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Fiction » Romance » Le Sanglot d'un Ange font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Mydaya
Fiction Rated: K - French - Romance/Humor - Reviews: 67 - Published: 06-25-08 - Updated: 10-31-09 - id:2536789

Auteur : Mydaya

Site : mydaya . alvima . com (sans espaces)

Genre : Romance adolescente yaoi

Note : Les personnages rencontrés tout au long de cette histoire sont à moi. Veuillez respectez les droits d’auteur. Attention, il y a beaucoup de langage d’homophobes. Si cela vous gêne, ne lisez pas (si je pensais dire ça un jour, lol)


Le Sanglot d’un Ange

Larme 6 : Pour la colère des cieux


Raccrochant rapidement au nez de Cyril, Bruno mit ses chaussures et se prit une petite veste pour ne pas attraper la crève en y allant – ce serait plus que stupide d’arriver avec la goutte qui pendouille du nez. Soudain, alors qu’il se regardait dans le miroir pour vérifier qu’il était montrable – comme quoi sa garde-robe avait considérablement évolué – il se sentit soudain très bête. Devenant rouge, il se surprit à penser qu’il s’agissait d’un rencard. Se frappant la tête contre le mur, il réussit avec force persévérance à se convaincre de ne pas sourire bêtement.

Ce n’était pas un rendez-vous en soi ! Cyril avait appelé pour lui rendre son manteau. Qu’il y ait une convention de jeux vidéos près de chez lui étaient totalement accessoire. Bref, c’était un rendez-vous de travail et non de loisir ! Fort de cette idée, Bruno s’engagea tête la première dehors.

Dix minutes plus tard, il rencontrait une longue file de personnes diverses. Il y avait quand même plus de garçons que de filles. Mais où était Cyril dans tout cet amas pressé aux portes ? Il n’était même pas 10h ! Dire que lui s’était levé il n’y avait pas si longtemps que ça... Mais on était en vacances, mince !

Il aperçut néanmoins du coin de l’œil quelqu’un agiter un bras en l’air. Reconnaissant Cyril, Bruno s’en approcha. A première vue, le manteau semblait intact. Mmh... il devait y avoir des bestioles mortelles à l’intérieur, comme des serpents ou des mygales... Mieux valait être prudent. Dans tous les cas, Cyril était toujours aussi beau.

Reprenant son manteau, Bruno fouilla avec précaution les poches. Il y avait sûrement une bombe.

— Il y avait quelque chose d’important dedans ? demanda Cyril.

— Non. Pas vraiment, non.

— ...

— Alors c’est ça une convention de jeux vidéo ? Ca fait peur.

— ...

— Bon. Eh bien, à une prochaine fois.

Mettant son manteau sur le dos, Bruno allait partir lorsque Cyril le retint par le bras. Pour une fois, le mécanisme pour ne pas rougir fonctionna très bien et lui permit de garder une certaine prestance.

— Mmh ?

— Tu veux voir ce que c’est ?

— Je ne vais pas me faire manger ?

— Ca bouffe juste le porte-monnaie.

— Je n’y connais pas grand-chose en jeux..., essaya Bruno, n’étant pas trop sûr de ce que voulait son vis-à-vis.

— Je t’expliquerais.

— Je n’ai pas d’argent sur moi.

— Ah...

Le visage de Cyril semblait gravé dans la pierre. Ce n’était pas que Bruno voulait fuir la situation, mais il ne voulait tellement pas s’imaginer trop de choses ! Et si jamais Laurent les voyait, là c’était sûr, il allait se faire lyncher en bonne et due forme. Bruno hésita, puis proposa :

— Si tu me payes mon billet d’entrée, je te rembourserais. Je suis curieux de savoir ce qu’il y a à l’intérieur.

Cyril hocha la tête pour lui-même, puis Bruno s’inséra dans la file à côté de lui. A 10h et quelque, les portes du grand hangar s’ouvrirent et les gens se bousculèrent pour entrer en premier, malgré les conseils des portiers. Bruno se retrouva collé à Cyril qui le repoussa brutalement, faisant jurer certains voisins d’être ainsi cahotés. Lorsque Bruno regarda le frère de son meilleur ami, il vit du mépris dans ses yeux sombres.

— Ne me touche pas ! cracha-t-il.

Bruno ne dit rien et se laissa aller au mouvement de foule. Il vérifia une nième fois ses poches pour voir d’éventuelles plaisanteries.

Entrant à l’intérieur du grand hangar, il put découvrir différents stands de marques – qu’il ne connaissait pas bien sûr – ainsi que des gens déguisés de façon assez bizarre.

— Mais voyons, Counter Strike, tu connais, quand même, soupira Cyril, agacé.

— Non.

Cyril roula des yeux puis l’entraîna vers divers stands. Dans certains, il connaissait même personnellement les gars. C’était vraiment un milieu à part... Mais lorsqu’il fallait le présenter, Cyril semblait être de plus en plus désagréable, lâchant que c’était un noob – mais quel langage étrange – et qu’il n’était pas très intéressant.

Bruno ne releva aucune de ses remarques, essayant de se plonger dans l’ambiance des allées remplies de monde, plutôt que de se focaliser sur l’homophobie de Cyril. Il lui posait quand même quelques questions, étant de nature curieuse.

Et à la fin de la journée, malgré les paroles acerbes du plus jeune, il fut en quelque sorte charmé par l’endroit. C’était une sorte de Disney pour plus grand – et plus dingue, aussi. Des gens étaient déguisés, ils vendaient plein de trucs – inutiles, mais nécessaires à certains – il y avait des coins arcades où des champions s’affrontaient. Il vit même une démo d’un jeu qui le laissa pantois, même si Cyril marmonnait que la qualité graphique n’était pas terrible. La fin de la journée arriva finalement beaucoup plus rapidement que prévu.

— Merde, j’ai oublié mon parapluie, grommela Bruno.

— Quoi ?

— Il pleut.

— Pff. Il n’y a que les..., commença le plus jeune avant de lui jeter un coup d’œil et de finir sa phrase : ... qui se soucient d’un truc aussi bête. Au fait, pas besoin de me rembourser pour aujourd’hui, ce n’était pas très cher.

— Comme tu veux. Bon, bah... salut.

Quittant le petit frère de son meilleur ami d’un air maussade, Bruno enfonça ses poings dans les poches après avoir relevé le col de son manteau. C’était franchement un rencard pourri – même si ce n’en était pas un. Sans compter ses remarques désobligeants, Cyril avait eu la même attitude que son frère en ce qui concernait les contacts physiques. Mais ce n’était pas sa faute si on le bousculait !

La pluie redoublait de haine envers lui, haine qu’il renvoya mentalement vers le ciel sans plus de cérémonie. Acculé, Bruno s’abrita sous un arrêt de bus et s’assit sur le banc glacial, en attendant que la fureur des cieux se calment... ou bien que lui-même se calme.

Finalement, ses parents avaient somme tout raison : les hommes ne pouvaient pas se mettre ensemble... Ils étaient tellement différents que cela ne pouvait pas marcher. Pourquoi pendant des siècles l’homme et la femme se mettaient ensemble ? Parce que c’était un mix qui marchait plutôt bien ! En effet, entre gars, forcément, ça se bouffait le bec. Chacun voulait avoir le dessus ; il y avait comme une rivalité énervante à chaque fois.

Dans tous les cas, la petite expérience de la journée l’avait à tout jamais dégoûté de retenter une sortie de ce genre – avec un gars, pas concernant les conventions. Peut-être n’avait-il pas mis beaucoup de bonne volonté avec les filles. Elles n’étaient pas toutes si folles que ça – par exemple, Elodie était sympathique – et un rencard avec une fille finirait toujours mieux qu’avec un gars.

— Oh, ça fait longtemps !

Bruno leva des yeux hagards et fut littéralement étonné de se trouver face à une fille qu’il avait déjà vue. C’était la première avec qui il avait échangé sa salive ! Génial... Quoique, ça semblait bien marcher entre eux la dernière fois. Est-ce qu’elle était ouverte à une petite sortie par ce temps totalement pourri ? Au moins, elle avait prévu le parapluie. D’ailleurs, la jeune fille le remballa et s’installa à côté de lui après lui avoir fait poliment la bise.

— Oui, c’est vrai, sourit-il. Je me souviens de ton visage, mais pas de ton nom, désolé.

— Oh, pas grave. Moi aussi j’ai oublié le tien. Je m’appelle Clarice, fit-elle en souriant sans paraître vexée.

— Moi, c’est Bruno.

— Ré-enchantée, je dirais.

— Ouais...

Oui, sa compagnie était agréable, c’était vrai... mais il manquait quelque chose. Ils parlèrent et gloussèrent pendant pas moins d’une heure et cela détendit Bruno.

Jamais il ne pourrait aimer une femme comme il pouvait aimer un homme, mais une fille, c’était tellement décontractant, finalement. En fait, ça devait dépendre desquelles... Se souvenant de tous ces films où toutes les filles sont carrément chiantes, toujours à se plaindre, il eut un sourire mélancolique. Non, les hommes ne pouvaient pas comprendre à quel point les femmes étaient apaisantes. Bruno se rendit compte que s’il réussissait à se trouver une copine, il ne la verrait que comme une amie chère, et non comme quelqu’un à qui il pourrait consacrer sa vie. Peut-être que cela ferait plaisir à ses parents. Il ne se forçait pas tant que ça et depuis qu’il ne pensait plus aux filles comme à des carnivores, leur compagnie étaient agréable. Du moins, c’était le cas de Clarice et dans son souvenir, un peu de celui d’Elodie.

Le téléphone de la jeune fille sonna et elle décrocha : ses parents semblaient impatients et criaient dans le combiné pour savoir où est-ce qu’elle était. Clarice dut donc partir et Bruno sentit qu’il aurait du dire quelque chose, mais il n’en fit rien. Il n’était pas près d’avoir une fausse relation avec une fille. Peut-être dans quelques semaines...

Voyant une accalmie poindre dans le ciel, Bruno courut jusqu’à chez lui où il évita un deuxième passage assez vigoureux. Quelle journée pourrie...

Se débarrassant de ses habits humides, il opta pour une tenue décontractée : T-shirt noir et jean délavé. Ouf, il avait bien fait de rentrer, vu le grain qui passait dehors !

Jetant un coup d’œil à la route sombre, il n’en crut pas ses yeux. Voyant la silhouette sur le trottoir s’éloigner après avoir fixé sa maison, Bruno prit précipitamment ses clefs puis sortit en chaussette dehors, ignorant la pluie qui lui cinglait le visage :

— Cyril ! appela-t-il.

Ce dernier s’arrêta et se retourna. La tête baissée, il ne faisait aucun effort pour se protéger de l’eau tombante. Bruno préféra rester à distance respectable et à surtout ne pas le toucher.

— Cyril, qu’est-ce que tu fais là ? demanda-t-il. Ne reste pas sous la pluie, tu vas attraper la crève ! Tu veux rentrer chez moi pour te sécher un peu ?

Mais c’était comme parler à un mur. Soudain, Cyril réduisit l’espace qui les séparait et le poussa brutalement. Reprenant difficilement son équilibre, Bruno encaissa un peu mieux la deuxième secousse qui suivit, mais les mains de Cyril s’agrippèrent à ses avant-bras et serrèrent douloureusement leur prise. Qu’est-ce qu’il se passait ? Qu’est-ce qu’il avait fait, encore ?

— Qu’est-ce que tu faisais avec cette fille !? hurlait-il pour se faire entendre au-dessus du vacarme des milliers gouttes d’eau. Qui c’était !? T’es qu’un...

S’ensuivit une multitude d’injures qui mortifia Bruno. Il y avait bien sûr quelques répétitions, mais jamais Laurent ne l’avait insulté à ce point.

Se sentant néanmoins agacé par sa journée avec lui où ce dernier essayait de le faire culpabiliser, comme si tout était de sa faute, Bruno saisit lui aussi brutalement les avant-bras de son vis-à-vis et le secoua sans ménagement pour le faire taire.

— Tu me fais quoi, là !? Ca y est ? C’est moi le coupable ! C’est facile après m’avoir gonflé pendant toute la journée, de me faire la morale ! Si t’étais si content d’être avec moi, t’avais qu’à m’envoyer balader, merde ! Tu crois que je suis si bonne poire que ça ? T’as rêvé, là !! La convention étaient sympa mais qu’est-ce que t’as pu me brouter ! Alors merci pour les insultes !! Je vis ma vie alors fiche-moi la paix !

Cyril ne répondit pas, mais Bruno sentit qu’il tremblait. Enfin... c’était sûrement à cause du froid. Mais qu’est-ce que ça faisait du bien de s’énerver ! Il avait pris avec humour les paroles de ses parents et de Laurent. Il avait même réussi à voir le bon côté des choses de la journée. Mais il ne fallait pas abuser et le harceler jusque chez lui quand même ! Et puis de toute manière, il avait...

Le cerveau de Bruno se mit un instant sur pause, lorsque la tête de Cyril vint se poser doucement sur son épaule. Que... que... que... Bruno n’osait pas bouger, de peur de briser l’instant magique. Toute colère s’était à présent évanouie et il se sentait surtout bête à ce moment-là. Qu’est-ce qu’il fallait qu’il fasse ? Et à quoi pensait Cyril ? Il n’allait quand même pas...

Arrêtant de se poser trop de questions, Bruno entoura la silhouette de ses bras et la serra contre lui. Avec tout ça, ils allaient attraper la crève alors que sa maison n’était qu’à quelques mètres – et il n’avait pas de chaussures, lui... Tout doucement, Bruno se détacha à regret du corps frigorifié et le tira jusqu’à chez lui :

— Viens au chaud.

Etonnement, Cyril se laissa tirer à l’intérieur et il frissonna lorsque sa peau entra en contact avec l’air chaud. De son côté, Bruno enleva sa deuxième paire de chaussettes de la journée et s’en enfila une nouvelle. Voyant que Cyril n’avait pas bougé dans le salon, il le poussa lui-même dans la salle de bain en lui apportant des vêtements de rechange et une serviette.

— Prend un bain chaud, fit Bruno. Ca te fera du bien.

— Pourquoi t’étais avec cette fille ?

— Pourquoi tu me gonfles avec ça ? En quoi ça te regarde ?

— T’as dit que t’étais... sur moi.

— J’ai dit qu’un ami était dingue du petit frère de son meilleur ami.

Cyril fronça les sourcils.

Ils pouvaient jouer longtemps à ce petit jeu et Bruno était dans une période mauvaise foi en plus de mauvaise humeur et totalement déconnecté de la réalité. C’est qu’il commençait à faire une jolie flaque par terre... Et qui c’est qui allait nettoyer tout ça ? Bibi la bonne poire, comme d’habitude !

— Et cet... ami, continua Cyril. Qu’est-ce qu’il a fait ?

— Il s’est fait insulter et a passé une très mauvaise journée.

— ... Désolé. Mais donc... t’es b... euh, cet ami est bi ?

— Non.

— Alors qu’est-ce que ça veut dire ? murmura Cyril.

— Comment ça ?

— Tu... cet ami était avec une fille, non ?

C’est que ça le travaillait ça... Bruno comprit alors quelque chose qu’il n’avait pas réalisé – bêtement encore une fois. Il se sentit devenir si rouge qu’il eut l’impression que l’eau qui s’était répandue sur lui s’évaporait. Voyant son état, Cyril devint lui aussi rouge et voulut fermer la porte de la salle de bain, mais Bruno la bloqua avec son pied.

— Ce n’était qu’une amie...

— En fait, je m’en fiche, murmura précipitamment le plus jeune.

— ...

— ...

— J’avais... prévu d’aller au cinéma. Ca... ça te tente ? osa-t-il murmurer.

Bien caché derrière sa porte, Cyril hocha la tête et Bruno enleva son pied. Posant son front contre la porte refermée, Bruno se passa une main lasse sur le visage. Il se savait plus rouge que rouge.

Est-ce que c’était seulement vrai ? Il ne rêvait pas, hein ? C’était la première fois qu’il ne se faisait pas insulter – enfin, plus ou moins, Quentin étant un cas à part. Mais qu’est-ce qui était passé par la tête de Cyril ? C’était la fièvre de la pluie qui avait du l’entamer et qui le faisait à présent délirer.

Sur un petit nuage, Bruno en oublia presque de se changer lui aussi et il s’enfila rapidement un pull plus chaud et un jean serré. En une journée, trois changes, ce n’était pas très rentable, ça. S’affalant devant la télé, Bruno essaya de ne penser à pas grand-chose et de ne pas avoir trop d’espoir tout de suite. Si ça se trouvait, Cyril changerait d’avis dès qu’il se serait remis de ses émotions. Il était peut-être près de l’arrêt de bus tout à fait par hasard et ce n’était pas une raison de s’imaginer qu’il l’avait suivi...

Lorsque Cyril sortit de la salle de bain, de la vapeur d’eau chaude l’entourait et ses anciens vêtements trempés pendaient pitoyablement à son bras. Les vêtements que lui avait passé Bruno était légèrement plus grands, mais à peine. Gêné malgré lui, Bruno se leva précipitamment de son fauteuil pour ne pas le regarder dans les yeux et alla chercher un sac plastique dans lequel le plus jeune pourrait ranger ses affaires.

— Tu rentres chez toi ? demanda-t-il en fouillant dans ses affaires.

— ... ouais.

— Je vais te passer un parapluie dans ce cas.

— Je te le rendrais quand on se reverra.

Bruno se releva avec son fameux sac plastique et n’arriva pas à dire quoique ce soit. Quand il disait ça, il parlait du cinéma, hein ? Cyril prit le sac de lui-même. Bruno alla chercher un parapluie qu’il mit moins de temps à trouver.

— On fait comme ça, murmura-t-il en le donnant au plus jeune.

— Quel film te tenterait ?

— Euh, j’ai sorti ça, mais ça ne te branche peut-être pas. Il n’y a pas une autre convention de prévu ?

— Si, dans six mois. Mais un film me va. Et n’importe quoi ira. Tu choisis, ajouta-t-il d’un ton autoritaire.

— Ah bon.

Bon alors s’il n’avait pas son mot à dire...

Sur le pas de la porte, Cyril s’attarda, mais plus maladroit qu’autre chose, il lui fit simplement un geste de la main avant de partir, sans oser le regarder dans les yeux. Une fois enfermé chez lui, Bruno se laissa choir sur son lit – d’ailleurs il rebondit trois fois avant de s’immobiliser, un record ! – et cacha son large sourire dans ses couvertures. Etouffant ses gloussements stupides, il se prit à se demander s’il ne s’agissait pas d’un rêve. Pourtant, le parapluie manquait à l’appel et des vêtements avaient disparus mystérieusement. Inconsciemment, les nœuds dans ses épaules se délièrent, comme si un stress qui l’habitait jusque là l’avait tourmenté.

Sautant soudain sur son portable qui sonnait, Bruno reconnut le numéro de Quentin :

— Allo, maman ? fit-il tout sourire.

« Mais tu vas arrêter avec ces conneries, grommela le blond. Si ça continue comme ça, je ne t’appelle plus. En plus, si c’est pour être autant de bonne humeur, non merci. »

— T’as besoin d’un service ? continua Bruno, remarquant que c’était la première fois que Quentin l’appelait.

« Tss, comme si j’avais besoin d’une tapette pour saigner à blanc un sale péd... bon bref. Non, je me suis débrouillé tout seul aujourd’hui. »

— Parfois, je me dis que je suis à deux doigts de la guillotine avec toi...

« Rho, mais noooon. Je plaisantais bien sûr. Bon, je voulais te dire que mes potes t’ont bien apprécié la dernière fois et on comptait aller se faire un billard demain soir. Ca te tente ? »

— Mmh... je ne sais pas si je pourrais, j’aurais sûrement un rendez-vous...

« J’espère que ce n’est pas celui que j’ai tabassé aujourd’hui. Si c’est le cas, ton rendez-vous est annulé et je suis désolé. »

— Ouais, c’est ça... Non, j’ai passé toute la journée avec Cyril et il m’a dit qu’il voulait bien aller au cinéma avec moi !!

« Super..., marmonna Quentin. Peut-être que dans un mois, vous vous tiendrez la main. »

— Oh ta gueule, tu sais que je n’aime pas les trucs gays.

« Oui, d’ailleurs, je n’ai toujours pas compris comment tu faisais. »

— Je t’expliquerais peut-être si t’arrêtais de tabasser des pauvres gars.

« Mais il avait une sale tronche et je jure qu’il ne faisait pas parti de ta race ! se justifia-t-il. Mais je suis sûr qu’il m’a regardé de travers. Le bâtard. »

— Quentin...

« Oui, bon, je ferais un effort. Rien que parce que tu me le demandes, hein ! »

— Merci. Mais sinon, pour le billard, je suis partant. Je m’arrangerais avec Cyril.

« Ok. Je passerais te prendre au centre commercial. Je suis rassuré que ça se soit arrangé avec ton... euh, copain. Salut. »

Quentin raccrocha rapidement après cette touchante marque d’émotion – de la part de Quentin, c’était d’ailleurs unique.

Ah... la vie était géniale ! Goûtant pour la première fois à ce petit goût de plaisir et d’interdit, Bruno s’endormit, oubliant de dîner.

A suivre...


Mydaya : Eh bah voilà, ça s’arrange de plus en plus, non ? Comme quoi, je n’allais pas laisser Bruno désespérer... tout seul ! J’espère que ce nouveau chapitre vous a plu !

Merci à Lolotte, Tigrou19, Ayuluna, Heaven-of-Dark, Sleepinstar, Patate Power, Kyoko (désolée du retard ! et comment ça, des chapitres trop courts ? ;p) et Kiranagio pour vos reviews!



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