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Auteur : Mydaya
Site : www . alvima . com / mydaya (sans espaces)
Genre : Romance adolescente yaoi
Note : Les personnages rencontrés tout au long de cette histoire sont à moi. Veuillez respectez les droits d’auteur. Attention, il y a beaucoup de langage d’homophobes. Si cela vous gêne, ne lisez pas (si je pensais dire ça un jour, lol)
Le Sanglot d’un Ange
Larme 8 : Pour l’ange gardien
Etrangement, Bruno ne lorgna pas sur les draps qui pouvaient l’étouffer, ni sur le ciseau qui pouvait tailler ses veines. Comme quoi, sa chère maman avait bien réussi son éducation. Enfermé dans sa chambre, son téléphone en mille morceaux et Cyril qui l’attendait – ou qui était en bas, à ce qu’il en avait entendu – quelle joyeuse fin de journée !
Soudain, un fracas se fit entendre au rez-de-chaussée et Bruno entendit sa mère crier. Oulah, ça y est, la fin du monde arrivait. Plus vite que prévu, hein ? N’ayant pas la force de s’asseoir, Bruno resta affalé au sol, à moitié recroquevillé, et se contenta de lever les yeux vers la porte de sa chambre qui s’ouvrit brutalement – tellement qu’elle rebondit sur le mur et l’arrivant dut la maintenir pour qu’elle ne le heurte pas.
— Bruno !
— M... Maman ?
— Oh, mais arrête de faire le con, maugréa Quentin en s’agenouillant à ses côtés. La vache qu’est-ce qu’il s’est passé ?
— Oh rien de grave. Je me suis reconverti en punching-ball, ça arrive à tout le monde... Mais et toi ? Qu’est-ce que tu fais là ?
— Je viens de... d’acheter une superbe moto et je voulais te la montrer, expliqua-t-il. Et comme tu m’avais donné ton adresse une fois, je suis passé. C’est alors que j’ai rencontré ton patriarche. Quel connard, celui-là !
Quentin fit passer Bruno dans son dos et le cala pour pouvoir le porter sans être gêné, malgré les gémissements étouffés du brun qui se mordait les lèvres pour ne pas crier. Descendant doucement les marches, Bruno put constater que son père était étendu, inerte, sur le sol. Sa mère était à ses côtés, mais lorsqu’elle les aperçut, son regard se fit plein de haine et elle empoigna le tison de la cheminée et le brandit dans le but d’attaquer les plus jeunes. Mais un regard de la part de Quentin la dissuada de finir son geste et elle recula, tremblante de peur et pleurant misérablement.
Quentin continua son parcours et enjamba la porte qui avait été préalablement défoncée à coups de pied. Alors qu’il attachait son ami sur sa moto et lui enfonçait un casque sur la tête, Bruno fit :
— Merci Mam... Quentin.
— Je suis bien tombé, hein ?
— Est-ce que... est-ce que tu peux me déposer chez Cyril ? Il m’attend normalement et je suis déjà en retard.
— Mais t’as vu dans quel état t’es ?! T’es dingue ou quoi ? Pas de galipettes jusqu’à nouvel ordre !
— Tu n’as pas un anesthésiant qui traîne quelque part ? Il devrait faire l’affaire pendant quelques heures, non ? S’il te plaît !
Quentin jura, pesta, maugréa, puis finit par démarrer sans donner sa réponse, vérifiant tout de même que son passager était bien accroché. Bruno commençait à désespérer, mais ils s’arrêtèrent à une pharmacie où Quentin y entra seul. Quelques minutes plus tard, il ressortit avec une boîte de morphine qu’il ouvrit brutalement pour en sortir une seringue et un produit liquide. Bruno tendit son bras et essaya de ne pas regarder l’aiguille que lui planta son ami.
— Quelle dextérité, commenta Bruno.
— J’ai l’habitude.
Puis, Quentin le tripota un peu partout, vérifiant qu’il n’avait réellement rien de cassé. Heureusement le diagnostic parut le satisfaire et quelques instants plus tard, le produit agissait et empêchait le brun d’avoir trop mal. Il espérait que ça tiendrait assez pour le temps qu’il passerait avec Cyril. Quentin lut les instructions de la boîte.
— Ca semble agir entre deux ou trois heures. Bref, je te dépose chez ton pote, mais dans deux heures, je reviens te chercher.
— Oui, Maman.
— Allez, guide-moi chez ton... ton copain.
Dix minutes plus tard, Bruno arrêtait de se cramponner comme si sa vie en dépendait au blouson de Quentin. Avec tout le remue-ménage que Cyril avait du entendre, il devait soit s’être barricadé dans sa chambre devant un jeu super violent – pour se calmer, disait-il – soit il était parti prendre un billet d’avion aller simple pour fuir l’avenir d’un gay.
Avant qu’il ait pu demander quoique ce soit, Quentin le planta là sans rester au cas où personne ne répondrait. Heureusement, lorsqu’il sonna à la porte, Cyril lui ouvrit et Bruno en fut incroyablement soulagé. Par contre, Cyril hésitait entre la crainte et le soulagement...
— Bruno ? Euh... ça va ?
— Je tombe mal, là ?
— Euh non, mais... bah entre.
Vu la tronche qu’il tirait, il devait avoir très bien entendu les paroles du patriarche. Mais aussi vu la tête qu’il faisait, il ne comptait pas être le premier à en parler, sûrement de peur d’avoir une confirmation de ses craintes. Bruno entra donc et s’installa dans le canapé du salon devant lequel Cyril avait connecté télé et console pour pouvoir être plus à l’aise pour jouer que dans sa chambre. Bruno était déjà venu ici – il ne fallait pas oublier que Laurent était son meilleur ami et qu’il était en train de trahir la confiance qu’il lui portait... – mais il aurait bien voulu voir l’état de sa chambre – vérifier si elle était aussi bordélique que la sienne, par exemple... par exemple.
— Tu jouais à quoi ? fit-il pour commencer la conversation.
— A Devil May Cry. Rien de bien particulier. Tu connais ?
— Je ne suis peut-être pas au courant des actualités politiques des fans du genre, mais je sais regarder la télé et les pubs. C’est bien comme jeu ?
— Super. Et puis, le héro est trop drôle. Tiens, je te laisse jouer.
— Je vais quand même te laisser finir ta partie, non ?
— Ne t’inquiète pas.
Et voilà. Une conversation éludée en bonne et due forme. Il pouvait même espérer que le sujet « famille et coming out » ne vienne pas du tout sur le tapis.
Même si Cyril se contentait de le voir jouer, il semblait bien s’amuser, lui indiquant certaines combinaisons pour venir à bout d’un foutu monstre qui bloquait le passage. Effectivement, le jeu était légèrement potentiellement addictif, mais Cyril le rassura en disant que c’était fait exprès.
Cyril leur ramena deux boissons gazeuses et s’assit près de Bruno. Celui-ci, en un réflexe instinctif, se réinstalla pour que leurs jambes ne se touchent pas. Le plus jeune se gratta la tête et se réinstalla encore plus près de Bruno qui se décala encore une fois, trop concentré sur le jeu pour faire attention à l’environnement extérieur. Cyril toussota, cachant un petit sourire embarrassé.
Finalement, il laissa son épaule droite glisser – tout à fait par hasard – contre celle de Bruno qui tomba dans un trou et mourut. En attendant que le jeu reprenne la sauvegarde précédente, Bruno jeta un coup d’œil en biais à son voisin qui le regarda également. Sans trop de temps à rester les yeux dans les yeux parce que c’était gênant, Cyril contracta tout son corps pour se hisser légèrement vers le visage de Bruno. Ce dernier recula sa tête tant et si bien que Cyril fut bientôt presque allongé sur lui. Se rendant compte de la situation, il se redressa, les lèvres pincées et fit :
— Tu recules.
— Oui, j’en ai bien peur.
— Quoi ? Je fais peur ?
— Oui... Non...
— C’est à cause de mon frère ?
— Oui... Non...
— Mais explique-moi ! s’énerva le plus jeune.
— Désolé, mais ce n’est pas facile pour moi ! s’exclama Bruno.
— Euh... c’est nouveau pour moi aussi, je te rappelle.
— Moi, je ne suis plus du tout un newbie – comme tu le dis – concernant tous les mauvais côtés. Ca fait plusieurs mois que je me farcis les insultes de mes parents et de ton frère ! Je n’y peux rien si ça me bloque ! Et puis, je devrais te signaler que toi aussi tu m’as rejeté ! Tu ne peux pas comprendre comment on se sent après ça ! Toi, tu as tout eu à portée de main ! Tu savais que j’étais sur toi et personne n’est au courant pour nous deux ! Moi, j’ai tout le monde à dos ! A chaque fois que je marche seul dans la rue, j’ai peur de me faire lyncher par un gang qu’aurait payé mon père... ou même ton frère ! Alors désolé si je réagis aussi bizarrement !
Sentant des larmes de colère poindre au niveau de ses yeux, Bruno mit sa main devant et se mordit la langue pour empêcher un sanglot de passer. Cyril ne dit rien et se redressa complètement, s’asseyant à l’autre bout du canapé et posant sa tête sur ses genoux ramenés sur sa poitrine.
— Je suis désolé, murmura-t-il. Je ne savais pas.
— ...
Après une longue inspiration, Bruno réussit à maîtriser les petites larmes rebelles et se redressa lui aussi pour continuer de jouer à la console. Lorsqu’il comprit qu’il n’arriverait pas à ne pas sauter dans le trou qui le tuait, il donna la manette à son voisin :
— Je suis trop nul. Je te laisse continuer.
Cyril prit la manette sans un mot. Bruno se laissa aller dans le canapé, décontractant ses muscles figés par l’effort de tenir une manette. Ne restant pas en place, il alla squatter les toilettes et resta un bon bout de temps à l’intérieur, ressassant la scène qui venait de se dérouler. Il n’avait pas assuré, encore une fois. Il était vraiment trop minable. Il ne regarda qu’une seule fois l’eau des toilettes qui aurait pu éventuellement le noyer.
Soupirant, il se demanda encore pourquoi Cyril sortait avec lui. Il n’était pas franchement intéressant, avait des problèmes familiaux – et aussi avec la famille des autres. Et pourtant, il rêvait comme un dingue d’embrasser Cyril, de le sentir contre soi, comme dans ce fameux bus bondé... Mais la réalité était plus cruelle que l’imagination car son corps avait réagi par réflexe en le repoussant. Mais quel abruti il faisait !
Regardant sa montre, il constata qu’il ne restait plus qu’une petite heure avant que sa mère débarque. Les occasions de voir Cyril seraient sûrement rares par la suite, à cause de ses parents et leurs nouvelles règles. Autant en profiter maintenant et faire marcher ses hormones à la place de sa tête ! Inspirant un bon coup, Bruno sortit enfin des toilettes – après avoir vidé sa vessie, bien sûr – et regagna discrètement le canapé. Cyril était toujours concentré, comme à son habitude.
Bruno, après avoir laissé passer quelques minutes, finit par se lancer. Il se tourna vers Cyril et s’avança en posant une main juste à côté de la cuisse de ce dernier pour pouvoir prendre appui – une véritable étude en cours. Puis ses lèvres frôlèrent la joue de son voisin qui sursauta de surprise – faisant au passage très mal à son perso.
— Pardon, fit précipitamment Bruno en se reculant, confus.
— Euh... non, c’est bon. Je ne t’ai pas senti arrivé, c’est tout.
Alors ça, c’était nul. Bruno se maudit lui-même jusqu’à la centième génération... Bon il trichait, vu qu’il n’aurait pas de descendance, mais c’était pour le principe. En plus, il avait failli faire perdre Cyril – ça devait être la honte pour lui !
— Je croyais que... tu ne voulais pas, continua Cyril en le regardant dans les yeux. Pas besoin de te forcer, non plus.
— C’est... c’est compliqué, rétorqua rapidement Bruno. Je n’ai pas envie d’être un nul jusqu’à la fin.
Il détourna le regard, rouge comme une pivoine. Même lorsqu’une main vint s’aventurer sur sa nuque pour l’attirer, il n’osa pas lever les yeux, trop honteux de lui-même. Cyril avait tellement plus de classe que lui... En fait, il gérait beaucoup plus la situation que lui qui réfléchissait trop. Cyril voulait découvrir un peu plus et aller vers l’avant sans se laisser morfondre. Il voulait tenter.
Des lèvres vinrent lui chatouiller la tempe, lui laissant l’initiative de se redresser pour l’embrasser véritablement. Chose faite en un temps record – du moins pour lui qui n’était décidemment pas une flèche. Le contact fut électrique et Bruno ne sut pas quoi faire, soudain démuni par rapport à toutes les sensations qui le parcouraient. Bien évidemment, en total débutant, Bruno sut qu’il embrassait mal. Il se sentait carrément maladroit et Cyril tentait visiblement d’arranger la chose. C’était nul. C’était carrément nul pour un premier baiser. Il aurait voulu... faire mieux. Après ça, c’était certain que, par comparaison aux filles, Cyril allait conclure que Bruno ne valait pas grand-chose. Pourtant, au lieu de se désespérer comme Bruno l’avait pensé, Cyril passa ses mains dans son dos.
Soudain, Bruno sursauta, une grimace de douleur affichée sur le visage.
— Aïe !
— Oh pardon, fit Cyril sans vraiment savoir comment il avait pu le faire mal.
— Non, ce n’est pas vraiment toi. T’as juste appuyé sur un bleu tout frais, alors ça picote.
Pour prouver ses dires, il souleva légèrement son T-shirt pour montrer la tâche rouge au niveau des côtes. Cyril ouvrit de grands yeux et empêcha Bruno de remettre son T-shirt en place.
— Quoi ? demanda Bruno, ne comprenant pas la réaction du plus jeune. Ne t’inquiète pas ; en une semaine, je n’aurais plus rien. Et puis, la douleur est supportable.
— Mais... et tous les autres tâches à côtés ? C’est des bleus, aussi ?
— Ah... oui, oui. Mais ce n’est pas très important.
— Par important !!? Mais... c’est ton père qui...
— Ce n’est pas important, répéta Bruno d’un ton péremptoire.
Il remit de force son haut et se redressa, l’ambiance étant gâchée. Cyril gardait ses yeux écarquillés, mais n’osait pas le regarder dans les yeux. Il ne savait pas quoi dire.
La sonnette de la maison les fit tout deux sursautés, rouges et inquiets. Mais après avoir vu l’heure, Bruno rassura Cyril en se levant :
— Pas de panique. Normalement, c’est ma... mon meilleur... un de mes meilleurs amis.
— Il est au courant pour...
— Oui. Je l’ai rencontré à l’hôpital. Je te raconterais un autre jour, si tu veux.
— Pourquoi il vient te chercher ?
— C’est mon moyen de locomotion. Il a acheté une moto récemment.
— Ah... Et vous allez où après ?
— Je ne sais pas. Il va me vanter comme quoi sa bécane est super, puis il va me ramener chez moi, je suppose.
— Chez tes parents ?
Bruno finissait de mettre ses chaussures et alla ouvrir la porte sans répondre. Quentin n’y était pas, déjà installé sur sa moto et n’aimant visiblement pas attendre. Se rappelant d’une chose, Bruno se retourna vers Cyril et lui fit :
— Euh... j’ai un petit souci technique avec mon téléphone portable et je ne pense pas que ce soit une bonne idée que tu m’appelles sur mon fixe. Mais sinon, j’ai ton port... qui était enregistré sur le mien..., se souvint-il un peu en retard. Tu peux me le refiler ?
— Ouais...
— Ah, et Mireille nous invite à une soirée dans deux mois. Je ne sais pas si ton frère t’en a parlé.
— Mireille ? Je ne connais pas de Mireille...
— C’est une fille qui était aux précédentes soirées.
— T’es invité ?
— Oui, pourquoi ?
— Juste pour savoir. Je viendrais sûrement.
Bruno allait remarquer quelque chose dans la conversation mais Quentin klaxonna, visiblement impatient. Le brun fit un sourire d’excuse au plus jeune et partit monter derrière sa mère.
Alors que Bruno se reposait tranquillement contre le dos du conducteur, il se rendit compte qu’ils n’allaient pas du tout chez lui. Lorsque Quentin mit pied à terre, le brun remarqua :
— Tiens, ils ont changé le quartier pendant mon absence. Les salauds.
— C’est ton nouveau chez toi, rectifia Quentin.
— Ce n’est pas mon anniversaire pourtant.
— Rho, mais arrête et soit sérieux deux secondes. D’après ce que j’ai vu aujourd’hui...
— Tu m’as espionné avec Cyril !
— Stop, j’ai dit !! Donc, je disais... ah oui ! Après avoir vu la crise de tes parents, je ne pense pas que tu seras le bienvenu chez toi. Donc, moi qui habite tout seul – certes dans un appart crevé au lieu d’une belle maison dans une riche banlieue – je me suis dit que je pourrais te dépanner pendant quelques temps.
Bruno ne sut que dire pendant un moment mais réussit à le remercier et lui serra chaleureusement la main. C’est vrai que lui, il avait plutôt pensé à retourner chez lui. Des larmes de soulagement montèrent à ses yeux et Quentin, gêné, lui tapota amicalement l’épaule.
Mais... son père allait-il bien ? Il était par terre dans le salon et sa mère semblait plutôt inquiète. Il eut un peu honte d’y penser que maintenant... Le lendemain, il irait les voir.
Bruno se laissa entraîner par Laurent qui lui présenta la dixième fille de la soirée. C’est qu’il voulait absolument le caser avec quelqu’un – autre que son frère bien entendu – ce soir-là ! La soirée de Mireille semblait bien... La preuve : Cyril était encore au rez-de-chaussée avec tout le monde au lieu d’être devant la console. Il était d’ailleurs en compagnie de trois filles avec des décolletés plongeants et des jupes raccourcies.
Bruno se détourna rapidement, avant que Laurent ne remarque son coup d’œil. Une fille bourrée vint le percuter et commença à se coller à lui. Oulah, ça n’allait pas du tout le faire, ça ! Heureusement, Elodie arriva par derrière et décolla l’éponge avec précaution en lui murmurant des choses rassurantes à l’oreille. Elle fit un sourire d’excuse à Bruno, puis conduisit l’imprudente en direction de la salle de bain pour qu’elle décuve sans gêner les autres invités.
Bruno indiqua à Laurent :
— Je vais me poser dans un coin un instant. Peut-être y aura-t-il des filles qui viendront attirées par mon charme de solitaire.
Laurent sourit et acquiesça. Ce dernier aimait tellement quand il lui disait des choses comme ça, songea Bruno en s’asseyant difficilement. Ca faisait plus hétéro. Où était passé le temps où ils s’en fichaient des filles, de tout ça ? C’était à cause de Josselin et de sa copine, en fait... Ou simplement parce qu’ils étaient devenus plus matures. Enfin, matures... Bruno regarda d’un air presque distrait Laurent mettre un coussin péteur sous les fesses d’un beau gosse de la soirée. Remarque, c’eut l’avantage de faire fuir les filles du pauvre garçon.
Bruno ferma les yeux pour faire semblant de réfléchir et ne pas regarder Cyril – contre son gré, bien sûr.
Il en profita pour penser à ses parents. Après la crise qu’il avait subi, il était quand même passé chez lui le lendemain, mais il n’y avait eu personne – et même qu’il y avait une nouvelle porte d’entrée. Les voisins lui avaient affirmé qu’ils étaient à l’hôpital et il y était allé. Malheureusement, au service des soins, sa mère lui avait demandé de ne plus jamais revenir chez eux, qu’il était bientôt majeur et qu’ils n’auraient plus aucune obligation envers lui. Il n’avait pas pu voir son père, alité, mais il semblait s’en sortir – vu qu’il n’était pas à la morgue.
Tout d’un coup, quelqu’un le secoua et il sursauta.
— Je me suis assoupi, constata-t-il à Josselin.
— Je ne sais pas comment tu fais alors que la sono est à fond.
— Je t’avoue que je ne sais pas non plus. Elle est où, Lucie ?
— Partie dormir. J’ai préféré rester encore.
— Mais il est quelle heure à la fin ?
— Trois heures du matin.
— Ouah ! Bon, moi aussi je vais me coucher.
— Déjà ? Mais tu viens de te réveiller.
— Ouais, mais j’en ai marre. Il est où, Laurent ?
— Avec une fille, dans le sauna. Et avec quelques autres couples. Franchement, c’est bête que tu te sois endormi : y’avait plein de filles prêtes à tout pour te parler. Il doit y en avoir quelques unes qui soient libres et réveillées, je crois.
— Je vais voir dans les chambres, finit Bruno sans appel.
Cette fête l’ennuyait tout simplement. Il était venu par réflexe conditionné, mais en fait, ça ne lui servait à rien. Entrant dans une chambre où il ne semblait pas y avoir de bruits – les autres étant fortement gloussantes ou trop ronflantes – il tomba sur la seule pièce de la maison où avaient été confinés les appareils électriques imposants – et chers – notamment quelques consoles.
— Tu es revenu à ton habitat naturel ? demanda Bruno en restant à la porte.
— Disons que les filles se sont fatiguées avant moi, lui répondit Cyril.
— Je vérifie quelque chose et je reviens.
Bruno ressortit et alla à la terrasse pour essayer de distinguer Laurent dans les quelques couples alanguis dans le sauna. Heureusement, ce fut Laurent qui le remarqua.
— Eh ! beugla-t-il en décollant assez de la fille qu’il tenait dans ses bras pour parler. Viens avec nous !
— Non merci, je vais me coucher.
— Ah bon. Bonne nuit, alors !
Bruno repartit, tout content de savoir que Laurent était trop occupé pour vérifier s’il y avait bien la distance réglementaire entre lui et Cyril. Une fois dans la chambre, il prit une seconde manette et se mesura à Cyril dans un jeu de courses. Sur les 50 essais, il réussit à gagner au moins une fois.
Passé cinq heures, Cyril se mit au lit et Bruno l’imita assez rapidement, mais prenant bien soin à se mettre tout à gauche du lit, alors que le plus jeune se trouvait tout à droite. Il s’expliqua cependant lorsque Cyril lui jeta un coup d’œil bizarre :
— C’est au cas où ton frère rentrerait dans la chambre. Tu te rends pas compte de toutes les menaces qu’ils profèrent pour que je ne t’approche pas, alors je préférerais jouer la carte de la sécurité. Je dirais qu’il n’y avait pas d’autres places dans les autres chambres lorsque je suis allé voir, mais que je ne transgresse aucune règle.
— Tu sors avec moi ou avec mon frère ? s’énerva le plus jeune.
— Laurent est mon meilleur ami qui a décidé de ne pas trop penser à ma sexualité, même s’il est complètement homophobe. Je n’ai pas le droit de faire n’importe quoi.
— Désolé, rétorqua Cyril. Mais pour l’instant, t’as fait deux ou trois choses interdites, alors je ne vois pas pourquoi...
— Pas quand il est si près !
Cyril bougonna un peu et se retourna, offrant son dos nu à Bruno. Ce dernier avait préféré gardé T-shirt, chaussettes et il avait même hésité à enlevé ses chaussures. Le silence se fit dans la pièce, chacun essayant de dormir lorsque tout d’un coup, la porte s’ouvrit. Le cœur de Bruno passa du 10 à 200 km/h en une seconde...
A suivre...
Mydaya : Ouh quel suspens à la con ! Désolée pour tout le retard que j’ai fait durer ! J’espère que ça ne se reproduira plus. Les choses avancent avec Bruno, tout en reculant, c’est pas génial ? Le pauvre... Merci de m’avoir lue jusqu’ici !
Un grand merci à tous ceux qui prennent la peine de reviewer, comme Kiranagio, Littlemischief, Obscura (est-ce que ce chapitre a pu répondre à certaines de tes questions ?), Lolotte, Miyuki Lee, Tigrou 19, Ayuluna et Mee-chan !