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Un ange sans plumes
Un ange sans plumes
Ce petit OS m’est venu soudainement, et oui, mon esprit pervers à minuit ne peut pas s’empêcher d’imaginer toute sorte de choses débiles.
La relation décrite ici est légèrement incestueuse, yaoiste et lemoneuse, alors homophobes, âmes sensibles et cardiaques s’abstenir ! Bonne lecture et régalez-vous mes petits mimoldiers chéris ! C’est rien que pour vous, tout cadeau ! (oh, et soyez indulgents s’il vous plait, c’est mon premier vrai grand lemon alors…)
oOo
Ah, Fontainebleau ! Quelle magnifique région que celle-ci ! Et cette maison, si isolée, ce petit havre de paix, avec son architecture rustique et son vaste jardin touffu, n’est-ce pas merveilleux ? Croiriez-vous que dans ce paradis terrestre, le Diable puisse se cacher ? Non n’est-ce pas ? Alors écoutez cette histoire, et jugez plutôt.
Tout commença un beau matin d’été par un cri rageur :
« NOOOON !! »
Maxime, 18 ans, adolescent banal baigné de culture rock et de textos sous forfais illimités, avec ses cheveux châtains savamment décoiffés, ses jeans troués et ses tee-shirts à motifs de têtes de morts, sortit rageusement dans le jardin, poursuivit par une mère embarrassée.
« Mais voyons mon chéri… tenta-t-elle de le raisonner
"Je suis en vacances ! Protesta-t-il vivement. Tu ne peux pas me faire ça pendant mes vacances !
"Maxime, mon poussin, ce ne sont que deux petites semaines !
"Deux semaines sur deux mois, c’est déjà trop ! Je refuse !
"Mais je te signale que tu n’as pas le choix ! S’offusqua le petit bout de femme blonde, les mains sur les hanches. Il est déjà en chemin !
"IL N’AURA PAS MA CHAMBRE ! »
Et pour s’assurer que sa mère ne puisse pas objecter de nouvelles raisons qui le pousseraient à changer d’avis, Maxime se dépêcha de déposer sur ses oreilles le casque de son baladeur MP3. Volume maximum… voilà, parfait ! Aah, comme tout semblait mieux comme ça !
« Hey ! Protesta-t-il quand sa mère lui arracha le casque des oreilles.
"Maxime, ce n’est pas gentil ! Raisonna Myriam, sa mère. C’est quand même ton cousin !
"Oui bah c’est pas moi qui l’ai choisit ! » Bouda le garçon en récupérant son casque pour le remettre sur ses oreilles.
Il n’entendit pas Myriam lui dire qu’elle allait préparer un lit d’appoint dans sa chambre, pour David. Il aurait pu crier toute la journée cela n’aurait rien changé, de toute façon. Il allait devoir partager son espace vital avec son cousin, pendant deux longues semaines.
David était son cousin par alliance. Sa tante Justine avait eu la merveilleuse idée de se marier à un père de famille, mais pas n’importe lequel, non ! Avec un riche manager, tristement veuf, dont le fils avait exactement le même âge que Maxime. En fait, ils étaient nés le même jour. Tout le monde avait trouvé cette coïncidence fort amusante. Tout le monde… sauf les deux concernés.
Maxime et David ne se supportaient pas. En fait, plus exactement, Maxime ne supportait pas David, et ce dernier ne faisait aucun effort pour améliorer la situation. L’adolescent soupira. Justine et Edward partaient deux semaines en amoureux, ils avaient donc tout naturellement pensé à Myriam pour garder leur fils. Ca ne leur était pas venu à l’idée que David était majeur et pouvait donc très bien se garder tout seul ?!
« Fais chier ! » grogna le garçon dans sa barbe inexistante en s’asseyant sur le banc en pierre au fond du jardin.
Bien caché derrière les pétunias, Maxime n’avait d’autres choix que d’attendre son invité.
Il fallut trois longues heures avant qu’une voiture noire, avec chauffeur bien entendu, n’entre dans l’allée. Myriam se précipita immédiatement pour accueillir son neveu chéri. Stéphanie, la petite sœur de Maxime, dix ans et toute aussi blonde que sa mère, sautillait partout en attendant que la portière arrière droite ne s’ouvre. Et elle s’ouvrit.
D’abord apparurent deux jambes interminables dans un écrin de soie noire. Ensuite une chemise vert bouteille qui dessinait élégamment les fines courbes d’un torse pâle. Deux bras ballants. Un visage pointu, blafard, et une crinière blonde tombant en lourdes boucles devant des yeux turquoise. Une expression rêveuse, polit, un « bonjour Tante, bonjour Cousine » vaguement mâchonné, et c’était tout.
Le chauffeur s’empressa de sortir deux grosses valises du coffre pour les amener à l’intérieur, tandis que Myriam cherchait à entraîner son invité à l’ombre de ce soleil brûlant, et que Stéphanie tentait vainement de donner le dessin qu’elle avait fait juste pour son cousin. Maxime observait la scène avec mépris. David lui avait toujours fait peur, avec sa nonchalance et son air rêveur perpétuel. En tout cas, maintenant, le Petit Prince se retrouvait coincé deux semaines avec son plus fidèle ennemi, et c’était décidé, il allait vivre un enfer !
Un sourire sadique étira les lèvres du châtain. Peut-être que ces vacances ne seraient pas perdues, finalement…
oOo
Maxime lisait un magazine, allongé négligemment sur son lit. Pour le moment il avait réussi à éviter David, depuis trois heures qu’il était arrivé. Mais l’heure du dîner approchant, l’adolescent savait que ce répit ne durerait pas éternellement. Et justement, qui frappait à la porte ? Le blond ouvrit lentement la porte en constatant qu’il n’obtiendrait aucune réponse, et déposa son magistral postérieur sur le lit d’appoint mis à sa disposition. Silencieusement, il observa un instant son cousin, avant d’ouvrir la conversation :
« Bonjour Maxime. Dit-il de sa voix claire, calme et douce.
"Moué, b’jour. Marmonna Maxime en se tournant sur le ventre, sans lâcher son magazine des yeux.
"Tes vacances se passent bien ? demanda le blond en croisant ses mains sur ses genoux.
"Excellemment. Et toi ? Grogna le châtain.
"Pas trop. Répondit le cousin honnis. Mon père m’a obligé à venir ici. »
Maxime serra les dents en s’enjoignant mentalement au calme. Il ne posa pas sa lecture, mais répliqua tout de même :
« Et ma mère m’a obligé à te faire une place dans ma chambre et dans mon emploie du temps, alors ne soit pas désobligeant, ok ?
"Entendu. »
Le silence s’installa, pesant, chacun refusant de prolonger le contact, mais s’ennuyant ferme. Maxime se leva soudainement et se regarda dans le miroir incrusté dans l’armoire à vêtements. Sans raison apparente, en fait il s’assurait juste qu’il était toujours aussi débraillé que d’habitude. Ce que David ne manqua pas de faire remarquer.
« Est-ce ma faute si j’ai la classe, et pas toi ? fit remarquer Max en ébouriffant sauvagement ses mèches.
"Une classe artificielle ne vaut rien devant ma magnificence naturelle, n’est-ce pas ? » Répliqua le blond en enlevant ses chaussures pour s’allonger sur ses draps, tout à son aise.
Maxime lui lança un regard noir à travers son reflet. Il était d’accord pour dire que David était beau. Mais pas meilleur que lui. Non. De toute façon, les comparer tous les deux était une hérésie ! Ils n’étaient tout simplement pas du même monde.
« J’ai un peigne, si tu veux apprendre enfin à te coiffer correctement. Proposa innocemment David en l’observant toujours, les bras croisés derrière sa nuque.
"J’ai des ciseaux, au cas où tu voudrais voir le monde au delà de ton horrible frange. » Se vengea Maxime en se détachant enfin de son reflet dans le miroir.
Ce combat verbal qu’ils affectionnaient tout deux aurait pu durer de longues minutes encore, si Myriam ne les avait pas appelé pour manger. Les garçons ne se le firent pas répéter et descendirent rapidement.
Stéphanie n’avait d’yeux que pour David. Elle lui posait un tas de questions inutiles et cherchait tous les moyens possibles et imaginables pour attirer son attention. Ce à quoi le jeune aristo répondait par un sourire hypocrite que Maxime qualifiait personnellement de démoniaquement angélique. Sous ses airs de doux poète, le garçon savait que cette enveloppe cachait le Diable. Et il comptait bien le mettre hors d’état de nuire.
Plan A : la provocation.
« Au fait, David, et tes amours ? demanda-t-il sur un ton enjoué qui ne lui allait pas du tout, mais que sa mère constata avec ravissement (enfin s’entendaient-ils, pas trop tôt !).
"Le calme plat. Répondit calmement le garçon en mangeant avec appétit son repas. Et toi ?
"Attends, ne me dis pas que ta « magnificence naturelle » n’a pas encore trouvé chaussure à son pied ! s’exclama son cousin, faussement surpris.
"Max, ce n’est pas bien de te moquer de lui, toi aussi tu es célibataire ! fit remarquer Myriam.
"Si tu es capable de me présenter un mec mignon fan de Baudelaire, je l’adopte immédiatement. » Répondit quand même calmement David.
Maxime s’etouffa avec sa bouchée, sous le regard mesquin du blond. Pris à son propre jeu. Hé hé… Myriam ne releva pas la remarque, prenant vraisemblablement cela pour une plaisanterie. Et Stéphanie n’était pas encore en âge de comprendre toute la subtilité de l’aveu. Le Diable était gay ! Le scoop !!
Mais faire prendre son adversaire à son propre jeu n’était pas le monopole de David. Maxime lui sourit moqueusement. Il avait son plan B. Applicable dès le soir.
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Plan B : le rendre dingue.
Maxime sortait de la salle de bain, trempé, avec une serviette autours de la taille. Il aurait bien pu se mettre en pyjama depuis la salle d’eau, mais son plan machiavélique s’en serait vu compromis. Et l’esprit fabuleusement tordu du garçon ne l’aurait pas accepté.
David attendait patiemment que la salle de bain soit libre en bouquinant, assis en tailleurs sur son lit.
« Tu peux y aller. » prévint le garçon, un sourire étirant le coin de ses lèvres.
Le blond leva les yeux vers son cousin et resta interdit. Il ne s’attendait manifestement pas à ça (à savoir corps merveilleux à peine recouvert, cheveux dégoulinants sur une nuque sexy, et visage moqueur de celui qui sait qu’il peut lui faire de l’effet). Mais il ne fit aucune remarque et sortit rapidement de la salle. Bon, le début de la mission semblait concluent : David était vraisemblablement vraiment gay. Sinon il n’aurait pas rougit pour quelque chose d’aussi banal que de voir son cousin en serviette !
Maxime, satisfait, enfila un boxer noir et s’allongea sur ses draps. Il fit mine d’être en position de sommeil, et attendit que David revienne. Il revint, son corps trop parfait caché par un pyjama vert.
« T’es monochrome, toi… se moqua Maxime.
"J’aime le vert. » Répliqua le blond en l’observant, intrigué.
Il s’assit sur son lit alors que Maxime fermait les yeux, comme s’il était très fatigué.
« Tu n’as pas froid ? demanda soudain le garçon.
"Non, j’ai chauuud ! » Gémit le châtain en s’étirant voluptueusement sur ses draps, avant de rouvrir les yeux sur son cousin.
Il sourit de la manière la plus innocente qu’il pu.
« Affreusement chaud. Renchérit-il en écartant légèrement les cuisses.
"Moué, moi je trouve qu’il fait bon. » Répliqua David sans avoir remarqué le sous-entendu.
Vexé du peu d’effet que sa petite mise en scène avait eu sur son cousin, Maxime se glissa sous ses draps et agrippa son oreiller en boudant.
« J’veux dormir. Grogna-t-il.
"Il n’est pas encore 21h00, tu sais ! S’étonna David.
"Ta connerie m’épuise. Allez, maintenant, couches-toi et laisse-moi dormir. »
David ne protesta pas, et ne chercha pas à répliquer à l’insulte. Lui aussi était fatigué. Il éteignit la lumière et alla se coucher. Il ne su pas que sous ses mèches hirsutes, le cerveau de son cousin détesté bouillonnait de nouveaux plans d’attaques, tous plus osés et tordus les uns que les autres.
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Le lendemain matin, un doigt fin aux ongles teintés de noir vint percuter le bouton « play » d’une chaîne hi-fi dernier cris. Le son hard rock qui en sortit aurait pu faire exploser les tympans de n’importe qui n’étant pas habitué à un réveil aussi brutal. David sursauta si fortement qu’il cru que son cœur allait sortir de sa cage thoracique. Ses yeux turquoise aux lourdes paupières s’écarquillèrent fortement quant un Maxime euphorique lui sauta littéralement dessus.
« DEBOUUUUUUUUUUUUT !!
"Humph ! » S’étrangla le blond en recevant le garçon sur l’estomac.
Mortellement sérieux, David laissa une moue dégoûtée s’étendre sur son visage à la vue du cousin hilare qui était sur lui.
« T’es vraiment un malade. Fit-il d’une voix rauque, toujours très calme.
"Je sais ! Sourit Maxime en se redressant un peu, assis désormais sur le ventre de David. Il est huit heures. Tu veux manger maintenant ou pas ?
"Nan, j’ai pas faim ! répliqua-t-il en abandonnant l’idée fort tentante pourtant de balancer son cousin hors de ce lit.
"Cool ! » S’exclama le garçon.
Maxime avait compris que décoincer David n’allait pas être facile. Alors, en attendant, il allait y aller doucement. Il descendit de sur son cousin et commença à fouiller dans ses valises.
« Ne touches pas à mes affaires ! Protesta le blond en se redressant.
"Du vert, du vert, encore du vert et du noir ! s’écria Maxime. Mais c’est nul !
"Et alors ? Toi tu es toujours en noir, et je ne te fais aucune remarque !
"Oui mais à moi ça me va ! » Répliqua Max.
Et voilà, huit heures du matin et ça commençait déjà. Maxime sortit de la valise la seule chemise noire qu’il avait vu, avec un jeans sombre. Il les lança à la figure de David.
« Tient, mets ça ! dit-il en se redressant, pour chercher quelque chose dans le tiroir de sa table de chevet.
"Parce que tu crois que tu vas décider pour moi de ce que je vais mettre ? Siffla le blond.
"Si tu veux rester dans cette chambre, essaie au moins de respecter mon code vestimentaire, compris ? »
David, encore une fois, ne protesta pas. Plutôt bonne patte, il se changea rapidement et se leva pour se recoiffer devant la glace.
« Noir ou bleu ? demanda Maxime en étudiant deux vernis d’un œil critique.
"C’est toi qui vois… » Marmonna le blond en aplatissant sa frange devant ses yeux.
Mais au silence qui suivit, il comprit enfin ce que Max venait de lui demander.
« Hey, non ! Protesta-t-il encore.
"Ben si, ça va avec ! Sourit Maxime.
"Je ne suis pas une poupée, je te ferais dire !
"Moi non plus, et j’en mets tous les jours. Répliqua le jeune homme. Alors, noir ou bleu ? »
David se demanda vaguement s’il arriverait un jour à avoir le dernier mot. Max était plus fort que lui à ce jeu là. Peut-être l’entraînement : David avait toujours tout ce qu’il voulait en claquant seulement des doigts, Maxime devait d’avantage parlementer pour obtenir satisfaction. Pour tenter d’éluder la question, il se dirigea vers le couloir, mais une main ferme agrippa son poignet et l’obligea à s’asseoir à côté de son cousin. Ce dernier regarda longuement les ongles impeccables de David avec un sourire à la limite du pervers.
« Noir ou bleu ? Répéta-t-il.
"Peu importe, au point où nous en sommes… »
Maxime prit tout son temps pour teindre d’un bleu nuit les ongles de sa némésis. Au moins s’appliquait-il. Il détestait bâcler le travail. En attendant que le vernis sèche, la main de David restait posée sur la cuisse de Maxime. Une cuisse gracile, protégé par un jeans serré, élimé un peu partout. Ce jeans avait du coûter cher, David était près à le parier. Son cousin n’avait-il aucune notion de comment prendre soin de ses affaires ?
Son cousin… Maxime était de bonne humeur ce matin là. Or ce garçon n’était jamais aussi redoutable que lorsqu’il était de bonne humeur, parce qu’il en devenait contagieux. Et ça aidait à la manipulation de son entourage. David ne connaissait Maxime que depuis quatre ans, et ils se voyaient peu, pourtant il savait beaucoup de choses sur lui pour avoir étudié longuement son comportement.
« Tu ne m’as pas répondu hier. Fit enfin remarquer David en commençant à trouver le temps long. Alors comme ça toi non plus tu n’as personne dans ta vie ?
"Pourquoi j’en aurais ? répliqua le châtain avec une mou gamine. Je sais très bien que si j’avais une relation avec une fille, ça ne serait que pour la baise.
"C’est charmant… marmonna David en se demandant s’il avait le droit de bouger sa main engourdie.
"C’est pourtant vrai, à part sexuellement, une relation ne m’intéresse pas.
"Avec une fille. Et avec un homme ? »
Maxime sourit. Enfin il posait la question.
« Tu cherches à me faire virer de bord, cousin ? Se moqua-t-il. Serais-tu intéressé ?
"Il n’y a aucune honte à aimer un homme ! Le réprimanda le blond.
"À ce propos, ton père est au courant ? Pour toi, je veux dire… »
La bouche de David, à peu près la seule partie de son visage vraiment visible à cause de son épaisse frange blonde, se tordit en un petit rictus gêné.
« Pas encore. Avoua-t-il. Je comptais lui en parler cette semaine, mais il m’a prit de court en m’annonçant que je passais les vacances ici.
"Et tu crois qu’il le prendra comment ?
"Bien je suppose, je ne crois pas que cette question le dérange vraiment. Aujourd’hui il y a plusieurs moyens qui permettent aux gays d’avoir des gosses, alors il ne va pas s’inquiéter pour sa descendance. »
Maxime ricana. Non seulement le Diable aimait les hommes, mais en plus il prévoyait d’avoir des enfants. Que de surprises ! Agacé de devoir attendre, David crispa ses doigts sur la cuisse de son cousin qui sursauta et se raidit immédiatement. Le blond voulu enlever sa main mais Maxime protesta :
« Ce n’est pas sec ! s’écria-t-il.
"Je m’en fou, j’en ai marre de rester là sans bouger !
"Ca ne fait que deux minutes !
"Trois, et puis si tu sursautes chaque fois que je bouge ça va pas beaucoup m’arranger !
"Tu ne sursauterais pas si je te faisais ça ? » Grogna le rockeur en joignant le geste à la parole.
David resta impassible et haussa les sourcils sous sa crinière.
« Tu sais, j’ai l’habitude d’avoir les mains des mecs sur mes cuisses. Fit-il remarquer. Toi en revanche… »
Et sa main remonta légèrement, faisant se raidir d’avantage son cousin. Un regard noir lui signifia bien qu’il n’avait pas intérêt à jouer à ça.
« Ca va, tu peux enlever ta main. Concéda Maxime. On va manger.
"Tu sais Max, il faudra bien un jour que tu te confrontes à moi… une bonne fois pour toute. »
Maxime ne comprit pas vraiment le sens de ces paroles, mais le blond était en bas des escaliers avant qu’il ait le temps d’ajouter quoi que ce soit.
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Cela faisait cinq jours que David était arrivé à Fontainebleau. Maxime n’avait trouvé aucune nouvelle idée pour embarrasser son cousin ou lui donner envie de partir. Il avait bien essayé de le mettre toute une journée avec Stéphanie, mais il avait réussi à en réchapper avec un petit sourire supérieur.
Chaque soir, Maxime recommençait son petit manège à la sortie de la salle de bain. Et chaque fois, David lui demandait juste s’il n’avait pas froid.
Ce jour là il pleuvait. Le maître des lieux, assis sur une chaise du jardin, sous le préau, regardait avec ennuis la pluie tomber. Par la fenêtre ouverte de la cuisine, il pouvait jeter un coup d’œil à son cousin de temps en temps. Ce dernier, comme à son habitude, lisait rêveusement un bouquin indigeste en grignotant. Rien n’était plus agaçant pour Maxime que de le voir manger. Ce type avait un appétit qui dépassait l’entendement, il pouvait bouffer toute la journée sans jamais s’en lasser. Un vrai cinglé…
En soupirant, le garçon revint à sa pluie. La seule victoire qu’il pouvait s’accorder, c’était que David avait prit goût aux ongles bleus… maigre compensation à sa frustration. Oui, frustration. Il ne savait pas pourquoi cette frustration d’ailleurs. Maxime n’avait jamais été frustré de quoi que ce soit dans sa vie, enfin pas vraiment disons. Mais quant il posait les yeux sur David, sa seule volonté était de le faire rougir, de le rendre confus, perdu, de lui faire perdre tous ses moyens. Mais comment faire ? Ce mec semblait totalement frigide ! C’est vrai, comment pouvait-il résister à son charme ravageur ?!
« Une classe artificielle ne vaut rien devant ma magnificence naturelle »
Il avait voulu dire quoi ? Qu’il préférait les mecs moins maniérés ? Et cette autre phrase, qui le hantait depuis leur dernière véritable discussion…
« Tu sais Max, il faudra bien un jour que tu te confrontes à moi… une bonne fois pour toute. »
Il voulait une confrontation verbale, tout simplement. Ne pas prendre de gants, se balancer des vérités en face au lieu de tourner autours du pot. Rien à voir avec un quelconque contact physique, n’est-ce pas ?
Un tilt se fit dans l’esprit dérangé de l’adolescent qui écarquilla les yeux, un sourire espiègle étirant les deux coins de sa bouche. Il pouvait peut-être tourner cette phrase à son avantage ! Faire mine de l’avoir mal compris ! Il pouvait bien lui…
« Tu penses à quoi ? » demanda une voix claire à sa gauche.
Maxime sursauta et se tourna vers son cousin qui, assis sur une chaise à côté de lui, le regardait fixement, une assiette de cookies posé sur ses genoux. Le blond lui tendit l’assiette, l’invitant à grignoter avec lui, ce que Max refusa.
« Je pense à la meilleure façon de faire passer ton meurtre pour un accident. » répondit-il froidement.
David sourit moqueusement et dévora un nouveau gâteau en tournant son regard sur la pluie, à son tour. Maxime fronça les sourcils. Il chercha du regard si quelqu’un pouvait les voir, d’ici. Non, sa mère était partie faire des courses, et Stéphanie jouait dans sa chambre avec des amies. Son sourire réapparu rapidement. C’était maintenant ou jamais.
« David ? Appela-t-il pour s’assurer de toute l’attention de son cousin.
"Max ? répliqua ce dernier en tournant la tête vers lui.
"Passes-moi l’assiette de cookies s’il te plait. » Demanda-t-il poliment en tendant la main.
Sans chercher à comprendre les raisons qui poussaient son cousin à changer d’avis, David tendit l’assiette à Maxime qui, après avoir prit un gâteau, la déposa à terre. Le blond protesta qu’il aurait pu au moins lui rendre l’assiette. Mais Max lui fourra le gâteau dans le bec pour le faire taire. Surpris, David le regarda se lever sans comprendre et avala en trois bouchées le succulent cookies. Maxime posa ses mains sur les accoudoirs de sa chaise pour l’empêcher de s’échapper et se pencha sur lui, si près que leurs nez se touchaient. Les yeux dans les yeux, son sourire ne cessa d’augmenter.
« Tu désires ? demanda vaguement le blond sans s’émouvoir de cette soudaine proximité.
"Toi, je suppose… »
Ses grands yeux turquoise, une nouvelle fois, s’écarquillèrent de surprise alors que Maxime prenait place sur ses genoux en se collant ostensiblement à lui. Une bouffée de chaleur que l’image fugitive d’un Max trempé et à moitié dénudé raviva termina d’alimenter le brasier de désir que pouvait être le passionné David. Il entrouvrit ses lèvres rosées qu’une bouche affamée happa en un rien de temps. Le désir gonfla une partie de son anatomie qu’il aurait bien voulu cacher à sa némésis. Hélas, le rapprochement de leurs deux corps ne permettait aucune dissimulation. Maxime eut un sourire vainqueur contre ses lèvres, mais ne le laissa pas reprendre son souffle et continua, avec fougue, avec empressement ce baiser interminable. David n’y comprenait rien. Son cousin n’avait jamais été comme ça ! Son cousin n’était même pas attiré par les hommes ! Et puis, c’était son cousin bordel !!
Un court instant, le blond songea à repousser son ennemi et à s’éloigner loin de lui. Malheureusement le projet fut avorté par une longue main calleuse qui eut la bonne idée d’empoigner son membre dressé déjà fortement comprimé par ses vêtements. Un petit cri aigue sortit malgré lui de sa bouche enfin libérée. Max ricana. Il lui susurra à l’oreille :
« Avec une fille, avec un mec… ça reste de la baise. »
Un frisson d’anticipation parcourut le long corps de David. Et ce frisson n’avait pas du tout une connotation de peur. Non. Mais d’envie. Une envie irrésistible que son cousin tienne cette promesse inconsciente. Et bien oui, dans cette situation l’aristo était bien incapable de réfléchir de façon cohérente, alors, comme tout homme qui se respecte, la queue avait remplacé le cerveau. Et il ne l’aurait jamais avoué, même sous la torture, mais son cousin était vraiment désirable.
Cousin qui n’en revenait pas d’avoir autant d’audace, ni que sa mission soit couronnée d’autant de succès. Enivré, il ne pensait qu’à aller encore plus loin, encore plus fort. Sa main fort bien placée, alors que sa voisine était occupée avec les boucles blondes de sa victime, se dévoua pour faire glisser la braguette empêcheuse de tourner en rond, ainsi que l’élastique de boxer qui la séparait de l’objet de sa convoitise.
Un second petit cri fit échos au premier quand Maxime commença sa besogne, mais pour une raison qu’il ignorait, David ne le laissa pas aller aussi loin.
« Si j’avais besoin d’une main, j’aurais préféré la mienne. » souffla le blond, mesquin.
Et là, la chaleur redevint glace en un instant. Maxime, refroidi dans son élan, rougit de confusion en fixant le regard à peine visible de son cousin. Puis, prenant conscience de son emportement, il se dégagea bien vite de l’étreinte qu’il avait provoquée, trébucha accidentellement dans l’assiette de gâteau toujours au sol, et s’enfui en courant se cacher dans sa chambre. Il venait de s’offrir la honte de sa vie. Et David avait encore gagné, quant tout le désignait perdant.
Score : 3 à 0 pour David.
Le blond referma calmement sa braguette, légèrement frustré, mais content de son petit effet, et reprit l’assiette de cookie pour continuer de se goinfrer en toute impunité.
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Dix jours, ça faisait dix jours. Plus que quatre, et Maxime serait débarrassé du nuisible. De lui, et de tout ce qu’il représentait. De tous ces rêves troublants qu’il faisait chaque nuit depuis… leur petit accrochage. La provocation était peut-être allée trop loin. Surtout que l’adolescent s’était foiré en beauté. Myriam râlait toujours plus du comportement casanier de son fils, qui évitait à tout prix de se retrouver à nouveau en face de son cousin.
Mais que lui avait-il pris d’aller aussi loin ? Il aurait pu se contenter de la première partit de l’action, du premier gémissement. Mais non, emporté par son élan, il avait voulu offrir une fellation en bonne et due forme à son cousin.
« Je suis un abrutit de pervers débridé! » se fustigea-t-il pour la cinq centième fois en cinq jours.
Le Diable n’avait pas remis le sujet sur le tapis. Tout n’était qu’affaire d’apparence, et il paraissait s’en foutre comme de l’an 40. Il lisait, il mangeait et il dormait. Et ça s’arrêtait là.
Mais ce matin là, allongé paresseusement sur son lit, Maxime ne s’attendait vraisemblablement pas à un tel revirement :
« DEBOUUUUUUT ! »
Dans une parfaite imitation de lui une semaine plus tôt, David s’écrasa sur l’estomac fragile du châtain qui ne pu éviter l’impact. Un sourire éclatant s’étalait sur les lèvres d’habitude pincées du cousin détesté. Ne pouvant pas vraiment se libérer sans user de la force, Maxime fronça les sourcils et marmonna :
« Tu es venu te venger, c’est ça ? »
Un rire cristallin répondit à sa question. Même s’il avait du mal à les discerner derrière leur barrière blonde, il savait que ses yeux pétillaient.
« Tu sais, rien que pour avoir essayé de me violer, on devrait t’enfermer pour lèse-majesté ! Se moqua le blond.
"Rien que ça… du moment que j’ai le droit de jouer de la grat’ dans ma cellule… »
Le cynisme n’était évidemment qu’un moyen de se protéger, Maxime et David le savaient tous les deux. Le blond laissa rêveusement une main se poser sur le torse de son ennemi qui se cambra anxieusement.
« Mais si je veux me venger, je dois sans doute retourner tes armes contre toi, non ? Murmura David, sa voix soudain chargée de luxure au risque d’en déborder.
"Ce n’est pas ce que tu as fait sur le moment ? Paniqua légèrement Maxime en gigotant sous son cousin dont la main froide glissait maintenant à l’intérieur de sa chemise.
"Ce que je t’ai jeté à la figure, ce jour là… c’était ton arrogance. »
Il se pencha et emprisonna autoritairement les lèvres de son vis-à-vis en pinçant de ses doigts blancs un petit bouton de chaire au fort pouvoir érotique que la chemise n’avait pu lui cacher bien longtemps.
« Parce qu’on ne me baise pas, monsieur Monteaux. »
L’emplois de son nom de famille avec la voix horriblement sexy de David avait un horripilant pouvoir aphrodisiaque sur Maxime qui, pour la toute première fois, bandait pour son cousin. La bouche tentatrice du Diable mordilla la peau tendre de son cou avant de la suçoter langoureusement, y déposant une marque indélébile. La respiration de Max devint vite incontrôlable, et de la sueur perla sur sa peau pâle. Ses mouvements pour se libérer se transformèrent contre sa volonté en accueillants mouvements de bassin qui frottèrent son entrejambe à celle toute aussi gonflée du blond.
« Je suppose que ta virginité t’importe peu ? demanda la voix chaude à son oreille.
"Je… je sais pas… pourquoi ? Bredouilla le châtain tout en calant inconsciemment ses mains dans les cheveux et le dos de son cousin.
"Parce que je compte bien en profiter un peu, si tu n’y vois pas d’objections. »
Des objections, il aurait peut-être bien voulu en avoir, mais aucune ne lui semblait satisfaisante. Alors, mort de trouille et fou de désir tout à la fois, il assista, impuissant, à son déshabillement complet. Nu, totalement à la merci de David, il ne voulu pas rester passif et arracha à son tours avec empressement les vêtements du blond. Il rechercha avidement sa bouche, sa langue, pour la goûter et y trouver un moyen de se rassurer.
David le faisait languir. Il laissait le temps à Maxime de pouvoir le regarder, de pouvoir mater ce corps tant de fois imaginé en rêve et maintenant à porté de main… et de bien plus. Mais la seule chose que Maxime voulait vraiment voir, il ne le pouvait pas.
Enervé, le garçon repoussa son futur amant suffisamment pour pouvoir se redresser et fouilla à tâtons dans le tiroir de sa table de nuit. David chouina, surpris par ce geste.
« Qu’est-ce que tu fous ?! » s’exclama-t-il, frustré.
Maxime ne répondit pas, mais poussa un cri de victoire en brandissant… une paire de ciseaux. Vivement, David empoigna le poignet de son cousin pour écarter cette arme de destruction massive de lui, horrifié.
« N’y penses même pas ! Protesta le blond, même si le châtain, sans avoir lâché ses ciseaux, ne se débattait pas.
"Je veux voir tes yeux, et ton immonde frange m’en empêche ! Bouda le garçon en cherchant à déstabiliser son cousin grâce à des coups de bassins bien pensés.
"A… arrête ! Souffla le blond en baissant la tête, déjà à moitié vaincu par l’électricité qui circulait entre eux. Max… arrête ça…
"Sinon quoi ? » Demanda-t-il en accentuant ses mouvements et en tournant la tête sur le côté pour recouvrir de baisers volages le bras tendu qui l’empêchait de commettre son méfait.
Le petit jeu dura quelques minutes, quelques intenses minutes où David, en se mordant la lèvre, cherchait à résister au désir grandissant provoqué par Maxime, et où ce dernier accélérait sadiquement la cadence.
« Arrête ! s’écria finalement le blond, vaincu par l’intensité du moment. J’en peux plus !!
"Je veux juste voir tes yeux… » Susurra son cousin sans décélérer.
David passa une main fébrile dans ses cheveux pour les écarter de son visage, laissant tout le loisir à Maxime de contempler véritablement pour la première fois ses deux billes turquoise désormais noircis par le désir. Satisfait, le châtain lâcha son arme. Le méfait pouvait attendre.
Il cessa son petit jeu et dévora la bouche de son cousin qui, heureux d’éviter deux humiliations d’un coup, lui présenta des doigts immaculés que Maxime s’amusa à sucer un à un avec délectation.
David pressa ensuite un doigt humide contre la précieuse fine peau qui le séparait de peu de sa délivrance. Maxime ne détachait plus son regard des yeux du blond. D’un mouvement de tête peu assuré, il lui donna la permission qu’il attendait. Le doigt perça son entrée et s’enfonça avec douceur, faisant se cambrer et gémir de douleur la victime de cette délicieuse torture. Quant il recommença à se détendre, une deuxième doigt le pénétra et s’engagea à le préparer à ce qui allait inévitablement suivre. Ses doutes et ses peurs ne s’étaient pas vraiment calmés, pourtant il savait au fond de lui qu’il en avait véritablement envi. Les doigts le quittèrent, et la soudaine sensation de vide qui lui étreint le cœur et les tripes lui fit pousser un gémissement de supplication.
David n’attendit pas plus longtemps pour engager son membre dressé dans l’antre qui le réclamait. Un cri de plaisir s’échappa de leurs gorges, et les garçons prièrent mentalement pour que ni Myriam, ni Stéphanie n’en ait rien entendu. Un lent mouvement de reins imprima le nouveau tempo de leurs ébats. David tentait de se ménager encore un peu de temps, juste assez pour son amant en soit au même point que lui. Ils accélèrent bien vite, l’esprit vide et la vue trouble. David jouit en premier, se mordant la langue pour ne pas hurler sa libération. Maxime le suivit très peu de temps après. Epuisés, les garçons se laissèrent retomber lourdement sur les draps, enlacés fermement l’un à l’autre, comme refusant de laisser s’éloigner le bien-être de leurs brûlantes étreintes. Leurs lèvres s’entrechoquaient parfois, fugitives, douces, attentives. Les souffles reprenaient un rythme moins effréné, et la satisfaction prit toute la place dans leurs esprits miraculeusement indemnes.
« Max… souffla enfin David d’une voix rauque.
"Oui ? répondit le châtain en rouvrant les yeux sur son cousin et amant adoré.
"Ne songes plus jamais à toucher à mes cheveux, d’accord ? »
Un rire moqueur lui répondit d’abord. Puis Maxime, en triturant une boucle blonde sous ses doigts, demanda gentiment :
« Tu oublis les mots magiques… »
Un baiser papillon frôla sa joue.
« S’il te plait… »
Un baiser papillon lui répondit donc.
« S’il te plait qui ? »
Un baiser fougueux remplaça le papillon contre ses lèvres. David caressa la joue de sa némésis.
« S’il te plait… mon Ange ? »
Maxime grimaça.
« Je ne suis pas vraiment un ange … fit-il remarquer avec bon sens.
"C’est vrai, mais un ange, une fois déchu et déplumé, ça doit bien ressembler à ça. »
Et alors Maxime comprit enfin l’air rêveur perpétuel de son cousin. Il venait d’entrer dans son monde. Pour ne jamais en ressortir.
oOo
La fin de semaine était arrivée trop vite pour les garçons, désormais inséparables. Assis à côté de Maxime, sur le banc de pierre au fond du jardin, derrière les pétunias, David attendait ses parents comme on attend le bourreau. Son cousin, et petit ami, avait beau le rassurer en lui caressant la main et en lui jurant de l’appeler tous les jours, il savait que quelque chose dans leur relation était et resterait interdite. Et ça l’angoissait plus que tout. Il ne voulait plus rentrer. Plus jamais.
Justine et Edward arrivaient dans l’allée du jardin. Les garçons se tendirent en observant Myriam accueillir sa sœur et son beau frère chaleureusement. Non, ils ne pouvaient pas se séparer. Pas maintenant, tout du moins.
Maxime lâcha la main de son ancien ennemi qui en ressentit un horrible manque, et se leva brusquement pour aller à la rencontre de son oncle et de sa tante.
« Maxou, chaton, comment vas-tu ? s’écria Justine, en tout point pareille que Myriam.
"Bonjour Tata ! Sourit vaguement l’adolescent.
"Mais où est David, je ne le vois pas ? demanda Edward en se tordant le cou pour apercevoir son fils dans les environs.
"Oncle, Tata, est-ce que David peut rester pour le reste des vacances ? » Demanda-t-il abruptement.
Pris au dépourvu, tout le monde, y comprit David qui s’était enfin décidé à les rejoindre, le regardèrent avec des yeux ronds. D’un côté, pour les adultes et pour Stéphanie cette réaction était logique : Les deux garçons s’étaient détestés dès le premier jour, et maintenant Maxime suppliait de le garder avec lui ! Pour David, c’était juste le choc.
« Mon chaton, je ne sais pas… bredouilla Justine en regardant tours à tours son neveu, et son beau-fils.
"Nous avons quand même fait tout le trajet pour venir le rechercher. Fit remarquer prudemment Edward en ébouriffant les cheveux de David, devenu muet sous le coup de la stupeur.
"Et puis je croyais que tu ne voulais pas partager ta chambre plus de deux semaines avec lui ! Railla Myriam, au fond d’elle-même ravie de l’initiative de son fils.
"Alleeez, s’il vous plait !! Essaya désespérément le jeune homme. Je vous préviens, si vous refusez je viendrais chez vous tous les week-end et ce chaque semaine, vacances ou non ! »
Les parents, surpris, rirent un peu, se demandant s’il s’agissait de lard ou de cochon.
« Non, mieux, je le séquestre ! S’emporta le châtain. Je l’enferme dans ma chambre et je le prends ainsi en otage jusqu’à ce que vous cédiez ! »
David, ayant récupéré toutes ses fonctions mentales, se jeta dans les bras de son cousin et tourna vers son père sa moue de gosse capricieux la plus convaincante de son répertoire.
« Je veux rester. » ordonna-t-il.
Le père céda immédiatement avec plaisir, prétextant que cette amitié inespéré ne pouvait qu’être bénéfique à son fils, jusque là si renfermé sur lui-même.
Les garçons resteraient ensemble encore un peu plus d’un mois. Après… après ils aviseraient. En attendant ils profiteraient de l’instant présent, tous les deux. Rien que tous les deux. Le Diable et l’ange sans plumes…
FIN