| Home Just In Communities Forums Beta Readers Dictionary Search | Login Register Extras |
Auteur : Troll des Bois
Disclamer : Création des Personnages Personnelle (Y sont donc rien qu’à moi ! )
Genre : Fic Originale (En conséquence, sortie de mon imagination ! )
Style : Héroïc-Fantasy, Romance…
Échec à Venise…
Chapitre Premier : Le Renvoi...
- « Cette fois-ci, elle était allée trop loin… »
Je repense sans cesse à cette dernière phrase dite par le Juge Suprême du Conseil des Sages… Même moi, Vincent Nibelung, ancien Archi-Mage de la Cour d’Atlantis, et à présent Doyen de l’Académie Royale d’Étude Tellurique d’Atlantis, je ne peux pas souvent aller contre leur avis. J’avoue néanmoins contourner nombre de leurs décisions quand je le peux et lorsque je juge leurs sanctions trop sévères par rapport au délit commis, ce qui, malheureusement, est souvent le cas… Probablement à cause de ce dernier point, je n’ai jamais porté les sept « Sages » dans mon cœur ! D’ailleurs, ayant des esprits des plus cubiques, fort peu de personnes les apprécient à l’ARETA, que ce soit parmi les étudiants, le corps professoral ou les autres !
Malheureusement, peu de monde possède les capacités nécessaires pour s’élever contre leurs sentences. En effet, composé de sept personnes du troisième âge, le Conseil représente l’autorité absolue sur l’ensemble du Campus de l’Académie. Ce qui signifie qu’ils peuvent interférer dans tous les domaines : l’affichage des valves, les baux de locations, les travaux publics, la maintenance… absolument tout ! Je suis l’une des rares entités capables de leur faire face et j’admets ne pas m’en gêner au vu de certaines décisions des plus stupides qu’ils prennent !
Par exemple, il y a cinq cycles, le Conseil avait décidé d’interdire tout affichage de la part des élèves aux valves leur étant réservées… De ce fait, à quoi serviraient lesdites valves ? « Pour l’instant, à rien Doyen ! Nous aviserons plus tard de cela ! » m’avait répondu le Juge Suprême de son air supérieur… Là, ni une, ni deux, je me débrouillai pour que chaque classe soit pourvue d’un petit tableau où les élèves pourraient désormais déposer leurs messages à l’intention des enseignants. Et en ce qui concernait leurs messages privés, je fis installer les mêmes tableaux dans les dortoirs, réfectoires, cours de récrés, et salle de cercles… Voyant cela, le Conseil me fit convoquer deux jours plus tard et, en réponse à leur long discours, je leur clouai le bec en disant que, conformément au Règlement d’Ordre Intérieur qui stipulait que seuls les tableaux de plus de deux mètres carrés étaient considérés comme des valves, ces petits tableaux de cinquante centimètres sur quatre-vingts n’en étaient pas ! Certes, je le reconnais volontiers, c’était un peu tiré par les cheveux, mais vu mes expériences passées, et ayant l’aval de l’Empereur, ils étaient bel et bien pieds et poings liés !
Suite à cette confrontation mémorable, qui m’a entre autres permis d’avoir le soutient de nombreux enseignants, le conseil concentre son attention sur moi. Grâce à cela, sans même qu’ils ne le remarquent, j’ai réussi mon stratagème ! En effet, puisqu’il se focalise désormais sur ma personne, le Conseil prend moins de décisions stupides. De plus, comme ma position est assurée par l’Empereur lui-même, ils ne peuvent pas faire grand-chose contre moi !
Néanmoins, et à mon plus grand regret, je n’ai pas pu me lever contre leur dernière décision… Et j’ai dû m’y plier en convoquant Noémie, l’une de mes protégées, âgée de quinze ans qui étudiait avec ses camarades de la classe B en troisième cycle… J’en suis là de mes réflexions lorsque j’entends quelques coups frappés à la porte en chêne de mon bureau.
- Entrez !
Ce simple mot, dit d’une voix claire et forte, fait entrer une élève au teint d’albâtre. Haute d’un mètre cinquante-cinq, les cheveux aile de corbeau descendant en cascade jusqu’à sa taille, Noémie affiche sa mine farouche habituelle… En l’apercevant, je sens déjà ma volonté défaillir. Je ne peux nier que dans sa bure blanche, elle soit magnifique avec ses yeux vairons vert et bleu… Sa figure enfantine, en contradiction avec son tempérament enflammé, fait d’ailleurs pâlir plus d’un enseignant. « Une gueule d’ange, mais le diable au corps Doyen ! » m’a-t-on dit autrefois. Certes, je reconnais qu’elle n’est point une élève facile… Mais son apparence et ses actions rebelles cachent non seulement une grande détresse, mais aussi une âme angélique, pure et innocente ! Étant habitué à travailler avec des enfants surdoués, grâce à mes fils adoptifs, je réussis sans trop de mal à apprivoiser notre cher ange. Voyant les excellents résultats de Noémie quand je lui enseignais les Arcanes, le conseil de classe avait décidé de me confier la garde de l’élève qu’aucun d’entre eux n’avait pu dompter… Appréciant beaucoup son esprit bien fait, sa perspicacité et son humour, j’ai accepté sans même réfléchir, heureux de passer plus de temps avec elle. Suite à cela, j’enseigne donc officiellement les Arcanes Telluriques à ma nouvelle protégée dix heures semaine, le reste de son temps étant consacré aux autres cours et activités… Et après ces deux cycles passés à travailler avec elle, malgré le fait que j’occupe le poste de Doyen depuis trente-deux cycles, je ne peux qu’avouer que Noémie soit l’une des meilleures élèves que je n’ai jamais eues !
- Bonjour Maître Nibelung, comme demandé par le Conseil des Sages, me voici…
Bien qu’elle m’ait dit cela d’un ton se voulant calme et posé, je perçois facilement son appréhension. De plus, en précisant que c’était le Conseil qui l’avait fait mander, elle me révèle sa confiance en moi, ainsi qu’une bonne connaissance de la situation… Il est souvent antinomique de constater que les élèves les plus turbulents maîtrisent sur le bout des doigts le règlement. Noémie ne fait pas exception à la règle et, de ce fait, sait pertinemment bien que sa faute est très grave, même si je suspecte qu’elle n’en mesure pas toutes les conséquences…
La décision du Conseil des Sages est cette fois-ci irrévocable : un renvoi définitif doublé d’une destruction de vecteur… Même moi je n’ai rien pu faire contre cela, car j’admets à mes dépens que la faute qu’elle avait commise était trop importante pour que je puisse passer outre…
Néanmoins, le fait de briser un vecteur est le châtiment le plus important, le châtiment ultime même, qui n’est réservé qu’aux infractions extrêmement graves. En effet, puisqu’il est l’intermédiaire indispensable entre le mage et l’énergie tellurique, le rompre signifie ôter toutes possibilités au mage d’utiliser les Arcanes, et donc de pratiquer son Art… De plus, comme chaque vecteur est personnel, il est impossible d’en recréer un autre… Bien sûr, il existe des exceptions, j’en suis la preuve vivante ! De fait, certains mages n’ont pas besoin de vecteur et utilisent directement l’énergie Tellurique. Il est évident que ces exceptions sont très rares… Sur l’ensemble du monde des Arcanes, je n’en ai recensé qu’une trentaine…
Bref, dans la situation présente, le vecteur de Noémie n’est autre que le sceptre de bois massif qu’elle tient serré contre sa poitrine, prête à le défendre bec et ongle… Je devine donc par là que, même si elle ne veut pas y croire, la pensée qu’on puisse le détruire est survenue dans son subconscient…
Face à face, nous nous contemplons comme deux duellistes attendant de pouvoir croiser le fer… Je la devine attentive à mes moindres faits et gestes. Au plus petit écart de conduite, à la moindre faute commise, je sais qu’elle sautera sur l’occasion pour me déstabiliser afin de m’achever définitivement par la suite…
Je sais fort bien de quoi elle est capable puisque je suis son précepteur particulier pour tout ce qui touche les domaines martiaux tels que les Arcanes bien sûr, mais aussi le self-défense, la stratégie, le maniement des armes ou la balistique… Et ce n’est pas pour rien si je la considère comme l’une des meilleures étudiantes de l’ARETA ! En effet, même si sa nature intérieure n’est que douceur et gentillesse, je représente l’autorité et de ce fait je suis un ennemi non un allié… Même si cela ne nous empêche pas de nous respecter mutuellement…
Sachant qu’elle applique parfaitement mes enseignements qu’elle a aisément faits siens, en l’occurrence le fait qu’il soit plus judicieux d’attendre de pouvoir riposter, je prends les devants et lance l’attaque…
- Bonjour Noémie. Je présume que tu sais ce qui t’attend, n'est-ce pas ?
- …Je m’en doute Maître, en effet.
- Bien, alors j’aimerais que tu me le dises toi-même.
- Je présume que je suis renvoyée…
- Est-ce là tout ce que tu entrevois ?
- Heu… Oui Maître.
- Mmm. Malheureusement, cela ne se résume pas uniquement à ça. Je me vois dans l’obligation de te demander en plus ton vecteur…
- Quoi ! Non ! Tout sauf ça !
- Noémie, te rends-tu compte de la gravité de ton acte ? En faisant usage d’un Sortilège Chaotique dans l’enceinte de cet établissement, tu as perverti la Toile elle-même ! Il me faudra au moins deux ans pour réparer les dégâts ! Tu n’es pas sans savoir que la Toile représente la vie elle-même, qu’elle est le lien subtil entre toutes les formes de vies… Et par le fait que tu l’as en partie détruite, tu as créé une zone de Morte-Magie, une zone de non-vie, un endroit maudit où tous les sortilèges sont désormais voués à l’échec, même les plus simples d’entre eux !…
Bien que j’aie dis cela d’une voix calme et sereine, elle recule comme si je lui avais donné un coup de poing dans l’estomac… Et je dois avouer que j’en ai d’ailleurs moi-même reçu un en apprenant la nouvelle. Je la sais turbulente et rebelle face au Règlement d’Ordre Intérieur, mais elle n’est certainement pas maléfique, et de ça, j’en suis absolument convaincu. Néanmoins, l’usage de ce sort, tendant à prouver l’inverse, a semé un doute dans mon esprit... Je ne m’explique pas son comportement. Elle a toujours employé des enchantements Ordonnés jusqu’ici, et ne s’est jamais intéressée aux autres énergies. Alors, pourquoi maintenant ? Cela n’a aucun sens ! Et c’est d’ailleurs pour ça que, contrairement au reste du corps enseignant et au Conseil, je flaire anguille sous roche… Je sens bien que quelque chose ne colle pas dans cette histoire... Mais il me manque trop de pièces du puzzle pour en apercevoir et comprendre l’entièreté !
Je suis perdu dans ces pensées quand elle me réveille une ou deux minutes plus tard d’un timbre tremblant d’hésitation, presque d’effroi :
- …Chaotique ? Non... C’est impossible ! Le sortilège dénommé "Espace Temporel" est seulement interdit… Il ne peut pas être... Chaotique !
- Que nenni Noémie, cet envoûtement est bel et bien d’origine Chaotique… Ce n’est d’ailleurs pas sans raison qu’il est proscrit ! Seuls les Maîtres des Arcanes peuvent faire le maniement de pareilles incantations sans danger, que ce soit pour eux-mêmes ou pour leur entourage… Même les élèves de huitième cycle ne peuvent pas utiliser l’énergie Chaotique car, de par sa nature même, cette énergie est très difficile à contrôler ! Elle est la face opposée, comme le reflet d’un miroir pourrais-je dire, de l’énergie Ordonnée et donc, en l’employant, toute chose est inversée... Deux plus deux ne font plus quatre, mais zéro ; une sphère est un cercle, le cercle est un carré et le carré est un cube, le temps s’écoule à l’envers, le bas est en haut et inversement… ! Bref, tout est antithétique ! C’est pour cela que les Arcanes Chaotique sont interdits aux élèves, simplement parce qu’ils n’ont pas encore les capacités nécessaires pour inverser toutes leurs croyances, toutes leurs connaissances de ce monde ! Pourquoi donc en as-tu fait usage ? Je ne sous-estime pas tes compétences, loin de là, mais même pour toi, il est encore trop tôt pour se lancer dans une telle aventure...
- Je… Je l’ignorais… Je ne savais même pas qu’il était maléfique !
- Mmm. Qui donc te l’a enseigné ?
- Personne Maître, je l’ai mémorisé seule, à la bibliothèque…
Comme je sais bien que ce genre de sorts n’est pas à la portée de tous, mais sachant aussi qu’elle ne ment que rarement, et encore, par omission, elle m’offre là une preuve de plus de son intelligence et de sa débrouillardise face aux Arcanes. Cependant, je sais que les sortilèges de ce niveau ne se dénichent que dans certains grimoires bien précis… Et je sais aussi que ce type d’ouvrage ne traîne pas n’importe où, et qu’ils font l’attention particulière des surveillants. Devinant de ce fait qu’elle ne me dit pas toute la vérité, j’approfondis la matière d’une voix suspicieuse, avec un sourire en coin.
- Où ça, à la bibliothèque ?
- Heu…
- Réponds-moi s'il te plaît… J’ai besoin de savoir pour comprendre la situation le mieux possible.
- Je l’ai… heu… Emprunté dans… heu… la… heu… l’Antichambre, Maître…
Bien avant la fin de sa phrase, à cause de son hésitation signifiant qu’elle sait avoir fait une bêtise, je connais la réponse : l’Antichambre de la bibliothèque… C’est la zone réservée uniquement à certains étudiants de huitième cycle, ainsi qu’aux professeurs-titulaires, bien évidemment. À nouveau, elle me démontre ses dons, car, en plus d’avoir résisté à l’emprise du livre, je n’oublie pas que cette pièce est bardée de charmes visant à empêcher les indésirables d’entrer et est de surcroît sous très haute surveillance, tant des bibliothécaires que du doyen, c’est-à-dire de moi-même... Je la félicite intérieurement d’être passée entre les mailles du filet crée par mes enchantements.
Par ailleurs, l’Antichambre recèle de nombreux trésors, des livres datant pour certains de plus de quinze mille ans, dont beaucoup figurent parmi les plus dangereux du monde tellurique… En effet, au contraire d’un simple livre d’histoire, les tomes traitant des Arcanes Telluriques ont une vie qui leur est propre... Ils sont donc capables de juger leurs lecteurs en sondant leur esprit. Et si par malheur ils estiment que ce dernier est trop faible, ils peuvent en prendre possession... Si jamais cette emprise mentale réussit, le mage qui a osé ouvrir le livre se retrouve à l’état de légume vivant, son esprit restant emprisonné à jamais à l’intérieur du volume... En plus de cela, le lecteur se doit de rester concentré et vigilant tout au long du décryptage de l’ouvrage ! Même passé le premier test que constitue l’ouverture du tome, ce dernier n’abandonne pas la partie et tend des pièges dans l’ensemble de ses pages... Et comme les lettres des écrits sont en perpétuel mouvement, passant d’une langue à une autre, gigotant un peu partout dans l’espace leur étant réservé, la lecture se révèle des plus éprouvantes !
À cause de tout cela, il n’est pas rare de voir un mage vidé de son esprit couché sur un tel livre... J’ignore si quelqu’un a dit un jour que la lecture n’était point dangereuse... Mais quelque chose me dit que cette personne n’a jamais ouvert un livre d’Arcanes Telluriques !
Laissant là mes pensées, je reprends la conversation :
- Évidemment, j’aurais dû m’en douter… Y es-tu parvenue seule ? Ou bien t’es-tu fait aider ?
- Non, Maître, j’étais seule…
Sachant sur ce point qu’elle peut me mentir pour protéger ses possibles compagnons, j’active un sortilège en attente capable de me dire si elle tente de me mystifier ou non. M’y attendant un peu, je sais qu’elle dit la vérité, provoquant ainsi derechef ma fierté ! Je suis bien conscient que je ne dois pas ressentir cela face à son forfait, mais que voulez-vous… N’êtes-vous donc jamais content de prouesses réalisées par vos protégés ?
Mes sentiments intérieurs, en totale opposition avec ce que mes expressions et mon comportement divulguent, je poursuis mon questionnement :
- Soit…
- N’y a-t-il donc aucune autre issue, Maître ? Devez-vous donc vraiment briser mon sceptre ?
- Malheureusement Noémie, le Conseil reste intraitable cette fois-ci, ta faute est trop grave… Même si tu l’as lancé par ignorance, cet enchantement reste chaotique…
- Bien, si je n’ai pas le choix…
La main tendue, je réceptionne son vecteur, magnifique sceptre en bois de buis, surmonté d’une sphère iridescente d’un bleu chatoyant…
Les iris durs et rebelles de Noémie, s’accordant à merveille avec ses mains aux doigts blanchis à force de serrer les poings de colère, tentent désespérément de me résister… Mais non ! Je reste ferme et intraitable… Du moins devant elle ! Face aux boutons en pierre de lune parsemant le devant de sa bure d’élémentaliste, je me remémore ses frasques du dernier carnaval, celui d’il y a déjà un demi-cycle…
Lors d’une sortie scolaire se déroulant pour une fois dans une autre dimension, les cinq classes de troisième cycle s’étaient rendues à Venise, petite ville portuaire italienne située au Nord-Ouest de la Mer Adriatique, sur le continent européen, dans la Dimension Versalis. D’un point de vue scolaire, la visite portait essentiellement sur le Palais des Doges, érigé en 814 de l’ère chrétienne, et plus particulièrement sur les deux statues sculptées en 1567 par Jacopo Tatti, dit Sansovino, qui ornaient le haut de l’Escalier des Géants... Elles représentent deux déités romaines : en montant les marches, nous avons à gauche la statue de Mars, dieu de la guerre et technicien des combats, et à droite Neptune, divinité de l’humidité et des eaux douces... Ces deux effigies, symboles de la République de Venise, sont intéressantes à étudier pour les mages à cause de leurs origines... En effet, bien que le peuple de Venise l’ait toujours ignoré, Jacopo était lui-même un Mage ! Pour défendre sa patrie, qu’il aimait par-dessus tout, l’artiste avait insufflé la vie à ses créations, leur donnant pour consigne de protéger l’ensemble de la ville de Venise contre tout envahisseur... En effet, bien que la paix ait été assurée avec Charles Quint quelques années auparavant, la menace ottomane était encore bien présente à l’époque...
Outre ce but culturel, les dix professeurs-titulaires, dont je faisais partie, avaient profité de ce voyage pour permettre à la cinquantaine d’élèves que nous escortions de contempler le célèbre Carnaval de la ville... Et, alors que la procession atteignait la place St Marc par le nord, Noémie n’avait rien trouvé de mieux que de métamorphoser le chapeau du chef de file, un jeune homme d’une quinzaine d’années, en une nuée de colibris... Certes, c’eût pu être amusant ! Néanmoins, en plus du fait de créer la stupeur sur le visage de nombreux spectateurs, ces charmantes bestioles s’attaquèrent ensuite aux témoins de la scène en leur offrant des coups de bec, gentiment selon les dires de ma protégée…
Revenant au présent, j’efface au plus vite le grand sourire s’ourlant sur mes lèvres à l’évocation du Préfet de Discipline de l’ARETA passant cul par-dessus tête en trébuchant pour tenter sans succès d’esquiver un des volatiles qui l’avait prit en chasse… La regardant droit dans les yeux, je lui demande :
- Dis-moi Noémie, qu’est-ce qui t’a poussé à commettre un tel acte ? Pour lancer ce type de sortilège, tu as dû occulter la vue des huit Gardiens de l’Académie simultanément, ce qui, je l’avoue, n’est pas chose aisée… Et tu sais bien que s’attaquer aux Gardiens qui sont chargés de surveiller l’utilisation des Arcanes sur le campus est déjà très sévèrement puni, même si c’est uniquement dans le but d’entraver leurs mouvements… Et pour couronner le tout, tu as fait usage de ce sortilège chaotique, ce qui alourdit énormément ta peine… Pour quelles raisons as-tu fait tout cela ?
- Je le sais bien Maître… Et quant à mes motivations, vous en trouverez les raisonnements dans cette enveloppe…
En disant cela, elle me tend un pli de parchemin jauni, relativement fin. Après que j’ai ladite enveloppe en main, elle poursuit ainsi :
- S'il vous plaît, attendez que je sois sortie avant de l’ouvrir… Elle contient la raison pour laquelle j’ai fait usage de ce sortilège…
- Comme tu le souhaites… Au fait, d’un point de vue pratique, c’est moi qui t’escorterai lors de ton expulsion officielle qui aura lieue dans trois cyclotrons… Cela te laissera le temps de rassembler toutes tes affaires et de dire au revoir à tes camarades… Bien, cela dit, et si tu n’as pas de questions, je te souhaite bon courage Noémie… Je te ferai appeler si j’ai à nouveau besoin de m’entretenir avec toi…
- Très bien Maître…
Suite à cela, la tête baissée, elle sort définitivement de la salle d’un pas traînant…
A SUIVRE...