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Titre: L'amour écrit
Auteur: Heavenly
Genre:Yaoi / Epistolaire / Drame
Statut: Fini
Disclaimer: Elle date un peu celle là mais je l'aime bien XD Bonne lecture!
Le 13 septembre 1884
Nous venons à peine de nous rencontrer et j'éprouve déjà le besoin de vous écrire. Je n'ai jamais eu de clients comme vous et vous, vous n'avez jamais eu un homme dans votre lit. On peut facilement le voir à la manière timide dont vous m'avez fait l'amour. Il me semble même qu'après vous ayez eu un peu honte de vous mais j'ai bien vu dans vos yeux que cela vous a plu. Pouvoir caresser ma jeune peau moite de nos ébats, pouvoir embrasser mes douces lèvres mouillées de vos baisers. Je ne saurais si vous reviendriez, la morale vous dictera que non mais le plaisir à tous les coups vous dira oui. Vous êtes un bel homme d'âge mûr, riche de surcroît, pour pouvoir me payer, marié je n'en doute pas, à une belle créature j'en suis certain et pourtant aujourd'hui vous avez éprouvé le désir d'être avec moi, même si vous ne me connaissez pas. Qu'est-ce qui a conduit, un homme comme vous dans des bras de prostitué ? La curiosité sexuelle de savoir ce que cela fait d'être avec un homme ? Ou bien le goût de tout ce qui est pêché ?
A vous, Neil Dollogan.
Le 25 octobre 1884
Vous avez mis du temps mais vous êtes revenu. Quand même. Vous avez été plus tendre et plus sauvage. J'en ai joui de plaisir. Vous êtes si beau avec votre corps mince et musclé, vos doigts fins et longs, vos beaux cheveux blonds bouclés, ces magnifiques yeux vert émeraude et cette somptueuse bouche qui couvrait mon corps de baisers et de désir. Dans l'acte vous avez grognez mon prénom, j'ai adoré. Votre audace d'aujourd'hui, j'ai aimé. Et la façon dont vous me regardiez, m'a donné frisson. Aujourd'hui j'ai éprouvé un plaisir que je n'avais ressentit avec nul autre. Je devrais refuser votre argent avec tout ce que vous me faites connaître, mais je dois vivre et pour vivre j'ai besoin d'argent. Une question me trotte dans la tête, comment un homme catholique comme vous peut allez à l'église après tous les délices qu'il me fait connaître ?
Affectueusement, Neil Dollogan.
Le 09 novembre 1884
Vous avez été plus rapide cette fois-ci pour revenir. Vous étiez heureux de me voir. Vous avez mis plus d'assurance dans l'acte, vous m'avez impressionné. Après les jouissances passées, moi dans vos bras, vous vous êtes confié. J'ai alors appris que la société vous portez en haute estime, que votre femme Isabella, vous aimez malgré l'humiliation qu'elle subissait à cause de moi et dont elle ne sera jamais au courant. J'ai eu l'audace de vous demandez votre prénom, alors lentement vous m'avez murmurer au creux de l'oreille « Matthew ». Votre nom est magnifique, comme vous. Et je suis heureux que vous ne soyez plus un inconnu pour moi. Dieu malgré tout ce que je fais, doit m'aimer pour vous avoir fait venir à moi. Votre chemin et le mien ont été reliés.
Tendrement, Neil.
Le 30 décembre 1884
Vous êtes venu aujourd'hui, mais pas pour être avec moi, pour déverser votre colère sur moi. Vous m'avez dit que j'étais l'émissaire du diable, que je vous avez corrompu et que je vous dégoûtez. Vous m'avez dites d'autres choses humiliantes et blessantes que je ne citerais pas. Mais j'ai au moins su ouvrir les yeux et j'ai pu voir qui vous étiez réellement. Je ne me fais plus d'illusion et je maudis désormais Dieu qui vous a mis sur mon chemin.
Dollogan.
Le 05 janvier 1885
Vous êtes venu me supplier de vous reprendre. J'ai accepté, pour l'argent. Voyant que je ne prenais aucun plaisir à ce que vous me faisiez l'amour, vous avez pleuré en vous retirant comme une âme en peine, vous me faisiez pitié et vous me dégoûtiez tellement pourtant.. Pourtant je vous ai rattrapé et serré fort dans mes bras en vous disant que tout irait bien. Mes baisers vous consolaient. Ensuite ce sourire que j'aime tant est revenu plus lumineux que jamais. Puis vous m'avez dit ce qu'aucune autre personne ne m'avais jamais dit. Ces paroles resteront à jamais gravées en moi: « j'ai besoin de toi ».
Tout à vous, Neil.
Le 1er février 1885
Je hais le fait qu'on ne se voit qu'une fois par mois. Pour vous comme pour moi le temps est trop long et nos rencontres trop courtes. Nos étreintes sont plus proches, plus intimes et surtout plus passionnelles. Nous nous donnons corps et âmes à chaque acte. Je vous sens plus proche, plus aimant. Et chaque jour, je vous aime, un peu plus, pleurant ainsi votre absence si douloureuse.
Amoureusement, votre ange comme vous dites si bien.
Le 05 mars 1885
Matthew quelle folie vous a pris aujourd'hui ! J'en ris encore. Vous m'avez allongé dans le lit et m'avez mis à nu, tout en m'observant dans les moindres détails. J'en rougirai presque en l'écrivant. Vous me trouvez magnifique avec mes cheveux noirs corbeaux, mes yeux bleus, ma peau pâle et douce sur mon beau corps frêle et tendre comme vous dites si bien. Aujourd'hui c'était votre anniversaire, alors j'ai refusé votre argent, comme ça vous achèteriez ce qui vous plaira en pensant que c'est de ma part. Ému vous m'avez embrassé tout en répétant plusieurs fois que j'étais l'ange de votre vie.
Votre ange, Neil.
Le 12 avril 1885
Vous êtes entré dans une colère noire aujourd'hui. Car j'ai osé rêver à si nous étions un couple. Vous avez méchamment rit et dit que j'étais totalement absurde. J'ai eu l'audace de vous demandez si vous m'aimiez, vous m'avez répondu que ce mot était uniquement réservé à votre femme plus méritante que moi. Je vous ai dit que vous étiez mauvais, alors vous m'avez jeté les billets au visage et êtes parti comme un voleur. Pourquoi autant de méchancetés dans vos paroles alors que je vous aime tant ?
Tristement, Neil l'ange maudit...
Le 10 mai 1885
Quand je vous ai vu arrivé, j'ai rapidement refermé la porte de ma chambre mais vous l'avez forcé et êtes entré. Vous m'avez jeté violemment sur le lit comme une vulgaire poupée, tout en déchirant mes vêtements pour me faire l'amour comme un malade. Vous me teniez fermement pour pas que je ne me débattes. Vous disiez des choses horribles comme : « ça te plait sale catin ! » « dis que tu aimes ça Neil ! ». Je criais, je pleurais et au final vous vous êtes calmé. Vous avez pris mon visage pour le couvrir de baisers en disant que c'était parce que vous m'aimiez trop que vous vous comportiez comme un porc. Je vous ai pardonné pour que vous partiez soulagé. La seule et unique raison de ce pardon, c'est que vous aviez enfin reconnu m'aimer.
Toujours à vous, Neil.
Le 09 juin 1885
Aujourd'hui vous étiez heureux et j'ai voulu savoir pourquoi, mais au final j'aurais mieux fait d'être ignorant. Votre femme va avoir un enfant, votre tout premier enfant. En me faisant l'amour vous me disiez à quel point vous l'aimiez et la respecter. « Alors pourquoi êtes vous là ? ». Mais j'ai gardé en moi cette question car je savais qu'elle n'aurait aucune réponse. Ou sûrement que je la redoutais.
Bien à vous, Neil.
Le 26 juillet 1885
Pour mon anniversaire, vous m'avez offert monts et merveilles. Moi qui n'avais jamais eu d'anniversaire vous m'avez gâté comme un père le ferait pour son fils. Le gâteau était une merveille et le champagne succulent. Sachant ma passion pour les livres, vous m'en avez offert une dizaines d'auteurs différents ainsi qu'un anneau en or simple mais tellement beau. Quand vous me l'avez passé au doigt j'ai eu l'impression d'être uni à vous et ainsi toujours vous appartenir. J'ai pleuré, pas de joie comme vous l'avez cru mais de dégoût. Je me souviens que vous m'avez demandé mon âge, alors j'ai répondu dix-huit ans, vous avez grimacé car je vous sais le double de mon âge. Mais cela n'empêche que je sois votre amant.
Votre amant, Neil.
Le 15 août 1885
A ce jour c'est moi qui ai été dur. Dès votre arrivée, j'ai mis les choses au clair. Notre relation s'arrête ici et je vous l'ai dit sans aucune peine dans la voix. Vous vous êtes énervé, vous vouliez savoir la raison de cette subite séparation. Je me suis tût et vous m'avez giflé en ajoutant que vous reviendriez chercher la réponse. Je vous ai jetez l'anneau dessus, faisant ainsi comprendre ma réponse. Votre regard était tellement triste que je faillis succomber. Pourtant je ne le fis pas. Alors dans un souffle vous m'avez dit « je ne viendrai plus t'importuner ». Puis j'ai pleuré, pendant longtemps. Mais c'était le mieux qui nous rester à faire, pour vous comme pour moi.
Neil.
Le 13 septembre 1885
Cela fait un an, jour pour jour, que nous nous sommes rencontrés. Comme je connaissais votre adresse, je suis allé devant chez vous. Je vous ai aperçu avec votre femme et son ventre grossissant. J'étais vraiment heureux pour vous. Heureux de vous voir heureux. Puis je suis renté chez moi en m'installant à mon bureau et je vous ai écris Matthew, comme à mon habitude. Vous savez, je ne me vois pas vivre dans un monde où je sais que vous ne m'appartiendrez jamais. Alors par lâcheté je choisis ma vie avec la mort. Adieu Matthew.
Neil, l'adolescent qui vous aima sincèrement.
Le 19 septembre 1885
De ma vie je n'ai jamais été aussi bouleversé. Ta mort m'a brisé. Je l'ai apprise dans les journaux. Tu étais magnifique, comme toujours, dans ton cercueil et j'ai osé te remettre l'anneau, celui qui avait séparé nos vies. A ton enterrement, un de tes amis, sans doute un prostitué, m'a remis tes lettres. Je me suis demandé pourquoi tu ne les avais jamais envoyées, elles sont tellement belles. En les lisant je me suis dit qu'il fallait que je mette les choses au clair, pour toi comme pour moi. Oui j'aime ma femme, mais je t'ai encore plus aimé dès que tu as été à moi. Il est vrai que je suis catholique mais je ne pense pas avoir fait mal en t'aimant sincèrement. Il est vrai aussi qu'au début c'est la curiosité sexuelle qui a fait que je me suis intéressé à toi mais très vite la passion a prit le dessus, et ainsi je n'ai pu me passer de toi, tu étais devenu ma dépendance. Pour moi aussi ça va être dur de vivre dans un monde où tu n'y es pas, où je ne te vois plus... Et pourtant je vais m'accrocher à nos souvenirs et sourire à la vie. Et ne pense pas que ton geste soit lâche, tu étais simplement désespéré et amoureux. Tu es l'une des plus belles choses qui me soit arrivé et si j'ai un fils, je le nommerai Neil, comme toi mon ange. Cette lettre sur ta tombe, sera mon pardon. Je t'aimerai éternellement.
Matthew.
Fin.