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Fiction » Fantasy » Portrait d'une vraie méchante font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Deiya
Fiction Rated: T - French - General - Reviews: 4 - Published: 07-06-08 - Updated: 07-06-08 - Complete - id:2541432
Portrait d’une vraie méchante

Titre : Portrait d’une vraie méchante

Auteur : Deiya

Genre : drabble, fantasy/surnaturel, un peu angst

Claimer : Tout sort de mon cerveau tordu.

Portrait d’une vraie méchante

C’est une grande salle de style médiéval éclairée par une lumière froide. Le sol, le plafond, tous les côtés sont constitués de pierres nues, sans ornement aucun.

Au fond de cette salle, quelques marches permettent d’accéder à une petite esplanade sur laquelle se trouve un trône, en pierre lui aussi. Mais elle, elle est assise par terre, un échiquier en verre posé devant elle ; certaines pièces du jeu - très peu - sont renversées à côté du plateau quadrillé. Il est impossible de ne serait-ce que deviner le bas de son corps tant est imposant le volume des jupons de sa robe vaporeuse. Il semble qu’elle flotte au-dessus du sol.

Elle est très belle, cela va de soit. Son visage d’adolescente est encadré par ses cheveux longs et lisses qui coulent sur ses épaules, dans son dos et disparaissent dans les plis de la robe. Leur blancheur contraste à peine avec sa peau laiteuse et ses yeux aux iris argentés. Ses lourdes paupières sont toujours à demi abaissées, comme si elle manquait de sommeil, ce qui lui confère un regard empli d’une superbe indifférence.

Elle, c’est la reine Eralda, autoproclamée déesse parmi les hommes - le moins qu’elle pouvait faire. Son but ultime ? Asservir le monde à ses pieds, de préférence par la force. Pourquoi ? Parce que.

Comme tout bon despote, elle délègue la sale besogne aux fidèles qu’elle a ralliés à sa cause, et ils sont nombreux. Elle sait être persuasive et ses arguments ne demandent aucune réplique. De temps à autres, ils viennent lui rendre compte de l’évolution de la situation ; quelquefois elle leur donne de nouvelles instructions, mais il y a longtemps qu’elle n’a plus participé en personne à l’action.

Elle demeure cloîtrée au cœur de son château à jouer aux échecs tout le jour et toute la nuit. Elle peut rester des heures complètement immobile à scruter le jeu, passant en revue les innombrables possibilités. Lorsqu’elle a prit une décision, elle lève sa délicate main blanche, saisit la pièce concernée de ses longs doigts fins avant de la déplacer sur le plateau. Chacun de ses gestes sont lents et mesurés, gracieux et précis, y compris quand il s’agit d’évincer sans douceur un pion du jeu.

La porte s’ouvre avec un grincement sinistre et plusieurs de ses gens entrent bruyamment, traînant un inconnu avec eux. Imperturbable, Eralda ne cille même pas et dépose doucement la reine blanche sur le plateau.

- Echec au roi, murmure-t-elle dans un souffle.

Elle tourne alors la tête vers les intrus, se redresse sereinement. Une lueur d’intérêt, minuscule, s’allume dans ses yeux lorsqu’elle aperçoit le prisonnier. Il est jeune, un air de défi sur le visage, et le sang qui s’écoule de ses tempes n’altère en rien son charme farouche.

Une ombre de sourire apparaît sur les lèvres d’Eralda. Enfin, voilà ce qu’elle attendait. Une résistance dans son œuvre de destruction. Elle fait signe à ses fidèles de le laisser aller et il se retrouve libre, bien droit devant elle. Elle le toise un instant, puis déclare simplement, de sa voix cristalline :

- Je vais te tuer. S’il te reste un dernier atout, il est temps de le jouer.

Le garçon ne répond pas ; sa mâchoire est crispée, ses poings serrés. Il est atrocement conscient de son impuissance face à elle.

Elle soupire, de façon presque imperceptible. Ce n’est pas grave, elle s’y attendait.

Cet obstacle-là sera d’une simplicité enfantine à éliminer, néanmoins elle sait qu’il n’est que le premier d’une longue série. Tout se déroule comme elle l’a prévu. Chaque obstacle qui se dressera sur sa route sera toujours plus coriace que le précédent, mais elle les détruira tous. Et si jamais la résistance qu’on lui oppose vient à s’affaiblir, elle n’aura qu’à la stimuler et lui redonner de la vigueur subrepticement. Jusqu’à ce qu’enfin, elle obtienne ce qu’elle souhaite : un adversaire à sa taille.

Quand ses yeux se posent à nouveau sur le garçon tremblant de rage et de peur devant elle, la lueur d’intérêt s’est éteinte et la froide indifférence est revenue. Sans l’ombre d’une émotion, elle le regarde pousser un petit cri étranglé tandis que son sang commence à s’échapper en un flot continu de ses yeux exorbités, de son nez et de sa bouche, l’empêchant ainsi de respirer correctement. Il ne tarde pas à s’effondrer. A peine a-t-il expiré que les gens d’Eralda se précipitent pour emporter son corps et nettoyer la place.

La reine se détourne du spectacle et se réinstalle paisiblement à son échiquier.

Echec et mat.

Nouvelle partie.



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