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Fiction » General » Ce matin, le soleil ne s'est pas levé font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Latina Angel
Fiction Rated: K - French - General - Published: 06-06-08 - Updated: 06-06-08 - Complete - id:2527943

Un défi OS...

Le sujet tient en une phrase : "Ce matin le soleil ne s'est pas levé"

J'espère qu'il vous plaira !


Jeudi 17h30

Une nouvelle journée de boulot terminée. Fatigue, lassitude, ...

La chaleur pesante n'arrange rien.

Mais ce soir un changement. A la place du retour direct à la case "Maison" est prévu un détour par la case "Amie".

Attendant à l'arrêt de bus, son esprit abattu se laisse tenter par la carte "Annulation" mais son corps se refuse à la sortir.

Pour une fois... Ne pas reculer, ne pas s'écarter et y aller franchement, essayer d'en profiter.

Le véhicule blanchâtre s'approche, machinalement, elle monte dedans, salue le chauffeur et va s'installer tout au fond.

De là, elle peut voir les dégâts qu'occasionne le monde du travail. Les mines exténuées, les regards ternes, ...

De son mirador, elle essaye de deviner qui fait quoi, qui pense quoi. Toujours plus intéressée par la vie des autres que par la sienne.

Changement de transport, passage sous terre, le rituel reste le même. Se placer à un bout et observer les autres.

Arrêt habituel, une hésitation. Sortir pour rentrer, ou rester pour sortir. Un mot, deux connotations, la magie des langues.

Elle reste, un arrêt de plus pour quelques heures à laisser son cerveau au placard. Une carte "Sortie de prison"

30 secondes d'attente pour changer la fin de journée.

Jeudi 18h20

Elle a eu le temps d'aller faire un tour pour acheter le dernier best-seller. Mais la voilà, patientant devant cette bouche dont elle était sortie quelques minutes plus tôt.

La seule chose qu'elle haïssait plus que son travail : l'attente.

Trop incertaine, trop ennuyeuse, trop dangereuse.

Elle fait tourner frénétiquement sa carte "Annulation" dans sa main.

5 minutes...

10 minutes...

Elle hésite et sort le Joker de l'adversaire, préférant ainsi cette carte neutre à toute action plus radicale.

Et, comme un diable sort de sa boite, son amie arrive souriant en agitant la carte Joker qu'elle vient de recevoir.

Elle sourit et toutes deux vont se promener dans les rues bondées de cette grande ville.

Elles discutent, rient, polémiquent, refaisant le monde, elles partagent un moment de complicité.

Cette fin de journée change de ton petit à petit.

Jeudi 21h30

Le jour s'est couché.

Noir, c'est la couleur du ciel.

Pastel, c'est la couleur de la carte "Transport" qui la ramène jusqu'à chez elle. (NDLA : A Toulouse la carte de transport s'appelle la "Carte Pastel")

Elle est avec son amie dans le métro. Le temps du trajet entre deux arrêts, elles se racontent les dernières nouvelles et se promettent de remettre ça très bientôt.

Inconsciemment, elle sait que ce n'est pas pour tout de suite. Une bise et la voilà parcourant la dernière centaine de mètres qui la sépare de son appartement.

Retour à la case départ sans les 20 000 euros à la clé.

Au coin de sa rue, elle remarque que quelque chose a changé. Ce qui était une sinistre discothèque select, s'est transformé en un bar lumineux. Sur la terrasse, les fumeurs prennent l'air. Il ne lui faut pas longtemps pour voir que c'est une clientèle majoritairement masculine et plutôt aisée à la vue des chemises blanches brillantes et des costumes soigneusement lissés.

Plus que 50m, sur le chemin elle croise deux jeunes hommes aux allures de vacanciers. Très rapidement, elle retrouve cette sensation qu'elle aime. La chaleur nocturne, le sourires engageants sur les visages, un air de fête qui flotte sans parler du parfum d'un des jeunes hommes qui titille encore ses narines alors qu'il est déjà loin.

Elle se sent légère.

Elle ne connaitrait pas la date, en fermant les yeux, elle pourrait s'imaginer en plein été sur son lieu de vacances habituel lorsque la féérie des sorties nocturnes s'empare d'elle.

Arrivée chez elle, l'air semble tout à coup fade. La fatigue revient à elle.

D'un coup de tête, elle se change rapidement.

3 minutes lui suffisent à faire apparaitre un semblant de "vacances d'été" sur son visage.

Elle balance la carte "Annulation" et ses copines et sort de chez elle.

Arrivée au bar, elle est décidée à jouer sa carte "Chance", le paquet entier s'il faut.

Jeudi 23h45

Quelques heures déjà qu'elle découvre ce nouveau bar. Bar-Discothèque pour être précis.

Elle goutte les cocktails tout en restant raisonnable. Elle danse comme si personne ne pouvait la voir.

Petit à petit, elle noue des contacts. Discutant tour à tour avec le videur, le barman, les clients. Dansant avec d'autres.

Ses inhibitions disparaissent au fur et à mesure qu'elle se sent mieux dans sa peau.

Une soirée, juste une soirée pour oublier tout un quotidien routinier.

Il semble vouloir faire partie de cette soirée.

Ses yeux l'ont trahis alors qu'ils regardaient sa jupe virevolter au rythme de la musique.

Ses pommettes l'ont trahis en rougissant quand elle à posé son regard sur lui.

Son sourire l'a réchauffée quand il s'est levé pour la rejoindre sur la piste de danse.

Ses mains l'ont embrasée lorsqu'elle se sont posées sur ses hanches pour danser ce slow langoureux.

Oublier, découvrir, la nuit est à eux.

Vendredi 5h20

Les affinités s'intensifient.

Les lèvres se rencontrent plusieurs fois.

Puis ils sortent de l'établissement qui va fermer ses portes, pas encore disposés à se quitter.

Chez elle ? Non, elle ne veut pas retourner dans son monde.

Chez lui ? C'est une bonne alternative.

Il n'habite pas loin, plus proche de chez elle que de la discothèque.

Il ne prend pas le temps de lui fait visiter que déjà leurs lèvres sont scellées.

Les vêtements tombent et la chaleur monte d'un cran.

Les corps se frôlent, se découvrent et s'apprivoisent.

Tension, passion, les émotions se succèdent.

De temps en temps la fatigue reprend ses droits mais jamais bien longtemps.

Ils ne se rassasient pas de l'autre.

Ils ont perdu toute notion du temps, oubliant même le concept jour/nuit.

Vendredi 21h

Elle se décide à partir. Dehors, toujours la nuit.

Elle sourit, ce petit intermède aura eu le mérite de la détendre complètement.

Elle entre dans son appartement et jette un coup d'oeil machinal à l'horloge du salon : 9h.

Ce matin le soleil ne s'est pas levé... Ou est-ce simplement elle qui n'a pas vu la lumière du jour ?

Ce n'est pas 9h du matin, il ferait jour...

Elle se souvient être partie de chez elle après 21h.

Et soudain, elle réalise que sa petite escapade lui a tellement plu qu'elle y a laissé beaucoup de son temps. Beaucoup trop.

- Merde, le taff...



© Copyright 2008 Latina Angel (FictionPress ID:415534).


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