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Author: H-H
Fiction Rated: M - French - Drama/Crime - Reviews: 2 - Published: 04-24-08 - Updated: 04-24-08 - Complete - id:2508975

Titre: Depth
Auteur: Heavenly
Genre: Policier/Léger mais très léger Shonen-Ai/ Drame
Statut: Fini (aaaaalléluiaa)
Disclaimer: Non, je ne suis pas une psychopathe :) En italique pensées du tueur, en normal la vie de Nobu, en gras la vie de Suzuka. Bonne lecture!


J’ai cessé d’être moi à l’âge de huit ans. Le jour où ces êtres perfides qu’on nomme « femmes » me souillèrent. C’est depuis ce jour que je suis devenu une bête.


« - Voici votre nouvel appartement, monsieur Watanabe. »

Le lycéen regarda le gérant faire entrer son nouveau voisin dans l’appartement jusqu’à ce jour inoccupé. Mais il ne s’attarda pas plus sur le nouveau venu, se trouvant déjà suffisamment en retard pour assister au cours de la journée.

Le métro était bondé comme tous les jours de la semaine en heure de pointe. C’était très pratique pour écouter l’actualité du jour.

« - Tu as entendu parler de cette affreuse série de meurtres ?

- Celle où toutes les victimes sont des femmes ?

- Oui c’est vraiment horrible ! Mais elle ne date pas d’aujourd’hui cette histoire et ils n’arrivent toujours pas à trouver le tueur.

- On se demande ce que fait la police. »

Il était vrai que le tueur misogyne défrayait les chroniques avec ces actes de barbaries effroyables envers le sexe féminin. Les corps étaient à la limite du déchiquètement et l’autopsie se révélait encore plus dure. Le pire c’est qu’elles étaient toutes très belles. On s’acharnait à briser leur beauté.


Je détruis ces superbes corps avec ma haine. J’ai un immense plaisir à défigurer leurs traits gracieux. Mes actes ne sont pas barbares mais libérateurs. Ma vengeance s’accomplit à chaque corps que je sème.


« - Kanemoto-san ! L’inspecteur vous demande ! »

Suzuka Kanemoto fit signe de s’en aller au jeune vacataire. Après l’avoir salué, il prit congé. Elle écrasa sa cigarette et se leva, mécontente d’avoir à se déplacer.

Elle toqua deux fois à la porte de son patron avant d’entrer. Il était occupé avec un policier qui lui remettait son rapport. Ce dernier les salua et après avoir fini, s’en alla.

« - Alors Suzuka, comment vas-tu ? l’accueillit l’inspecteur en allumant un cigare.

-Très bien, je vous remercie, elle sortit une cigarette de la poche de son tailleur et prit le briquet que le directeur lui tendait.

-Assis toi, je t’en prie. »

Elle s’exécuta et cracha une bouffée de fumée en attendant patiemment ce qu’il allait lui dire.

« - Tu sais pourquoi tu es là ?

- Pour le tueur misogyne, je suppose.

- Tu supposes bien, Suzuka. Cette affaire traîne trop. La population commence à paniquer.

- Un an que cela dure et un cadavre tous les mois. Il est particulièrement malin et soigneux. Il ne laisse aucune trace de lui. Même son sperme, il l’enlève sur ces victimes.

- Sommes nous sûrs au moins qu’elles ont eu des rapports sexuels avant de mourir ?

- Oui, il y a bien eu pénétration. Elles étaient consentantes car il n’y a pas de marques de débats. Je pense aussi qu’il doit les laver après l’acte et ensuite il les tue. Il fait en sorte qu’elles restent vivantes. Une douleur vraiment atroce que d’être autant déchiqueté.

- Il utilise quoi comme arme ?

- Le vitriole et un couteau assez grand.

- Et les victimes ?

- Des femmes belles et célibataires avec un métier convenable. Des femmes qui sont bien intégrées dans la société.

- Serais tu capable de dresser un portrait psychologique de cet homme ?

- Oui sans difficultés, je suis sur l’enquête depuis un an et même si je ne l’ai toujours pas arrêté, je peux déjà dire que je visualise bien notre homme.

- D’accord. Alors prépare moi ça pour cette après midi. Il faut que tous les hommes soient informés. Tout le monde va être sur le coup.

- Pas de problème. Dites moi chef, le gouvernement vous mettrez-t-il la pression ?

-Oui, une des victimes était proche de l’empereur. Mais c’est surtout que cela ne peut plus durer, nous avons trop de cadavres sur les bras. Et les gens commencent vraiment à se demander ce que fait la police. »

Suzuka Kanemoto partit sans rien ajouter de plus. Elle rejoignit son bureau où son coéquipier l’attendait. Désormais ils ne seront plus les seuls sur cette affaire.


Les cours s’étaient encore mal passés pour Nobu, cet adolescent victime de brimade depuis sa rentrée des lycées. Rejeté par la classe entière et souffre douleur de certains, l’école était pour lui synonyme de cauchemar.

À la sortie des cours il s’en alla vite pour éviter que les trois pestes de sa classe qui lui faisaient les pires crasses qui existent. Elles adoraient l’humilier et pour des lycéens, elles étaient particulièrement malsaines. Quand elles ne le frappaient pas, elles le mettaient à poil et lui faisaient pleins de graffitis sur le corps pour ensuite le prendre en photo. Il devait donner de l’argent pour récupérer les pellicules. Pour les éviter, il fallait qu’il coure le plus vite possible, loin d’ici.

Chez lui non plus, il ne se sentait pas en sécurité, à cause de ce qui se trouvait dans le placard. Il fallait qu’il s’en débarrasse au plus vite.

Après avoir prit sa douche et mangé un morceau, il ouvrit le placard à balai du couloir, d’où une odeur nauséabonde sortit. Il regarda le cadavre.

« - Regarde ce que je dois faire à cause de toi. Tu ne me causes que des ennuis. »

Il partit chercher un sac poubelle, mais il n’en avait plus. Il fallait demander au voisin.


Je les drague. Je couche avec elles. Les lave. Et puis je les tue, lentement mais sûrement. Elles saignent comme des gorets. Ces sales petites putes.


« - Voici à peu près l’idée que je me fais du tueur. C’est un homme intelligent qui sait charmer ces victimes. Il a un physique assez agréable. Il se montre chaleureux mais au fond il est froid. Il a l’air sûr de lui mais en vérité, ces femmes l’effraient. Il doit être timide et doit même prendre ses distances avec elles, je pense. Ce qui le pousse à s’en prendre qu’à des femmes, serait-ce dû à un traumatisme de l’enfance, où la femme devait être dominante. Peut-être la figure maternelle. Il a un métier stable, il doit avoir bien réussi dans sa vie et son salaire lui convient amplement. Il est méticuleux dans ses scènes de crime. Il réfléchit beaucoup même quand il s’exprime, il ne dit pas de mots à la légère. Il n’a pas de casier judiciaire et ne fait pas partit des délinquants sexuels. Il est tout le monde et n’importe qui à la fois. Il se confond parfaitement dans la société. Voilà, c’est tout ce que je peux vous dire. »

Elle se rassit et leur chef se leva.

« - Je reconnais que l’affaire est difficile à résoudre et que nous n’avons aucune piste quant à l’identité du tueur. Mais il va falloir mettre du notre pour arrêter ce monstre. Il va falloir relire tous les dossiers pour voir si aucun élément n’a été oublié, réeplucher les indices et faire des heures supplémentaires sera fortement conseiller. Personne ne sera épargner. Maintenant au boulot ! »

Il eut un brouhaha énorme à la crime. Tout le monde était à bout de nerfs et cette enquête se promettait difficile. Depuis un an qu’ils enquêtaient, Kanemoto et Arusegawa n’avaient aucune piste sur le misogyne. Depuis tout ce temps ils en étaient toujours au point mort, mais ils continuaient cette enquête avec acharnement. Il fallait la résoudre, c’était primordial. Chaque acte a une fin.


Le gamin tapa trois fois à la porte. Quand il allait le faire une quatrième fois, elle s’ouvrit. L’homme était impressionnant. Une grande taille et un beau visage, le genre à attirer les regards.

Il sourit gentiment à l’enfant qui le regardait timidement et légèrement effrayé :

« - Que puis-je faire pour toi ?

- Euh… Est-ce… Est-ce que vous auriez un sac poubelle ?

- Un sac poubelle ? Ha ! Ha ! Ha ! Oui bien sûr, entre ! »

Il pénétra dans la maison de son nouveau voisin. Il venait à peine d’emménager et tout était déjà rangé. Classe et sobre, voilà ce qui définissait parfaitement bien l’appartement.

« - Vous êtes un rapide !

- Hein ? Pourquoi ?

- Pour votre appart’. À peine emménager que tout est rangé ! »

Il ne répondit pas, se contentant juste de sourire à nouveau. Il partit dans sa cuisine pour récupérer l’objet demandé. Il le lui tendit, toujours en souriant gentiment au jeune garçon.

« -Merci beaucoup monsieur ! dit-il tout en s’inclinant.

-Appelle moi Reiji.

-Ah ! Euh… D’accord Reiji-kun ! »

L’enfant lui sourit puis s’en alla.

De retour chez lui, il rouvrit son placard à l’odeur immonde.

« - … Je suis désolé. Je n’ai pas d’autre choix. »

Avec beaucoup de mal et au bout d’une heure, il réussit à mettre le corps en décomposition dans le sac plastique.

Ensuite il partit se doucher une nouvelle fois pour enlever la sueur de l’effort, puis alla ensuite se coucher tout en réglant son réveil pour qu’il sonne à minuit…


Il me faut une nouvelle proie. Il faut plus de sang. Et plus de femmes. Il faut que je décime ces créatures perfides de la terre.


« - Bip, Bip, Bip. »

Il tendit la main pour arrêter la sonnerie assez crispante. Il ouvrit la porte de l’appartement et commença à tirer par les pieds le lourd cadavre, jusqu’au couloir. Il souffla une seconde en attendant l'ascenseur. Le cliquetis de la porte d’en face de la sienne se fit entendre. Le voisin s’apprêtait à sortir. Nobu était prit sur le fait accomplit. Il se sentait perdu.


« - Plus je relis ces dossiers plus je me dis que tout a un lien.

- Comment ça ? questionna le jeune coéquipier.

- Si on regarde bien… recommença Suzuka, on peut voir que certaines victimes ont un lien. Parmi ces victimes, il y a une juge, et deux avocates. Elles ont été tuées à trois mois d’intervalle. Comment dire… Il tue la juge puis après laisse quelques cadavres pour ensuite s’attaquer à l’avocate… C’est comme si…

- C'est comme s’il voulait cacher un lien entre elles ?

- Exactement, pour brouiller des pistes. Peut-être qu’elles se sont rencontrées pour une affaire. Ou autre… »

Elle mit son ongle à la bouche et réfléchit quelques minutes.

« - Arusegawa, on va au tribunal !

- Hein ?! Kanemoto-san il est minuit passé, c'est fermé à cette heure-ci !

- Bon... Demain à la première heure on y va. Maintenant rentrons chez nous. »

Ils quittèrent le commissariat.


L’enfant et l’adulte se regardèrent en silence. Le voisin observa le corps, l’adolescent paniqua.

« - Je peux tout vous expliquer ! Et… »

L’homme posa la main sur la bouche du gamin et lui fit signe de se taire. Il le fit entrer dans son appartement, le cadavre avec. Il referma doucement la porte derrière lui.

Il se retourna vers l’adolescent. Son habituel sourire disparut derrière un regard froid. Il pointa un doigt vers le corps.

« - Qu’est-ce que c’est ? »

Le gosse tomba à genoux. Les larmes coulaient le long des ses joues. Dans un souffle il murmura :

« - Mon père… Il s’est pendu dans le salon il y a une semaine… »

Un silence pesant régna dans la pièce.

« - Et tu comptais te promener avec le corps dans toute la ville ? Ou tu avais un plan plus intelligent ?

- Je voulais l’enterrer dans le parc à coté de l’immeuble…

- T’es stupide ou quoi ?! Et puis pourquoi tu ne l’as pas dit à la police ? Ce n’est pas un meurtre que je sache.

- Je sais… Mais je ne voulais pas aller en foyer. Je voulais rester vivre chez nous… »

Il pleura de plus belle. Ne retenant ni ses larmes ni ses cris. Reiji prit le gamin dans ses bras et essaya de le calmer. Il n’était pas homme à faire ça, mes ces cris de détresse le blesser profondément. Ce gosse semblait vraiment perdu.


……………………………


« - Voilà ce qu'on va faire. Je vais t’aider à le transporter jusqu’à l’ascenseur. On va descendre au parking. Puis tu resteras avec lui dans l’ascenseur pour que j’emmène ma bagnole devant. C’est d’accord ? »

Nobu acquiesça en silence et tous les deux exécutèrent le plan.


Sang. Meurtre. Tuer. Détruire. Sang. Meurtre. Tuer. Détruire. Corps.


Le cadavre de son père disparut dans les flots de la mer. Aller plus loin que chez soi pour camoufler une mort est ce qu’il y a de mieux, d’après le voisin. Le silence fut gênant dans la voiture. Ils se connaissaient à peine et pourtant ils partageaient déjà un lourd secret.

De retour dans l’immeuble, Reiji l’entraîna dans l’appartement.

« - Écoute gamin…

- Nobu.

- Nobu. Il va falloir que tu gardes le silence sur cette soirée. D’accord ?

- J’accepte à une seule condition.

- Laquelle ?

- Laissez moi dormir avec vous…

- Pardon ?

- Je… Ne me demandez pas pourquoi ! J’en ai juste besoin ! »

Reiji mit un temps à réfléchir. Il ne savait pas quoi répondre. Mais le gamin insistait, alors le voisin accepta.

« - Je te le dis d'entrée, le canapé n'est pas du tout confortable mais il faudra t'y faire.

- Vous avez pas un lit à deux places ?

- Pardon ? Tu crois peut-être que tu vas dormir dans mon lit ?

- En quoi ça gêne ? On est tous les deux des hommes, c'est pas comme si j'étais une fille.

- Là n'est pas la question ! On se connait à peine et puis ça ne se fait pas.

- Ça doit plus se faire que balancer un corps à la mer. »

Ils se défièrent du regard. Le gamin ne semblait pas vouloir abandonner. Reiji soupira.

« - Je vais prendre une douche, vas te coucher toi. »


Une femme. Il me faut une femme. Il faut qu'elle saigne. Qu'elle agonisse. Qu'elle me demande de l'achever !


Quand Reiji eut fini sa douche, il alla se coucher. Le gamin dans son lit dormait à poings fermés. Il était torse nu, et n'avait que son boxer pour couvrir son intimité.

« - Totalement indécent. »

Mais quelque chose gêna le voisin. Sur le corps du jeune Nobu des marques y figuraient. Des marques de coups. Il le toucha.

« - Eh ! Mais qu'est-ce que vous faites ?! »

L'adolescent se leva d'un bond, mort de peur. Il regarda d’un air effrayé l'homme.

« - C'est quoi ces bleus ?

- Rien du tout ! Ça ne vous regarde pas ! »

Il lui attrapa le bras.

« - Aie ! Mais vous me faites mal !

- Qui t'as fait ça ?! Ton père ?!

- Non c'est pas lui... S’il vous plait, lâchez-moi ! Vous me faites mal !

- Qui c'est ?!

- ... »

Il le jeta sur le lit et fit les cents pas dans la pièce. Nobu tremblait de peur.

« - Désolé gamin, s'excusa le voisin au bout d'un moment.

- Je vais dormir dans le salon...

- C'est bon, reste. »

Reiji s'allongea dans le lit et éteignit la lampe de chevet.

« - Bonne nuit Nobu.

- Bonne nuit Reiji-kun. »


« - Bonjour Mademoiselle, police criminelle. »

Suzuka montra sa plaque à la jeune réceptionniste du tribunal.

« - Pourrions nous s'il vous plaît avoir accès aux dossiers de la juge Ichijo ?

- Ah ! Je suis désolée mais pour cela, il vous faut un mandat.

- On n’a pas le temps pour ces conneries. On a des tas de cadavres comme celui de la juge sur le dos. Vous croyez vraiment que j'ai le temps de m'arrêter pour aller chercher un mandat ?

- Oui, je comprends… Mais c'est la loi. »

La réceptionniste était très gênée et mal à l'aise. Arusegawa éloigna un peu sa coéquipière.

« - Si tu lui parles comme ça, elle ne nous aidera pas Kanemoto-san. Laisse-moi faire. »

Suzuka resta à l'écart, pendant qu'Arusegawa essayait de convaincre la jeune réceptionniste. Elle en profita pour sortir une cigarette. Elle la mit à la bouche et chercha son briquet.

« - Kanemoto-san, il est interdit de fumer. »

Arusegawa lui enleva sa cigarette et la mit dans la poche de son imperméable. Puis le sourire au lèvres, il lui dit :

« - Mademoiselle Sakura va nous amener au bureau de la juge, on pourra même y étudier tranquillement ses dossiers.

- Comment l'as-tu eu ?

- Le charme Kanemoto-san, le charme. »

Ils allèrent donc au bureau accompagnés par la jeune réceptionniste. Après que celle-ci eut fermé la porte, Suzuka commença à s'attabler sur les dossiers de la juge avec son jeune coéquipier. Au bout de deux heures, elle tenait enfin quelque chose.

« - La juge Ichijo s'occupait surtout d'affaires de violences sur mineurs. Dit-elle en pianotant sur l'ordinateur de la juge.

- Oui c'est bien ce qui me semblait. Répondit Arusegawa. On peut laisser tomber la thèse d'un coupable qu'elle aurait envoyé au trou.

- Hum... J'en sais rien. Sur ces affaires, elle collabore beaucoup avec l'avocate Yashiki.

- Cette avocate, c'est pas l'une des victimes de notre tueur ?

- Oui effectivement... Ah ! L'autre avocate !

- Qui ? Reika Asami ?

- Oui ! Apparemment elle se sont toutes les trois retrouvées sur une même affaire.

- Ah bon ?

- Mais pas en tant que juge, ni Yashiki et Asami en tant qu'avocates.

- Et ?

- Sur cette affaire on les désigne comme... Accusées ?! »


Ça arrive. Ça arrive. Ça arrive.


Quand Reiji se réveilla, le gamin était déjà parti. Il aurait aimé lui poser des questions mais il était sûr qu'il n'aurait obtenu aucune réponse. Ce soir il irait le voir.

Nobu ne voulait pas assister au cours de la journée, mais s’il séchait, le professeur convoquerait son père. Et ça c'était impossible, la vérité ne devait pas être dévoilée.

« - No-bu-kun. »

Le cœur battant, il regarda la jeune fille devant lui.

« - Alors hier, le gros lapin, il s'est enfui... »

Quelqu'un lui attrapa le cou par derrière.

« - Il est où notre putain de fric !

- Je l'ai pas...

- Comment ça « tu l'as pas » ?

- Je...

- Ta gueule ! Suis nous au gymnase ! »

A contre cœur il obéit. Arrivés au gymnase après s'être assurer que personne n'était là, elles le ruèrent de coups.

« - Tohru, Risa déshabillez le maintenant. »

Malgré ses protestations, il fut quand même mis à nu. Makoto s'approcha lentement vers lui avec un sourire malsain. L'une de ses amies tenait les bras de Nobu, l'autre attendait, appareil photo en main. Puis Makoto le retourna et lui enfonça un sex toys dans l'anus.

La douleur le déchira, Nobu s'évanouit.


....


« - Kanemoto-san, tu veux pas qu'on sorte de ce bureau, j'en ai marre d'éplucher des dossiers. Viens, allons déjeuner.

- Bon je te suis mais c'est toi qui invite. Et choisis un endroit fumeur. »

Ils se posèrent dans un petit restaurant calme et fumeur. Après avoir passer la commande Suzuka alluma une cigarette.

« - Tu y crois vraiment Kanemoto-san, au fait que la juge et les deux avocates auraient abusés d'un gamin de huit ans ?

- Pourquoi j'y croirais pas ? Les humains sont capables du pire comme du meilleur. Si un homme peut violer une femme l'inverse est aussi possible. Certes de manière différente, mais possible.

- Quand même des femmes respectueuses et réputées...

- Et alors ? Parce qu’elles ont l'argent et la renommée, elles sont propres sur elles ? Tu le penses vraiment ?

- J'en sais rien Kanemoto-san, j'en sais rien.

- Écoute moi bien Arusegawa, pour moi ces femmes étaient de sales garces qui se cachent derrière de beaux sourires. Ces femmes n'arrivaient pas à nouer de relations avec des hommes. Leur travail leur prenait trop temps, elles en sont même arriver à refouler leurs libido. Alors qu'ont-elles fait ? Elles se sont attaquées à une proie facile. Elles sont des délinquantes sexuelles. Mais grâce à leur nom et emploi elles ont eu gain de cause.

- Pourquoi tu veux retrouver le tueur si tu les trouves aussi dégoutantes ?

- Si l’on devait tuer tous ceux qui ne méritent pas de vivre en ce bas monde, il n'y aurait plus de justice. Nous, les policiers, on ne servirait à rien. Or, même si ce qu'elles ont fait est horrible, j'aime faire respecter l'ordre dans ma ville.

- Tu m'impressionnes Kanemoto-san.

- C'est le métier petit. Un jour, toi aussi tu verras le monde comme moi. Et tu sais quoi...

- Quoi ?

- Je suis sûre à cent pour cent que c'est le gamin qui est en train de se venger. D'ailleurs comment il s'appelle ?

- Subaru Yagami.

- Si on retrouve ce Yagami, on retrouve aussi notre tueur. »

La serveuse revint avec leurs commandes. Le déjeuner se fit dans le plus grand silence.


Quant Nobu reprit connaissance, il faisait déjà nuit dans le gymnase. Il était toujours nu et saignait de l'anus. Il eut du mal à se rhabiller. Parterre, il y avait des photos de lui à poil entrain de se faire violer. Il y avait écrit: « ramène l'argent ».

Nobu pleura.


J'ai mal. J'ai si mal. Pourquoi ? A cause de toi ? A cause d'elles ? Elles vont toutes mourir ! Toutes ! Sales putes qu'elles sont !


Le jeune adolescent n'eut pas ouvert sa porte que Reiji l'emmena dans son appartement. Il ordonna à Nobu de s'assoir. Avec difficulté, ce dernier obéit. Il était mal à l'aise. Il avait envie de se laver, de dormir et d'oublier cette journée. Cette souillure.

« - Tu étais en cours ?

- Oui.

- Pourquoi tu m'as pas réveillé pour me dire que tu partais ?

- J 'en voyais pas l'intérêt.

- T'en voyais pas l'intérêt ? Tss, tu sais dans quelle merde on est toi et moi ? Il va falloir se serrer les coudes.

- Ok, je ferais ce que vous voudrez. Je peux rentrer ? »

Son voisin acquiesça. Nobu se leva et à ce moment là, les photos de lui tombèrent de son sac. Il voulut vite les ramasser mais Reiji fut plus rapide. Il les regarda, choqué.

« - Mon dieu. Mais quelle horreur...

- Ne... Ne regardez pas ! »

Il lui reprit les photos et s'effondra sur le sol.

« - Waahhhh ! »

Il pleurait à n'en plus pourvoir. Il criait sans vouloir s'arrêter. Il souffrait. Il avait honte, il avait mal. Il se sentait humilié et sale mais cette situation ne semblait pas vouloir s'arrêter. Elles n'arrêteraient jamais. Pour elles, tout cela n'était qu'un jeu, pour lui: c'était un cauchemar. Un cauchemar dont il n'arrivait pas à se réveiller.

Reiji s'agenouilla près du jeune garçon et l'enlaça. Ce dernier tremblait dans ses bras, mais il entoura le dos de l'adulte et le serra fort contre lui. Il pleurait de plus belle, mais qu'il en soit ainsi, il avait tellement dû se retenir pendant longtemps.

« - S'il vous plaît... Aidez moi... Je vous en supplie sauvez moi... S'il vous plaît ne me laissez pas... »

Il s'endormit dans les bras de son voisin, trop las, trop vide, trop sale. Reiji le porta jusque dans son lit et l'allongea. Il regarda longtemps ce gamin qui subissait de telles horreurs. Il lui caressa tendrement les cheveux, puis s'en alla dans le salon. Il ramassa les photos et les regarda avec un dégoût évident.


Petite garce je vais te saigner, te violer jusqu'à ce que tu me supplie. Je vais te faire regretter. Pleure, pleure, moi j'ai assez versé de larmes. Les miennes étaient pures, les tiennes seront rouges...


Ce soir là après son travail, Suzuka rentra chez elle, plus fatiguée que d'habitude. Elle ne sortit pas ses dossiers, se contenta juste d'allumer une cigarette. Elle s’assit dans son canapé, tira une bouffée et ferma les yeux quelques secondes. Elle avait encore sortit de belles paroles à son coéquipier et pourtant elle n'en pensait aucune. En fait elle trouvait que ce gosse si c'était bien lui, avait raison de se venger. Les monstres devaient être punis. Mais si elle avouait cela, elle ne serait pas mieux que le tueur. Or elle se devait de l'arrêter, pour ne plus qu'il sévisse. Après tout il avait réussit à tuer celles qui l’avaient souillé alors pourquoi continuait-il ces meurtres? Pour sa haine envers la femme ? Ou parce qu'il voulait qu'on l'arrête ?

Oui peut-être était-ce ça. Peut-être qu'il se faisait peur lui même et qu'il voulait que quelqu'un l'arrête, le libère de ce poids. Alors si c'était ça, Suzuka se promit d'être cette personne car elle avait l'impression de le connaître mieux que quiconque.


Ce matin là Nobu ne se réveilla pas, il dormait profondément. Reiji lui, prit sa veste, l'enfila et sortit. Il ferma à clé derrière lui comme ça l'adolescent n'irait nulle part.

Il se dirigea ensuite vers le lycée de ce dernier. Les élèves étaient aguichés devant l'entrée telles des fourmis. Il repéra ce qu'il cherchait. Il se dirigea vers les trois jeunes filles un peu à l'écart, celles qui apparaissaient sur les photos de Nobu.

« - Mesdemoiselles. »

Elles le regardèrent de haut en bas. Le détaillant sans aucune pudeur. La chef, Makoto, passa sa langue sur ses lèvres et lui lança un sourire aguicheur. Reiji lui sourit puis la plaqua contre le mur brutalement et mit ses mains sur le mur, de chaque coté de son visage. Ses amies la regardaient, morte de peur. Tranquillement, il sortit les photos et lui mit en évidence devant ses yeux.

« - Ose le toucher encore une fois, pose tes mains sur lui encore une fois et je te jure que je ferais de ta vie un enfer. Tes copines et ta famille souffriront le martyre. »

La lycéenne comprit ce qu'il lui montrait, ce n'était pas vraiment les photos, mais plutôt ce qu'il y avait glissé avec ces dernières. Elle déglutit, elle n'avait jamais eu aussi peur, elle savait à quoi s'en tenir.

« - D'a... D'accord...

- Je le saurais s’il se passe quelque chose alors tiens toi à carreaux si tu ne veux pas souffrir. »

Il la regarda une dernière fois puis la gifla et s'en alla.


Hum. Souffrir vous aimez ? Pleurer vous aimez ? Par contre blesser ça vous adorer. Alors, je vais me venger. Et vous allez toutes souffrir à en pleurer. Stupides tentatrices, êtres faibles. Je vous hais vraiment.


Quand Reiji rentra dans son appartement, Nobu se jeta presque sur lui.

« - Où étais-tu ?!

- Tu me tutoies maintenant ? répondit son voisin en souriant.

- Je... Ben... Euh...

- Je suis juste sorti faire des courses, dit-il en montrant ses paquets. Tu manges avec moi ?

- Oui avec plaisir ! »

L'adolescent lui sourit et cela fit plaisir à Reiji, c'était signe qu'il allait mieux. Il partit ensuite à la cuisine pour faire à manger. Le jeune Nobu le suivit.

« - Tu as besoin d'aide ?

- Non merci.

- Tu veux que je partes ?

- Non tu peux rester.

- Merci...

- Nobu ?... »

Le jeune garçon avait enlacé par derrière la taille de Reiji, ce dernier fut gêné mais ne s'en dégagea pas. Il savait que ce gosse avait besoin d'affection, il n'avait plus celui de son père et apparemment, ne semblait pas avoir de mère non plus.

« - Reiji ?

- Hum ?

- Tu sais pourquoi la dernière fois, j'ai demandé à dormir avec toi ?

- Non, je ne sais pas mon grand.

- J'ai peur de la solitude, je déteste vivre seul dans cette maison. La semaine de la mort de mon père était terrible, j'avais peur tout le temps. La présence de quelqu'un m'est indispensable. Alors Reiji, je voudrais savoir... Me permettrais-tu de vivre avec toi ? »

L'homme se retourna vers l'enfant qui le regardait les yeux suppliants mais ne desserra passonétreinte. Il lui caressa tendrement la joue et acquiesça. Les yeux de Nobu s'illuminèrent et il enfouit sa tête dans le torse de son vis-à-vis.

« - Je t'adore. »


Tu me manques. Quand t'es pas là j'ai l'impression d'être fou. Je ne fais plus rien, puisque tu ne le veux plus. Ne me quittes jamais, sinon je te jure, je redeviendrais fou.


« - Un mois ! Ça fait un mois qu'il n'a plus sévi ! Et ce Subaru Yagami qui reste introuvable ! Une impasse ! C'est une impasse ! Et en plus j'ai le directeur qui me réprimande ! Merde ! Je suis pas le seul inspecteur !

- Kanemoto-san calme toi.

- Mais tu ne comprends pas Arusegawa ! Ça veut soit dire qu'il est mort soit qu'il a quitté le pays ! Et notre chef veut un coupable !

- Il en a peut-être eu marre de tuer, cet homme.

- Non, on me fera pas avaler ça. C'est en lui, une fois qu'on a gouté au sang on ne peut pas s'arrêter de le faire verser. Il se joue de nous et si on n’a plus de cadavre, on aura plus aucune chance de l'arrêter.

- On n'avait aucune chance à la base non ? Ce type est méticuleux, ne l'oublie pas. »

Suzuka lança un regard noir à son coéquipier, il baissa la tête. Sa partenaire se comporter vraiment comme une gamine par certains moments, il ne la croyait pas aussi puérile. Elle, ce qu'elle voulait c'était s'amuser à cache-cache avec ce tueur, se moquant des victimes. Rien qu'à la voir, on se demandait si elle avait des états d'âmes quand elle observait les corps en charpie, elle les regardaient comme si c'était de la viande. Ça ne lui faisait ni chaud, ni froid. Et pourtant Arusegawa ne pouvait s'empêcher d'admirer ce petit bout de femme. Il appréciait vraiment sa partenaire et c'était rare de lui.

Cette dernière alluma une cigarette et s'assit sur son bureau. Un ongle à la bouche, elle semblait réfléchir à s'en exploser la tête. Soudain, un de leur collègues arriva en courant.

« - On a un cadavre retrouvé dans la mer !

- Génial ! On y va Arusegawa !

- Kanemoto-san... soupira ce dernier avant de la suivre. »


«- Reiji ! C'est moi, je suis rentré !

- Bonsoir Nobu. »

Le jeune garçon serra son colocataire dans ses bras. C'était là qu'il se sentait le mieux. Depuis plus d'un mois qu'il vivait chez lui, Nobu était plus heureux que tout. Il avait quelqu'un qui l'attendait le soir, ainsi il ne souffrait plus de sa solitude. Il n'était plus embêté par les trois garces de sa classe, elles semblaient même l'éviter comme la peste. Ses notes allaient mieux, il pouvait même espérer son diplôme, lui qui voulait tellement faire de grandes études.

Quant à Reiji, sa présence qui semblait le gêner un peu au début avait vite fait place à une complicité entre eux. Il était toujours là pour l'accueillir à la fin des cours et pour lui dire bonjour le matin. Mais pour l'adolescent, il restait un mystère. Il ne savait pas de quoi il vivait, ni ce qu'il faisait de ces journées. Et il ne lui demanderait jamais car il avait peur de briser leurs liens, à la moindre erreur de sa part. Alors il se taisait et l'accepter avec ses secrets. Tout ce qu'il lui fallait c'était sa présence et rien d'autre. Nobu était dépendant deReiji.

« - On mange quoi ce soir ?

- Ramen, ça te va ?

- Parfait ! s'exclama Nobu avec un grand sourire.

- Bon je retourne au fourneau. »

Reiji repartit à la cuisine et Nobu s'installa devant la télévision. Puis il se désintéressa complètement de l'émission qu'il avait mit et regarda les papier devant lui sur la table basse. Il savait qu'il n'en avait pas le droit mais la curiosité était plus forte que tout. Il prit une feuille et la lut.

« - Oh mon dieu...

- Nobu ! Viens manger ! »


Kanemoto et Arusegawa arrivèrent à la tombée de la nuit. Suzuka se précipita sur le cadavre, trop impatiente. Elle souleva le drap, et ce qui devint de la déception au début se transforma rapidement en étonnement.

« - Oh mon dieu...

- C'est un homme ? Ça, c'est pas notre tueur. Kanemoto-san ? Qu'il y a t-il ?

- Il va falloir déterrer le passé...

- Hein ?

- Je rentre. Demain on ira voir sa famille. Bonne nuit Arusegawa.

- Bonne nuit Kanemoto-san. »


« - Qu'est-ce qu'il y a Nobu ? C'est pas bon ?

- Ah, non ! C'est délicieux comme d'habitude. Merci Reiji.

- De rien mon grand. »

Il ne lui dirait rien, si Reiji n'avait pas voulu qu'il le sache c'était qu'il avait ses raisons. Il se tairait et ça sera mieux pour tous. Pour eux.


Je ne suis pas bien. Que se passe-t-il ? Pourquoi ? Comment ?

Je sens que demain...


Quand son réveil sonna, Suzuka se leva pour allumer sa cafetière et s'en grillait une au passage. Elle repensait sans cesse à hier. Pourquoi ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi devait-elle le revoir ?

Après son déjeuner, elle enfila un de ses tailleurs et s'en alla.

Il fallait qu'elle se calme.


« - Nobu, réveille toi, tu vas être en retard en cours. Allez debout fainéant.

- Hum… Arrête de me secouer... T'es pas cool... »

Reiji l'observa puis le souleva et le mit sur son épaule. Maintenant l'adolescent, plus que réveillé, lui donner des coups de poings en rigolant.

« - Arrête Reiji ! Fais moi descendre !

- Non, je te garde. »

Reiji le fit glisser de son épaule et le prit dans ses bras. Le lycéen étonné répondit quand même à cette étreinte. L'ainé lui caressa tendrement les cheveux.

« - Qu'est-ce que tu as ? s'inquiéta Nobu.

- Rien, j'ai comme un mauvais pressentiment. »

Ils se regardèrent un moment, puis le plus jeune déposa un baiser sur la joue du plus vieux.

« - Ne t'inquiète pas, ce sera une journée comme les autres. »

On sonna à l'entrée, Nobu s'en alla ouvrir.


« - Il ne semble avoir personne. Demandons aux voisins pour voir s’ils savent quelque chose. »

Et c’est sur ces mots que Suzuka partit appuyer sur la sonnette d'en face. Elle entendit des bruits de pas et la porte s'ouvrit sur un jeune adolescent.

« - Nobu ?

- ... Qu'est-ce que tu fais ici ? répondit froidement le dénommé Nobu après un long silence.

- Je... Je suis là pour ton père. On a découvert son corps. »

Nobu se crispa à ces mots. Il allait refermer la porte mais Suzuka l'arrêta de sa main.

« - Que fais-tu ici Nobu ? Pourquoi ton père était-il dans la mer ? Et puis, qui est cet homme ? »

Elle jeta un regard à l'homme qui venait d'apparaître derrière Nobu.

« - Je n'ai pas à te répondre.

- Jusqu'à preuve du contraire tu es encore mon fils. »

Arusegawa laissa échapper un cri d'étonnement. Reiji lui, d'un geste protecteur se plaça devant Nobu. Kanemoto s'adressa à l'homme:

« - Vous couchez avec le gosse ? Vous avez tué son père pour une histoire de pédophilie ? Ou est-ce pour autre chose ?

- Je n'ai pas à vous répondre.

- Vous préférez un poste de police avec votre avocat ? »

Nobu tira Reiji derrière lui et se posta droit et fière devant sa mère.

« - Ton cher ex-mari s'est pendu dans le salon, pour cause de problème d'argent. Puis j'ai voulu me débarrasser de son corps, car je savais que si j'appelais la police, je devrais vivre avec toi et ça non, je n'en ai plus envie. Alors Reiji m'a surprit et m'a aidé par gentillesse. Et puis j'ai décidé par la suite de vivre avec lui parce que toi plus que quiconque sait à quel point la solitude me pèse mère, depuis que tu m'as lâchement abandonné.

- Hum...Toujours à ma reprocher cela, je m'en serais doutée, tu n'as pas du tout évolué. Pourquoi monsieur... elle lut la plaque sur la porte, Watanabe, avez-vous aider mon fils à se débarrasser d'un cadavre ? N'importe qui dans votre position aurait appelé la police.

- Je ne vois pas l'intérêt de vous répondre.

- Vous n'en voyez pas l'intérêt ? Arusegawa !

- Oui ?

- Arrête-le. »

Le coéquipier poussa Nobu sur le coté et passa les menottes à Reiji Watanabe malgré les protestations de l'adolescent. Suzuka prit le poignet de son fils pour l'emmener de force à la voiture. Ils installèrent le gamin et l'homme à l'arrière. Puis l'inspecteur Kanemoto prit le volant.


Ha ! Ha ! Ha ! Quelle situation comique...


Nobu plus qu'énerver, regardait par la fenêtre la ville défiler sous ses yeux. Reiji lui prit la main et la serra fort. Le jeune garçon y répondit à son tour, entrelaçant leurs doigts.

« - Comment ça se fait que ton père avait des problèmes d'argent ? questionna Suzuka en le regardant par le rétroviseur.

- C'est dur de nos jours d'élever un enfant quand on a un boulot mal payé.

- Je lui versais une pension chaque mois.

- ... C'est vrai ? lui demanda Nobu en fronçant les sourcils.

- Ah, je vois. Il n'a pas arrêté alors.

- Il n'a pas arrêté quoi ?

- Ton père avait un vice pour le jeu. Je le soupçonne même de s'être endetté

- Ne le juge pas s'il te plait. Surtout toi. T'es pas un exemple comme mère.

- Tu es vraiment méprisant mon fils.

- Ta gueule. »

Reiji gifla Nobu. Ce dernier le regarda choqué, l'incompréhension se lisait sur son visage.

« - Même si tu ne la porte pas dans ton cœur, ne lui manque pas de respect et reste à ta place en tant qu'enfant. »

Nobu lui lança un regard noir, lâcha sa main et lui tourna le dos.

Puis finalement ils arrivèrent au poste de police. Ils les placèrent dans des pièces différentes. Suzuka Kanemoto avec Reiji Watanabe. Arusegawa Koiji avec Nobu Horii.


« - Alors monsieur Watanabe, que faites-vous comme métier ?

- Rien.

- Ah ? Et vous vivez de quoi ?

- De rien.

- Abusez-vous sexuellement de mon fils ?

- Je ne suis pas ce genre de personne et avec tout le respect que je vous dois madame, je tiens à vous dire que vous êtes une femme vulgaire.

- Aimez-vous les femmes ? demanda Suzuka sans se démonter pour autant, avec encore et toujours une cigarette sur ses fines lèvres.

- Oui, pourquoi cette question ?

- Avez vous déjà détesté une femme ? Votre mère ? Une amie ? Ou quelqu'un de sexe féminin vous ayant fait du mal ?

- ... Oh... Je vois... Vous pensez que je suis le tueur misogyne, n'est-ce pas ? dit Reiji en ricanant.

- Effectivement, et l'idée ne m'effleure pas qu'un peu. Vous êtes beau, sans vanter votre égo, vous avez l'air d'avoir une bonne situation financière et vous ne m'aimez pas moi une femme.

- Je ne pense pas que beaucoup de gens vous apprécie mademoiselle Kanemoto, vous avez un sale caractère. Je ne vous apprécie pas car Nobu a l'air de souffrir en votre présence. Et puis vous êtes pitoyable pour oser sortir des aberrations pareilles sous prétexte de mon physique. Êtes-vous vraiment sûre d'être enquêtrice ? »

Suzuka se releva en posant fortement ses mains sur la table. Elle était très énervée, elle se sentait humiliée.

« - Donnez-moi donc une bonne raison pour enlever tout soupçon sur vous ? »

Reiji la regarda longuement, puis sourit en baissant la tête. Il prit son portefeuille à l'arrière de son jean et le jeta à Kanemoto.

« - Vous êtes la deuxième personne après cette gamine à qui je la montre. »

Suzuka de plus en plus intriguée ouvrit le dit portefeuille et ne put retenir un cri d'étonnement.

« - A... Agent du F.B.I ?

- Oui, ils m'ont envoyé au Japon il y a deux mois de cela pour résoudre cette enquête qui vous cause tant de soucis. Bien sûr j'étais ici en inconnu, un simple américain d'origine japonaise qui revenait sur sa terre natale. Personne ne devait se douter de ma présence au Japon.

- Mais quel rapport avec Nobu ?

- ... Aucun, il m'est tombé dessus, il n’était pas prévu. Mais je ne pouvais pas le laisser dans sa détresse, j'ai voulu le protéger.

- Avez-vous avancer dans cette affaire ?

- Certainement plus que vous. Vous, qu'avez vous découvert ?

- Je suis à cent pour cent sûre que le tueur est un certain Subaru Yagami, connu des trois victimes, qui lui auraient fait subir des sévices sexuels.

- J'en suis aussi arrivé à cette conclusion, mais croyez-vous vraiment que ce soit Subaru Yagami ? Avez-vous chercher de partout des informations sur lui ?

- Oui... Je pense.

- Et bien non. Vous vous êtes trompée.

- Ah oui ? Et comment pouvez-vous le savoir ?

- J'ai enquêté auprès de sa famille, de ses amis. Subaru Yagami s'est suicidé à l'âge de seize ans mais vous n'avez pas pu le retrouver car depuis son viol il utilisait un faux nom. D'ailleurs, il a été enterré sous ce faux nom.

- Je commence vraiment à croire que j'ai négligé mon travail et les pistes… Mais dans ce cas, alors qui est le tueur ?

- Je ne l'ai pas encore retrouvé, je n'en ai pas eu le temps, mais j'ai une piste que je compte bien suivre. Subaru Yagami avait un frère dont il était très proche portant le prénom de Koiji.

- Au fait vous ne m'avez pas dit sous quel nom d'emprunt le gamin s'était-il fait enterré ? »


« - Tiens petit, ton café.

- Ah ! Merci beaucoup monsieur. »

Nobu prit le gobelet des mains d'Arusegawa et souffla dessus pour apaiser la chaleur.

« - Alors mon garçon, c'est vraiment ce qui c'est passé avec ton père ?

- Oui, c'est la pure vérité.

- Tu sais, je crois bien que ta mère soupçonne ton voisin d'être le fameux tueur misogyne. Tu en as entendu parlé je suppose ?

- Effectivement. Mais ce n'est pas Reiji-kun le meurtrier. C'est impossible.

- Et pourquoi donc ?

- Il est du F.B.I.

- Pardon ?

- Vous avez bien entendu il me semble.

- Pourquoi est-il ici ?

- Et bien d'après les papiers que j'ai lu, il est là pour combler votre incompétence. Il a même le nom du tueur potentiel. Je suis sûr que bientôt il le coincera.

- Oh... Et quel est le nom de ce meurtrier ?

- Attendez... Si mes souvenirs sont bons, c'était quelque chose comme... Arusegawa Koiji. »


La fin. Tout a une fin. Est-ce vraiment la fin ?


Suzuka et Reiji courait le plus vite possible au travers des couloirs.

« - Mais comment...Comment avez-vous pu ne pas le voir ? haleta à bout de souffle Watanabe.

- C'est mon coéquipier ! Il n'avait pas de comportement douteux ! Je lui faisait confiance ! Et puis rien ne dit encore que c'est lui ! C'est peut-être une coïncidence ! »

Ils arrivèrent essoufflés à l'autre salle d'interrogatoire. La porte s'ouvrit brusquement avant que Kanemoto ne puisse mettre la main sur la poignet. La porte s'était ouverte sur Arusegawa tenant contre lui Nobu et pointant une arme sur la tempe du jeune garçon.

« - Recule Kanemoto-san.

- Lâche-le !

- Rêve pas. Il est mon assurance. Allez, reculez tous les deux.

- Fais pas ça.

- Vous tenez à ce gosse ou pas ? »

Reiji prit le bras de Suzuka et la força à s'éloigner. Nobu le regardait mort de peur.

« - Rei... il s'arrêta la gorge nouée.

- Ne t'inquiète pas. Tout va bien se passer. Il ne tue que les femmes.

- Ha ! Ha ! Ha ! Peut-être ai-je envie de changer ?s'exclama Arusegawa avec un sourire de dément.

- Arusegawa... Pourquoi ? s'interposa Suzuka.

- J'adorais mon petit frère. Je l'aimais plus que tout. Mais il a été détruit, souillé. Il en souffrait, il n'arrivait pas à oublier malgré les années passés. Il était mort de peur dès qu'une femme s'approchait de lui. Il faisait de terribles crises d'angoisse. Puis un jour n'en pouvant plus, devant moi, il s'est tranché la gorge. Et je l'ai regardé comme un con se vider de son sang. J'ai même pas appelé une ambulance, tant j'étais paralysé. Alors après sa mort, j'ai voulu me venger de celles qui étaient encore en vie alors que lui était mort à cause d'elles. S’il ne respirait plus, alors elles non plus ne respirerait pas. Puis je me suis mis à détester les femmes, la douleur de mon frère est devenue la mienne, ses pensées sont devenues les miennes. La suite vous la connaissez. Mais comme tu l'as si bien souligné Suzuka, ma vengeance est terminée. Je m'en vais avec le gosse. Maintenant laissez-moi passer ! »

Ils reculèrent un peu plus et Koiji avança doucement avec Nobu vers la sortie. Le gamin tremblait de tout son corps mais il obéissait au tueur. Il ne voulait pas mourir, il était trop jeune. Il voulait continuer à vivre avec Reiji, son Reiji.

Arrivés dehors, le tueur le prit par le bras et le jeta à l'intérieur d'un camion remplit de barres en fer à l'arrière. Il le fit démarrer et à ce moment là Reiji et Suzuka armés se dirigèrent vers eux en courant.

Arusegawa démarra à tout vitesse mais des coups de feu furent quand même tirés.

Une balle toucha un pneu, ce qui fit perdre le contrôle de la voiture à Koiji. Il percuta un poteau.

Un peu étourdi, il sortit de la voiture sans se préoccuper de son otage. Il commença à courir au plus loin mais une balle s'enfonça dans son cœur.

Il se retourna vers l'auteur de ce tir. Suzuka se tenait en plein milieu de la route, l'arme pointée vers lui, essoufflée. Elle tira encore. Il s'écroula à genoux. Elle s'avança lentement vers lui toujours son arme braquée sur son ancien partenaire.

Il la regarda. Elle remarqua qu'il pleurait. Ses lèvres se mirent à trembler, il semblait vouloir dire quelque chose. Et d'une voix faible il prononça ces derniers mots:

« - Quel délice... D'être tué par le seule femme que j'ai jamais respecté... »

Il tomba sur le sol et Suzuka s'abaissa pour le prendre dans ses bras. Elle pleura.


Reiji courut le plus rapidement possible vers la voiture. Il ouvrit la porte coté passager et resta choqué.

Nobu était là, empalé dans le ventre, par une des barres en fer. Sur son visage il y avait des éclats de verres. Il perdait énormément de sang. Son corps tremblait et c’est avec difficulté qu’il tourna la tête vers son voisin, son colocataire, son ami.

« - Rei... Ji... »

Ce dernier lui prit la main et la serra fort. Il retenait tant bien que mal les larmes qui menaçaient de couler.

« - Oui Nobu, c'est moi. Parle moi encore.

- Je... Vais mourir...

- Non ! Non... Je te laisserais pas mourir.

- Je... J'ai lu tes papiers sur ton travail. Désolé...

- C'est pas grave, t'en fais pas pour ça.

- Excuse moi aussi... Pour tout à l'heure... Dans la voiture... il se mit à cracher du sang.

- Nobu tiens bon ! Je vois ta mère appeler une ambulance !

- Eh... Tu sais... Je t'ai... »

Nobu ferma lentement ses yeux ne finissant pas sa phrase. Sa dernière phrase.

« - Nobu... Reiji le secoua. Eh ! Nobu ! C'est pas drôle... Ouvre tes yeux. Tes si jolis yeux... »

Mais rien n’y fit, Nobu était mort. Il avait été gravement blessé, il avait perdu trop de sang. Reiji laissa libre cours à ses larmes.

« - Ah... Aaahhhhhhhh !! »

Ce jour là, il plut beaucoup sur Tokyo. Et cela ne semblait vouloir s'arrêter.


FIN.


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