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Titre: Petit Frère
Auteur: Helly
Genre: Yaoi
Statut: One-Shot (donc fini, alléluiaaa xD)
Disclaimer: Bah, c'était juste une fic' écrit pour un concours (que j'ai remporté haut la main soit-dit-en-passant, non non je ne suis pas une bouffonne, seulement une auteur ironique :P)
« - Eh… »
Ne dis rien de plus, je t’en prie.
Ta voix me torture.
« - Ça ne va pas ? »
Tes mots me blessent.
Tes yeux…
Ne me regarde pas.
Pas comme ça.
« - Tu me laisses te toucher ? »
Plus jamais.
Tes sourires hypocrites, je n’en veux même plus.
Tu n’as pas à te forcer.
« - Tu es prêt? Ou c’est encore trop tôt ? »
Ce sera toujours trop tôt…
Inadmissible.
Mais que veux-tu que je te dise ?
Que souhaites-tu que je fasse ?
« - J’aimerai tant te la présenter… »
Quelle est cette habitude de toujours me faire souffrir ?
De toujours faire semblant de te préoccuper de moi ?
Ne sois pas cruel. Ne sois pas toi.
« - Dois-je prendre ton silence pour un refus, encore ? »
C’est bien la seule chose que tu prendras de moi après tout alors oui, prends.
« - Bon… On en reparlera plus tard. »
Plus tard, c’est ça.
Disparais.
Avec elle.
Ou plutôt avec « ça » devrais-je dire.
Je n’arrive vraiment pas à l’accepter. Comme toujours.
Chad et moi nous connaissons depuis deux ans, aujourd’hui. Et pour célébrer notre rencontre, tout ce qu’il a trouvé de mieux, c’est de me présenter la « femme de sa vie ». J’avoue que je m’attendais à autre chose dans le genre célébration humoristique. Pas besoin qu’il me la montre, je la connais. De vue, du moins. Comment rater une merde pareille.
Non, je deviens méchant.
Ça alors, comme si cela ne me ressemblait pas.
Je suis quelqu’un de méchant, au fond.
Égoïste, sale, jaloux, rancunier… Mauvais.
Je veux Chad pour moi seul.
Ça en devient dangereux étant donné que mon attitude elle-même est anormale.
Lorsque mon père s’est remarié suite au décès de ma mère, je m’étais déjà fait à l’idée que j’allais devoir me taper tout le tralala de la gentille petite famille recomposée et pleinement épanouie, du gentil petit demi-frère ou de la mignonne petite demi-sœur. Le problème étant que le demi-frère par « alliance » en question était… L’homme de mes rêves.
Je suis resté con, avec mes préjugés tout aussi cons.
De deux ans mon aîné, j’essayais de me rassurer que c’était en partie à cause de notre (si grande) différence d’âge qu’il me dépassait d’au moins cinquante centimètres. Un corps élancé et musclé, un teint mate et sucré, des cheveux fins et sombres, des yeux… Bref, ma description apparaît presque irréaliste et exagérée mais oui, il s’agit bien d’un humain. D’un mannequin ? Également. C’est d’ailleurs dans ce milieu professionnel qu’il a rencontré sa merde. Comme c’est mignon.
« - Bah ? Je t’imaginais beaucoup plus jeune ! »
J’ai seize ans, merci.
Certes, j’en fais plus vu que moi aussi, je suis assez particulier physiquement. Je ne suis pas spécialement grand, mais ma silhouette et mon visage attirent. Trop de femmes à mon goût, vu que je suis gay depuis le collège, mais bon, on fait semblant, on fait avec. Le peu de mecs qui m’abordent sont soient des pervers, soit des… Vieux. Donc des pervers, ok. Large choix, je sais.
J’ai tout de même eu quelques expériences, avec des amis (enfin, à la base) des étrangers ou tout simplement des pédés refoulés. Plus tellement refoulés après m’avoir connu, certes, enfin bon, ça aussi je fais avec.
« - Bon ben moi c’est Chad, enchanté ! »
Enchanté tu m’as dit ?
« - Tu m’fais visiter ? »
Mais avec plaisir voyons.
Viens j’te montre la pièce la plus intéressante de notre humble demeure: ma chambre, allez hop.
J’étais complètement captivé par lui. Sa bouche, ses lèvres, son sourire... C’était la première fois que je ressentais un désir aussi fort.
Un désir insoutenable.
« - Au fait, t’as une copine ? »
La question qui fait toujours plaisir.
Le truc avec moi c’est que… Je parle très peu.
Et lorsqu’il m’arrive d’ouvrir la bouche, c’est pour être franc. Je ne sais pas mentir.
Surtout pas à lui…
Je suis gay, ai-je annoncé avec calme.
Il avait écarquillé ses magnifiques yeux tout en esquissant un sourire maladroit, apparemment gêné.
« - Un copain alors ? »
Et ce fut ça… Sa réaction.
Un changement de genre, on transforme le féminin en masculin et puis voilà, rien de plus. Aucune remarque, aucune répulsion, aucune attirance, si ce n’est cette sociabilité déconcertante. Il est agréable sans même le faire exprès.
Cruel… Sans même s’en rendre compte.
« - Je m’en vais. »
Tu quoi ?…
« - Je pars demain. »
Et il est parti.
Cela fait maintenant quatre mois qu’on ne vit plus ensemble.
Que je ne vis plus.
Grâce à son salaire, il a récemment pu se trouver un maudit studio et il vit peut-être même avec sa merde actuellement, je n’en sais rien, je ne suis jamais passé le voir, malgré ses nombreuses invitations.
« - Mais viens me voir… S’il te plait. »
Non.
Je préfère encore rester seul, dans notre maison vide, avec ton unique souvenir écœurant.
Enfin « vide », il reste tout de même nos parents respectifs. Mais je me sens de trop. Je ne suis pas à ma place ici.
S’il n’est pas là, je ne me sens à ma place nulle part.
« - J’ai horreur de supplier… Mais avec toi, c’est toujours pareil. Je me rabaisse à ça. J’ai l’impression que tu ne réalises pas tout le mal que tu me fais en te comportant ainsi… À moins que ce ne soit volontaire ? »
Te faire souffrir ?
Mais j’en rêve… C’est signe que j’ai de l’influence sur toi.
Ce serait une preuve… De mon importance.
« - Tu me manques, petit frère… »
Tais-toi…
« - Ça fait vraiment vide sans toi, j’te promets… »
Je te dis de te taire !
« - J’ai perdu l’habitude de me retrouver sans toi… D’être à nouveau seul. »
Tout ce dont tu as besoin, c’est d’une présence !
Peu importe s’il s’agit de la mienne, du moment que quelqu’un te tient compagnie ! Moi ou un chien, quelle différence ? Je déteste ton hypocrisie ! Je te déteste !…
« - Mais… Tu pleures ? »
Non…
Ne me touche pas.
Ne me touche plus.
Je suis fatigué de penser à toi.
Épuisé… De penser à nous.
À ce souvenir qui m’hante et qui m’empêche de dormir chaque nuit…
« - Ça te dirait un bain de minuit, petit frère ? »
C’était un soir d’été.
Il faisait encore chaud et il est vrai qu’un bain de minuit n’était pas de tout refus, vu le contexte.
Nous étions en vacances dans une location sublime, les parents étant sortis, il ne restait que Chad, moi, et cette luxueuse piscine déserte.
« - Allez, viens ! »
Mais j’ai pas de maillot, avais-je encore râlé.
« - Et alors ? Tu crois que j’en ai un moi ? »
Là, je m’étais senti défaillir.
« - Viens, j’te dis ! Promis je me retiens de te tâter, ha, ha ! »
Il s’amusait souvent à me taquiner sur mon orientation sexuelle. À savoir s’il ne se doutait pas que je le désirais.
S’il ne jouait pas de son pouvoir sur moi, si faible.
Impulsif.
« - Qu’est-ce que tu… ? »
Je m’étais mis entièrement nu et avait sauté en mode bombe histoire de bien l’éclabousser, ce crétin. Il riait aux éclats et nous commençâmes alors à nous battre sous l’eau. Je sentais sa peau contre la mienne, son sexe effleurant parfois le mien selon ses mouvements. Comment me contenir dans de telles circonstances?
Je l’avais embrassé.
« - Euh, je… »
Pour ne pas l’entendre me dire de sa bouche qu’il ne voulait pas de moi, je l’embrassa encore. C’était le seul moyen de le faire taire, de me protéger. Il ne disait plus rien.
Je le poussa contre la paroi la plus proche de la piscine et continua de l’embrasser à en perdre haleine, tout en le caressant. Je malaxais son sexe avec ardeur, sans jamais quitter ses lèvres. Il gémissait, jouissait entre mes doigts.
Puis je m’en alla.
« - Att… Attends !… »
Je n’ai pas attendu.
Je suis monté me coucher, le cœur encore hystérique.
Et depuis, nous n’en avons plus jamais parlé.
« - Bah ? Qu’est-ce que tu fais ici toi ? »
Chad ?…
C’est plutôt à moi de lui demander ça…
Pourquoi est-il là ?
« - Tu sors pas aujourd’hui ? C’est la Saint-Valentin pourtant. »
Comme si ce genre d’évènement m’importait beaucoup…
« - Tu le fêtes pas ? »
Et avec qui ?
« - Ben avec la personne que tu aimes, normalement. »
Mais si cette personne ne m’aime pas ? J’le fête quand même ?
« - Moi j’le fêterai. »
Oui mais toi, tu as une copine.
« - C’est pas avec elle que j’le fête, de toute façon. »
Avec ta maîtresse? Encore mieux.
« - C’est symbolique mais… Si jamais je dois fêter ce genre de conneries, ce serait avec toi je crois. »
Quoi ?
« - Tu te rappelles ? »
Non…
Mon premier mensonge.
« - Moi, j’arrive pas à oublier. »
Je ne vois pas de quoi tu parles, Chad.
Mon second.
« - Vraiment ? Ça date de l’été dernier. »
J’ai une mémoire sélective donc non, je ne me souviens pas.
Mon prochain.
« -Sélective… Peut-être bien que moi aussi, après tout. C’est tellement facile d’oublier quand ça nous arrange. Je ne te croyais pas si lâche. »
Moi non plus…
Aucun mot ne sort. Ni vérité ni mensonge.
Aucun.
« - Tu sais… La Saint-Valentin, j’en ai rien à battre en fait. C’est avant tout le jour de notre rencontre que je veux célébrer. »
Ah, tu… Tu te souviens de ça toi aussi ?
Comme quoi, je suis pas le seul con.
« - Ha, ha ! C’est vrai… Déjà deux ans, petit frère. »
Hmm…
« - Tu n’as jamais aimé que je t’appelles ainsi, n’est-ce pas ? »
Pas vraiment, non…
« - Ne désires-tu… Rien de moi ? »
Comment peut-il me demander ça ?…
Qu’est-ce qui lui arrive ? Il n’est plus avec sa merde ou quoi ?
Il lui faut un substitut facile ?
« - Si tu ne me demandes pas, je ne peux rien te donner. »
C’est à toi seul de comprendre.
Je ne sais pas demander…
« - Tout le monde sait. Fais un effort et dis-moi clairement ce que tu veux. Ce que moi aussi… J’aimerai entendre. »
Tu es… Sérieux ?
« - À ton avis ? »
J’en ai bien l’impression…
Et c’est ça qui me paralyse.
Ta sincérité soudainement effrayante.
« - Demande-moi… »
Peux-tu… M’embrasser ?
« - Comment ? »
Pas comme cette nuit-là.
Embrasse-moi, toi. De ton plein grès.
De ton envie.
« - Tu vois que tu n’as pas oublié… »
J’ai menti.
Je t’aime.
« - Moi, je ne sais pas… »
Tu n’as pas besoin de savoir.
Je sais pour toi.
« - Non, tu es tout… Pour moi. »
Fin.