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Bien que l'histoire soit en quelques sortes le début de Magic World : La quête, il est possible de lire cette histoire sans avoir connue l'autre.
Je dois dire que Zen est le personnage dont j’ai le plus de plaisir à écrire sur son enfance. Peut-être parce qu’il est le plus facile je l’ignores. Étant donné que son caractère ( ainsi que les autres personnages ) intéressait plusieurs personnes surtout vis-à-vis Zya, j’ai décidé de faire son passé. Ayant l’idée sur lui, je me suis dit pourquoi ne pas le faire sur les autres aussi.
Vous aurez donc le passé de Zen, Zya, Maya et Naïla. Par contre pour Naïla, j’ai beaucoup de misère avec son passé j’ignores pourquoi mais c’est ainsi.
Enfin bon, voici donc le passé de Zen,
Enjoy!
Chapitre 1
Petit monstre royal
Après quelques mois de deuil envers le Royaume de Feu qui pleurait le mort de ses souverains, celui de l’Eau fêtait un heureux événement. Une petite fille était née au Château dans les appartements du Roi et de la Reine. Zen, qui avait été pendant deux ans le seul héritier du Trône, se voyait maintenant doté d’une soeur à protéger.
- Cet enfant va me rendre fou ! soupira un mage dans une des ailes du château.
- Voyons, Mikä, Zen n’est pas si turbulent ! sourit le Roi.
Les deux hommes revenaient de la pouponnière où ils avaient laissé la Reine, Zen et la petite Oliä au soin de la gouvernante. Ils devaient se rendre à une réunion des trois Royaumes pour enrayer les mercenaires qui s’amusaient à attaquer les villages isolés.
- Encore ce matin, il a terrorisé une des cuisinières en passant comme une flèche devant elle.
- Il est le seul enfant au château et surtout il a beaucoup d‘imagination. Avec un peu de chance, lorsqu’Oliä sera assez grande, ils pourront jouer ensemble et rester dans nos appartements sans déranger personne. Pour l’instant vous êtes son précepteur, c’est donc normal que les gens vous avertissent lorsque Zen fait quelque chose.
- Je sais, j’aurais tellement aimé qu’il soit né avec la magie en lui…
- Au fait, avez-vous découvert la raison de ses mèches bleues?
- Non, mais j’en parlerai à Dun lorsqu’il va venir me voir. J’espère que vous n’avez pas oublié que j’allais m’absenter quelques jours?
- Non, bien sûr que non. Vous partez toujours ce soir?
- Oui et je…
Une petite comète bruyante déboula à cet instant à l’autre bout du corridor, interrompant la conversation. Un petit garçon richement habillé arrivait en courant et en criant avec son épée en bois droit devant lui. À l’entendre, il semblait chasser un dragon invisible. Sans perdre de temps pour saluer son père et le protecteur du Royaume, Zen passa devant eux à toute allure et disparut de l’autre côté. Bientôt, avant même de pouvoir reprendre leurs esprits, les deux hommes entendirent d’autres pas de course. Cette fois, c’était un des soldats du château qui sortit du passage protégé par la tapisserie. L’homme souffla un peu en regardant de chaque côté. Lorsqu’il vit ses supérieurs, il approcha.
- Majesté. Maître. Auriez-vous vu le prince passer dans le coin?
- Il s’est encore sauvé de la pouponnière? sourit Mikä.
Mikä avait horreur de devoir courir après son protégé. Mais lorsque c’était quelqu’un d’autre, il ne pouvait s’empêcher de rigoler devant tant d’énergie. Si seulement le garçon était lui aussi mage de l’Eau !
- Oui, il est sorti de la pièce pendant que sa Majesté la Reine et la gouvernante couchaient la princesse. Il nous a dit qu’il avait entendu un bruit, probablement un dragon, et qu’il devait le chasser. Avant qu’on ne puisse réagir, il était déjà parti en courant.
- Il est parti par là, indiqua le Roi.
- Il a ensuite tourné à gauche, informa Mikä.
L’homme reprit sa course dans le but de rattraper le jeune prince.
- Comme je disais avant d’être interrompu, je pars ce soir après la réunion pour quelques jours. Je vous laisse avec la tornade.
Les deux hommes entrèrent finalement dans le bureau où attendaient les deux autres Rois et leurs protecteurs pour leur réunion.
Quatre ans plus tard.
La vie avait repris son cours dans les Royaumes. Les mercenaires s’étaient calmés et se promenaient maintenant librement hors du Royaume du Feu. Celui qui semblait être le chef de ce groupe de malfrats était venu à un accord après qu’il ait perdu dix de ses hommes et tué autant. Les Souverains n’avaient en fait pas eu le choix : s’ils voulaient protéger leurs habitants, ils devraient accepter les guerriers corrompus dans leurs villages tant et aussi longtemps qu’ils se tenaient à carreau. Quelques attaques avaient été racontées mais comme il n’y avait jamais de survivants, rien ne pouvait prouver qui en étaient les auteurs. Sans preuve, ils ne pouvaient arrêter personne.
Au château de l’Eau, la formation du jeune prince avait débuté depuis maintenant un an. Zen n’avait que cinq ans lorsqu'il commença le maniement d’armes mais c’était pour son bien. Mikä était d’ailleurs dans son bureau à attendre son protégé pour sa leçon de la journée.
Cette pièce était de loin sa préférée dans tout le château. Sa bibliothèque occupait un mur entier de la pièce et plusieurs gros grimoires côtoyaient de vieux parchemins qui menaçaient de tomber en poussière. Un gros livre à la couverture bleutée trônait derrière une vitrine et reposait sur un coussin de velours turquoise. Trois chaises couvertes d’un épais coussin moëlleux fait de plumes et un bureau complétaient l’endroit. Devant la bibliothèque, si Mikä le voulait, il avait accès à un balcon qui surplombait les jardins royaux. Face à la porte d’entrée, une tapisserie cachait un passage qui menait à une petite salle d’entraînement personnelle que le mage utilisait avec son protégé.
Il avait hâte de voir s’il viendrait. Pour l’instant, Zen semblait préférer les jeux plus que le travail, mais le jeune prince était dans l’âge de s’amuser. Les responsabilités arriveraient bien assez rapidement. Il ne comprenait pas pourquoi le Roi tenait tant à faire de son fils un guerrier aussi rapidement. Depuis qu’Oliä était en âge de marcher, les souverains avaient remis entre les mains du précepteur l’éducation de leurs enfants. Oh, bien sûr, ils y prenaient part mais le protecteur du Royaume aurait aimé qu’ils s’investissent un peu plus. Surtout qu’il détestait le surnom que son bon ami Dun lui avait donné. Il n’était pas une nounou comme il l’appelait mais un Mage d’Eau.
- B’jour, murmura une voix enfantine en entrant dans la pièce.
- Zen, combien de fois t’ai-je dit de frapper avant d’entrer?
- J’ai oublié. Est-ce que Mindy va venir bientôt?
- Tu arrives à te souvenir de tous les tours que tu as joués pendant la semaine et à qui tu les as faits mais tu ne te souviens pas combien de fois je te répète de frapper avant d’entrer chez quelqu’un ? Pour ce qui est de Mindy, elle sera là bientôt mais je t’avertis : cette fois, je ne veux pas entendre dire que tu as mis des vers de terre dans sa soupe, gronda Mikä en regardant le petit bout de chou devant lui.
- C’étaient des nouilles…
- Je n’ai jamais entendu dire que les nouilles étaient vivantes. Allez, jeune homme, il est temps de s’entraîner, répondit Mikä en allant vers la tapisserie qui représentait une scène de magie du Feu.
Zen souriait maintenant. Si Mikä l’avait vu, il aurait sûrement averti sa fille de faire attention à ce qu’elle mangerait pendant son séjour au Château.
- Comment se porte l’entraînement du jeune prince? demanda le Roi quelques jours plus tard.
- Il apprend présentement à parer les coups. C’est difficile pour lui, mais c’est un bon élève.
- Vous lui servez de cible? sourit le souverain en voyant son protecteur se masser les côtes.
- Au début oui, mais même s’il n’a que six ans il peut avoir des moments de force. Heureusement qu’Ezaë était de passage dans le village ! Hier, je suis allé le voir et il m’a guéri mais ça reste quand même douloureux.
- J’ignorais qu’Ezaë était présent ici. Nous aurions pu l’inviter au château…
- Il repartait au Royaume de Terre ce matin même. Si vous voulez m’excuser, Mindy devrait arriver d’un instant à l’autre et je veux être présent lorsqu’elle sera là.
Mikä courut pratiquement du château au village ; il ne voulait en aucun cas être en retard. Ce fut peine perdue puisque Mindy était sagement installée à l’auberge devant un lait chaud en compagnie du propriétaire de la place. Après un bon repas, il partit en compagnie de sa fille vers le château, rejoindre la famille royale, et le compagnon de jeu de Mindy. Une fois sur place, un des gardes dans le corridor dit à Mikä que le jeune prince se trouvait dans la chambre de sa soeur à jouer avec elle sous la supervision de leur gouvernante. Il alla donc dans ses appartements pour déposer les effets de sa fille.
- Zen, Oliä vous êtes attendus dans la salle à manger, dit un garde après être entré dans la pièce où jouaient les enfants plus tard dans la journée.
- Papa et maman vont être là? demanda Zen en se levant, suivi de sa jeune soeur.
- Oui, ainsi que Mikä et sa fille.
- J’y cours ! s’écria Zen en sortant comme une flèche.
Le garde n’était pas dupe, il savait très bien où le prince se rendait. Il sortit tranquillement de la pièce en compagnie de la jeune princesse dans les bras de la femme qui prenait soin d’elle et comme il l’avait prédit, il vit Zen sortir de sa chambre avec une petite boîte dans ses bras. L’homme ricana avant de répondre au regard interrogateur de la femme à ses côtés.
- Il risque d’avoir une surprise une fois dans la cuisine. Mikä a personnellement supervisé la confection du repas pendant que sa fille faisait une sieste et il nous a dit qu’il ne quitterait pas la nourriture des yeux tant et aussi longtemps qu’elle ne serait pas sur la table.
- Allez, viens jouer ! supplia Zen le lendemain du souper.
- Papa a dit que tu devais aller le voir! ronchonna Mindy.
- Oui, mais tantôt ! Allez, viens !
Zen tournait autour de la petite fille depuis bientôt une heure entière. Elle s’était cachée plusieurs fois mais le prince connaissait le château par coeur et arrivait toujours à la retrouver. Fatiguée de ses jérémiades, elle finit par accepter de jouer avec lui. Zen l’entraîna immédiatement dans les jardins jusqu’à l’entrée du boisée. Mindy n’était pas rassurée d’y aller mais son ami tira sur son bras pour qu’elle le suive. Il l’amena à une vieille maison qui avait jadis appartenu au jardinier. Les jardins avaient augmenté de taille et le nombre d’hommes pour les entretenir aussi. Ils étaient maintenant tous logés dans le quartier des domestiques.
Zen avait dans l’idée de jouer autour de celle-ci mais la part d’aventurière qui était bien cachée au fond de Mindy s’éveilla à la vue de la battisse. Le jeune prince ne voulait pas particulièrement y aller, mais jamais il ne l’aurait dit à son amie.
Lorsqu’ils poussèrent la porte pour entrer, un oiseau sortit en criant, faisant peur aux enfants. Zen avait aussi peur que son amie mais il voulait montrer qu’il était un homme. Il entra dans ce qui semblait être la cuisine puisque une table et deux chaises recouvertes de mousse et de moisissures étaient au milieu de la pièce. Zen trouvait Mindy trop sérieuse et il voulait, en l’apportant ici, qu’elle s’amuse avec lui. Lorsqu’il vit son sourire au moment où elle revenait d’une autre pièce, le petit homme de six ans et demie sut qu’il avait réussi. Ils s’amusaient depuis bientôt une heure lorsqu’un bruit suspect brisa leurs éclats de rire. Il semblait que le son se rapprochait.
- Zen, quelqu’un arrive… chuchota Mindy.
- Sûrement un garde, répondit-t-il.
Ils attendirent en silence dans un coin de la pièce pour savoir si les pas iraient en s’éloignant. Ils se doutaient que les gardes pouvaient passer dans le coin mais il n’y avait aucune raison d’entrer puisque la maison était condamnée. Zen et Mindy étaient passés par l’arrière qui faisait face à la forêt. À en juger par la poussière qu’ils avaient soulevée en entrant, personne n’était venu de ce côté depuis très longtemps, donc il n’y avait aucun danger à être découvert par un des membres du château. Ils sursautèrent lorsqu’ils virent la poignée tourner. Un homme entra dans la cuisine en leur faisant dos. Il était entré à reculons pour être sûr que personne ne l’avait vu ouvrir la porte. L’homme se tourna et vit aussitôt les deux enfants terrorisés dans le coin.
Mindy et Zen n’avaient peut-être jamais vu de mercenaire, mais ils savaient d’après les descriptions que les gardes donnaient lorsqu’ils se croyaient seuls à qui ils avaient affaire. L’homme était armé d’une longue épée qui était pour l’instant dans son fourreau et d’une dague passée dans la ceinture. Il entra dans l’éclat de lumière produit par le trou dans le toit, et ils virent un poignard luire dans un étui de sa botte. L’homme portait des habits brun foncé et déchirés à plusieurs endroits. Les enfants tremblaient devant le regard mauvais et le sourire qui ne leur inspirait confiance. Une cicatrice fraîche d’où le sang gouttait toujours prenait naissance à son oreille droite pour se perdre dans sa chemise déjà imbibée de sang.
- Tiens, tiens mais qu’avons-nous ici! ricana l’homme d’une voix grave.
- Vous n’êtes pas bienvenu en ces lieux ! Veuillez immédiatement partir ! ordonna Zen du haut de ses six ans.
- Tu penses être en mesure de me donner des ordres, petit bonhomme d’à peine quatre ans ?
- J’ai six ans !
- Peu importe ton âge ! Ca ne m’intéresse pas. Je ne suis ici que pour m’abriter pendant que l’orage passe ! Vous voyez, les gamins, je travaille moi ! Par contre… vous êtes bien habillés pour des bambins ! Surtout toi ! Venez-vous du château ? demanda le mercenaire en se frottant les mains.
- Non, nous venons du village ! répondit Mindy en avançant.
- C’est pas vrai ! J’habite au château, pas au village ! dit Zen.
L’homme sortit son poignard, satisfait de la réponse. Il s’empara du bras de Mindy puisqu’elle était près de lui. Les deux enfants étaient terrifiés, surtout la fillette puisqu’elle se trouvait à la merci de l’inconnu. Mindy se débattait tellement que l’homme la blessa par erreur au poignet. La jeune fille qui essayait par dessus tout de se déprendre de la prise d’acier du mercenaire se mit à hurler de douleur.
Un vent sorti de nulle part se leva dans la pièce. Il lâcha la petite sous le coup de la surprise puisqu’au fur et à mesure que le vent augmentait d’intensité, les cheveux de Mindy prenaient une couleur argentée. L’homme secoua la tête pour reprendre ses esprits et profitant de la stupéfaction de Zen, qui regardait son amie, il mit ses mains autour de son cou.
- Cesse de hurler ou il meurt ! cria le mercenaire.
Le vent se calma en même temps que la voix de Mindy. Le malfrat en profita pour soulever d’une main Zen et le lancer sur la table qui se brisa sous le poids. Lorsqu’il approcha tranquillement en riant de Mindy qui reculait, il reçut quelque chose sur son épaule. Il tourna la tête et vit le petit homme debout dans les restes du meuble tenant entre ses mains ce qui semblait être un pied de table. Le mercenaire dégaina cette fois son épée dans le but d’en finir avec les deux gamins. Il levait son arme au-dessus de sa tête pour le frapper quand la porte d’entrée vola en éclat et une colonne d’eau le frappa de plein fouet. Il partit dans un parfait vol plané en direction du mur.
Dans l’encadrement de la porte, Mindy et Zen virent Mikä, l’orbe à la main, s’avancer avec quatre soldats qui allèrent directement s’occuper de l’homme assommé. Le mage d’Eau rejoignit en quelques pas sa fille qui pleurait à chaudes larmes. Zen regarda dehors pour voir si ses parents étaient là aussi.
- Zen ! Mais qu’est-ce qui t’a pris de venir ici ? clama Mikä en se tournant vers lui.
- Papa, nous étions censés jouer dans les jardins et je suis entrée dans le boisée pour voir. Zen est venu me chercher mais je suis entrée dans la maison quand même.
- Tu aurais pu me convaincre si je ne connaissais pas Zen... soupira Mikä. L’important, c’est que vous allez bien.
- Où sont mes parents ? demanda Zen.
- Dans le château, en discussion avec le mage protecteur de la Terre. Venez, je crois que les cuisines nous ont préparé un petit goûter. Mindy, je suis fier de toi, tu as la magie du Vent en toi !
Une fois dans la cuisine, Zen mangea ses biscuits sur le bout des lèvres. En chemin, Mikä avait envoyé un garde avertir la petite réunion. Maintenant que les pouvoirs de Mindy s’étaient manifestés, elle devrait partir pour le Royaume de Terre car leur protecteur était un mage du Vent. Il devait surtout lui montrer les bases puisque la magie du Vent était difficile à maîtriser dans les premières années car elle se manifestait souvent de façon irrégulière. La fillette partit donc le lendemain et Zen dut retourner au mannequin de combat pour s’entraîner.