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Fiction » Fantasy » L'Elémentaliste font: B s : A A A . width: full 3/4 1/2
Author: Ney
Fiction Rated: K - French - Fantasy/Tragedy - Reviews: 2 - Published: 08-01-08 - Updated: 09-20-08 - id:2553417

Disclaimer : Absolument tout est à moi, de l’univers crée jusqu'à la petite herbe qui se trouve dans l’histoire parce que j’en ai décidé ainsi, même si l’herbe en question est simplement suggéré. Merci de respecter ceci.

Udapte : Tout dépendra de vous, si vous vous continuez de lire cette fic ou non. J’espère que oui lol.

Note : Habituée à écrire des fanfictions avec un assez bon succès sur le site allié à celui-ci mais concernant uniquement les fanfics, voici ma toute ‘première’ fic original. J’ai beaucoup douté avant de prendre mon courage à deux mains et la poster ici. Sachez toutefois que cette fanfiction à vu le jour grâce à ma participation à la communauté ‘marathon prompt’ (voir mon profil pour le lien) qui propose différent prompt a réalisé, une fois par mois et cela, pendant deux jours non-stop. A la fin de ma fic vous trouverez de quels thèmes ou phrases proviennent mes écrits avec le nom des personnes qui les a lancé. J’espère que vous prendrez du plaisir à la lire tout comme j’en prends à l’écriture. N’oubliez pas de me laisser votre avis, je saurais si cela vaut la peine de vous poster le second chapitre ou non. Et puis c'est gratuit, chose rarissime dans notre monde, u.u.

Musique écoutée : Fortune Plango Vulnera de Carl Orlff.

Remerciements : Kya, ma bêta-readeur et Bounie qui m’a vraiment encouragé pour publier ma fic.

Bonne lecture !


Il faisait chaud et beau. Un vent frais faisait bouger les branches des arbres de la forêt. Pourtant, malgré le temps propice au chant des oiseaux et à la sortie de tous les animaux, aucun ne se montrait. Il y avait comme un silence qui ne présageait rien de bon. Un silence de mort.

Une jeune fille, cachée derrière un tronc d’arbre s’y colla en fermant les yeux, priant pour paraître invisible. De la sueur coulait le long de son front et sa poitrine se soulevait au rythme de sa respiration saccadée. Elle avait l’impression qu’Il allait l’entendre et la repérer grâce à ses pulsations cardiaques. Elle se retint pour ne pas gémir et se baissa pour ensuite tenter de regarder ce qu’il se passait derrière l’arbre qui la cachait.

L’homme était à cheval et scrutait l’horizon de ses yeux sombres. Sa monture renifla l’air nerveusement et secoua la tête, avançant et reculant de façon presque incontrôlable. C’est comme s’il souhaitait quitter ce lieu mais n’osait défier son cavalier. Il finit par hennir mais l’homme tira vivement sur les rennes, lui ordonnant de ne pas bouger. Il semblait ne pas avoir repéré la jeune fille.

Celle-ci, habillée d’une robe de paysanne, faisait une prière muette. Il ne devait pas l’attraper. Sinon, qui sait ce qu’il lui fera ?

Elle se remémora les conseils de sa grand-mère et c’est presque avec les larmes aux yeux qu’elle implora au ciel de pouvoir la rejoindre, seule et en sécurité.

Petite, sa grand-mère, Adélaïde de son prénom, lui avait recommandé maintes et maintes fois de ne jamais quitter la forêt. Elles habitaient là-bas et la nature les protégeait, telle devait être leur vie. Elle lui avait inculqué les valeurs de leur mère Dame Nature et lui avait montré, avec patience l’étendue de leurs pouvoirs. Jamais elles ne devaient les utiliser à des fins personnelles. Leur famille était née pour protéger ces terres et ne devait en aucun cas montrer leurs capacités aux communs des mortels car à ce moment-là, l’Empire les traquerait. Leurs propagandes montraient le mauvais côté de leur don.

La mort, la souffrance, la haine, la destruction.

Ils combattaient le mal par le mal et incitaient les citoyens à en faire de même en livrant les Anciens aux forces de l’Ordre.

La jeune fille jeta un coup d’œil inquiet et vit le cheval se cabrer. Il la sentait proche, elle et ses pouvoirs maudits. L’homme parut vouloir rester puis lui ordonna de leur faire regagner le village. Elle ne fut soulagée que lorsqu’elle n’entendit plus le bruit des sabots et ne distingua plus qu’une vague ombre qui disparaissait rapidement, sous un nuage de poussière.

Elle quitta sa cachette et s’enfuit elle aussi de son côté et arrêta sa course effrénée lorsqu’elle vit de la fumée s’échapper de la cabane où vivait sa grand-mère maternelle. Elle resta un moment à l’observer tendre le linge puis se recoiffa avant de la rejoindre. Elle ne devait pas lui dire qu’on l’avait surprise à utiliser ses dons. Surtout quand elle était en tort. Combien de fois l’avait elle sermonné pour qu’elle se fonde dans la foule quand elle allait aux abords du village ? Visiblement pas assez de fois.

« Déjà de retour mon, enfant ? Qu’as-tu donc fait pour te mettre dans cet état ? » demanda Adélaïde en fixant les vêtements de sa petite fille.

Celle-ci baissa les yeux et constata qu’en effet, sa robe était couverte de terre. Elle haussa les épaules, sourit et partit l’embrasser.

« Je ne pense pas que tu aimerais vraiment le savoir. Le déjeuner est prêt ? Je meurs de faim ! », s’exclama-t-elle en cachant son trouble. Elle rentra dans la cabane et prit aussitôt une louche pour goûter la mixture qui cuisait à petit feu dans leur cuisine.

Leur cabane, perdue au fond de la forêt était toute simple et ne disposait que de deux minuscules chambres, d’un salon et d’une cuisine, les deux séparés par un morceau de tissu que sa grand-mère avait confectionné peu de temps avant l’arrivée de la jeune fille. Pour se laver, la jeune fille et sa grand-mère devaient faire une petite marche pour arriver vers le lac de Vox Lumina.

« Grand-mère ?

- Oui mon enfant ? répondit la voix lointaine d’Adélaïde.

- Tu n’as jamais voulu un jour être comme les autres ? Je veux dire, vivre sans avoir à se cacher, pouvoir utiliser ses dons à la vue de tous ».

Sa grand-mère revint, le bac de linge vide et se dirigea vers leur salle de bain.

« Ma chérie, je t’ai déjà raconté l’histoire de ta famille. Bien avant la montée en puissance de l’Empire, nous vivions tous en liberté et utilisions nos pouvoirs sans nous soucier des gens car nous étions respectés. La magie était tolérée. Tout bascula le jour où l’Empire prit le pouvoir et c’est cela qui causa notre perte. A leurs yeux, nous sommes des hérétiques, les enfants du Diable… ». Elle revint dans leur cuisine et prit la louche des mains de sa petite fille et éteignit le feu, par un simple geste de la main.

« Ai-je répondu à ta question ?

-Oui, je suppose que oui », souffla-t-elle.

Elle mit le couvert sur leur petite table ronde et toutes deux mangèrent en silence, bien différent de celui qu’il y avait lorsqu’elle se cachait de l’homme en noir. Il portait le surnom de Balafré. Balafre qu’il tenait de la grand-mère même de la jeune fille, un soir où il l’avait découverte, dans une autre forêt, dans une autre vie.

OoO

Le balafré arriva au village et sauta de son cheval. Il ignora les regards insistants des villageois et entra dans l’auberge. Il alla voir l’hôtesse d’accueil et demanda à ce qu’on lui trouve une carte de la forêt qui entourait Vox Lumina et son lac puis qu’on lui monte son déjeuner à l’étage. Il ne voulait voir personne.

La demoiselle prit note et il monta les escaliers pour trouver sa chambre dans le même état qu’il l’avait laissé, lorsqu’il avait sentit le sang des Anciens tout proche de lui. Il savait qu’il avait été tout proche de sa victoire. Son cheval lui-même l’avait sentie et était nerveux dès qu’il s’en approchait. Malheureusement, le Balafré n’avait fait qu’entr’apercevoir les longs cheveux bruns de la jeune fille avant qu’elle ne s’enfuit en toute hâte. Il serra les poings de rage de l’avoir encore une fois loupé et les desserra pour enlever les gants noirs qu’il portait. Il alla s’asseoir sur la chaise et posa les pieds sur son bureau, les mains sur la tête. Il se balança légèrement et un horrible sourire étira ses lèvres. Il savait qu’il était tout proche désormais. Il lui suffisait juste d’être patient et d’avoir la carte des lieux avant de partir sur leur trace, mais de façon plus discrète cette fois. Il savait que comme l’avait démontré ce matin, il était préférable de savoir abandonner plutôt que de s’accrocher aux choses.

OoO

Adélaïde et sa petite fille avaient toutes deux fini de déjeuner et avaient lavé la vaisselle. La jeune fille décida d’aller dans sa chambre chercher un sac pour ramasser quelques plantes quand sa grand-mère la surpris dans ses recherches.

« Mon Dieu, mon enfant ! Mais comment fais-tu pour te retrouver dans cette… ce…

- Ce bordel ? » proposa-t-elle en sortant de sous son lit. Sa grand-mère confirma ses dires et regarda, désolée, le bazar qui lui tenait de chambre. « C’est un bordel organisé, c’est tout, grand-mère. Je m’y retrouve et tout va bien dans le meilleur des mondes. Ah, je l’ai ! » s’écria-t-elle en tirant un petit sac marron.

Sa grand-mère soupira et retourna dans le salon s’asseoir dans son fauteuil et prendre son tricot. Elle adressa toutefois des consignes à sa petite fille lorsqu’elle l’a vit partir.

« N’oublie pas de faire attention à toi, mon enfant, ne dévoile pas tes dons, sois prudente, rentre tôt même si le soleil se couche tard et surtout, surtout mon enfant, fais-moi le plaisir de ranger ta chambre ! Même avec aussi peu d’affaires, tu arrives à y mettre un désordre impressionnant. Tu tiens ça de ton père, mon enfant… Tout comme toi, il était désordonné mais heureusement, ta mère était là pour que tout soit clair et propre ».

La jeune fille embrassa sa grand-mère, attendrie mais habituée par ses longs monologues qui pouvaient durer et s’enfuit en toute hâte. Elle ne referait pas la même erreur que ce matin en usant de ses pouvoirs près du village. Elle n’avait pas vu cet homme si sombre qui pouvait aisément se cacher parmi les ombres. Elle frissonna à ce souvenir et s’enfuit du côté opposé de Vox Lumina.

OoO

Le Balafré fut sorti de ses pensées par deux coups frappés à la porte. Il tourna la tête sur le côté et cria :

« Entrez ! ».

La porte s’ouvrit sur la jeune fille de l’accueil. Celle-ci tenait dans ses mains un plateau avec son déjeuner qui se constituait d’une soupe avec un gros morceau de viande à l’intérieur, d’une miche de pain et de fromage. La boisson, elle, était de l’eau dans un pichet avec à ses côté un verre. Juste à côté, se trouvait une carte, comme il le lui avait demandé. Le Balafré la congédia aussitôt qu’elle déposa le tout sur son bureau.

Elle s’apprêtait à fermer la porte quand elle se souvint d’une chose qu’elle devait lui dire.

« Monsieur ?

- Quoi encore ? répliqua-t-il froidement.

- Vous avez reçu un paquet, monsieur. Dois-je le monter ?

- Un paquet ? Qui en est l’expéditeur ? Parle ! »

La jeune fille trembla et resserra ses mains autour de son pendentif, comme si ce dernier allait la protéger. Elle fixa alors un point derrière lui, les yeux écarquillés. Soudain, le balafré se retourna et d’un geste aussi vif et rapide que l’éclair, il sortit son arme. Une longue et belle épée façonnée par l’un des meilleurs armuriers que la terre ait pu porter un jour. La lame s’arrêta sous le cou d’une jeune femme qui le regardait, un sourire énigmatique aux lèvres. Elle était grande et fine, avec un regard aussi noir que les ailes d’un corbeau et la peau aussi blanche que la craie. On ne pouvait discerner ses cheveux mais on pouvait penser qu’ils étaient eux aussi, de la même couleur que la prunelle de ses yeux. Seul son visage aux traits délicats était à découvert, le reste de son corps étant à l’abri des regards, caché sous sa tenue. Elle portait un long costume rouge sang et noir, le tout sous une longue cape sombre. Elle ne leva pas les mains en signe de paix mais les garda le long du corps.

« Allons, est-ce donc ainsi que tu accueilles tes amis ? »

Le Balafré rangea alors son arme et s’adressa à la fille de l’aubergiste, qui était toujours plantée devant l’entrée, l’air figé, hésitant entre fuir ou accomplir son devoir d’hôte.

« C’est bon, vous pouvez partir, je viendrai chercher ce paquet moi-même ».

Elle ne se fit pas prier une seconde fois et le Balafré tourna la chaise vers la jeune femme qui contemplait la scène avec le même air, et commença à manger, tout en parlant.

« Combien de fois t’ai-je dit de prendre la porte comme tout le monde ?

- Sûrement une bonne centaine de fois mais comme je te l’ai déjà dit, je ne suis pas "tout le monde". Je rentre et sort par l’endroit qu’il me plaira le plus. Charmante, la nourriture, ajouta-t-elle en désignant son plat.

- Pourquoi es-tu venue ?

- Tu ne veux pas voir mon présent ? J’y ai mis du mien, tu sais, répondit-elle en allant se poser contre la fenêtre. C’était d’ailleurs par cet endroit là qu’elle était entrée. Elle croisa les bras, l’air boudeur.

- Je n’aime pas les cadeaux, se renfrogna-t-il.

- Tu aimerais la peste si elle était empaquetée avec un ruban alors ne me dis pas que tu n’aimes pas les surprises. Plus particulièrement les miennes. Ton joujou à l’air de te plaire, je me trompe ? », dit-elle en désignant l’épée posé vers lui.

Le Balafré marmonna mais elle ne comprit pas un traître mot de ce qu’il dit.

« Pourquoi es-tu venue, Elenia ? Ne me dit pas que c’était pour faire ton petit effet auprès de la jeune fille ? »

Elle esquissa un sourire comme réponse et se décida enfin à répondre quand il entama son pain et son fromage.

« Pour les mêmes raisons qui font que tu es ici, mon ami. Le maître s’impatiente, sais-tu ? Il veut du sang frais. Il exige de voir le corps de la vieille et de sa maudite descendance. La mère a suffit à calmer sa patience un temps mais désormais, il réclame un nouveau corps, un autre Ancien. Quand penses-tu pouvoir répondre à sa requête ?

- Avec un peu de chance, dans l’après-midi même. Vas le lui dire et ne reviens pas. Je serai de retour d’ici quelques jours. Accompagné ».

A la façon dont il prononça ces derniers mots, il était clair qu’une vie allait être ôté de son corps et Elenia hocha la tête, ravie.

« Bien, bien. N’oublie pas mon cadeau alors, il te sera utile en temps voulu ».

Elle s’en alla d’une démarche aussi gracieuse que silencieuse et cette fois, prit la porte pour sortir. Il n’y avait personne à impressionner. Le Balafré connaissait suffisamment bien ses ruses pour en être encore surpris.

OoO

La jeune fille courut à en perdre le souffle vers l’endroit le plus reculé de la forêt qu’elle connaissait. Son sac volait dans les airs alors qu’elle bondissait, aussi légère que le vent. Elle sentait la terre vivre et vibrer sous ses pieds. Elle pouvait ressentir la vie qui grouillait tout autour d’elle et cela la rendait heureuse, presque radieuse. Ses cheveux volaient au gré de ses sauts et retombaient presque aussitôt sur son visage avant de se soulever sous le vent.

Elle ne pouvait empêcher ses pensées de dériver vers cet homme, si sombre, si noir, porteur de malheur. Sa présence était un mauvais présage pour elle et sa grand-mère mais combien de fois avaient-elles réussit à fuir ses nombreuses et incessantes recherches, elle ne saurait le dire. Il était aussi tenace qu’elles étaient futées et prévoyantes. Surtout l’aînée. De nombreuses fois, la plus jeune l’avait assisté pour lire l’avenir dans divers instruments tel que le thé, les pierres, les feuilles d’un arbre choisies avec soin, les cartes et bien sûr, bien sûr les étoiles. C’était comme s’ils avaient en eux, gravé dans la lumière du temps, le destin du monde et son funeste sort. Peut être avaient-ils prévu la perte et la déchéance des Anciens, premiers peuples à pouvoir maîtriser une toute autre force que celle dominée par l’homme et le fer.

Un jour, elle les avait nommé les Spectateurs du Désespoir. Parce que quoiqu’il se passe en ce bas monde, jamais ils n’interféraient. Ils se contentaient d’observer le déluge qui descendait et s’acharnait sur sa famille depuis des générations avec un calme effrayant.

Sa grand-mère aimait lui conter, avant de la laisser rejoindre un temps les cieux, que s’ils n’agissaient en rien dans le destin, c’était parce qu’ils savaient déjà ce qui allait arriver. Que tout se faisait et défaisait comme le nœud de ses boules de tricots. Rien n’était immuable et un jour, l’ordre des choses s’inverserait, entraînant la chute des uns et la gloire des autres.

La jeune fille, baignant encore dans l’insouciance de l’adolescence arrêta sa course folle lorsqu’elle vit un bien étrange animal patauger avec une certaine aisance dans le petit ruisseau qui menait plus loin à la rivière puis au lac de Vox Lumina. Il tournoyait dans l’eau, plongeait et replongeait dans l’eau claire et limpide avant de refaire surface et faire fuir à coups de dents les oiseaux qui survolaient la rivière sans scruter plus attentivement les environs.

Elle sourit, amusée par la scène, l’homme bien loin de ses pensées à présent, malgré le malaise étrange qu’elle ressentait encore. Elle alla le rejoindre et attendit qu’il daigne sortir de l’eau pour lui adresser la parole.

« De toutes les créatures bizarres et perverses que j'ai jamais rencontré, tu es la créature la plus bizarre et la plus perverse ».

Le dragon de Komodo la fixa de son regard impénétrable et siffla dans l’air avant de se coucher paresseusement sur une pierre, en plein soleil. Il ferma les yeux, savourant la chaleur que procuraient les rayons de l’astre et remua lentement sa queue, de droite à gauche. Cette image rappela à la jeune fille celle d’un chien heureux par la présence de son maître. Elle sourit en pensant à la réaction qu’il aurait si elle lui révélait l’image qu’elle avait de lui en ce moment même et vint s’asseoir à ses côtés, à même le sol.

« Je crois que j’ai fait une bêtise, Varanus. Je n’en ai encore parlé à personne mais j’ai peur qu’elle soit lourde de conséquence. »

Ledit Varanus ne prit pas la peine d’ouvrir les yeux pour lui répondre de la voix rauque, basse et rassurante qu’elle lui connaissait.

« Qu’as-tu pu faire cette fois ? Je présume par l’état de tes cheveux que tu n’y as pas mis le feu comme l’autre jour. »

La jeune fille poussa un cri indigné et le fusilla du regard, même si ce dernier ne donnait pas l’envie de la voir.

« C’était un accident ! Ce n’est pas facile de maîtriser une boule de feu ! Je suis sûr que tu ne ferais pas mieux, toi !

- Qu’est-ce qui te fait croire que je suis aussi incapable que toi ? ». En disant cela, il avait tourné la tête vers elle et la regardait, impassible.

« Oh, tu ne vas sûrement pas me faire avaler un tel mensonge ! Toi, cracher du feu ? Haha, tu passes ton temps à te baigner dans l’eau, comment pourrais-tu maîtriser un élément aussi opposé et puissant ?

- Ça ne veut rien dire.

- Ça veut surtout dire que tu es un beau parleur », le reprit-elle, amusée par le ton que prenait leur discussion.

Le varan reprit sa position initiale et murmura d’un ton incroyablement bas.

« Alors, ma porteuse d’ennuis préférée, qu’as-tu encore fait qui puisse attirer le courroux de ta tutrice ?

- J’ai fait voler des pierres autour de moi, déclara-t-elle en se mordant les lèvres, se remémorant l’altercation de ce matin.

- L’exercice de base de concentration, oui.

- Je… je m’ennuyais ! Je ne voulais vraiment pas que l’on me voie ! s’expliqua-t-elle avec angoisse. Oh, si tu savais comme je m’en veux Vara, si tu savais ! »

Ce dernier posa de nouveau son regard vers elle mais désormais un léger doute y subsistait.

« Ne me dis pas que tu as fait l’erreur la plus primaire que d’utiliser tes dons vers les Ignorants ? Mais à quoi pensais-tu donc ? As-tu été vu par un villageois ?

- Non, non, aucun villageois ne m’a aperçut. Oh si tu savais comme je m’en veux ! » s’exclama-t-elle en se couvrant le visage de ses mains. Ses épaules se secouèrent en même temps que ses larmes coulaient.

Sa réaction n’eut aucun effet sur l’animal qui continua de la questionner.

« En es-tu sûre ? »

La jeune fille hocha la tête et marmonna entre ses sanglots un mot que Varanus ne crut pas comprendre, ou du moins il préféra se tromper sur ce qu’il avait saisit de ses baragouinements.

« Qu’as-tu dit ? Je ne suis pas certain de tes paroles.

- L’homme en noir, il m’a surprise, dit-elle d’une voix étouffée. Le Balafré, c’est ainsi que ma grand-mère le nomme. Je pensais pourtant être seule ! Il s’est faufilé au moment où je ne m’y attendais pas ! ».

Varanus la fixa sans dire un mot et soudain, il tourna la tête et renifla l’air, soupçonneux.

« Tu devrais retourner chez toi ma petite et prévenir ton aînée qu’il vous a retrouvé. Ensuite, tu devras fuir, encore une fois, mais tu le sais déjà. Ôte-moi seulement d’un doute avant que tu ne partes, t’as-t-il poursuivit ou as-tu réussi à le semer ? »

L’absence de réponse de son amie et ses sanglots redoublés confirmèrent ses pensées et ne purent que l’encourager.

« Cours mon enfant, et prie pour qu’il ne soit pas trop tard ».

Malgré sa peine et la peur qui lui tenaillait le ventre, elle se releva et après un dernier regard rempli d’excuse et de regret vers son ami, elle s’enfuit en espérant qu’elle n’arriverait pas trop tard.

La Balafré était rapide dans ses actes. Varanus et elle-même le savait très bien.

OoO

Lorsque Elenia délaissa le Balafré, elle rejoignit une personne éloignée du village, assise près d’un feu et qui semblait mastiquer avec force et rigueur un oiseau cuit. Elle resta debout près de lui et fit une moue, écœurée.

« Je crois que nos goût culinaires ne seront jamais compatibles ».

Elle resta dans la même position jusqu’à ce qu’il finisse son repas, et il prit la parole tout en se léchant les doigts.

« C’était délicieux. A-t-il reçu son cadeau ?

- Oui, il l’a probablement ouvert à l’heure actuelle. Peut-on rejoindre notre camp maintenant ? Ou souhaites-tu encore livrer je ne sais quel objet farfelu au Balafré ?

- Ce n’est pas un simple objet, répliqua-t-il avec colère. Ça n’a pas été facile pour l’enlever des mains de son propriétaire alors évite de le critiquer en ma présence ».

Elenia balaya d’un geste de la main ses semblants de menace et l’invita à se lever lorsqu’elle monta sur sa monture. Il obtempéra après avoir éteint le feu et ramassé ses affaires.

« Tu peux rentrer à la maison, Elenia. Je ferais la moitié du chemin avec toi, ensuite je partirai de mon côté. J’ai encore des choses à faire, déclara-t-il en la rejoignant, quelques mètres plus loin.

- Tu sais très bien quels sont les ordres que j’ai reçus. T’accompagner et veiller à ta protection durant tout ton périple. Ça ne m’enchante pas mais les ordres sont ce qu’ils sont et je m’y tiendrai. Cesse donc de me contredire et indique-moi où nous allons maintenant ».

L’homme au ton sombre cracha à terre, rageur. Elenia l’ignora et accéléra l’allure de sa monture.

« On va chasser un dragon, voilà ce qu’on va faire ».

Elle haussa un sourcil, sceptique.

« Un dragon, répéta-t-elle. Comme dans les conte de fée ? »

Il lui jeta un rapide coup d’œil pour voir qu’elle se moquait de lui et préféra se murer dans un silence tout le long de leur trajet.


Voila, dite-moi votre avis, merci ! Comme prévu, voici les thèmes proposé et le nom des auteurs de ce thème.

Tipitina : Thème « pris entre deux feux » puis « Parfois, il est préférable de savoir abandonner plutôt que de s'accrocher »

Ayavolsunga : « Je ne comprends pas comment tu te retrouves dans ce bordel. - C'est un bordel organisé, c'est tout » et « Je crois que nos goût culinaires ne seront jamais compatibles ».

Calliopel : « Tu aimerais la peste si elle était empaquetée avec un ruban. »

Ashkaa : « De toutes les créatures bizarres et perverses que j'ai jamais rencontré, tu es la créature la plus bizarre et la plus perverse »



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