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Fiction » Romance » Insomnie amoureuse font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Antsy
Fiction Rated: K - French - Drama/Romance - Reviews: 1 - Published: 04-07-08 - Updated: 04-07-08 - Complete - id:2500788

Note : Le personnage principal sort de mon imagination, le "je" n'est en aucun autobiographique, c'est juste une façon de toucher le plus de personnes avec les lamentations délirantes de quelqu'un qui est insomniaque les nuits de pleines lunes ! Ca joue, en effet, sur le système.


Insomnie amoureuse

J’ai été bête.

Ce ne serait pas la première fois, me direz-vous. Sauf que cette fois-ci, j’y croyais vraiment. Plus que les autres fois, même.

Il m’a dit « je t’aime, mon ange » et je me voyais déjà quelques années plus tard avec la bague au doigt et pourquoi pas un ventre rond. Au lieu de ça, il m’a gentiment mis dans son lit. Ça a duré trois mois et il m’a dit « C’est fini. »

Je suis trop fleur bleue. Ce n’est pas une tare, mais ce n’est pas non plus une qualité. Loin de là.

Un pari.

J’ai été un pari.

Un foutu pari.

Un stupide pari.

Je n’ai rien vu venir. Il était si beau, si gentil, si tendre, si attentionné, si… si tout ! Avec le recul, je me dis que finalement ça pouvait pas être vrai. Les hommes comme lui, ça n’existe pas, ou seulement dans les livres et encore, pour le « beau » c’est souvent notre imagination qui le travaille. On décrit rarement le physique dans les livres, c’est toujours vague. A part peut-être la couleur des cheveux et celle des yeux.

Très important les yeux.

Il avait de grands yeux marrons, brillants où on pouvait y lire plein de promesses… et d’autres conneries. A force de trop les regarder, je m’y suis noyée.

Il m’a brisé le cœur. Je ne pensais pas que cela pouvait être possible. Les gens qui me connaissent bien, ont souvent tendance à dire que le mien est en pierre.

Ça fait assez mélodramatique tout ça, n’est-ce pas ?

Et pourtant…

Mon réveil m’indique qu’il est 3h08 et je n’arrive pas à fermer l’œil. C’est peut-être la pleine lune. Ma mère dit que ça joue parfois sur mon comportement. Foutaises. Il me manque, c’est tout. Je suis toute seule où milieu de mon grand lit. Trop grand pour moi, d’ailleurs. L’amour c’est nul ! Ca rend aveugle et bête… mais c’est si bien d’être amoureux… de sentir aimer… A travers les yeux de l’autre, on se sent belle, incroyablement belle. Il n’y a que lui qui compte. On oublie le reste quand on est dans ses bras. On se sent légère… heureuse.

Je suis décidément trop fleur bleue.

Pauvre de moi.

Je ne suis pas parfaite, qui l’est, de toute façon ? Mais bon, je ne suis pas non plus horrible… je suis petite et brune. Bon OK ! Si j’avais été blonde, est-ce que ça aurait été différent ?

Note à moi-même : penser à acheter une teinture.

Si j’avais été grande, m’aurait-il remarqué pour autre chose que son stupide pari ?

Deuxième note à moi-même : penser à mettre des talons dorénavant.

Mais je veux aussi trouver mon prince, charmant de préférence. Après tout, Blanche-Neige a bien trouvé le sien alors qu’elle était terrée au beau milieu de la forêt ! Elle avait sept nains pour l’aider, d’accord.

Mais Cendrillon, elle était même boniche, elle. Je n’ai pas une fée comme marraine…

Et la Belle au Bois Dormant, hein ? Je crois que les fées ont loupé mon berceau à ma naissance.

Mais j’ai un chat, ça compte ?

Remarquez, il ne m’est pas d’un grand secours. En ce moment, il est pépère, pelotonné dans son panier. Je suis sûre qu’il ronfle, le matou.

Mon dieu, je suis pathétique. Tout ça à cause d’un homme. Mais il y en a plein d’autres ! Je sais que c’est fini. Bel et bien fini. Pourtant ça ne m’empêche pas d’espérer à chaque fois que je le croise, et je le croise souvent en plus. Ça ne m’empêche pas d’espérer qu’il va me regarder, s’arrêter et m’accoster de nouveau en me disant qu’il est désolé, qu’il n’a été qu’un idiot et qu’il regrette et qu’il veut que je lui accorde une seconde chance.

Mais ça ne se passe pas comme ça. Dans la réalité, les hommes ne sont pas désolés. Lui, il ne doit certainement pas regretter. Quant à la seconde chance… il peut avoir toutes les paires de seins qui ont le malheur de passer sous son nez, alors…

Je me console avec un pot de glace en pleine nuit, en me disant que je ne suis sûrement pas son premier pari… ni le dernier !

Ça m’apprendra ! Plus jamais je ne boirais un café, seule à la terrasse d’un café. Désormais, la pause du boulot se fera devant la machine à café dégueulasse à entendre Les commères parler des derniers potins des bureaux. A croire qu’elles n’ont que ça à faire.

Demain, je tourne la page. Il a rompu ! Tant pis pour lui !

En attendant, mon réveil va bientôt sonner, j’ai bien le droit de me lamenter encore quelques heures, non ? De toute façon, je ne peux pas dormir.



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