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Fiction » Romance » la concession du Bonheur font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: H-H
Fiction Rated: T - French - Romance - Reviews: 10 - Published: 05-03-08 - Updated: 05-03-08 - Complete - id:2512828

Titre: La concession du Bonheur
Auteur: Heavenly
Genre: Yaoi / Romance
Statut: One-shot/ Fini
Disclaime: Petit One-shot fait avec une envie de bonheur. J'espère que vous aimerez.


« - Dis, tu devrais peut-être te trouver quelqu'un toi aussi ? »

Elle n'a pas dis ça méchamment, mais ça fait mal. Parce que ça me fait comprendre que je ne suis qu'un boulet dans son couple. Qu'elle en a marre de me trimballer avec elle dans ses sorties amoureuses. Mais alors pourquoi me le propose-elle ? Par politesse ? J'ai toujours cru qu'elle aimait que je sois avec eux, mais je me trompais. Je me suis toujours tromper.

Finalement peut-être qu'elle ne me fréquente que par pitié, elle que je nomme « meilleure amie ». C'est vrai au fond, que je fais vraiment peine à voir. Je n'ai pas d'ami du même sexe que moi, même son copain me côtoie sans plus. Mes parents ne sont jamais là pour s'occuper de moi, la plupart du temps je suis seul dans cette grande maison. Oui, j'ai toujours été seul.

Mais dis-moi, comment trouver quelqu'un pour moi ? Je ne sais pas où chercher ni où trouver. C'est comme le Bonheur, hein, c'est pas à la portée de tout le monde. Peut-être que ça ne se trouve pas, même si on attend, c'est pas sûr non plus de venir. Alors comment avoir quelque chose d'inaccessible, voire d’inexistant ? Peut-être que le Bonheur ça n'existe pas ? C'est peut-être là pour nous donner l'illusion d'être heureux ? Et qu'est-ce être heureux ? Un sentiment de plénitude quand on est avec la personne qu'on aime ? Et si on a personne, on ne peut pas être heureux ? Peut-t-on être heureux en étant seul ?

Je ne sais pas, mais je vais chercher, peut-être que je trouverais le Bonheur au détour d'une rue, et je l'interpellerais un lui disant « - Eh, comment je fais pour t'avoir ? ».

Je marche, j'observe les gens autour de moi, ils ont tous des visages si différents. Certains sourient, d'autre rient, pleurent, sont en colère, parlent, hurlent, s'énervent, tant d'expressions différentes. Et la mienne, comment est-elle ?

Je regarde dans la vitrine du magasin à coté de moi. Mon visage n'affiche rien, mais ça ne m'étonne pas. A-t-il déjà affiché autre chose que cet air impénétrable ? Je comprends franchement que personne ne soit attiré par moi. Je ne suis pas repoussant mais je ne dégage rien. Une coquille vide. Une personne qui le reste du temps, passe inaperçu.

Je me dirige finalement vers le parc. J'ai toujours remarqué que c'est au parc qu'on trouve le plus de gens heureux. Peut-être est-ce parce qu'il y a de la verdure ? Peut-être est-ce le rire des enfants qui les fait sourire ?

Je marche parmi des familles sereines, savourant leur bonheur. Je marche sous le soleil, le soleil ça rend heureux aussi. Je jette un regard sur le coté il y'a un parterre de tournesols. Qu'elles sont belles ces fleurs à respirer la joie. Même les fleurs ont besoin de quelqu'un pour s'épanouir, et ce quelqu'un peut être autant la pluie que le soleil. Je m'accroupis et les touche doucement. Elles frémissent aux contacts de mes doigts.

Je sens quelqu'un s'accroupir à coté de moi. Cette personne a l'air de vouloir me parler. Je regarde ses lèvres se remuer pour former ces mots:

« - Tu fais quoi ? »

Il a peu près vers les dix-neuf ans comme moi. Il est charmant, lui au moins dégage quelque chose.

« - Je cherche le Bonheur.

- Ah. Tu l'as trouvé ?

- Non.

- Tu veux que je te fasse un peu entrevoir le bonheur ? »

Je le regarde approcher ses lèvres des miennes. Malgré que je sois aussi un garçon.

« - D'accord. »

Il m'embrasse. Ni tendrement, ni brutalement, juste un baiser. Ensuite il se lève et je décide de le suivre. Il ne m'emmène pas chez lui. Un hôtel est suffisant à ses dires. Un hôtel à mes frais.

Il m'a fait l'amour. Ma première fois. Il a joui. Je n'ai rien ressentit. Il me dit que je suis fade. Je lui demande alors pourquoi il m'a fait l'amour.

« - Faux. Je t'ai juste baisé. J'avais besoin de me vider. »

Il part et je le regarde partir. Puis je réfléchit. Il a mentit. Je n'ai pas perçu de Bonheur dans ses bras. En dix minutes passées en sa compagnie, le Bonheur n'a pas pointé son nez. Alors je comprends que le Bonheur ne se trouve pas dans une étreinte sexuelle. Je me suis endormi sur cette pensée. Dans une chambre sentant la transpiration d'ébats sexuels.


Le lendemain je retourne à l'université. Elle est là pour m'accueillir avec un grand sourire. Quand elle n'a pas son copain, elle ressent toujours le besoin d'être avec moi. En plus d'être un vide-couilles, je suis un bouche-trou. Elle a d'autres amis mais je sais pas pourquoi, elle reste avec moi. Peut-être parce que je m'intéresse à ses problèmes. Enfin « intéresser » est un bien grand mot, on va dire que je l'écoute.

Mais aujourd'hui, j'ai envie de savoir. J'ai envie de savoir si elle est vraiment ma meilleure amie comme je l'ai toujours pensé.

« - J'ai couché avec un mec.

- Pardon ? »

Elle souriait. Mais son sourire a peu à peu disparu au fil des secondes où elle comprends que je suis sérieux. Une sorte de dégout camouflé est apparu sur son joli visage. Et puis à elle aussi ses lèvres ont bougé:

« - Tu dragueras pas mon copain au moins ? »

Alors j'ai compris. J'ai compris qu'elle ne faisait pas partie de ce qui pouvait faire mon Bonheur. Elle a comprit que je savais, elle baisse alors les yeux. Je pars.

Je retourne dans cette maison vide de rire et de présence. Je dors, mais le sommeille ne m'emporte, aujourd'hui il se fait capricieux. Je décide donc de sortir faire un tour en plein milieu de la nuit car ne dis-t-on pas que la nuit porte conseil ? Le Bonheur sort peut-être le soir. Pour être de la fête, auprès des gens. Dans un bar, un restaurant, un cinéma où ailleurs.

Je me mêle donc aux gens du soir. Tout est si différent la nuit, même les gens me semblent différents. Moi aussi ai-je l'air différent ? Moins fade ?

Je fait pas attention au feu en traversant. J'entends juste le cri d'une femme puis on me tire brusquement en arrière?

Je lève mon visage vers un autre plus beau. Froid mais attirant. Sexy. Son corps aussi semble sexy. Et sa voix si grave et sensuelle, que j'en frissonne.

« - Qu'est-ce que tu fais abruti ? C'était vert.

- C'est pas grave si je mourrais. Ça serait passer inaperçu. »

Il me toise du regard. Normalement les gens hypocrites sont censés te résonner, te consoler, t'aider. Lui rien de tout ça, il me regarde de haut en disant des mot blessants:

« - Et alors t'as envie de crever comme une merde ? C'est ça ton ambition ? Avoir vécu inutilement ? »

Je comprends pas vraiment pourquoi en cet instant je pleure. Les larmes tombent d'elles mêmes. Même quand je porte les mains à mon visage, l'eau continue de couler. Pourquoi cela ne veux t-il pas s'arrêter ?

Il me relève, et me conduit à un bar. Il nous commande quelque chose. Et même après que la commande soit arrivée, aucun de nous n' a parlé. Et étrangement moi qui ne suis pas très bavard ni même ouvert, je ressens un besoin de lui dire.

« - J'ai un rêve. »

Il hausse les sourcils. Puis il utilise le cendrier pour sa cigarette qu'il a allumé à la fin du repas. Il continue de me regarder et son seul regard m'ordonne d'achever ma phrase.

« - Je cherche le Bonheur. »

Il ne répond pas. Pas tout de suite. Est-ce qu'il réfléchit ? Je n'en sais rien, mais je me sens fébrile, impatient de sa réponse.

« - Ça n'existe pas.

- Pardon ?

- Le Bonheur c'est pas quelque chose que tu peux trouver ou même chercher.

- Pourquoi ?

- Parce que ça se crée.

- Comment ?

- De part toi même. Avec ce que tu aimes.

- Et si je n'aime rien ?

- Alors tu n'auras jamais de Bonheur.

- Est-ce que je peux être heureux sans Bonheur ?

- Oui, mais le Bonheur c'est quelque chose de plus fort que le simple fait d'être heureux.

- Est-ce que je peux créer mon Bonheur en étant seul ?

- Non.

- Pourquoi ça ?

- Parce que l'humain n'est pas fait pour être seul. C'est ce qui explique qu'on soit aussi nombreux en ce monde.

- Mais il y a des gens qui restent seuls tout leur vie, n'est-ce pas ?

- Oui et c'est pour cela qu'il sont malheureux. Que ce soit de l'amitié ou de l'amour, on a besoin de ces sentiments pour être bien. Pour ce sentir exister.

- Il y 'avait une fille que je considérais comme ma meilleure amie. Elle m'a trahie. Elle m'a rejeté. Parce que je suis différent.

- Alors ce n'était pas une « amie » et encore moins une « meilleure amie ».

- Alors c'était qui ?

- Une déception qui a croisé ta route. »

Je baisse la tête et réfléchit. Je réfléchit très fort. Mais je ne comprends pas. Il n'y a rien à comprendre mais je ne comprends pas quand même.

« - Aide-moi.

- Hein ? »

Je relève ma tête et plonge mes yeux dans les siens. Je suis déterminé.

« - Aide moi à trouver le bonheur. »

Il écrase sa cigarette.

« - Je te l'ai dit, le bonheur ça ne se trouve pas... Mais je veux bien te montrer comment le créer. »


A partir de ce jour, on s’est sans cesse vus. Je ne le quitte plus, lui qui m'apprends tout. Il me fait sortir pour faire des connaissances, rencontrer du monde. Avoir des gens autour de moi est un début du bonheur d'après lui. Il m'habille aussi, je paraît beaucoup moins tâche mais ce n'est toujours pas ça. D'après lui je suis mignon, mais je n'étincelle pas, n'attire pas. C'est à cause de mon visage fermé.

Je lui demande de m'apprendre à sourire mais il dit que ça il ne peut pas. Ça doit venir de moi. Un sourire doit être naturel.

Il me conduit dans des endroits où l'on peut rencontrer des hommes. Il a compris que ma différence était sexuelle et lui aussi apparemment est différent, car il aime autant le corps d'une femme que celui d'un homme, c'est ce qu'il m'a dit.

Dans ce genre d'endroit je n'ai pas ma place, ils ont l'air de tous rayonner, moi je dois vraiment avoir un goût acre. Mais d'après lui ce n'est pas ça, c'est juste que je n'ai pas la concession du bonheur, donc c'est ce qui me rend amer. Il me dit qu'il m'apprendra, pourtant je ne vois toujours pas mes progrès. Tu sais, j'essaie tellement fort, pour paraître moi laid à tes yeux.

Ce soir là encore je rentre insatisfait, partiellement déçu. Il marche presque en courant. Je m'arrête, il faut que je lui demande.

« - Dis, je peux tenir ta main dans la mienne ? »

C'est à son tour de s'arrêter. Il me fixe un moment, puis me la tendus. Je lie nos doigts. Nous marchons côte à côte, maintenant. Silencieusement.

J'adore sa main, elle est douce et elle me serre tellement fort.

J'ouvre la porte de ma maison et lui souhaite bonne nuit en lui disant à demain. Il hoche la tête et s'en va. Appuyé contre ma porte, je souris.


Le lendemain c'est pareil, je lui redemande sa main et encore une fois il accepte, sans poser de question. Arriver sur le palier de ma porte, j'en demande plus.

« - Je peux te toucher ? »

Il acquiesce, alors je pose délicatement mes mains sur son torse. Il est bien fait comme je m'en doutais, il est beau. Doucement je le caresse, jusqu'à descendre un peu plus bas. Il met légèrement sa main sur ma joue.

« - C'est suffisant. »

Il s'en est allé une nouvelle fois, mais cette fois-ci ça fait plus mal. Je déteste qu'il me tourne le dos. Je déteste être loin de lui. Je déteste être comme cela. Pourquoi est-il le seul à réchauffer ce corps si froid ? Pourquoi dans mon champ de vision je ne vois que lui ?

Je veux savoir pourquoi je suis comme ça, alors je me mets à rechercher une définition. J'en trouve une qui me correspond parfaitement et qui me fait comprendre que j'éprouve quelque chose de très fort. Quelque chose pour lui.

Être amoureux, c’est quelque part perdre son âme, puisqu’on en fait don à cet autre si influent sur notre vie. C’est une offrande de soi.
Être amoureux, c’est aller vers l’autre, le découvrir. C’est désirer ne faire qu’un quand on est deux.
Être amoureux, c’est une croyance à la transcendance de l’état naturel, pour se réaliser soi-même en tant qu’Homme, et s’épanouir sexuellement.
Être amoureux, c’est s’approcher des arcanes de l’Amour.
Des arcanes, car l’Amour n’a jamais pu être défini dans sa substantifique moelle, seulement décrit et approché par chacun.
Chacun aime à sa manière, et aucun Amour n’est comparable. Mais il reste des perceptions de l’âme et du corps récurrentes chez tous :
1) Le bouleversement : lors du premier contact, lorsque la personnalité des deux êtres se rencontrent.
2) La demande : lorsque l’on aime, on passe son temps à interroger l’autre afin de déchiffrer la place que l’on occupe en lui.
3) Le trouble du corps : le cœur devient plus fort que la raison et la présence de l’autre nous fait vibrer.
4) Le manque : l’absence de l’autre nous fait souffrir.

Je veux encore plus m'épanouir à ces côtés. Je veux qu'il soit mon soleil et ma pluie, je veux être sa seule fleur , je veux qu'il me fasse grandir. Je veux vivre dans ses bras. Je veux l'aimer chaque jour encore plus, un peu plus. Je veux que jamais mon cœur ne s'arrête de battre pour lui. Au contraire plus fort, plus fort chaque jour au point que son odeur sera le seul air que j'accepterai.


Le lendemain suivant je cours pour le voir. Je n'ai jamais couru pour personne. Mais lui il est exceptionnel. Il est ma vie, il est le centre de mon univers. Il est mon univers.

« - Eh, pourquoi tu coures ?

- Je t'aime. »

Il me regarde stupéfait puis ses yeux prennent diverses directions. Il a l'air gêné, voire peiné.

« - Trouve toi quelqu'un d'autre.

- Je suis amoureux de toi, être amoureux de quelqu'un peut apporter beaucoup de Bonheur si c'est partagé.

- On arrête là. Je ne peux pas créer ton Bonheur.

- Je ne te demande pas de le créer mais de l'être. Soit mon seul et unique Bonheur.

- Tu mérites mieux.

- Non à la base je ne te mérite pas. Tu es lumineux, je suis sombre. Tu es mon inverse et tu m'attires. Je ne désire plus rien d'autre que ta lumière.

- Et si tu souffres ?

- Alors la souffrance sera un autre sentiment que j'aurais appris et si elle vient de toi elle n'en sera que plus merveilleuse.

- Pourquoi ?

- Parce que je veux que tu m'apprennes tout. Je veux que tu m'aimes.

- Je t'aimais déjà, depuis la première fois. »

Je lui souris, et je n'ai jamais souris de manière aussi sincère. Il n’y a que lui qui aura mes sourires. Il n'y a qu'à lui que je veux les donner.

« - Tu es si beau quand tu t'exprimes.

- Il y a que toi pour me rendre beau. »

Je m'approche de lui et l'enlace. C'est tellement chaud. Tellement bon. Il me caresse tendrement les cheveux.

« - Embrasse-moi. »

Je lève mon visage vers lui. Ses lèvres m'effleurent, me pénètrent tout en me goûtant, se délectant. Passionné, agressif et parfois doux. Mon premier vraie baiser. Le seul dont je veuille me souvenir.

Nos mains se sont cherchées, se sont liées. Nos lèvres taquines ont continué à s'amuser, se trouver, s'aimer.

Le Bonheur, au fond c'est une personne qui te le procure. Dans chaque caresse, dans chaque regard et dans chaque mot tu n'es que plus heureux. Le Bonheur peut se trouver au hasard, il peut-être devant nous mais en aveugle ne pas le voir. Le Bonheur ne se fait pas seul, car pour être heureux il faut être deux. Je veux être toujours plus avec toi. Je veux bâtir mon Bonheur dans tes bras, que ta peau si douce le recouvre et que ton odeur s' incruste en lui, me guidant toujours sur notre chemin.

« - Fais moi l'amour. »


Fin.



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