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Fiction » Fantasy » A l'ombre du ciel rouge font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Fania
Fiction Rated: K+ - French - Romance/Fantasy - Reviews: 1 - Published: 06-09-08 - Updated: 06-09-08 - Complete - id:2529322

A l'ombre du ciel rouge

Auteur: Fanfan, Fania, Fanderpg, ou même EstelioAmen si ça vous chante
Copyright:#chantonne#Sont tous à moi-euh! Et leur monde aussi-euh!
Note:
Art100, Thème 001: Commencement.
Note 2: Cette histoire se déroule alors que Yamaël, Myranael et Nalissie sont âgés de 25 ans, soit 15 ans après le Prologue de "Au secours des Terres de Brumes" et 15 ans et 6 mois avant le Chapitre 1.
Note 3: Le chapitre 2 des Terres de Brume arrive bientôt Avis à ceux qui se rappellent encore de cette histoire… '

A l'ombre du ciel rouge

Frrrt.

Frrrt.

Crac.

Bom.

"Ah, ah, ah! Mon pauvre Myranael, incapable d'éviter une simple racine! Et dire que tu prétendais me battre à la course!"

Nalissie est hilare. a tel point que, au lieu de regarder devant elle, elle me lance son clin d'œil habituel, celui qui signifie "essaie encore". Celui qui m'énerve.
Je ne lui en veut pas, cela dit, parce qu'après tout, moi, je lui fait le même quand elle fait les choses moins bien que moi.
Bientôt quinze ans que nous sommes sur cette île, et elle et moi ne cessons de nous chamailler. Nous nous livrons une compétition permanente et sans merci, au grand Dam de Yamaël, qui passe le plus clair de sons temps à nous reprocher notre comportement bien trop exubérant à son goût. Je crois qu'il a peur que Nalissie ne sache pas se calmer lorsqu'elle regagnera son pays et son rang...

Pour l'heure donc, elle regarde vers moi, c'est à dire derrière elle. Et elle se prends une branche.
Je la dépasse en riant, sans toutefois commettre la même imprudence qu'elle. La ligne d'arrivée que nous avons fixé plus tôt dans la matinée est toute proche à présent, et j'entr'aperçoit déjà la peau bleue de Yamaël.
Il danse d'un pied sur l'autre, probablement fatigué de nous attendre, le dos tourné à la forêt. Il doit sûrement contempler la mer, on la voit bien de cette falaise.

Courant toujours aussi vite que possible, je sort des bois. Malheureusement, j'ai mal calculé la distance nécessaire à un arrêt complet, et j'ai tout juste le temps de réaliser que quelque chose cloche avant de heurter mon camarade avec violence. Puis nous tombons. Nous tombons vite, en direction des rochers en contrebas, et ce n'est pas bon du tout.
Heureusement pour nous, je fait partie des rares Elfes à pouvoir faire usage de la magie avant ses 100 ans, et en plus de cela, je maîtrise ladite magie. Une gerbe de feu projetée contre la paroi nous en éloigne suffisamment pour nous éviter les rocher et diminuer notre vitesse d'impact. Au final, nous nous tirons de l'aventure avec un gros plat et un joli mal de crâne en perspective. D'en haut, Nalissie nous fait de grands signes pour vérifier que nous sommes toujours en vie, et je lui réponds en envoyant une balle de lave voltiger au dessus de la surface.

Environ une demie heure plus tard, Yamaël et moi atteignons la côte, trempés et, dans mon cas, assez crachotant, il faut l'avouer. Il est trop tard pour espérer regagner notre campement avant la nuit, désormais, et le ciel s'embrase déjà au dessus de nos têtes, aussi partons nous à la recherche de bois à peu près sec et de quelque chose à se mettre sous la dent.
Lorsque je reviens sur la plage, Yamaël est en train de vider les trois poissons qu'il a attrapé, une douzaine de fruits posés à côté de lui. Au moins, nous ne mourrons pas de faim. J'allume le feu, plante les fruits sur des branches qui nous serviront de broches, puis ôte ma chemise qui me fait plus froid dans le dos qu'autre chose.

"Eh bien!" Je lance en riant, "Au moins, ça nous dispensera de douche!"

J'espérait alléger un peu l'atmosphère en disant cela, mais le silence obstiné de mon camarade me confirme que non. Allons bon, il va encore me faire la tête toute la soirée.
Il est souvent en colère contre moi, ces temps si, et pas toujours pour de bonnes raisons si vous voulez mon avis. Je ne sais pas ce qui peu bien se passer dans sa tête pour qu'il m'en veuille à ce point, mais que voulez-vous que j'y fasse? Je serre les dents et je tente ma chance régulièrement, juste pour voir si son humeur s'améliore.

Apparemment ce n'est pas le cas.

"Je suis désolé." Dis-je en saisissant le poisson qu'il me tends. "Je ferais plus attention la prochaine fois."

A la façon dont il grogne, je devine que, cette fois, la situation est plus grave que je ne le croyait. Il refuse même de me regarder, ce qui n'est vraiment pas son genre.

"Ecoute, Yamaël..."

"Manges ton poisson, il va être froid."

"Yamaël," j'insiste, "je suis désolé de t'avoir fait peur mais, je t'assures que je ne pensais pas que..."

"C'est précisément ce que je te reproche." Il soupire et poursuit, toujours sans me regarder. "Tu ne penses jamais que ce que tu fait peut-être dangereux. Ce n'est plus du courage ça, c'est de la stupidité. Tu ne réfléchis jamais aux risques de tes actions, à croire que tu es persuadé d'être invincible... C'est épuisant."

J'avoue rester sans voix. Je ne pensais pas qu'il serait capable de dire ce genre de choses sans s'énerver, mais c'est le cas. J'ai presque l'impression qu'il est convaincu que je n'entendrais pas. Peut-être qu'il pense que je ne l'écoute même pas, mais il a tort.

"Ecoutes, je suis désolé. Je sais que je vous ai déjà entraînés dans plus d'une situation dangereuse Nalissie et toi. Nalissie plus souvent qu'à son tour, d'ailleurs, mais..."

"Mais je m'en fiche de Nalissie c'est toi qui m'inquiète!"

Il s'est tourné vers moi tout en parlant, et j'ai tout le loisir de voir son air choque par ses propres paroles s'afficher sur ses traits. Je ne suis pas sur d'avoir quelque chose à dire à propos de ça, mis à part... Waow.
Honnêtement, c'est le genre de phrase qui jette un blanc sur la conversation... Après tout, je ne m'attendais pas à ce genre de réaction venant que quelqu'un dont tout le monde pense qu'il s'occupe trop de autres pour son propre bien.

Cela dit -dois-je l'avouer?- je ne peux pas empêcher mon cœur de bondir dans ma gorge. De savoir que je suis au centre de ses préoccupations c'est... Je n'aurais pas osé l'imaginer. Je n'ai pas osé l'imaginer.
Apparemment, cette révélation le trouble autant que moi: il ne desserre plus les dents, l'air trop gêné pour parler -il porte les traces bleus sur les joues, caractéristique de son embarras.
Un long silence s'installe, que nous occupons comme nous le pouvons en mâchonnant notre repas. Sans enthousiasme, il faut l'avouer.

Après un temps, toutefois, il semble que Yamaël n'y tient plus, car il pose brusquement sa brochette de quignons chauds et soupire.

"Je m'inquiète beaucoup trop pour toi. dès que tu fait quelque chose d'un peu insensé, j'ai peur. trop peur. Je ne devrais pas avoir si peu, je ne devrais pas tenir autant à toi. Ce n'est pas normal. Je... Je ne devrais pas penser à toi. Pas tout le temps, pas comme je le fait. Ce n'est pas normal. Et je... j'ai peur que tu m'en veuilles pour ça."

De nouveau, il regarde à ailleurs, mais cette fois, je ne le laisse pas faire, et l'oblige à tourner son visage dans ma direction. Moi aussi j'ai peur. Moi non plus, je ne devrais pas penser à lui comme je le fait, ni aussi fort que je le fait, pourtant je le fait.

Je suis le premier à fermer les yeux quand nos lèvres se rapprochent. Un truc que j'ai retenu de mes nombreuses bêtises: si on fixe trop le danger, il vous paralyse. Alors je ferme les yeux, et continue à l'aveuglette.
La première tentative est manquée: nos nez s'entrechoquent. Mais visiblement, ni lui ni moi ne sommes disposés à laisser tomber en si bon chemin, et le deuxième essai est beaucoup plus concluant.

La nuit est presque entièrement noire, à présent, à part une dernière trace rouge sur l'horizon. Nous n'échangeons pas un mot de plus, et partons nous coucher chacun de notre côté. Ou plus exactement, Yamaël va se coucher, et je reste assis bêtement, à le regarder.

Enfin, au bout d'une demie heure au moins, je vais m'étendre à mon tour mais, cette fois, je m'allonge à ses côtés, mon dos tout contre le sien.

J'ai l'impression étrange que ma vie vient de basculer.



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