,
Dattes,
encens et chaleur,
Dans
le parfum âcre de la mort
Et
de la stérilité.
Enterrez-moi
sous les dunes,
Sous
la neige d’été,
Pour
que jamais le jour ne se lève,
Pour
que jamais la nuit ne s’achève ;
Sur
mes plaies du fer le languissant baiser.