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Author: Yunari
Fiction Rated: K - French - General/Drama - Reviews: 1 - Published: 06-29-08 - Updated: 06-29-08 - Complete - id:2538347

Auteur : Yunari

Disclaimer : toute cette histoire m'appartient dans son ensemble, les personnages et le reste.

Genre : Angst, Pov.

Résumé : les méandres de la vie d'une jeune fille sur les pages de son journal intime. One Shot.

« Toi »

27 Février 2008

Cher journal,

Je te débute aujourd’hui parce que ma conscience en mon fort intérieur souffre. Je suis là, assise sur une chaise depuis bientôt deux jours. Je ne fais rien, je ne peux pas. Tout est trop difficile, le moindre mouvement, me lever pour aller manger ou pour répondre au téléphone. Je ressemble à un androïde en panne. Mais je ne pense pas qu’une quelconque réparation puisse exister pour ce qui m’arrive. Je ne sais que dire, je ne sais que penser. Je suis là, j’existe, j’ai mal. Aujourd’hui je suis censée aller en cours mais mes jambes ne peuvent supporter le poids de plus en plus importants ancré au fond de moi. Alors je suis là. Je n’existe pas. Je suis sans être.

Pourquoi devrais-je faire un effort ? Ah. Un redoublement. Oui c’est vrai, ma mère se sentira triste parce que je ne fais plus mon travail d’étudiante. Etudier. Depuis plus de deux semaines je ne peux plus. Mon esprit est obnubilé par autre chose. Lire une ligne autre que celle de sa vie m’est impossible car lui-seul compte à mes yeux. Mais personne ne peut comprendre. Cette chose qui nous touche, nous faire pleurer, chavirer au point de ne plus pouvoir bouger pieds et poings liés. Que dois-je faire ? Comment vais-je tenir ? Je dois le voir. Je dois te voir.

28 Février 2008

Cher journal,

Je n’ai toujours pas bougé de la maison, ni même de cette place qui est la mienne devant cet ordinateur. Je ne fais rien, je navigue de temps à autres sur Internet, recherchant de nouvelles informations sur ta personnalité, ce que tu peux ressentir…Ton blog, je l’ai lu plus de milles fois, analysant chacune de tes phrases, cherchant un sens caché à chacun de tes mots. Tu es tellement différent Tu me sembles si parfait. Je ne sais pas quoi faire. Je suis si ridicule face à toi… J’ai l’impression de ne rien valoir. De ne rien être. Je dois le connaître. Je dois te connaître.

1 Mars 2008

Cher journal,

Il n’a pas mis de note hier. Cela m’inquiète. Il est pourtant si ponctuel généralement. Je ne comprends pas. J’ai peur qu’il lui soit arrivé quelque chose. La vie humaine ne tient qu’à un fil, c’est pourquoi je tremble pour lui, qu’il ne m’abandonne pas, qu’il me soutienne encore sans se rendre compte de cette dépendance qu’il installe en moi. Tu as beaucoup de commentaire. Les gens t’apprécient beaucoup. Moi je n’écris pas. Car j’ai peur. Peur de trop en dire. Peur de me ridiculiser. Lorsque j’ai actualisé la page, tu avais posté une note. L’horaire m’alarme. Il est trop tôt. Que t’est-il arrivé ? Tu sembles triste, seul, abandonné. Je voudrais t’aider, te dire que moi je suis là. Mais tu ne me connais pas. J’aimerais t’apporter mon soutien et t’écrire des mots pour te réconforter, mais je ne parviens à le faire. Mes doigts refusent de toucher ce clavier lorsque la page de ton blog est ouverte. Sa petite amie l’a laissé. Ta petite amie t’a laissé.

2 Mars 2008

Cher journal,

Il remercie les gens pour les commentaires. Il se sent mieux et soutenu. J’ai longuement pensé à lui cette nuit, m’imaginant à ses côtés, caressant ses cheveux alors qu’il pleurait silencieusement sur mon épaule. Mais cette image n’est qu’utopique. Car jamais un tel scénario ne pourrait exister. Je n’ai rien mangé depuis trois jours. Je me sens faible. Ma mère m’a ramené de la nourriture dans ma chambre, sur mon bureau. Elle n’a rien dit, inquiète. Mais je suis bien. Il va mieux, je me sens mieux. Nous fonctionnons en symétrie, je ne peux vivre qu’avec lui : je ne peux mourir que par lui.

3 Mars 2008

Cher journal,

Je ne vais pas en cours. Il est en vacance et poste plus souvent. Avec sa petite amie c’est vraiment fini. Je suis contente car au fond de moi cet espoir persiste. J’aimerais oui, j’aimerais tellement. Mais mes espoirs seront-ils un jour réalité ? Ne vais-je pas souffrir ? Je n’en sais rien. Je l’aime, je t’aime.

4 Mars 2008

Cher journal,

Ce matin, après une heure de sommeil, j’ai ouvert les yeux. Il avait mis une photo de lui. Son caractère me plaisait. A présent je suis sous le charme de son apparence. Quelle personne magnifique. Parfait. Oui. C’est le mot qui le décrit. Un homme parfait. Une âme parfaite. J’aimerais qu’il me remarque. J’hésite à mettre un commentaire. Mais je ne veux pas l’agresser. Que pourrais-je dire ? Une telle photographie n’attend que des critiques sur son apparence. Bonne ou mauvaise. Les miennes ne seraient ni l’une, ni l’autre non. Elogieuse est le terme exact. Il me plait. Tu me plait.

5 Mars 2008

Cher journal,

Il va bientôt venir près de ma ville. Je dois le voir, je ne peux me passer de sa présence. Il représente trop pour moi. C’est ma vie. Il détient au creux de ses mains mon âme et mon cœur intimement lié par un serment d’éternelle fidélité. Dois-je y aller ? Devrais-je lui parler ? Juste voir son visage. Ne pas le regarder. Juste le contempler. Je dois le voir. Je dois te voir.

6 Mars 2008

Cher journal,

Il vient demain. Je verrais la personne cachée derrière cette âme torturée. Ce besoin de t’approcher. Tu es pourtant proche mais si éloigné. J’ail l’impression de t’avoir toujours connu. Il me semble que c’est normal. Je lis chaque jour, ce qu’il se passe dans ta vie sur cette page. Page qui à la fois nous rapproche et nous éloigne. Tu ne me remarqueras pas. Je ne veux pas que tu me remarques. Non justement. Je ne dois pas exister pour lui. Il m’aura croisé dans la rue, sans me connaître. Je murmurerais tous les mots d’amour coincés dans ma gorge. Il ne les entendra pas. Tu ne les entendras pas.

7 Mars 2008

Cher journal,

Je l’ai vu…. J’ai mal…des larmes, des pleurs, toutes ces choses qui me brûlent de l’intérieur et qui ne parviennent à s’extérioriser. Pourquoi… J’ai-je fait….Je ne devais pas…Mais je l’aimais…Il l’embrassait… Non. Pourquoi elle et non moi, non…. Je l’ai tué… Je n’aurais jamais dû non… Pardonne moi… Je ne peux vivre qu’avec toi, je ne peux mourir que par toi…

Ce jour-ci, elle se suicida.

XXXX

Comment trouvez-vous cette petite nouvelle ? C'est une façon de montrer que le fanatisme peut aller loin.



© Copyright 2008 Yunari (FictionPress ID:389826).


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