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Author: Sheikhan
Fiction Rated: M - French - Tragedy - Reviews: 3 - Published: 04-13-08 - Updated: 10-05-09 - Complete - id:2503455

Titre : Et la neige tombe...

Disclaimer : Sheikhan et tout ce petit monde est à moi. L'univers est aussi à moi, encore que je me sois inspiré de Kill Bill pour la scène.

NB : Les noms sont bizarres ou japonais. L'explication à ça est assez simple. Sheikhan et Ilowyn sont, à l'origine, des personnages d'un monde totalement fictif. Je me suis servi d'eux sur un forum RPG se déroulant au Japon. Les autres persos – Tsukiyo en l'occurrence – viennent de là, encore qu'elle soit théoriquement la fille de Sheikhan, mais ça vous vous en fichez.


Et la neige tombe

Le cadre aurait pu sembler paradisiaque sans les traînées rougeâtres disséminées dans la neige. Le ciel sombre et bleu recouvrait avec douceur le beau jardin nippon. Les verdoyants arbustes, résistants au froid, offraient un paysage digne de la plus belle photographie. Les petites mares, dont les surfaces glacées étaient peu à peu recouvertes de cristaux blancs, ajoutaient encore un peu de magie à cet endroit si typique des maisonnées japonaises. Le muret qui entourait le tout, avec son toit de tuiles si blanches qu’elles en étaient éblouissantes, ne gâchait en rien le charme de ce lieu.

Non en vérité, la seule chose susceptible, aux yeux de toute personne saine d’esprit, d’enlaidir le jardin était la présence fortuite de deux hommes, dont l’un semblait plus mort que vivant. Aux côtés de son corps quasi inerte se tenait, immobile et debout, une personne aux longs cheveux d’ébène. Un être que la neige ne gênait visiblement pas, contrairement à l’autre individu tremblant.

De ces deux personnes émanait un sentiment de paix, chose étrange si l’on considérait leur état. Le plus grand, et le plus vaillant, avait le visage et une partie de sa tunique rouge ensanglantés. Il semblait néanmoins peu blessé. A l’inverse, il se trouvait que son adversaire avait une large blessure béante à l’abdomen, et une plaie qui lui barrait le visage. L’une de ses mains, la seule encore valide, appuyait avec le peu de force qui lui restait près de sa blessure au ventre pour tenter d’en stopper l’hémorragie.

« Tu sais Ilowyn, commença le brun à voix basse, tu aurais pu vivre si tu l’avais voulu. »

Le jeune blond, qui ne devait dépasser la vingtaine d’année, fixa son regard vert dans celui bleu cobalt de son meurtrier. Néanmoins, il ne prit pas la peine de répondre. Il existait entre eux, malgré tous leurs différents, une entente mutuelle hors du commun.

« J’admets toutefois que le lieu de ta mort est bien choisi. »

Un mince sourire fleurit sur les lèvres de l’assassin. Il s’accroupit ensuite, puis, en se relevant, prit son katana. La lame souillée luisait à la lumière de la pleine lune. Il l’observa un moment, sans mot dire, puis reposa son regard sur l’autre jeune homme.

« Je me demande... Était-ce par nostalgie ? »

Le blessé esquissa l’ombre d’un sourire, puis grimaça franchement. Un éclair de douleur traversa son beau regard amande. Il gémit.

« Ah oui. Ça doit être douloureux, c’est vrai. J’aurais aimé t’épargner le visage, mais tu ne m’as pas laissé le choix. »

La voix grave du brun s’éleva à nouveau, couvrant à peine le bruit de l’eau coulant dans le bambou, à quelques mètres d’eux.

« Tsukiyo te manque ? »

Tsukiyo... Nuit éclairée par la lune. Un prénom qui s’expliquait par le moment de sa naissance. Son père l’avait proposé après avoir jeté un œil par la fenêtre.

« A moi oui. Enfin tu t’en doutes sûrement. Il est vrai que si ce n’était pas le cas, je ne serais pas là. Et vois-tu... J’aurais préféré que, justement, ce ne soit pas le cas. Était-ce vraiment une obligation ? D’en arriver là je veux dire. Après tout, tout aurait pu tellement mieux se passer... si tu n’étais pas si impulsif. »

Il marqua une brève pause.

« Allons Ilowyn, réponds-moi enfin ! Tu ne voudrais pas souffrir davantage tout de même ?! »

Le katana fut essuyé avec tendresse grâce à la manche de sa tunique. Le métissé, né d’un mère anglaise et d’un père japonais se baissa à nouveau. Du bout du doigt, il effleura la partie intacte du visage angélique qui lui faisait face, et écarta une mèche blonde qui tombait sur l’œil gauche de son vis-à-vis.

« Alors, elle te manque ?

- Ou... Oui.

- Je m’en doutais. »

A nouveau, les doigts du brun attrapèrent le fourreau de son arme, qu’il rangea d’un geste assuré. Voyant la surprise s’inscrire dans les yeux de son ami, il s’expliqua.

« Ilowyn, Ilowyn, Ilowyn... Tu me déçois, tu sais ? Pensais-tu vraiment que ta fin viendrait de cette lame ? Je ne l’ai déjà que trop utilisé voyons ! Mais il m’aurait été difficile de venir à bout de ton katana sans le mien. Tu t’es vraiment amélioré. Je suis heureux que mes leçons n’aient pas servi à rien. Je pense même que tu es l’élève le plus assidu que j’ai jamais eu. Sincèrement, ce combat contre toi m’a fait très plaisir... mais il est dommage que ta vie s’achève si vite. J’ai peur de devoir attendre encore davantage avant d’avoir à nouveau à faire face à un si bon adversaire. Quoiqu’en toute franchise, il te manque un peu d’expérience.

- Oui.

- Enfin pour en revenir à l’essentiel, sache que je ne compte pas mettre fin à tes jours avec une arme sans valeur. Non que la mienne n’en ait pas, mais j’en ai une qui ne demande qu’à être utilisée. Vois-tu de quoi je parle ? »

Pendant qu’il déposa son sabre près de lui et chercha une autre arme à sa ceinture, le blond hocha la tête sans brusquerie.

« Il est magnifique n’est-ce pas ? A la hauteur de sa propriétaire. On peut au moins te reconnaître une chose, tu as fait un choix excellent en le lui offrant. Dommage qu’elle ne s’en soit pas servit pour se défendre... »

Son regard eut beau se glacer, la voix doucereuse de l’agresseur ne changea pas de ton. Elle semblait caresser chaque courbe du corps d’Ilowyn, comme les mains d’une amante l’auraient fait. Pourtant, sa main droite s’était refermée sur le manche d’un superbe poignard, dont la lame indemne scintillait à cause des flocons de neige fondus déposés dessus.

« Et il coupe magnifiquement bien sais-tu ? Veux-tu que je te montre ?

- Non.

- Si Ilowyn, je vais te montrer. Donne-moi ton bras gauche.

- Non !

- Ce n’était pas une question, mais un ordre ! Donne-moi ton bras gauche !

- Shei...

- Donne !

- Bien...

- Merci Ilowyn. »

Avec tendresse, le brun passa le tranchant de la lame contre la peau immaculée de son ami. Une fine marque rouge, d’où perla bientôt quelques goûtes de sang, fit son apparition, tandis que le blessé contint un gémissement.

« Un excellent choix, c’est bien ce que je te disais.

- Sheikhan, je suis vraiment désolé...

- Ça ne suffit pas Ilowyn. Être désolé c’est bien mais c’est un peu tard. Elle est morte mon ami, maintenant, tous les regrets du monde n’y changeront rien. Elle ne reviendra pas... Mais je suis quelqu’un de bon. Tu vas la rejoindre.

- Merci Sheikhan. Merci... »

La lame plongea dans le cœur du blond, qui pour ses derniers instants de vie eut comme vue le bleu des yeux de son meurtrier. Mais s’il semblait qu’en ce lieu majestueux une vie prit fin, il y eut deux morts en vérité...

Le corps du brun s’éloigna sans joie ; sa sœur était vengée, mais il avait perdu son seul ami... et son âme.


Avec tout ça, je trouve quand même que mes persos sont bizarres dans cette fic. Enfin... J'espère que ça vous aura tout de même plu^^


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