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Fiction » Romance » Ailes Rouges et Emphatie font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Loveless and Soulless
Fiction Rated: M - French - Angst/Drama - Published: 04-13-08 - Updated: 04-13-08 - id:2503600

Auteur: Loveless and Soulless

Site: fictionpress . com (pas ailleurs)

Crédits: Que dire d’autre que tout m’appartient ?!

Rating: M

Un message avant de commencer cette fic (ma premier fic originale en plus).

Le scénario me trottait dans la tête depuis un moment et pourtant je n’en écrivais pas une seule ligne bien que je continuais l’histoire dans mes pensées. Donc résultat (et aussi pour tenir le coup dans la tempête où je me trouves…): « pianotage sur clavier » ou du moins j’essaie de remettre de l’ordre dans les scènes.

Que dire de l’histoire ? Un peu sombre, un peu d’ésotérisme, un peu de fantastique, un peu d’ambiguïté dans les relations (H/F et H/H) et un peu de yaoi. Même si le scénario est sombre, cela reste une fic romance (qui se verra au fur et à mesure quand même)

Si je pouvais donner un résumé, ce serait:

« Sa vie en tant que vivant a été un enfer où même cet homme ne l’a pas sauvé, mais la mort l’a guéri dans un sens, à présent il suit le cours de sa destiné. Pourtant cet être est divisé en deux, son nouveau lui et celui du passé, malgré que ses deux faces soient différentes elles se mélangent par moments. Seule une personne sait qui il est et l’accompagne. Mais le destin si sournois va s’amuser avec son âme, son cœur et son corps. »

Une dernière chose, le prologue est court et un peu bizarre car je voulais ne mettre que le minimum pour celui-ci, j’ai donc entravé les choses. Seul le début du prologue est spoiler sur un des moments importants de l’histoire.

« Ailes Rouges et Empathie »

Prologue: Nuit

L’ombre furtive s’approcha des remparts, elle était là, il en avait la certitude. Elle s’était enfin décidée à venir malgré des jours d’hésitations et encore maintenant, il ne doutait pas que son cœur était tiraillé entre l’envie de savoir et celle de fuir ces lieux hostiles.

L’espace d’une seconde, un doux sourire se posa sur ses lèvres mais il disparut en un battement de cils, laissant place à un visage impassible car ce n’était pas le moment, pour lui, de montrer son ancien souvenir.

Les minutes passèrent tandis qu’un souffle glacial mordait le château et ses ruines, faisant ondulée l’herbe telle le vent sur un océan verdâtre. Il la faisait mariner encore un peu, juste pour fignoler la préparation de leurs retrouvailles, distillant ainsi les défenses de la femme et ceci goutte par goutte. Depuis le temps qu’il attendait ce moment, il se devait de montrer une certaine assurance qu’il n’avait pas du temps de son vivant.

Soupirant d’aise, il entama un mouvement dans sa direction, gardant tout de même ses sens sur le qui-vive, il apprécierait tout de fois que leur entrevue ne soit dérangée par personne. Et d’une marche légère, il se rapprocha d’elle, réduisant par ses pas la distance qui séparait leurs deux corps si longtemps désuni. Au fur et à mesure de son avancement, la force du vent augmentait graduellement comme si le souffle façonnait son entrée.

Seule, debout sur les remparts du château, elle attendait une réponse, une réponse qui la blessera sans nul doute. Un souffle d’air balaya la pierre, la faisant frissonner. Son cœur s’accélérait au rythme du vent, elle qui n’était pas cardiaque allait finir par le devenir. Puis une nouvelle bourrasque la heurta violemment, lui faisant presque perdre l’équilibre. Quand soudain, le vent se tut. Un lourd et assourdissant silence s’installa dans la plaine, même cet agaçant croissement de corbeau s’était étouffé dans le décor nocturne. Le temps semblait s’être figé.

Lentement et par fragments, un ensemble de fleurs se composa à ses pieds comme par magie. Étonnée de cet évènement, elle le ramassa avec précaution. La clarté de la nuit lui permit de voir précisément le branchage qu’elle tenait dans ses mains. A sa grande surprise, il s’agissait d’une petite branche de cerisier, parsemée de fleurs écloses et quelques boutons.

Une nouvelle bourrasque meurtrit le lieu dévasté mais cette fois-ci la secousse était différente et paralysa la femme qui tenait toujours le petit branchage. Ce vent assez doux se mit à tourbillonner autour d’elle et des pétales rosés se mirent à nager dans le courant des cercles d’air. Peu à peu, certains se rassemblèrent face à elle et commencèrent à former une silhouette, humaine et légèrement plus grande qu’elle, puis les fleurs troquèrent leur blanc ensanglanté contre une couleur chair. Comme une naissance, il se matérialisa ainsi sous ses yeux.

Manteau noir contre veste beige.

Toujours emprisonnés dans la colonne d’air où les pétales caressaient leurs silhouettes, ils se fixèrent, l’un froid, l’autre choquée. Alors un murmure à peine audible franchit les lèvres du jeune homme.

«- Cela faisait si longtemps…Mademoiselle

Le froid de ce mois hivernal fit apparaître son souffle tandis que la neutralité du ton de cette phrase heurta douloureusement le cœur de la jeune femme.

Tout avait commencé, il y a plusieurs mois. Le passé auquel il tenait et haïssait à la fois refit surface lorsque suite à d’étranges évènements il se devait de protéger ce qu’il détestait. Il pensait que son ancienne vie était enterrée, que rien ne pourrait le faire désobéir aux ordres de sa destinée ou devrait-on dire de son nouveau statut. Et pourtant, il allait devoir rouvrir les blessures qui ont causé sa perte et déchéance.

Alors qu’il se trouvait dans une rue mal fréquentée et lugubre, éclairée par quelques enseignes, une masse le heurta en sortant d’une petite passerelle sur sa droite. La chose semblait tanguée sur place et le poussa molestement en marmonnant quelques jurons. A son apparence, on pouvait y voir un jeune drogué, le teint maladif, les cernes noires, les vêtements crasseux et l’odeur acre qu’il dégageait montrait qu’il ne vivait que pour sa petite dose quotidienne. Mais c’était surtout flagrant par la présence d’une marque bleu autour des yeux et s’étirant sur les côtés qui était en réalité la preuve d’une dépendance à la Snow Bloody , une drogue devenu populaire ces dernières années. Rapidement, la substance devenait vitale pour eux jusqu’à qu’ils meurent d’une overdose ou de faim par le fait qu’ils finissaient par se nourrir qu’exclusivement de cette poudre.

Une mort pitoyable du point de vue de certains de ses collègues. Les humains sont faibles…faibles et ignorants. S’enfermant chaque jour dans une routine ennuyeuse et le soir venu, une fois la porte du logis franchie, ils s’enferment dans le petit monde qu’est leur famille, se persuadant que rien ne peut leurs arriver, que la douleur et la mort n’arrivent que aux autres, jusqu’à que celles-ci abattent leurs haches si aiguisées.

Il aurait continué sa route si le débris qu’il l’avait bousculé ne le retenait pas par la manche. Son regard vert croisa alors des pupilles grises où il ne pouvait y lire que obsession, faim et mort. Un regard où la vie s’était estompée au fil des injections. Le cadet ne souhaitait que une chose, une chose que son aîné allait lui offrir.

Tenu toujours par la manche, il guida le jeune vers un petit square situé à quelques rues du lieu de leur rencontre.

En cette nuit de printemps, la température était très fraîche et le square semblait avoir des difficultés à se réveiller de son sommeil hivernal.

Ils s’arrêtèrent près d’un prunier dont les boutons refusaient de s’ouvrir. Ce fut à ce moment-là que le plus jeune lâcha sa prise sur le bras secoureur. A quelques centimètres de l’autre, aucun de deux ne voulait casser la distance entre leurs corps. Les secondes passèrent tandis qu’ils apprenaient à se connaître, répartissant les rôles avant de jouer la scène finale et ce juste en plongeant dans le regard du partenaire. Une fois décidés, l’aîné enlaça son cadet qui ferma les yeux sous l’étreinte.

Un petit moment de flottement et le plus jeune glissa contre le corps de son sauveur, son propre corps s’effondrant sur le sol…sans vie.

Quel fut son souhait ? Sentir une dernière fois la chaleur d’une étreinte et mourir loin du regard des autres. Comme par hasard, il l’a croisé, comme par hasard, un square tranquille ne se trouvait pas loin. Mais surtout comme par hasard, la partie cachée du sauveur a réagie à sa demande. Pures coïncidences ou Destin ?

S’agenouillant près du cadavre, Yoru le regarda sans une once de sentiment envers lui. Mais un léger malaise l’étreignait car l’autre face de son être avait réagit au premier regard de l’adolescent et avait reprit le contrôle de son corps afin d’exaucer son ultime souhait. Corps contre corps, des images avaient traversé son esprit, la vie d’un humain d’une famille aisée rongé par la maladie et qui était condamné à mourir très jeune. Puis la tentative d’échapper à la douleur croissante grâce à la Snow Bloody qui le mettait dans un état végétatif. Et enfin, un soir de printemps, un de ceux qui apposent la mort croisa son chemin, il lui a suffit d’un seul regard pour comprendre la vérité sur l’inconnu qu’il avait bousculé. Puis un dernier regard avant de mettre l’habit de cérémonie, l’un en tant que Proie l’autre en tant que Shinigami. Et le second absorba l’âme du premier.

Yoru fixait ses mains, il sentait l’âme du jeune homme circuler à l’intérieur de ses veines, au chaud et à l’abri de toute tentative d’absorption démoniaque. Ce soir, il avait utilisé une méthode agréable envers la Proie, pourtant il était tout aussi capable de tuer de manière horrible. L’âme étant immortelle, certains shinigami s’en servent comme arme, la soumettant à leurs pouvoirs, pire d’autres s’en nourrissent même. Et enfin quelques uns, semblables à des employés, agissent comme des prêtres. Chaque humain a une espérance de vie différente et une fois que celle-ci est achevé, même si elle fut très courte, ces shinigami doivent récupérer l’âme du défunt pour qu’elle puisse être jugée et par la suite pouvoir se réincarner à nouveau.

Le monde des morts est régie par cette milite spéciale, ces shinigami s’assurent que l’équilibre avec le monde des vivants ne soit pas brisé. Ils sont même ceux, voir les seuls, qui ont le plus de compassion envers les humains.

Yoru travaillait parfois eux mais n’appartenait pas à leur rang. Le passé de son ancienne vie avait laissé des cicatrices beaucoup trop douloureuses pour qu’il puisse refaire, à présent mort, le même genre de métier qu’il faisait lors de son vivant.

Lentement l’aurore apparaissait, une nouvelle journée commençait. Une de plus pour son éternité.

Un bruit sec se fit entendre ainsi que des pas sur la pelouse légèrement humide, sa compagne l’avait rejoint.

«- Maître, que fait-on de son corps ?»

Yoru regardait le soleil naître à l’horizon, ses fragiles rayons illuminant la surface de la mer encore sombre. Avant il aimait regarder ce spectacle et cela était bien la seule chose qui n’avait pas changé. Il avait bien entendu la question de la démone mais le devenir du cadavre lui était totalement indifférent. Non pas qu’il soit cruel mais la vie, les sentiments, il les avait enfermé avec sa personnalité d’antan dans la partie la plus profonde de ce qui reste de son cœur. Et même si ils refaisaient surface par moments, jamais il ne les laissait trop longtemps en liberté.

Une fine main effleura la sienne, l’invitant à partir. En tant que noctambules, il était temps pour eux de dormir. Un sommeil sans rêves, une vie sans lumière, il était bien devenu le contraire de son vivant. Mais tout ceci va allait peut-être de nouveau changer.

-

À suivre

Notes:

Snow Bloody: nom inventé, cette drogue est fictif.

Shinigami: littéralement en japonais « dieu de la mort » (vive Les Descendants des Ténèbres XD).

Proie: le nom donné, dans cette fic, aux personnes tuées par les Shinigami.


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